À quand la réforme du mode de scrutin au Québec?

Est-ce que Legault est en train de faire un Trudeau de lui-même ?

Justin Trudeau avait promis, lors de sa dernière campagne électorale, une réforme du mode de scrutin. Après avoir dormi sur la « switch » pendant plusieurs mois, il a fait marche arrière en prétextant qu’il n’y avait pas de consensus assez fort.
 

François Legault a fait la même promesse lors de la dernière campagne électorale. Néanmoins, il nous dira bientôt, lui aussi, que cette réforme ne sera pas possible pour les prochaines élections.

Sa stratégie pour ne pas perdre la face est claire : ne pas laisser suffisamment de temps au DGEQ pour préparer une élection avec un mode de scrutin proportionnel en 2022.

Il nous annoncera ensuite la nécessité de tenir un référendum sur la réforme du mode de scrutin, en consultant la population lors de la prochaine élection. On se rappelle toutefois parfaitement que monsieur Legault, durant la dernière campagne électorale, avait écarté l’idée d’un référendum, disant que l’appui du Parti québécois et de Québec solidaire était suffisant.

La CAQ nous donne l’impression qu’elle est prête à renier son programme et sa promesse électorale pour jouir en paix des prébendes du pouvoir.

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25 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 21 mai 2019 00 h 43

    Quant aux reniements

    avec le PQ et QS on repassera. Cette réforme ne se fera pas parce que la bouchée est trop grosse. Qu'on commence simplement par adopter l'uninominal à deux tours: on gardera les cisconscriptions; un député par circonscription; tout député sera élu par plus de 50% des électeurs qui voteront; et les partis apprendront à se parler pour présenter au deuxième tour les candidats les plus aptes à l'emporter; et presqu'à coup sûr, on aura un gouvernement majoritaire, donc stable pour une législature complète Ce ne sera pas l'Idéal (mais où est l'Idéal en cette matière) mais ça fera avancer les choses un peu et pour le coup ce sera beaucoup

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 mai 2019 18 h 40

      Qu'on commence simplement par adopter l'uninominal à deux tours- Gilles Bonin

      1 ) Forcer les électeurs à se ranger derrière un parti dont il ne veulent pour trahir leurs convictions, revient au même foutu de système que le vote stratégique fait déjà.

      2 ) Il n'a jamais été question d'un scrutin à deux tours durant la campagne électorale et encore moins sous la signature de l'engagement de Legault. Cette proposition est irrecevable.

      C'est quoi la bébitte de refuser d'avoir une députation équivalente au vote que les partis ont obtenu?

    • Jean-François Trottier - Abonné 22 mai 2019 11 h 45

      M. Montmarquette,

      Dans votre parti tout le monde se range aux décisions de la majorité, et rien ne dépasse par la suite.

      Refrain : Pas très démocratique tout ça.

      M.. Bonin a une vision personnelle, qui vaut la peine d'être discutée, et votre réponse officielle, sur un ton soviétique, est obtuse.
      Depuis quand est-il interdit de parler d'un sujet parce qu'il n'en a pas été question pendant une campagne?
      Depuis que QS existe.
      Refrain.

      Votre "Cette proposition est irrecevable." est assez honteux merci.
      Une fois de plus vous jouez, très mal, au censeur.
      Refrain.

      Tous les votes sont des compromis. Essayer de faire croire qu'un vote est un appui inconditionnel à des idées ne tient pas la route. sauf pour des fanatiques finis.
      Refrain.
      Aucun vrai humain n'appuie la totalité et le détail du programme d'un parti.

      Je n'ai jamais été en complet accord avec le député, ni le parti, pour lequel j'ai voté.
      J'avais une grande admiration pour Parizeau comme économiste. Mais son goût pour le secret, quoique plutôt justifié dans certaines circonstances, m'irritait.
      Admiration n'est pas sanctification. Vous le savez ?

      Je suis en faveur d'une proportionnelle, mais mon approche a changé depuis qu'il existe des partis extrémistes au Québec, qui pourraient profiter de la minorisation du gouvernement pour bloquer les chèques d'aide financière, la paye et toute la machine de l'État, à des fins de déstabilisation de l'État. Les extrémistes aiment beaucoup la politique du pire comme on sait.

      Je serai d'accord avec une modification au scrutin que quand le législatif et l'exécutif seront élus séparément et auront chacun leur domaine clair.
      L'exécutif élu à deux tours, le législatif à la proportionnelle.
      En attendant la proposition de M. Bonin n'est pas à dédaigner.
      Hon! Ça n'a pas été discuté...

      Pis?
      Refrain.

  • Jean Jacques Roy - Abonné 21 mai 2019 06 h 36

    Chronique d’une mort annoncée!

    « Tu penses que j’m’en aperçois pas ! »
    (GIlles Vigneault)

  • Claude Bariteau - Abonné 21 mai 2019 08 h 38

    C'est la conséquence, à mes yeux, de l'élection d'un gouvernement majoritaire avec 37,4% d'appuis. Pour que l'entente entre les partis avant les élections soit effective, ça impliquait un gouvernement minoritaire avec à sa tête un des partis signataires.

    Comme ce ne fut pas le cas, la réforme ne se fera pas pour 2022. C'est ce que prépare comme scénario la ministre LeBel responsable du dossier. Une entente, pour se concrétiser, implique que les partis à l'entente aient le pouvoir de la réliser. Objectivement, ils n'ont pas ce pouvoir avec un gouvernement faussement majoritaire.

  • Léonce Naud - Abonné 21 mai 2019 09 h 27

    Pourquoi donc Ottawa a-t-il reculé sur le scrutin de liste ?

    Se pourrait-il qu'à Ottawa on ait vu venir à l'horizon une dislocation de ce conglomérat de communautés qu'est en train de devenir le Canada ?

    Parmi les paramètres qui doivent guider une réforme du mode de scrutin se trouve celui du maintien de l’unité de la Nation et de son territoire. Le mode de scrutin de type proportionnel est-il susceptible de faire obstacle ou, au contraire, de favoriser l’émergence de forces ou de partis politiques régionaux plutôt que nationaux, un jour de partis religieux ?

    Il existe désormais au Québec une nébuleuse de groupes ethniques, culturels, religieux, linguistiques, raciaux, situés pour la plupart dans la partie ouest du territoire québécois. Cette région jouxte l’Ontario, où l'on trouve un univers socio-culturel analogue susceptible d’exercer une force d’attraction économique et politique considérable en cas de changement fondamental du statut politique actuel du Québec.

    L'immigration massive actuelle aura comme résultat qu'en cas de référendum gagnant portant sur l'indépendance du Québec, une partie de la population de la région métropolitaine ainsi que de l’Outaouais fera connaître bruyamment et démocratiquement sa volonté de continuer à faire partie du Canada plutôt que de poursuivre dans un Québec indépendant.

    Une telle volonté de rattachement d’une grande région du Québec au reste du pays pourrait alors être exprimée vigoureusement, démocratiquement et internationalement par un parti politique légal à base régionale. Enfin, on peut compter sur Ottawa pour garantir militairement les limites d’une nouvelle « Province of Montreal ». D’où l’importance, pour un mode de scrutin donné, de ne pas rendre possible l'avènement de quelque parti politique régional ou religieux que ce soit dans l'avenir.

    « Celui dont la vue ne porte pas au loin verra les problèmes de près. » Sun Tze

  • Gilles Théberge - Abonné 21 mai 2019 09 h 29

    Si l’on voulait marquer notre « distinction », ce serait pourtant une façon de la faire.

    Je serais très déçu si le premier ministre Legault devait reculer sur cette promesse.