ICI RDI, cap sur le Québec et les États-Unis

«C’est simple, ICI RDI fait vraiment fausse route en matière de diffusion diversifiée et régionale relative à notre francophonie», pense l'autrice.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «C’est simple, ICI RDI fait vraiment fausse route en matière de diffusion diversifiée et régionale relative à notre francophonie», pense l'autrice.

De nombreux intervenants francophones sont en train de se prononcer pour donner leur avis quant au mandat de Radio-Canada dans le cadre du renouvellement de ses licences en radio et en télé durant 13 jours d’audience.

Rappelons que, selon la Loi sur la radiodiffusion (1991), Radio-Canada doit « refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du pays, tant sur le plan national que sur le plan régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions ».

Depuis un an, le grand public passe beaucoup plus de temps devant la télévision. Pandémie oblige !

Les chaînes de mon câble me donnent un accès aux nouvelles en français diffusées par Radio-Canada, ICI RDI, TVA. Ces nouvelles sont quotidiennement limitées et répétitives. Il me reste une fenêtre sur l’actualité francophone internationale, surtout européenne, grâce à TV5.

Fausse route

C’est simple, ICI RDI fait vraiment fausse route en matière de diffusion diversifiée et régionale relative à notre francophonie. Si on veut des nouvelles concernant le Québec, on écoute Anne-Marie Dussault. Sinon, il y a toujours sa chronique américaine…

Oubliez l’Ontario français, sauf un maigre téléjournal diffusé au quotidien par Radio-Canada. Mentionnons TFO, dont la programmation télé propose en grande partie des émissions éducatives et culturelles destinées à la jeunesse. C’est bien !

Par contre, les réalités touchant la vie des francophones de l’ouest et de l’est du Canada (hors Québec) brillent par leur absence…

C’est comme si l’actualité canadienne se résumait à la vie en anglais au Canada (CBC) et celle en français, au Québec (Radio-Canada), exclusivement. Sauf en temps de crise, comme en 2019, quand le gouvernement Ford avait pris la décision de supprimer le Commissariat aux services en français, le ministère des Affaires francophones et le projet de l’Université de l’Ontario français…

Où sont les reportages approfondis, les points de vue de nos commentateurs politiques, sur les enjeux, les succès et les défis de la francophonie canadienne ?

Entre autres sujets, qu’en est-il du projet fédéral de révision de la Loi sur les langues officielles : sa promotion de l’égalité des deux langues, ses répercussions sur la vie socio-économique durable en français au Canada ?

Pourquoi pas une émission hebdomadaire portant sur l’actualité des affaires francophones au Québec et en Ontario, où vivent les deux tiers des francophones du pays ?

Pourquoi pas une nouvelle série de documentaires portant sur les organismes regroupés sous la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) visant à les promouvoir et à les faire connaître ?

Pourquoi pas un programme sur le nouveau visage de la francophonie canadienne ; cap sur les avantages de l’immigration francophone !

Il est temps pour Radio-Canada de se réinventer en fonction de ses responsabilités telles que dictées par la loi.

1 commentaire
  • Jean-Guy Aubé - Abonné 29 janvier 2021 14 h 17

    Information sur les francophones hors-Québec à Radio Canada et RDI

    Moi je suis à Montréal et je peux capter le téléjournal Acadie via le canal français local de l'Archipel St-Pierre et Miquelon. Quelques mentrions sur ce qui se passe en Acadie au téléjournal émanant de la station du réseau français de Montréal. Mais pour ce qui est des francophones de l'ouest canadien et de l'Ontario, c'est habituellement silence radio hormis lorsqu'il y a une mobilisation ou une crise comme celle qui a eu lieu depuis deux ans pour l'université francophone de Toronto.

    Et il est vrai que RDI accorde une importance disproportionnée à ce qui se passe en politique états-unienne alors que les litiges entre le Canada et les Etats-Unis sont surtout d'ordre économique et que le rôle de la politique étrangère du Canada est de plus en plus mineur sur l'échiquier mondial.

    Les francophones hors-Québec auraient droit à une meilleure couverture diffusée sur l'ensemble du territoire canadien.