Un préjugé de moins

En ouvrant mon journal préféré, j’ai d’abord été contrarié de constater que celui-ci semblait sombrer dans la starisation en accordant, à partir d’un fait à première vue divers, sa une à la Femen qui a fait irruption lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale.

J’ai quand même lu l’article et me suis rendu compte que la jeune femme en question était très structurée dans son propos, ce que son intervention spectaculaire ne permettait pas de juger. J’ai découvert une jeune femme ayant des principes. Contrairement aux étudiants masqués de l’UQAM, elle les assumait en refusant d’être anonyme et en prenant le risque d’être arrêtée. Qu’on soit d’accord ou non avec elle, il faut avouer qu’elle a plus de courage dans sa démarche que ce à quoi ces étudiants turbulents nous ont habitués.

La place des femmes dans la société est-elle à ce point bloquée que certaines d’entre elles en soient réduites à des actions comme celles que mènent les Femen pour se faire entendre ? C’est à chacun de nous de répondre à cette question. Après avoir lu l’article, j’ai beaucoup mieux compris son intervention. Je l’encourage à prendre la parole dans divers forums et de nous faire bénéficier de ses propos intelligents. Ce serait la conséquence logique de son geste d’éclat. Ce soir, je me coucherai avec un préjugé de moins.

4 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 6 mai 2015 09 h 32

    Le geste

    Osé, spectaculaire, assumé.

  • Sylvain Dionne - Inscrit 6 mai 2015 10 h 17

    Et un de plus?

    Je suis totalement d'accord quand vous posez la question: "La place des femmes dans la société est-elle à ce point bloquée que certaines d’entre elles en soient réduites à des actions comme celles que mènent les Femen pour se faire entendre ?".

    Mais j'ajoute celle-ci: "La place des jeunes dans la société est-elle à ce point bloquée que certains d'entre eux en soient réduits à des actions comme celles que mènent certains étudiants pour se faire entendre?"

    Car, n'en déplaise à ceux d'avis contraire, je maintiens que nous ne les entendons pas quand ils parlent de leur inquiétude face au démentèlement du bien commun. Et on voit bien qu'ils avaient raison de s'inquiéter quand on regarde les grands titres de ce matin (démission des médecins).

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 6 mai 2015 13 h 59

    Un préjugé de moins

    Ah! j'avais si confiance, confiance aveugle déclinée en slogans et en arguments creux, je le comprends maintenant. Voilà que je devrait revoir mon argumentaire en faveur du Devoir. Il peut être le journal préféré de quelqu'un, dont nous induisons par là qu'il doit tout de même le lire à l'occasion, et entendre de la bouche de ce même lecteur un amalgame de préjugés et de machisme digne de d'autres productions qui n'ont de journalistique que la prétention.

    Les étudiants vous auraient habité à s'avancer masqués! Mais pourquoi donc feraient-ils cela? Est-ce que la judiciarisation du conflit, qui faisait planer un risque de sanctions académiques, civiles et ultimement criminelles, a pu contribuer à cette recherche d'anonymat? Par ailleurs, est-ce que la démocratie directe dont se réclament certaines associations empêche d'élever des leader, qui iront s'exposer, puis nourrir la curiosité médiatique? Trop compliqué tout ça. Comme il est trop compliqué de lire l'ensemble de réflexions, de textes argumentés, d'idées, de dénonciations, dont nous nourrissent ces "étudiants masqués" dans les dernières semaines, mois, années.

    Mais voilà, une "intervention spectaculaire" d'une jeune femme, à laquelle vous n'accordiez a priori aucune crédibilité, vous amène tout de même à vous intéresser à elle, pour découvrir un "propos structuré". Cela dit, je ne pense pas que Femen doit être mis en opposition avec le mouvement étudiant, même si les procédés diffèrent, ce qui modifie la réception du message, comme vous le démontrez.

    Le plus étonnant dans cette missive est qu'elle ait été publiée.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 7 mai 2015 03 h 34

      «Le plus étonnant dans cette missive est qu'elle ait été publiée.» Cela se nomme «Liberté de la presse». Et on n'a même pas besoin d'être d'accord; c'est-y pas merveilleux ?

      PL