Bravo au Collège des médecins

Bravo au Collège des médecins du Québec qui se prononce contre l’élargissement de l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes qui auraient demandé celle-ci au moyen de directives médicales anticipées. Le Collège affirme que les médecins ne sont pas des « tueurs à la carte » qui doivent remplir les commandes des proches qui souffrent de l’existence de la personne inapte, qui elle ne souffre pas, disent-ils. Les médecins ne veulent pas, non plus, être ceux qui auraient à décider qui serait tué et quand, et qui ne le serait pas. L’aide médicale à mourir a été jugée acceptable par le Collège pour les personnes mourantes qui en font la demande personnellement et consciemment. Mais la « pente glissante » décriée par les opposants à l’euthanasie ne fait que commencer.

2 commentaires
  • Johanne - Abonnée 19 mai 2017 11 h 10

    S'incliner devant la volonté du patient: un devoir social

    Comme vous le savez sans doute, Monsieur Ward O'Connor, en vertu du Code des Professions de cette province, le Collège des Médecins a mission de servir le public; quant au médecin, conformément à sa loi constitutive et à la loi sur la Santé et les Services Sociaux, il se trouve dans la posture de serviteur public appelé à prodiguer du soin.

    A cet égard, le médecin se doit de respecter scrupuleusement la volonté souveraine de son patient exprimée stritement et par écrit à son intention, en s'y conformant. C'est le mandat que lui confie le patient, et ce mandat constitue un contrat social liant le médecin. Tout le reste incluant la morale n'est qu'accessoire. Le rôle du médecin est de s'incliner.

    Je remarque que votre lettre incite le médecin au viol de ce contrat.
    Est-ce vraiment là ce que vous entendez soutenir, Monsieur Ward O'Connor?

    Comme ex-notaire ayant pratiqué une trentaine d'années, je puis témoigner que tous les clients rencontrés dans le cadre de la rédaction d'un mandat en prévision de l'inaptitude, réclamaient une fin de vie brève et sans souffrance. Tous, sans aucune exception!

    Véhéments, ces clients allaient même jusqu'à me scruter afin que je leur propose une formulation optimale ne laissant place à aucun interprétation à ce sujet.

    Ai-je répondu à leur requête: voilà la question que je me pose aujourd'hui, lorsque je prends acte de l'insoutenable position du Collège.

  • Jacques Tremblay - Inscrit 20 mai 2017 01 h 35

    Tout à fait d'accord avec vous Mme Johanne. La religion des uns ne doit en aucun cas être la loi des autres. Le vrai geste de barbarie est de ne pas acquiescer à une demande volontaire bien éclairée d'un futur patient dont l'angoisse est justement de ce retourner complètement démunis face à un médecin militant incapable de respecter son ultime volonté.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc