Un devoir de mémoire envers les Arméniens

104 ans. Voilà le nombre d’années qui se sont écoulées depuis le génocide d’un million et demi d’Arméniens, perpétré par les Turcs ottomans. Malgré le fait que ces derniers aient échoué dans leur projet d’annihilation et d’extinction des Arméniens, se souvenir de ces atrocités demeure un devoir de mémoire pour que l’humanité ne permette plus jamais de tels actes.

Depuis le début du XXe siècle, à maintes reprises, les mots « plus jamais » ont retenti aux quatre coins du monde. Holocauste. Cambodge. Rwanda. Srebrenica. Plus proche de nos jours, les crimes contre l’humanité au Darfour visaient également la destruction physique de groupes ethniques ciblés. Dans cette perspective, il est intéressant de se souvenir de la question posée par Adolf Hitler, en 1939, à ses généraux : « Qui se souvient aujourd’hui de l’extermination des Arméniens ? » pour justifier sa décision d’extermination des Juifs d’Europe. Comme si la non-condamnation et l’impunité étaient des prétextes pour commettre l’irréparable…

Encore aujourd’hui, la haine et la peur de l’autre poussent des dirigeants à inciter des groupes à tuer, à violer et à massacrer. Dans les actualités, nous nous désolons et nous nous sentons impuissants devant les images de corps mutilés de femmes yézidies ou d’autres actes barbares affligés à des populations (Syrie, Irak, Afghanistan, Yémen, etc.). Pourtant, comme citoyens, nous possédons la plus puissante des condamnations, celle de la mémoire. En commémorant et en n’oubliant pas les atrocités du passé, nous envoyons un message collectif fort aux chefs d’État sanguinaires de ce monde et aux groupes extrémistes.

Tant qu’il le faudra, je me souviendrai du génocide de 1915, un crime contre l’humanité commis par les Turcs ottomans. Toute une région, soit l’Anatolie orientale, s’est vu dépouillée de sa population arménienne. Un patrimoine historique et une richesse culturelle ont été détruits. Des femmes, hommes, vieillards et enfants ont été déracinés de leurs villes et villages ancestraux pour connaître les pires horreurs dont l’Homme est capable. Par ces actes, le gouvernement de l’époque poursuivait un projet d’extermination de ses citoyens arméniens chrétiens. Par leur négation continuelle, les gouvernements de la République de la Turquie perpétuent le crime de leurs ancêtres.

Par ailleurs, je demande que des puissances internationales, comme les États-Unis et l’Israël, reconnaissent le génocide arménien et condamnent les crimes du gouvernement des Jeunes Turcs. Cela permettrait aux descendants des victimes d’avoir une petite lueur d’espoir et encouragerait le gouvernement turc à emboîter leur pas.

Que les mots « plus jamais » restent dans le passé. Une fois pour toutes !

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3 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 26 avril 2019 09 h 47

    Je suis totalement d'accord avec vous

    Mme Myrna Karamanoukian.

  • François Beaulne - Abonné 26 avril 2019 11 h 04

    Honneur aux Arméniens

    Depuis ma tendre enfance j'ai connu des arméniens de la diaspora qui se font un devoir de rappeler chaque année à la conscience mondiale le génocide que leurs ancêtres ont vécu.
    Nous avons un devoir de mémoire et de solidarité à leur endroit, notamment nous, Québécois, Acadiens, Métis, Canadiens-français qui, à notre façon avons souffert de tentatives d'étouffement culturel.
    D'autant plus que notre devise <je me souviens>, nous porte à comprendre les efforts, luttes et sacrifices de ce petit peuple chrétien pour survivre dans un Moyen-Orient musulmam.
    Oui, chers amis arméniens, nous sommes avec vous de tout coeur!

  • Marie Nobert - Abonnée 27 avril 2019 01 h 40

    L'Arménie, l'Anatolie et Sir Basil...

    J'ai connu des Slobodian (Olga), Arslanian (Philippe), Eloyan (Amandine