Maquiller ses préjugés

La marque de cosmétiques Cover Girl a récemment engagé son premier « cover boy », James Charles, un artiste-maquilleur de 17 ans. Des dizaines de personnes ont salué l’initiative, alors que l’égalité des sexes et la communauté LGBTQ sont des sujets de plus en plus mis en avant. Pourtant, il suffit d’aller lire sur les réseaux sociaux les commentaires reliés à l’annonce pour voir que le combat contre les préjugés est loin d’être gagné.

« Je n’ai rien contre les hommes maquillés, mais il est maquillé en fille. » C’est quoi se maquiller en homme ? Le maquillage n’a pas de genre. On dit que les filles ne devraient pas se contraindre à se maquiller, mais cela vaut dans l’autre sens : rien n’oblige les hommes à éviter le maquillage. Si cette campagne de publicité peut permettre d’en décomplexer certains, ne serait-ce que pour mettre du fond de teint si l’envie est là, c’est déjà un grand pas. « Il est trop maquillé. » Et vous pensez que les « cover girls » sont maquillées naturellement ? Malgré tout, des millions de jeunes filles rêvent d’être aussi parfaites qu’elles (mais ça, c’est une autre histoire). Sans doute y a-t-il également des milliers de jeunes hommes qui rêvent de ressembler à James Charles, mais qui n’osent pas l’avouer. Là est le véritable problème. Après, la quantité de maquillage qu’on applique, c’est un détail. Comme il y a des filles qui se maquillent beaucoup, un peu et pas du tout, rien ne devrait empêcher les hommes de faire pareil.