Jason Kenney le ratoureux

L’Alberta a un nouveau projet massif de sables bitumineux. Il s’agit d’une mine à ciel ouvert du nom de Teck Frontier qui dépasserait en importance tout ce qui existe actuellement sur le sol albertain dans le domaine pétrolier. Ce projet a déjà été évalué par différentes agences gouvernementales, qui l’ont jugé néfaste et irréversible pour l’environnement. Cependant, pour des raisons économiques, elles ont donné leur accord en s’appuyant sur le concept d’intérêt public. Le gouvernement Trudeau doit donner sous peu son aval pour la réalisation ou non de ce projet. Si, comme dans le cas de Trans Mountain, il en fait un enjeu d’intérêt national, on peut anticiper quelle sera sa réponse.

Dans ce contexte, on comprend mieux les efforts de Jason Kenney pour amadouer le Québec, car il est prévu que la production de Teck Frontier s’établira à 260 000 barils de pétrole par jour. Il faudra bien trouver une façon d’expédier ce mazout vers de nouveaux marchés ; verra-t-on le retour d’un projet d’oléoduc qui traverserait le Canada d’ouest en est ? D’ailleurs, le premier ministre de l’Alberta affirme que le projet d’Énergie Est a été mal expliqué aux Québécois, et c’est pourquoi il désire ouvrir un nouveau bureau commercial de l’Alberta à Montréal, afin de mieux sensibiliser le Québec à la cause pétrolière albertaine.

L’approche doucereuse de Jason Kenney envers le Québec ne doit pas nous faire oublier qu’il n’y a pas d’acceptation sociale pour un projet d’oléoduc comme celui d’Énergie Est qui traverserait le Québec et ses multiples cours d’eau, et ce, en zone densément peuplée. Le Québec n’a rien à gagner, si ce n’est des problèmes de déversements ou de fuites d’hydrocarbures qui causeraient un mal irréparable à l’environnement.

5 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 18 février 2020 00 h 47

    Évitons l’aveuglement collectif

    Acceptation sociale ou non, lorsque l’ethnie dominante du pays aura décidé qu’un pipeline doit traverser le Québec, un pipeline traversera le Québec.

    Si cette ethnie a pu nous passer une nouvelle constitution sur le corps en 1982, elle fera pareil avec un pipeline d’ici 2030.

    L’aveuglement volontaire ne sert qu’à nous endormir jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

    La jurisprudence est claire; le gouvernement canadien possède _tous_ les pouvoirs en matière de transport interprovincial d’hydrocarbures.

    La seule chose qui peut empêcher un pipeline rentable de traverser le Québec, c’est l’indépendance du Québec.

    À preuve, si le Québec était déjà indépendant, le Canada exporterait son pétrole vers l’Est en contournant le Québec par les États-Unis ou en l’exportant par la baie d’Hudson.

    Il serait grand temps que les partis indépendantistes du Québec se réveillent et réalisent que le jugement récent de la cour Suprême à ce sujet est un argument en or en faveur de l’indépendance du Québec.

  • Gaétan Cloutier - Abonné 18 février 2020 07 h 09

    Effectivement, Kenney est ratoureux

    mais je lis dans votre commentaire le "buzz word" Acceptation Sociale. Ce terme, on ne peut plus novlangue est apparaut dans la bouche de Legault il n'y a pas si longtemps (pétrole sale de l'Alberta, Énergie Est).

    Faudrait aller un peu plus loin dans cette acceptation sociale; est-il socialement acceptable qu'au Québec, le Ford f-150 soit la camion le plus vendu depuis qqs années. Qu'il se vend plus de VUS que de voitures familiales. Qu'au Québec, l'année 2018 a été celle où il s'est vendu plus de pétrole dans l'histoire.

    À trop pointer le fusil sur les autres, on oublient qu'on a sa part de resonsabilité en ce qui à trait à ce qui devrait, ou non, être accepté.

  • Mario Gallant - Abonné 18 février 2020 10 h 21

    Sondage

    Ce projet insensé deviendrait-il acceptable, si au lieu du gaz naturelle, l'Alberta utilisait l'électricité du Québec et du Labrador pour l'extraction, ce qui en ferait un pétrole pas lus polluant que les autres. Si par la même occasion, on utilisait ce corridor pour remplacer les centrales au charbon et au gaz naturel. Le bilan des émissions canadienne de GES en serait grandement améliorer. Un refus de l'Alberta suite à une proposition ferme du Québec et Terre-neuve en ce sens, scellerait définitivement le sort du pipeline de l'est.

    Mario Gallant

    • Jean-Yves Arès - Abonné 18 février 2020 14 h 56

      Au sujet de l'utilisation de l'électricité du Québec, outre la perte d'énergie incontournable sur de telle distance (Hydro compte plus de 5% de perte uniquement dans sa section transport), le volume d'énergie électrique qui serait nécessaire est tel qu'il réquisitionnerait toute l'énergie qu'Hyrdo livre au Québec, soit dans les 160 TWh !

      Cette info vient d'un papier qu'avait fait Jean-François Cliche, chroriqueur scientifique au journal Le Soleil, il y a quelques années. Depuis j'ai déjà lu un article qui donnait une quantité d'énergie requise passablement plus petite. Mes propres calculs basés sur la consommation de gaz naturel pour l'ensemble de l'industrie me donne plutôt quelques 270 TWh. Pour dire que ces chiffres auraient besoin confirmés.

      Ici, dans un excellent article non-complaisant, on que l'extraction un énergie équivalente a 23% de celle contenue dans un baril de pétrole.
      http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedag

  • Jean Hamelin - Abonné 18 février 2020 14 h 54

    Intérêt public mon oeil

    Ne pas oubliez que le quart de toute la production de gaz naturel au Canada sert à exploitation des sables bitumineux et qu' elle n' est pas inépuisable ,on nous parle d' intérêt public comment se fait il que cette province à dépensée toute les redevances et profits lié à cette industrie pendant ce temps la Norvège à déposé dans un compte pour les générations futures 1000 milliards ,les albertains ne sont pas capable de s' autogéré eux même dans ce dossier,et il va en coûter 270 milliards pour remettre la nature à son état originel les milliers de puits orphelins le gouvernement n'a qu'une enveloppe de 225 millions pour ces puits et il en coûterait 30 milliards pour les sécurisés alors quand on dit pour l' intérêt public on repassera ce projet sera la tombe du parti libéral de trudeau sans plus