On est vieux tôt

Il y a quelque temps, j’ai passé avec succès deux entrevues pour un boulot en communication. « On sent ta passion pour les communications. Tu es la personne qu’ils recherchent, c’est certain », d’affirmer avec conviction la chasseuse de têtes. Rendez-vous à Montréal, donc, pour l’entrevue finale avec les dirigeants de la compagnie.

J’arrive quelques minutes en avance, histoire de reconnaître les lieux. […] Quelques minutes plus tard, l’adjointe administrative me demande de la suivre. Je traverse le bureau tout en regardant autour de moi. À première vue, l’âge moyen des employés ne dépasse pas 30 ou 35 ans. Puis, me voilà dans une salle de réunion avec les dirigeants de la compagnie : deux jeunes professionnels dans la jeune quarantaine.

Comme le joueur de quilles d’expérience qui sait tout de suite après avoir lancé sa boule si celle-ci fera un abat ou si elle va tomber dans le dalot, je comprends cinq secondes après mon entrée que je ne suis pas la personne qu’ils veulent. Mon style, mes cheveux blancs, mes rides, mes 52 ans… Trop vieux, le vieux ! On procède quand même à l’entrevue, pour la forme, par politesse, pour jouer le jeu, même si les trois personnes autour de la table connaissent la conclusion.

Bonne nouvelle : j’ai déjà d’autres entrevues à mon agenda. […] Je fais aujourd’hui le rêve de vivre dans une nation où je ne serai pas jugé sur mon âge, mes cheveux blancs ou mes rides, mais sur la valeur de mon caractère et de mon expérience.

1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 12 mai 2016 00 h 10

    sans commentaire

    !!!