Montréal, la Monaco des pauvres

Voilà qu’après les éternels travaux de réfection des rues de Montréal, qui occasionnent des congestions monstres, des détours sans fin, des difficultés de stationnement, des pertes de temps inouïes, voilà qu’après les marathons et les tours cyclistes de tous acabits qui paralysent la libre circulation des citoyens, des touristes, des compagnies de transport, des personnes à mobilité réduite dont je fais partie, on ajoute 12 jours de préparation et de perturbations d’un concert infernal de machinerie, d’installation de barrières de sécurité, avec la tenue, pour au moins trois ans, en plein centre-ville, de la Formule E.

On ne saurait être contre la vertu. Il est louable qu’on fasse la promotion des voitures électriques.

J’imagine également que cet événement apportera une visibilité à Montréal et des retombées économiques dont elle a bien besoin. Mais est-ce toujours aux irréductibles Montréalais d’assumer la note ? Hélas ! Montréal n’est pas Monaco. Le boulevard René-Lévesque, dont on parfait le revêtement pour la Formule E, n’est pas Monte-Carlo.

Serait-il farfelu de suggérer que l’an prochain, au lieu de paralyser le centre-ville, on utilise le circuit Gilles-Villeneuve pour l’événement ? À tout le moins qu’on pense à un circuit dans une périphérie montréalaise moins névralgique ?

5 commentaires
  • Jacques Tremblay - Inscrit 20 juillet 2017 07 h 35

    Et pourquoi pas Montréal, la Monaco Verte?

    Lorsque la notoriété de la Formule E sera faite à Montréal et dans le monde il sera toujours temps de retourner sur le circuit Gilles Villeneuve. Il faut avouer que cet événement risque d'être très spectaculaire et nous faire redécouvrir Montréal sous un nouvel angle. Montréal, la Monaco Verte voilà une image moderne et rassembleuse qui cadre bien avec le XXIe siècle. En attendant il vaut mieux prendre Métro, autobus électriques si possible et Bixi ainsi que votre mal en patience.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

    • Pierre Raymond - Abonné 20 juillet 2017 10 h 43

      Monsieur Tremblay, je vous propose d'échanger nos logements du 1er juin au 31 août 2018.

      Vous aurez pleine vue sur le cirque montréalais... mon appartement se trouvant à 4 rues de la place des spectacles et moi, ah moi j'irai humer l'air salin de votre belle municipalité.

  • Bernard Terreault - Abonné 20 juillet 2017 08 h 03

    Il faut se rendre à l'évidence

    Grande ville et transport par auto individuelle sont incompatibles. Et la folle prolifération récente de camions de livraison de marchandises commandées en ligne n'aide pas. Toutes les vraies grandes villes du Monde l'ont compris ou, en Amérique du Nord, sont finalement en train de le réaliser.

  • Gilbert Turp - Inscrit 20 juillet 2017 08 h 27

    Bienvenue à Rozonville

    Tout pour les touristes et rien pour les résidents, telle est la devise.

  • Jean Richard - Abonné 20 juillet 2017 09 h 28

    La ville n'est pas une autoroute

    Qu'on le veuille ou non, les villes modernes sont celles où la dictature automobile est remise en question. Montréal va très (trop) lentement, très (trop) timidement dans cette direction. La primauté absolue de l'automobile individuelle est remise en question et on ne peut que s'en réjouir. Pourquoi s'en réjouir ? Parce que l'automobile, d'abord imaginée comme moyen de transport associé à une forme de liberté est devenue, avec sa multiplication exponentielle, un des pires cancers urbains. L'automobile transporte sa maladie, son cancer, partout où elle s'installe.

    Ce ne sont pas tous les Montréalais qui sont esclaves de la dictatrice à moteur. On le constate de plus en plus en voyant des gens qui cherchent, en tant que citadins vivant en société, à se réapproprier la ville, ville que le général Moteur et ses complices fordiens, chryslériens et Toyotains lui ont subtilisée au fil des ans. L'espace public peut – et devrait – désormais servir à la communication entre les gens, que ce soit en faisant la fête ou autres manifestations culturelles, sportives ou autres.

    La ville rêvée serait celle où un enfant de 8 ans et un autre de 88 ans pourraient traverser la rue sans y laisser leur peau.

    Il y a toutefois des manifestations qui laissent perplexes. Une course de chars à batteries fait partie de celles-ci. Faire la « promotion » de la voiture électrique ? Non, pour la simple raison que cette voiture électrique qu'on veut nous vendre de force, c'est une copie conforme de celle qu'elle vise à remplacer. Le cancer de la voiture en ville, ce n'est ni le moteur, ni le réservoir à essence. Ne changer que le moteur ne la guérira pas de son cancer. La Formule E veut nous vendre la puissance, la griserie de la vitesse alors qu'on vient d'abaisser les limites de cette vitesse assassine. Et que dire des 400 kg (200 par voiture) de batteries polluantes (le sujet est tabou) pour une heure de bruit strident ?