À l’écoute à l’hôpital

La chronique « Tout nu dans l’écoute » d’Aurélie Lanctôt, publiée dans l’édition du vendredi 7 juin 2019, m’a touchée, car j’ai accompagné ma mère lors de plusieurs séjours à l’hôpital. Je me souviens d’un moment particulier où, très malade et déprimée, elle était souvent en larmes, de douleurs physiques et morales. Je sentais qu’elle avait besoin de plus que mes mots, ma présence. Je sentais qu’il y avait un besoin spirituel à combler, et je ne réussissais pas à le faire, trop proche en émotions et en sentiments pour maman.

J’ai donc contacté le service spirituel de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, pensant qu’il pourrait offrir ce que je ne me sentais pas capable de donner à ce moment. À ma demande, et lorsque j’ai dit que maman ne pouvait se déplacer, on a opposé un « non » catégorique. L’intervenant ne se déplace pas dans les chambres, ce sont les patients qui doivent se rendre à son local. Dans un hôpital où une bonne partie des patients ne sont pas en mesure de bouger de leur chambre, voire de leur lit !

Moi, qui me tiens loin de la religiosité, je me suis surprise à m’ennuyer de l’aumônier qui se déplaçait de chambre en chambre pour écouter ou prier avec les malades…

Je n’ai jamais compris cette façon de faire du service spirituel de l’hôpital, et par la suite, chaque fois que je passais devant leur bureau, je ne voyais plus qu’un espace administratif comme tant d’autres, froid et sans compassion.

J’espère que Marco ne se limitera pas à ses quatre murs et ira vers ceux et celles qui ont tellement besoin, dans les chambres des hôpitaux.

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3 commentaires
  • Pierre Samuel - Abonné 14 juin 2019 17 h 46

    De la clergie infatuée ...

    Quelle est cette religion devenue, présumément basée sur les principes d'un Christ compatissant envers les malades et les plus démunis, si ces représentants actuels se considèrent au même titre que des bureaucrates impersonnels et sans âme ?

    • Denis Potvin - Abonné 14 juin 2019 19 h 23

      Si vous relisez l'article vous constaterez que ce «service spirituel de l'hôpital» maintenant laicisé semble avoir glissé vers une bureaucratisation. Dans ce contexte, le lien que vous proposez avec la religion est difficile à comprendre.

    • Pierre Samuel - Abonné 15 juin 2019 07 h 37

      @ M. Potvin :

      Aucun problème avec la laïcisation des hôpitaux, cependant ce qui demeure inexplicable, à mon avis, c'est le refus du service spirituel de ces établissements de se rendre au chevet d'une personne incapable de se déplacer par elle-même ...

      On est loin de la commisération exemplaire de personnages tels les regrettés abbé Pierre, mère Thérésa, Jean Vanier et plus près de nous des Père John, Benoît Lacroix et abbé Gravel et même du pape François quant à y être...