Indignons-nous!

Dans Le Journal de Québec du 20 août dernier, les commentaires de la conseillère municipale Anne Guerette ne manquent ni d’aplomb ni de pertinence. Elle vise juste la cible et elle dénonce une situation dangereuse qui prévaut à la Commission chargée d’examiner les permis de construire, de démolir, de rénover les immeubles situés sur le territoire de la Ville de Québec. Mme Guerette a le mérite de dénoncer la quasi-faillite de cette Commission qui se trouve comme paralysée ou sous le joug de quelques ukases perturbant un travail jusqu’alors juste, équilibré et respectueux des valeurs civiques et urbaines de notre ville. Le déclin dans l’analyse des permis a été entamé par l’agrément pour démolir le monastère des Dominicains, un patrimoine conventuel doté d’une grande valeur urbanistique autant que symbolique pour le quartier. Plus récemment, l’octroi à la hussarde d’un permis pour démolir une oeuvre d’art dans le Vieux-Québec, offerte par Jacques Chirac, à notre ville, a été le point d’orgue d’un dérèglement civique, artistique et urbain. Ces événements sont très graves, car on sent que la Ville ne distingue vraiment plus le bon grain de l’ivraie. Notons que la Commission a été mise en place pour éviter des abus d’autorité, et pour faire respecter des règles de bonne maintenance du paysage urbain. Mme Guerette a raison de sonner le glas en demandant des correctifs. Quelle est donc l’utilité de cette Commission, payée par les contribuables, si elle est inopérante sur de grands enjeux de l’aménagement de notre cité ainsi que pour assurer la conservation d’une esthétique urbaine qui rapporte gros à l’industrie touristique par sa beauté préservée tout autant que par son attachement à l’histoire. Si elle ne s’oppose pas farouchement à certains gestes, relevant d’une pensée indécente autant que barbare, alors que la « politique municipale du patrimoine » approuvée il y a quelques années, par le Conseil municipal, demande de faire tout le contraire… on se demande vraiment où se trouve la « conservation » du patrimoine. Un redressement s’impose.

Le grand mérite de l’attention portée par notre conseillère municipale sur un enjeu aussi majeur que le respect de la qualité de vie des citoyens et de l’aménagement du cadre de vie, pour tous, a été de rappeler le souvenir d’Elie Wiesel. Avec les citoyens et les contribuables de la Vieille Capitale, ensemble, clamons : « Indignons-nous ! »

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