Plaidoyer pour des infrastructures numériques modernes en santé

Le gouvernement du Québec annonçait récemment qu’il devançait certains investissements dans ses infrastructures afin de soutenir l’économie de la province, avec des actions ciblées principalement dans le secteur de la construction (écoles, CHSLD). Or, la crise actuelle a révélé au grand jour la vétusté d’un autre type d’infrastructures au Québec : celles, numériques, qui soutiennent les activités du domaine de la santé.

Alors que des gouvernements semblables au nôtre profitent d’infrastructures numériques modernes pour assurer la logistique, les soins à distance, la surveillance épidémiologique et autres fonctions cruciales en temps de pandémie, le Québec doit composer avec du papier, des crayons et des télécopieurs dans certains secteurs névralgiques. Cela entraîne des délais, des erreurs, des bris de communication et autres problèmes réduisant d’autant notre capacité à répondre efficacement à la crise actuelle et, de façon plus générale, à assurer des services de santé de qualité.

Pourtant, les plans et les devis pour la construction d’infrastructures numériques robustes en santé sont disponibles et permettent d’assurer l’interopérabilité et l’efficience des systèmes d’information, grâce entre autres à des terminologies et à des protocoles d’échange internationalement reconnus. Ces plans et ces devis, malheureusement, ne guident pas toujours les développements de solutions logicielles ou leur déploiement sur le terrain, un peu comme si le maître d’œuvre d’une nouvelle construction ne respectait pas le Code du bâtiment.

En plus de l’aspect technologique, plusieurs facteurs de nature politique, administrative ou corporative ont contribué à l’état désuet de nos infrastructures numériques en santé. Peu importe les errances du passé, il est temps de reconnaître ce problème qui cause assurément plus de tort à la province que des routes en mauvais état. Le moment est venu d’investir massivement et intelligemment dans la rénovation de nos infrastructures numériques en santé.

Le plan de transformation numérique du système de santé a fait l’objet de nombreux travaux dans la dernière année au Québec ; il est urgent de le mettre en branle concrètement, en mobilisant aussi les experts du monde universitaire et les citoyens. Ces investissements et cette modernisation sont essentiels, notamment pour le déploiement de l’intelligence artificielle si chère aux organes décisionnels, mais qui, aux dernières nouvelles, ne s’alimente ni de papier, ni de crayons, ni de télécopieurs.

3 commentaires
  • Réal Gingras - Inscrit 25 mai 2020 10 h 02

    sur l'intelligence artificielle

    Avant qu’une application soit utilisable dans un smartphone ou qu’un logiciel le soit aussi dans un ordinateur , il faut préalablement que cette application (logiciel) ait été fabriquée manuellement.
    Il s’agit donc d’utiliser un code qui établie les fonctions de l’application ou du logiciel. Les programmeurs qui jouent dans le code et qui utilisent python par exemple ont pour tâche de construire l’application ou le logiciel.

    Une fois que le logiciel est prêt, le programmeur, qui connaît le code, l’automatise et le rend disponible pour l’utilisateur.
    98% des utilisateurs utilisent un logiciel ou une application de manière automatique et n’y comprennent que dalle dans la programmation manuelle.
    Imaginez maintenant un pilote d’avion se retrouvant devant un bug d’un logiciel en plein vol. Nous l’avons vécu avec le Boeing 737 max. Les pilotes ont été incapables de ramener manuellement l’avion. La mauvaise programmation du logiciel est la cause des deux écrasements.
    Imaginons maintenant, un médecin manipulant à distance un robot automatisé pour faire une chirurgie du coeur. L’intelligence artificielle peut bien avoir certaines qualités mais il faut toujours quelqu’un pour entrer manuellement les données…mais aussi pour être à côté du patient au cas où il se passerait quelque chose.
    C’est différent pour la rentrée des données du dossier médical…. Il faut bien que le chirurgien ait déjà opéré manuellement .
    Mais avant d’aller trop vite , pensez à Phénix le système de paye du gouvernement fédéral qui n’arrête pas d’avoir des ratés depuis sa mise en place.

    Autrement dit, certains métiers demandent une compréhension manuelle.
    On ne peut pas automatiser sans que le citoyen lamda ignore tout ce qu’il y a dans le code…
    Monteriez-vous dans un avion sans pilote? Vous feriez-vous opérer par un médecin qui n'est pas capable de corriger du code advenant un bug en cours d'opération ou de corriger une erreur de dose de morphine dans le dossier médicat?

  • Marc Davignon - Abonné 25 mai 2020 10 h 06

    Cessé ...

    De promouvoir quelque chose qui n'est pas la solution pour un système de santé : la numérisation. Qui plus est, l'intelligence artificielle ne dépasse pas celle d'une amibe (ou d'un vermisseau). Il fut un temps ou <la recherche opérationnelle> était LA solution à tous les problèmes organisationnelle. Ils y ont trouvé un nouveau <branding> pour cela!

    Or, cessé de faire croire qu'un seul outil <répare> tout! Il y a bien le PGI (ERP) qui ont eu un succès incontestable et cela ... sans <intelligence artificielle>! Avec beaucoup de <recherche opérationnelle> et beaucoup de technique hyper sophistiqué : essais/erreur. Mais, ceci c'est extra pour les usines.

    Or, cessé de faire croire que l'informatisation des dossiers est la panacée, car, contrairement à une usine ou <toutes> les connaissances sont présente, car créées de toute pièce d'un bout à l'autre, il est possible de concevoir la possibilité d'en informatisé (mécaniser l'information) une grande portion de celle-ci (le lien causal, pas seulement une <corrélation>) dans un logiciel de type <PGI>.

    Dans le cas de la santé? La connaissance du corps humain ne sont pas complète, or, comment pouvez prétendre d'informatisé des connaissances qui n'existe pas? Tout ce que pouvez faire est une <retranscription> d'informations qui sera <analysé> par un individu que nous appellerons médecin et qui possède des connaissances pour en tirer <certaines> conclusions.

    Alors, cesser de mousser l'intelligence artificielle. Ce n'est pas un <médicament miracle>! Surtout dans le domaine de la santé! Surtout pas dans l'état actuel des connaissances!

    Mais, il ne faut pas cesser de faire de la recherche! Faire de la science! Pas de la gestion! Or, pour faire de la <science>, cela prend du temps! Prenez votre temps et soyez vigilant, il ne faut pas seulement se basé sur les <résultats escomptés)> (l'espérance), mais plutôt sur des résultats <probants> (le pragmatisme).

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 25 mai 2020 22 h 47

    Intenert accessible

    Il faudra rendre l'internet accessible en régions. Ça urge!