Rampes d’accès vers le coeur

Dans son projet de rédiger une loi visant à améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec un handicap, la ministre Qualtrough insiste sur l’importance de l’accès à l’emploi. Dans Le Devoir du lundi 6 février, on la cite : « Si vous n’avez pas un édifice qui compte un environnement accessible, vous ne pouvez pas y travailler. Si le transport n’est pas offert pour s’y rendre, vous ne pouvez pas y travailler… À cet égard, cette loi aura assurément un impact significatif sur l’embauche. »

Or l’accessibilité à l’emploi ne se résume pas au transport adapté pour se rendre au travail, ni aux rampes d’accès à l’entrée, aux portes automatiques et aux ascenseurs dans les milieux de travail. En vérité, la première rampe d’accès à franchir, peu importe le « handicap », est la rampe vers le coeur. L’accès à l’emploi passe inévitablement par l’accueil de la différence par l’employeur et les collègues de travail, et une ouverture aux adaptations des tâches et façons de faire aux capacités ou limitations de la personne en situation de handicap.

Certes, il reste fort à faire pour permettre aux personnes ayant des incapacités motrices ou des déficits sensoriels d’exercer leur rôle de citoyens à part entière. Cependant, les personnes qui présentent une déficience intellectuelle sont trop souvent oubliées lorsqu’on parle de citoyens « handicapés » et d’accessibilité universelle. Les mesures compensatoires mises en place dans nos villes et nos milieux de travail prennent rarement en considération la perspective de personnes qui ont des limitations intellectuelles et des capacités d’adaptation restreintes. Encore une fois, c’est par le coeur que l’on peut espérer changer les valeurs qui permettront une participation égalitaire dans le monde du travail de toute personne en situation de handicap, peu importe sa condition. À quoi sert une rampe d’accès vers le bureau d’un futur employeur qui ne croit pas en notre potentiel ?

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