Le Québec, nation distincte des Amériques

Selon un sondage réalisé en 2017, 65% des Québécois «se sentent très différents ou assez différents des Américains».
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Selon un sondage réalisé en 2017, 65% des Québécois «se sentent très différents ou assez différents des Américains».

Dans un récent article du Devoir (27 février), Gérard Bouchard titrait « L’américanité du Québec, un débat raté ». Si ce fut un débat raté, il n’est pas trop tard pour le reprendre. En effet, la position de certains chercheurs, tout comme la sienne sur l’américanité en tant que trait identitaire des Québécois, a créé quelques malentendus. L’article en question ne les a pas atténués tout en ayant le grand avantage de permettre de les nommer.

En effet, tout est question d’angle de vue. Cet article renvoie l’américanité à la perception que les Québécois ont d’eux-mêmes, insistant pour la ramener à une perception continentale rejoignant celle des autres nations du Nouveau Monde. Ce que Gérard Bouchard appelle l’américanité, c’est un sentiment d’appartenance à la collectivité des nations des Amériques.

Une remarque s’impose. S’il existe de fortes différenciations entre les nations d’Amérique, celles-ci sont en même temps toutes confrontées à la puissance hégémonique de l’une d’elles, une seule et même culture, celle des États-Unis. Ne serait-il pas trompeur d’affirmer que les citoyens du Lac-Saint-Jean sont autant marqués par leur communauté d’appartenance à l’Uruguay ou au Brésil qu’à l’influence américaine sur leur mode de vie et sur leur perception d’eux-mêmes ? C’est beaucoup demander que d’évacuer le poids des États-Unis au cœur de l’Amérique pour le remplacer par des représentations identitaires liées à la présence des nations du sud des Amériques. D’ailleurs de nombreuses études ayant pour objet l’américanité se sont plutôt centrées sur les représentations des rapports des Québécois avec leur voisin nord-américain, et cela va de soi.

Spécificités propres

À mes yeux, toutes ces études reposent bien au contraire sur le thème de la différenciation plutôt que sur celui de la reconnaissance de soi dans les autres nations des Amériques. Je fais partie de ceux que Bouchard appelle les « commentateurs » de sa position sur l’américanité. Non parce que je réduis ce trait identitaire à notre voisinage avec les États-Unis ou à l’américanisation. Mais parce que, précisément, au lieu de caractériser l’identité québécoise par ses affinités avec le sud du continent de l’Amérique, je préfère en retenir les spécificités propres. À cette fin, je me suis penchée sur les tendances fortes d’un sondage paru en 2007 sous la direction du politologue Guy Lachapelle. Ce sondage révèle, certes, qu’une proportion de 30 % des Québécois s’identifient d’abord comme nord-américains. Mais à côté, 70 % d’entre eux se caractérisent très nettement par un esprit différentialiste. Les résultats d’un sondage similaire effectué en 2017 ne devraient qu’accentuer cette volonté de différenciation comme effet du gouvernement d’un président plutôt impopulaire au Québec. (On trouvera l’étude élaborée de ce sondage dans mon ouvrage Le Québec, une nation imaginaire, dans le chapitre « L’américanité et les représentations de soi », PUM, 2017).

Selon ce sondage, 65 % des Québécois « se sentent très différents ou assez différents des Américains ». Dans une proportion de 70 %, ils ne se voient pas comme des « Américains parlant français » ; pour 60 % les deux cultures, américaine et québécoise, « ne se ressemblent pas », etc. En résumé, disons qu’aucun chercheur ne peut le moindrement affirmer que les représentations que se font les Québécois de leur identité les confondent d’un seul trait avec les Nord-Américains. L’américanité est une notion floue qu’une grande partie des perceptions des Québécois dément.

Quel est donc le ressort de l’américanité selon Bouchard ?

1. « Réconcilier notre imaginaire avec notre réalité » ? Notre réalité n’est certes pas européenne ni française, mais elle n’est pas non plus sud-américaine ; notre imaginaire n’est-il pas non plus autre que celui des nations des Amériques ?

2. « Assainir notre rapport culturel avec la France » ? Il est largement « assaini » depuis des décennies. Ce qui fait notre différence, c’est le fait de parler français au cœur d’un environnement anglophone et d’appartenir à la Francophonie.

3. « Recadrer le statut du Québec comme nation du Nouveau Monde ». Si le Québec a besoin de mythes, en voilà un.

Les sociologues ou les historiens pourront toujours proclamer la découverte de nos affinités avec le reste du Nouveau Monde, le Québec en éprouvera sûrement de la sympathie, mais il a déjà assez à faire avec l’affirmation de sa propre différence par rapport au reste du Canada. L’américanité des Québécois est non seulement l’énoncé d’une différenciation avec l’Europe, mais elle est aussi une différenciation avec les États-Unis. Malgré des modes de vie fortement apparentés, l’identité se construit dans la différence.

48 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 2 mars 2021 01 h 26

    «Anne, ma sœur Anne», je suis «"Né" quelque part». (!)

    La «vrille» continue. Pas de leçon a donner, pas de leçon à recevoir. Misère. Au texte. «[...], l’identité se construit dans la différence.» Pensif. On «vit» le jour où l'on se fout de l'image que les «z'ôtres» ont sur nous. On avance.

    JHS Baril

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 mars 2021 10 h 25

      L'importance c'est de nous distinguer par des politiques progressistes, humanitaires, qui s'éloignent du néolibéralisme ambiant au Canada et aux États-Unis; une politique marchande qui exploite les ressources humaines et naturelles pour enrichir quelques oligarques.

  • Léonce Naud - Abonné 2 mars 2021 05 h 10

    Le Québec, nation normale des Amérique

    Le Québec est une nation normale et non distincte. C’est l’Amérique qui est distincte du Québec et non l’inverse. Les Québécois sont normaux, pas distincts. Être distinct, c’est être hors norme, hors majorité, «à côté de la track». Alors qu'être Québécois, c’est faire partie d’une majorité québécoise et non d’une minorité nord-américaine.

    Ni les Américains, ni les Français, ni les Anglais, ni les Allemands, ni les Suédois, ni les Russes, ni les Chinois, ni les Patagons, bref, aucune nation au monde, même fort dégénérée, ne va son chemin en psalmodiant comme une maniaque: «Je suis différente! Je suis distincte!».

    À force de se faire dire par une poignée d’intellectuels qu’ils sont distincts, différents et donc quasiment détraqués par rapport à la normalité nord-américaine, les Québécois auront tendance à vouloir se fondre dans ladite normalité. C’est ce qui arrive présentement. L'historien Maurice Séguin a remarqué qu'une nation annexée l’est d’abord dans la représentation qu’elle a d’elle-même, tout comme l'esclave se voit fréquemment avec les yeux de son maître.

    Enfin, il est providentiel que l’Accord du lac La Charité (devenu Lac Meech) ait fait patate. Merci Ti-Jean-Flag-on-the-Hood. Sinon, le Québec aurait été enfermé dans le concept empoisonné de «société distincte» jusqu’à son extinction finale.

    • Louise Collette - Abonnée 2 mars 2021 08 h 40

      Merci Monsieur Naud, toujours un bonheur de vous lire.

  • Yvon Montoya - Inscrit 2 mars 2021 06 h 04

    Tout est Amerika au Quebec mais une seule chose est bien différente des voisins americains, le rapport a la nourriture. Je dirai même different ce rapport aux autres Provinces canadiennes. Les québécois savent se nourrir, savent créer de bons produits et possèdent un bon palais pour apprécier les nourritures. Bref, ils sont de bons connaisseurs...Dans les autres Provinces comme aux USA,, c’est vraiment compliquée la bonne nourriture que ce soit dans les restos ( sauf les restos de la nouvelle cuisine snobinarde) ou les marchés. Pour le reste qui n’est pas « encore » américain mais aussi occidental?

    • Pierre Rousseau - Abonné 2 mars 2021 08 h 22

      Que de mythes véhiculés ici! La bonne nourrite compliquée ailleurs au Canada? Ça dépend où. Dans le sud de l'Ontario c'est le paradis des fruits et des légumes, surtout aussi des vignobles qui ont repris beaucoup du poil de la bête et Toronto a une cuisine internationale au goût de tous où on peut trouver autant d'excellents restaurants ou autant de junk food qu'à Montréal.

      Quant à la Colombie-Britannique, c'est le paradis de la bonne nourriture et l'espérance de vie est même plus longue qu'ici. À Vancouver et Victoria on trouve des restaurants de renommée internationale avec une cuisine souvent très influencée par les produits de la mer, en particulier les superbes saumons sauvages du Pacifique dont les 5 espèces sont disponibles, fraîches à l'année. Ça c'est sans parler de la région de l'Okanagan, le grenier des fruits et des légumes de la province et où les meilleurs vins canadiens sont produits dans des vignobles reconnus mondialement.

      Ce n'est pas en niant la valeur des autres que l'on sera meilleurs mais bien en se comparant et en se disant que nous aussi on est bons.

    • Claude Bernard - Abonné 2 mars 2021 10 h 25

      M Montoya
      Les Américains sont, dans leur genre, extrêmement diversifiés et s'ils semblent hyper conformistes et uniformes aux étrangers, toutes les races et toutes les misères s'y retrouvent, ainsi que dans un pays post-national.
      Dire que les États sont un continent est un cliché qui décrit bien les choses, nonobstant de Tocqueville.
      Le Québec, à mon avis, pourrait facilement devenir un état américain avec deux langues officielles et reconnues en pratique, ce qui est le cas déjà. (je veux dire avec deux langues).
      La Californie jongle avec l'idée d'ajouter l'espagnol à l'anglais comme langue officielle.
      Selon les endroits et la culture dominante (qui n'est pas toujours l'anglo saxonne), la nourriture est appréciée comme lien culturel par les communautés «brunes» ou «noires».
      Le plus grande différence d'avec nous me semble être leur patriotisme qui n'existe pas ou du moins ne se manifeste plus ici.

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 2 mars 2021 13 h 14

      "Le Québec, à mon avis, pourrait facilement devenir un état américain avec deux langues officielles et reconnues en pratique, ce qui est le cas déjà (je veux dire avec deux langues). La Californie jongle avec l'idée d'ajouter l'espagnol à l'anglais comme langue officielle." - Claude Bernard

      Monsieur Bernard, ce que vous dites est inexact: si au Québec l'anglais possède un statut "de facto", le français y demeure à ce jour la seule langue officielle. Par conséquent, consentir à mettre l'anglais et le français sur le même pied constituerait une régression majeure aux plans politique et culturel.

      Puisque les citoyens américains ont toute liberté de s'installer partout sur le territoire de leur pays, le Québec en tant qu'état américain serait bien vite noyé par une immigration intérieure qu'il ne contrôlera d'aucune manière. Ce serait "jouir" d'un statut équivalent à celui de province canadienne, mais en dix fois pire.

      La Californie jongle avec l'idée de devenir bilingue uniquement du fait du flot continu d'immigrants hispanophones qui traversent la frontière, légalement ou illégalement, pour venir grossir les rangs de la communauté latino déjà présente. Au Québec, un tel apport de sang nouveau n'existe tout simplement pas et la majorité francophone actuelle, déjà mise à mal par les politiques de Justin Trudeau, fera face à une rapide asphyxie, puis à l'extinction définitive.

      Sur le million d'immigrants québécois francophones s'étant fixé en Nouvelle-Angleterre à partir du XIXe siècle. tous ont été assimilés au bout de deux générations. Le même sort attend un Québec faisant partie intégrante des États-Unis. À vous lire, c'est sans doute ce que vous souhaitez pour mettre un terme à notre misère identitaire et réduire ultimement notre différence à quelques recettes de cuisine.

    • Claude Bernard - Abonné 2 mars 2021 16 h 29

      M Morin
      Vous avez tellement raison.
      Les Latinos restent en général en Californie où ils trouvent facilement à travailler et où le climat leur convient.
      Au Québec, le climat et le marché du travail ne sont pas si emballants.
      État américain, l'ex province ne serait plus une porte Roxam vers le Canada.
      Les États américains sont des états fédérés et ont chacun leur constitution plus ou moins impossible à modifier.
      Celle que nous choisirions devrait être telle que nous serions assurés de demeurer francophones à jamais.

  • Cyril Dionne - Abonné 2 mars 2021 07 h 15

    Elle est où la distinction, elle est où?

    En sciences comme dans toutes les sphères de l’activité humaine, il y a les perceptions et il y a les faits qui sont vérifiables et reproductibles. Cela est très facile de se dire différent des Américains, mais le diable est toujours dans les détails. En fait, les Québécois sont des citoyens de 2e classe dans cette Amérique dominée par les États-Unis. Le Québec ne fait pas le poids économique et démographique. Il n’est même pas capable de s’affirmer au Canada comme nation indépendante.

    Les Québécois se disent très différents des Américains et pourtant culturellement, ils copient tout ce qui vient de là-bas. En plus, ils ajoutent de plus en plus des anglicismes dans leur conversation de tous les jours pour paraître à la mode. Pardieu, ils ont même importé la culture du bannissement, des annulations, des licenciements, des humiliations publiques et des jugements sommaires des USA, « Wokisme » oblige. Ils sont des Américains qui parlent français et ne se sont jamais affirmés comme nation à part entière. Ils vivent encore comme des Tanguy dans la maison des néocolonialistes « canadians » parce qu’ils ont en fait, peur de s’affirmer ou ne s’en sentent pas capables. Et cela veut dire quoi appartenir à la Francophonie? Il n’y a seulement que quelques pays qu’on pourrait qualifier de francophones puisque tous les autres sont le résultat du colonialisme à outrance par la France, notamment en Afrique. Lorsque vous en êtes à votre 2e ou 3e assimilation, disons poliment que vous êtes le produit d’une force culturelle qui vous dépasse largement.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 2 mars 2021 10 h 11

      M. Dionne prend l'ombre pour la proie. S'il fallait que l'utilisation d'anglicismes soit un signe d'assimilation, il faudrait désormais considérer les Français comme nous surpassant en la matière! Je préfère laisser la parole à des observateurs étrangers pour ce qui caractérise notre petite nation. Je citerai deux ouvrages. Le premier d'un auteur américain s'étant intéressé aux différences culturelles entre les différentes parties de l'Amérique du Nord. Dans "American Nations - A History of the Eleven Rival Regional Cultures of North America" Colin Woodard fait remonter aux premiers contacts avec les Amérindiens les traits distinctifs de notre nation. Il écrit: "While the French had hoped to peaceably assimilate the Indians into their culture, religion, and feudal way of life, ultimately they themselves became acculturated into the lifestyle, technology, and values of the Mi’kmaqs, Passamaquoddies, and Montagnais. Indeed, New France became as much an aboriginal society as a French one and would eventually help pass this quality on to Canada itself."

      Des recherches montrent que les Québécois francophones se définissent plus à partir d'éléments de leur groupe d'appartenance, alors que leurs "voisins" se réfèrent plus à des définitions centrées sur eux .Edwerd Grabb et James Curtis dans le livre "Region Apart - The Four Societies of Canada and The United States" ont bien étudié cette différence générant des valeurs et des attitudes particulières. Ils écrivent dans leur conclusion: "More specifically, our research has shown that, along with being the least committed of all the four sub-groups to conventional religious beliefs, Quebecers are the most open a host of non-traditional ideas, principles, and practices. This is evident in their relatively more supportive stances on women's equality, gay rights, alternative forms of sexuality, same-sex marital unions, and interracial marriages, as well as their generally more liberal approach to criminal justice".

    • Cyril Dionne - Abonné 2 mars 2021 13 h 34

      M. Cotnoir, je me rappelle de mon enfance en Ontario, moi qui suis de la 3e ou dernière génération de Franco-Ontariens qui a peuplé ce coin de pays anglo-saxon et orangiste. Lorsque je fréquentais l’école primaire, les jeunes avaient commencé à utiliser toutes sortes d’anglicismes, de régionalismes et de canadianismes pour se définir tout en pensant que c’étaient bien « Kool » de faire cela. En 8e année, ou 2e du secondaire au Québec, la langue d’usage des étudiants entre eux était l’anglais, ceci, même durant les cours. Arrivé au secondaire, j’étais parmi un des seuls à communiquer en français à l’école secondaire avec les enseignants. J’avais même un enseignant qui ne parlait aucun mot en français et qui enseignait non pas l’anglais, mais une autre matière spécialisée supposément en français. La seule chose qui demeurait de francophone dans cette école secondaire située dans la région la plus française de l’Ontario (50% de francophone), eh bien, c’était le nom de l’institution inscrit en lettres sur les murs de l’école. Aujourd’hui, en Ontario, ce n’est plus la francophonie, mais bien la « francophony » avec l’emphase mis sur le « phony ».

      Il faudrait de temps en temps lâcher les livres théoriques qui ne reflètent aucunement la réalité et marcher sur le plancher des vaches. Aujourd’hui, plus personne ne parle français en Ontario à moins d’être payé pour le faire. Maintenant que je vis au Québec, je vois le même phénomène opérer au Québec. Cette marche vers l’assimilation sera aussi accentuée et amplifiée par les technologies de l’information et de la communication comme on le voit présentement sur les médias sociaux. Comme disait l’autre : « Resistance is futile, you will be assimilated ».

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 2 mars 2021 17 h 21

      Pour intéressange qu'elle soit votre analogie avec l'Ontario n'en demeure pas moins boiteuse. Car on ne peut comparer le cas des Franco-ontariens avec celui des Québécois. Car c'est oublié le chemin parcouru au Québec. Je suis né en 1951 dans à Val-d'Or, dans une région assez similaire sur le plan des ressources au nord-est de l'Ontario. Mon père, rare professeur laïque y enseignait au secondaire. Mais le seul salaire d'un professeur à l'époque était inférieur à celui d'un mineur, aussi ma mère, garde-malade comme on le disait à l'époque, travaillait avec bon nombre de médecins. Mon père pour compléter son pécule avait créé une entreprise de crédit afin de permettre aux Canadiens français désargentés de payer les factures de leurs médecins (il n'y avait pas d'assurance maladie à l'époque). Il ne faisait affaire qu'avec des Canadiens français... mais toutes les opérations de "Northern Credit", du nom jusqu'aux factures étaient en anglais. Plus vieux, rendu adulte, je lui ai demandé un jour pourquoi. Il m'a répondu qu'en ces temps-là aucun Canadien français ne l'aurait pris au sérieux s'il avait utilisé le français pour faire de la "business". Alors, voyez-vous je crois que bien du chemin a depuis été parcouru. De l'époque où non seulement la « maudite grosse vendeuse WASP de chez Eaton » ne parlait pas un traître mot de français, mais encore où chez Dupuis Frères les "boss" exigeaient de leurs propres vendeuses de s'adresser en anglais à la clientèle qu'elles ne connaissaient pas, jusqu'à maintenant, nous sommes collectivement sortis du complexe du colonisé. Maintenant quand je vais à la Maison de la coopération du Montréal métropolitain que j'ai contribué à fonder dans "Parc Extension", c'est en français que les communications se font, même si plusieurs des locataires n'ont pas le français comme première langue. Je sais tous les gains sont fragiles. Mais ce n'est pas en baissant les bras qu'on fait avancer une cause, et je sais que vous n'êtes pas de ce bois-là!

  • Pierre Bertrand - Inscrit 2 mars 2021 07 h 16

    C'est pas clair !!

    Au final Mme Légaré, nous sommes quoi au juste pour vous ?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 2 mars 2021 10 h 13

      En effet "C'est pas clair." La phrase de M.Dionne ": Des Tanguy.....qui ont peur de s'affirmer ou ne s'en sentent pas capables."

      Bref,notre statut est triste à mourir.....A quand le réveil......??

    • Claude Bariteau - Abonné 2 mars 2021 11 h 09

      Une nation sans État indépendant est imaginaire et culturellement définie. La comparer à d'autres nations associées à un État indépendant induit un biais majeur, qui consiste à comparer des nations de nature différente.

      La seule comparaison peut se faire avec des prénotions. L'Etat indépendant du Québec crée, la nation québécoise sera definie politiquement et aura comme assise la citoyenneté, un système politique, une économie, des programmes sociaux et culturels.

    • Claude Bariteau - Abonné 2 mars 2021 11 h 33

      J'ajoute qu'avec un État indépendant, la nation québécoise sera politique et non culturelle. Elle sera comparable à d'autres États politiques.

      M. Bouchard néglige ce point fondamental. Mme Légaré aurait pu le rappeler.