Les siestes félines

Je suis propriétaire d’une chienne de race difficilement déterminable, adorable et, surtout, bien élevée (j’ai longtemps suivi des formations en éducation canine avec des maîtres-chiens compétents, car cela existe aussi). Je suis donc tout à fait d’accord avec vous sur la nécessité du contrôle animalier sur le territoire montréalais. Ayant déjà vécu de mauvaises expériences avec les chiens de type pitbull, et ce, jusque dans les aires d’exercice canin réservées, j’appuierais même leur exclusion de ces parcs pour d’évidentes raisons de sécurité. Or, je m’inscris en faux contre vos arguments en faveur de la liberté absolue des chats. Non que je les déteste, ce n’est pas le cas, croyez-moi. Mais je pense que la rhétorique du gentil matou inoffensif est abusive : le chat qui fait sa sieste sous votre balcon a peut-être tué une souris et s’en est peut-être ensuite délecté, mais il a certainement fait ses besoins dans vos plates-bandes, tuant ainsi lentement vos pétunias et autres plantes, mais à petit feu.

Les chats qui errent sont une nuisance publique en ce sens précis, et je ne comprends pas pourquoi il faudrait encourager leurs propriétaires à les laisser faire sans considération aucune quant aux effets que cela entraîne. Quand je rentre chez moi et que l’odeur de leur urine m’accueille au lieu que ce soit celle de mes pivoines, je me demande bien ce que l’un ou l’autre de ces propriétaires dirait si je laissais ma chienne uriner et déféquer sous leur porche. « Les chats ont besoin de liberté », m’a dit récemment une amie amoureuse ébaubie de ces félins que l’on dit domestiqués, alors que cela reste à prouver. Soit. Les chiens aussi apprécient la leur. Mais la liberté de tous ces animaux ne doit pas avoir préséance sur la nôtre.

Les chats aussi doivent être l’objet d’un contrôle : leurs maîtres devraient les retenir attachés dans leur jardin. Ils pourraient ainsi apprécier assurément le parfum unique de leurs déjections quotidiennes.

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4 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 29 décembre 2016 07 h 53

    La sieste (bis)

    La souris tuée par l'amical félin de service est dans son estomac, et non dans votre maison, monsieur Robillard.

  • François St-Pierre - Inscrit 29 décembre 2016 08 h 53

    Tous les animaux ont besoin de liberté

    Voilà pourquoi la propriété d'un animal domestique en ville, là où il doit être attaché ou enfermé pratiquement tout le temps, traduit un manque de considération pour son bien-être. Aimer les animaux, ça veut dire les laisser dans la nature.

  • Hélène Boily - Abonnée 29 décembre 2016 15 h 49

    Contrôle

    Un animal domestique heureux, c'est un voisinage en paix et un maître heureux. Enfin, si celui-ci se soucie du bien-être élémentaire de ses animaux: un minimum de liberté, accès à l'extérieur, affection. Quant aux chiens, je leur procurerais un enclos plutôt que de les mettre en laisse. Du même élan, je vous suggère de fabriquer un enclos à vos pivoines, elles ne s'en plaindront pas.

  • Luc Le Blanc - Abonné 30 décembre 2016 11 h 12

    Des voisins heureux de leur chat propre propre propre

    Mes voisins de part et d'autre avaient chacun un chat, qui venaient faire la sieste sur mon cabanon. Jusque-là c'était charmant, mais je marchais dans la merde de chat de ma cour, ma tondeuse roulait dedans et ma terrasse sentait la pisse de matou (j'en ai aperçu un une nuit aspergant copieusement les planches). J'ai essayé du grillage sur la cloture mitoyenne et du poivre de Cayenne. Seul l'arrosoir avec détecteur de mouvement fonctionnait, mais seulement l'été (au printemps on ramasse des tas dégelés). Mes voisins devaient eux se réjouir de leur chat propre propre propre qui ne nécessitait pas de litière. Alors, oui, j'aurais été bien heureux que mes voisins gardent leur chat dans la maison ou les aient laissés dans la nature plutôt que de me les imposer en ville.

    La mesure Coderre peut sembler absurde car on ne peut contraindre un chat à rester dans sa cour, mais a-t-on le droit d'imposer ses animaux aux autres qui n'en ont pas, peut-être parce qu'eux ont compris que ce n'est pas les aimer que de les emmener vivre en ville.