Une appli pour avertir les contacts des patients infectés par la COVID-19

Un projet pilote d’application pour avertir les contacts des patients infectés par la COVID-19, parrainé par le fédéral en Ontario ? Oh ! Que je suis heureuse de lire cette nouvelle dans vos pages !

Jusqu’à la date du confinement, je prenais le métro de Montréal presque tous les jours dans diverses directions et à des heures différentes. Aussi, quand la Direction de santé publique a annoncé qu’une personne atteinte de COVID-19 avait pris le métro, donnant plage horaire et directions, me suis-je demandé : « Ai-je pris cette ligne ce jour-là ? À quelle heure ? Dans quelle voiture suis-je montée ? » sans être capable de répondre précisément.

Mes nombreuses années d’exercice de la médecine préventive m’ont montré l’importance de la recherche de contacts d’un patient infectieux pendant la période de contagiosité. Associé à un test diagnostique pour tous les contacts retrouvés, le suivi permet d’identifier précocement les personnes contaminées, notamment asymptomatiques, et de les traiter quand un traitement est disponible ou, au moins, de les isoler, comme c’est le cas pour la COVID-19, afin d’arrêter la chaîne de transmission.

Et si la maladie se développe chez le contact, parce qu’il sera averti de la contagion, il sera plus enclin à chercher rapidement l’aide médicale (et le réseau de santé, de répondre à sa demande), ce qui lui permettra d’éviter des complications, voire la mort.

Enfin, si moi-même j’étais infectée, je serais heureuse qu’on prévienne les inconnus que je pourrais avoir contaminés sans le vouloir.

Triple intérêt donc : sociétal pour arrêter la chaîne de transmission, individuel pour me faire soigner sans tarder, et social pour assumer pleinement ma responsabilité.

Bien sûr, la recherche de contacts est d’autant plus facile et efficace que l’on agit vite, sans tarder et de façon exhaustive, et c’est ce que fera l’application d’autant plus qu’elle aura des adeptes. C’est un outil supplémentaire singulier et donc très précieux pour faire du bon travail.

Alors, pour que nous puissions reprendre les transports en commun, le métro en particulier, avec plus de sécurité pour notre santé et celle des autres passagers, M. Legault, donnez aux résidents du Québec cette possibilité d’être avertis quand ils auront été en contact avec une personne infectée !


 
1 commentaire
  • Simon Grenier - Abonné 29 juin 2020 06 h 40

    Comme pour toute chose, les considérations fondamentales existant avant la crise de santé publique sont toujours bien vivantes. La fission nucléaire permet de fournir de l'énergie à l'ensemble d'une population. Elle permet aussi de réduire un territoire immense en poussière et de le contaminer pour les 50-100 années subséquentes, lui et tout ce qui y pousse ou y vit.

    De la même manière, une application pisteuse et traçeuse permettrait peut-être de sauver des vies et de débordéliser le spaghetti de médiocrité organisationnelle qu'est le réseau de la santé - que je connais très bien de l'intérieur - mais apportera aussi son lot de grands dangers. GRANDS dangers. Le citoyen lambda ne les voit pas venir mais les travailleurs du domaine, petits et grands, les redoutent depuis longtemps. Si on pense que l'histoire d'Edward Snowden est fantastique, attendez qu'on la multiplie par 8 milliards d'humains, pour le fun.

    Tous les gouvernements travaillent présentement à chercher un équilibre entre toutes ces considérations, Mme Bouchez. Si on a heureusement rejeté celle du MILA, qui voulait se faire plus grosse que le boeuf, d'autres sont en cours d'étude. Patience, c'est pour très bientôt.

    Sachez toutefois que ces applications auront comme bénéfice principal de rassurer beaucoup de gens. Elles ont habituellement beaucoup moins d'impacts concrets sur la réalité étudiée (ici, la COVID-19) que la complète négligence des citoyens et celle des "anges gardiens" qui, écoeurés de leur traitement au quotidien et souvent épuisés, ont complètement décroché - sinon démissionné - et qu'on remplace par des gens recrutés à grands coups de mensonges institutionnels pour les former vite vite sur le coin d'une table avant de les relâcher dans la jungle virale.

    Dans notre contexte, les applications pisteuses, bof. Ce sera tout simplement une occasion supplémentaire pour ce gouvernement de cacher des données sans vraiment savoir pourquoi.