Le premier ministre Legault et le pragmatisme

Le premier ministre Legault dit souvent de lui-même qu’il est pragmatique. Qu’est-ce que le pragmatisme ? Le Larousse dit que c’est une « doctrine qui prend pour critère de vérité le fait de fonctionner réellement, de réussir pratiquement ». On observe pourtant tout le contraire dans les projets de M. Legault. Il parle d’enfouir les lignes à haute tension de l’île d’Orléans alors qu’Hydro-Québec a toujours affirmé que c’était impossible. Il veut que l’âge légal pour se procurer du cannabis soit 21 ans alors que les experts lui disent que les 18-21 ans vont s’en procurer sur le marché noir et que ça nuira aux buts premiers de la légalisation, soit diminuer la consommation chez les jeunes et éradiquer le marché noir. Aussi, il n’écoute pas les experts en santé publique qui disent que c’est une mauvaise idée d’interdire le cannabis dans tous les endroits publics. Parce que, dans les faits, ça va faire en sorte que plus de gens vont devoir respirer la fumée de leur voisin de logement.

Combien d’études, dans le monde, certifient qu’augmenter la capacité routière ne donne rien à moyen terme ; les routes finissent par se congestionner quand même ? Non ! En avant toute pour le troisième lien.

Nous sommes déjà en pénurie d’enseignants et de bâtiments scolaires. Pourquoi ne pas développer la maternelle 4 ans ? Quelle bonne idée ! Monsieur Legault a toujours dit qu’il voulait avoir de meilleurs enseignants, parmi les étudiants les plus doués. Peut-on m’expliquer comment on fait ça, en contexte de pénurie… aggravée ? On n’aura tout simplement pas le choix d’accepter tout le monde.

Je vois beaucoup plus d’électoralisme que de pragmatisme dans ce nouveau gouvernement. Il ne veut pas perdre une partie importante de sa base. Il veut s’assurer de garder les électeurs pour qui l’épreuve des faits ne vaut pas grand-chose. Il veut plaire à ceux qui ont plus peur des « poteux » et des immigrants que des changements climatiques.

12 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 1 décembre 2018 01 h 44

    Électoralisme ou idéologie?

    Bien d'accord avec l'auteur de cette lettre!

    «Je vois beaucoup plus d’électoralisme que de pragmatisme dans ce nouveau gouvernement»

    Par contre, j'ai des réserves avec cette perception d'électoralisme. Étant élu pour quatre ans, ce gouvernement n'a plus besoin d'être électoraliste, mais décide plutôt selon son idéologie. Et c'est peut-être pire!

  • Jean Lapointe - Abonné 1 décembre 2018 07 h 24

    Que veut dire «nationalisme rassembleur» pour François Legault?

    Et quand François Legault nous dit qu'il veut ou qu'il favorise un «nationalisme rassembleur» est-ce qu' il y a quelqu'un qui sait ce qu'il veut dire par là ?

    Il faudrait qu'il nous dise d'abord ce qu'il entend par «nationalisme» et aussi comment on fait pour que ce nationalisme soit «rassembleur»?

    Le moins qu'on puisse dire c'est que François Leagult ne fait pas beaucoup d'efforts pour essayer de se faire comprendre.

    Les Caquistes sont sûrement nationalistes dans le sens où ils tiennent à leur identité non pas de Québécois mais de Canadiens français. On dirait qu'ils n'ont pas encore réalisé que les Canadiens français ne constituent maintenant qu'une partie des Québécois même s' ils en constituent la majorité.

    En voulant que ce nationalisme soit rassembleur est-ce que François Legault veut dire qu'il entend faire en sorte que les gens qui ne sont pas des Candiens français s'Intègrent à eux? C'est possible mais il faudra lui demander si c'est cela qu'il veut dire parce que pour le moment moi je trouve que ce n'est pas clair.

    Pour moi c'est le contraire qui est souhaitable. Et le contraire c'est de faire en sorte que tous les habitants du Québec en viennent à se sentir québécois y compris les Canadiens français parmi eux.

    François Legault me donne plutôt l'impression de favoriser un repli sur eux-mêmes des Canadiens français en maintenant les Québecois dans une sorte de ghetto au sein du Canada. Il semble s'imaginer que les Canadiesn français du Québec pourront rester ce qu'ils sont tout en restant dans le Canada.

    Bref, le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne sait pas vraiment ce que pense François Legault et que ses idées, si idées il a, sont loin d 'être claires en tout cas sur ce sujet.

  • Michel Lebel - Abonné 1 décembre 2018 07 h 40

    ''Trumpisme''


    Bonne réflexion. Qui peut nier qu'il y a du ''trumpisme'' un peu partout sur la planète, Québec inclus! Rien de bien jojo non plus au plan des relations internationales, sans oublier l'urgence climatique. Le temps est vraiment à la régression. Mais malgré tout, je garde un (certain) espoir en l'Homme.

    M.L.

  • Yvon Robert - Abonné 1 décembre 2018 09 h 25

    Une bonne description

    M.Landry vous avez raison, Legault est un populiste comme notre voisin du sud.

    Il veut plaire à ceux qui ont plus peur des « poteux » et des immigrants que des changements climatiques.

  • Gilles Bousquet - Abonné 1 décembre 2018 09 h 25

    Si le troisième lien est une mauvaise idée.

    Alors, pour suivre cette logique, détruisons quelques liens existants. On défait le pont Jacques-Cartier et la l'autoroute 40 et la 20, tant qu'à être parti, afin de décourager les automobilistes.

    • Marc-André Gardner - Abonné 1 décembre 2018 12 h 19

      Bel exemple de pente savonneuse. Rendu là, "pour suivre cette logique", comme vous dites, puisque la maternelle à 4 ans pose trop de contraintes à nos écoles, abolissons l'école primaire!

      Personne, je dis bien personne, ne remet en question que l'automobile peut avoir une utilité dans certains cas. C'est plutôt le développement à outrance de quartiers et de villes conçus uniquement pour l'automobile qui est à proscrire. C'est continuer à bâtir des infrastructures qui non seulement encouragent le transport solitaire en automobile, mais découragent le transport en commun et autres moyens de transport actifs qui est le problème. C'est s'évertuer à ajouter des autoroutes et à élargir les existantes au mépris de tous les avis scientifiques qui pose problème. C'est s'inventer une vertu environementaliste en parlant d'enfouir des lignes, encore une fois en opposition avec toutes les données scientifiques connues, qui est un problème.

      Les automobilistes (dont je fais partie, soit dit en passant) doivent cesser de voir cette opposition au 3e lien comme une guerre personnelle envers eux. C'est simplement une décision raisonnable compte tenu des connaissances en vigueur.

    • Christian Roy - Abonné 2 décembre 2018 18 h 32

      Excellent commentaire M Gardner. Il faut "sortir" de l'habitacle de l'autosoliste à essence pour voir les choses autrement. Ce n'est pas évident à première VUS.