Grève des juristes: la loi spéciale sera contestable

Devant la ténacité des juristes, le gouvernement veut régler le problème avec une loi spéciale. Mais cette loi spéciale sera contestable, et très probablement contestée puis annulée.

Le gouvernement prend pour prétexte une négociation de mauvaise foi, mais il sera facile de renverser cette affirmation vers l’employeur. Le Conseil du trésor a été très rigide dans toutes ses négociations, et il est évident que son objectif était de faire des gains sur plusieurs aspects en ne cédant que sur des grenailles ou sur quelques cartes qu’il gardait dans sa manche pour certains groupes.

La retraite a été affectée pour tous, même pour les groupes qui n’ont pas encore signé.

Les offres d’indexation salariales à 5,25 % sur 5 ans sont figées dans le béton alors qu’on est très loin de rejoindre l’inflation. Des montants forfaitaires ont été ajoutés pour faire croire à une indexation favorable. Même les médias ont joué le jeu en parlant de hausses salariales jusqu’à 9 %.

Une autre stratégie était de prétendre que des pertes dans certaines conditions étaient à coût nul, mais en ne laissant aucun choix aux syndiqués de se retirer de ces changements ni de discuter de la valeur de l’échange.

Le Conseil du trésor a insisté sur le cadre financier du gouvernement. On avait commencé en affirmant que la capacité de payer des contribuables était à ses limites. On s’aperçoit aujourd’hui que les conditions offertes permettent des surplus et des baisses d’impôt aux riches entrepreneurs.

Selon les jugements récents, un gouvernement employeur ne peut pas abuser de sa position de législateur pour fausser le rapport de force dans une négociation. C’est exactement son attitude dans toute cette période de négociations. L’épée de Damoclès d’une loi spéciale a plané sur les syndiqués alors que le gouvernement restait très rigide dans ses offres désavantageuses.

Le ministre Moreau dépose une offre finale et ne laisse que 24 heures à LANEQ pour réagir avant d’annoncer une loi spéciale. Et c’est la partie travailleurs qui négocierait de mauvaise foi ?


 
1 commentaire
  • Jean-Yves Arès - Abonné 27 février 2017 12 h 47

    Ben voilà...


    Les médias, tous syndiqués, font le jeu du gouvernement et désinforment la population ...

    Et ensuite, voilà que nos pauvres de pauvres juristes sont menacés de se faire transpercés le corps par l'épée d'une loi spéciale qui les condamnera à un minus 130,000$ par année a la fin de la convention...

    Non mais quelle souffrance que de travailler pour l'État !