Du réconfort pour guérir

Au cours des derniers jours, certains médias nous ont présenté de courts reportages concernant des personnes âgées atteintes du coronavirus, dont une a pu bénéficier de la présence d’un proche aidant au CHSLD où elle vivait, et une autre a été sortie du CHSLD par des membres de sa famille qui l’ont emmenée à leur résidence… et dans les deux cas, les personnes âgées ont retrouvé la santé.

D’entrée de jeu, je voudrais dissiper toute forme de critique, quelle qu’elle soit, envers le personnel de première ligne dans les CHSLD, qui méritent sans l’ombre d’un doute toute notre admiration pour leur courage et leur professionnalisme, et ce, malgré la cohue qui y règne, notamment sur le plan organisationnel relatif au processus de gestion. À cet effet, l’organigramme gigantesque du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), paru dernièrement dans les médias, illustre à merveille l’extrême complexité qui conduit au marasme qui sévit dans le processus de décision dans les CHSLD.

Par contre, à partir du moment où les personnes âgées goûtent au réconfort de proches aidants qui leur offrent toute l’attention dont elles ont grandement besoin, elles reprennent vie, telles des tulipes au printemps qui ressuscitent grâce aux premiers rayons bienfaisants du soleil printanier.

Bien sûr, toutes les personnes âgées n’ont pas la chance de bénéficier de la chaleur humaine et de l’amour d’un proche aidant pour retrouver la santé. Toutefois, la preuve est faite que le réconfort incarne un pas vers la guérison. Conséquemment, à mon avis, une fois la crise derrière nous, le MSSS devrait revoir son organigramme illico, en laissant une place privilégiée aux soins à domicile prodigués par les proches aidants et en mettant de l’avant le projet de Maisons des aînés dans un esprit de familiarité et de réconfort pour qu’enfin nos aînés puissent pouvoir vivre leurs dernières années dans la dignité.

2 commentaires
  • Richard Desjardins - Inscrit 25 mai 2020 07 h 58

    Magnifiques tulipes

    Merveilleuse analogie que ces tulipes. Vous remettez en contexte ce que les organismes communautaires en santé véhiculent depuis des décennies : l'aspect psychologique est à ce point important que plusieurs études ont démontré le lien direct sur la santé physique. - J'ajouterais aussi que le toucher (contact physique d'une caresse, d'un baiser, ou même de ressentir le contact humain en recevant un bain de lit) revête aussi une importance essentielle chez les humains.

    Quand au maintien à domicile, je veux bien rester optimiste, mais nous avions vécu une situation semblabe au début de la "pandémie" du VIH/sida. Une enveloppe budgétaire supplémentaire avait même été libérée pour le maintien à domicile, chose que la plupart des CLSC ignoraient et que les organismes VIH/sida devaient leur apprendre. Depuis, ces enveloppes supplémentaires ont disparues, et la quantité des services à domicile a été grandement réduite.

    À ceci s'ajoute le fait que les orientations en santé qui prônent le mantien à domicile et les ressources intermédiaires, le font sachant que les coûts de santé institutionnels sont trop élevés, et que le maintien à domicile et les ressources intermédiaires utilisent du personnel non syndiqué en sous traitance et donc à très faible salaire.

    Je me souviens de deux projets de soins palliatifs à domicile (Hôpital de Verdun, et Höpital Royal Victoria) qui avaient clairement démontré que les gens préféraient vivre leurs fins de vie à domicile et que les coûts des services médicaux (médecins, infirmières, etc.) à domicile étaient les mêmes qu'en milieu hospitalier. - Projets abandonnés...

    Dans un contexte "après COVID-19", alors que des sommes astronomiques auront été dépensées, réussira-t-on à augmenter le maintien à domicile? Si les décideurs ont eux-mêmes perdu des personnes chères au cours de la pandémie, peut-être alors pourront-ils amener des changements durables.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 25 mai 2020 16 h 23

    Lettre très pertinente

    Une habitude chez M. Marineau.