Comment contrer la gentrification

L’expérience de plus de 30 ans partout au Québec de projets collectifs de revitalisation démontre que la gentrification peut être, sinon évitée, au moins limitée si tous les membres des collectivités se mobilisent.

Les projets Rues Principales intègrent cet enjeu à toutes les étapes : en amont, lors de consultations publiques, lors de l’adoption et la réalisation des plans d’action supervisés par la municipalité, et lors d’évaluations annuelles. Grâce à cet exercice de démocratie participative, des villes comme Matane, Plessisville ou Nicolet ont intégré cette préoccupation et se sont dotées de programmes incitatifs en finançant la rénovation de logements ou de commerces dans des coeurs urbains où vivent des personnes démunies. Cela n’empêche pas la spéculation, mais génère une prise de conscience collective qui ouvre la porte à des solutions concrètes, par exemple l’intégration du milieu communautaire à l’association de gens d’affaires et des maires du Transcontinental à Pohénégamook, qui préside au développement local.

Cependant, tant qu’il n’y aura pas de volonté politique pour promouvoir et financer la construction d’un minimum de logements sociaux dans chaque communauté, la gentrification continuera de générer de l’exclusion.