Une transformation positive de l’économie

«Au quotidien, transformer positivement l’économie, ça se fait un investissement à la fois, en choisissant de financer et d’accompagner les entreprises qui avancent dans cette direction», estime l'autrice.
Photo: Getty Images / iStockphoto «Au quotidien, transformer positivement l’économie, ça se fait un investissement à la fois, en choisissant de financer et d’accompagner les entreprises qui avancent dans cette direction», estime l'autrice.

Force est de reconnaître que la crise que nous traversons a malheureusement accentué l’impact des inégalités sociales et économiques. Elle accélère également des tendances qui pointaient déjà à l’horizon, comme la volonté d’acheter moins, mais mieux, de privilégier des produits locaux, en particulier pour l’alimentation, mais aussi le passage pressé vers le numérique et le télétravail, tout en faisant ressortir l’importance des liens sociaux.

Paradoxalement, cette crise a relégué au second plan la lutte contre les changements climatiques. Elle devrait au contraire nous alarmer et nous mobiliser encore plus, car elle nous offre un avant-goût des impacts que peut avoir un choc structurel mondial sur notre économie, comme celui anticipé avec la crise climatique.

La relance ne peut pas se contenter de vouloir revenir à « l’économie d’avant ». Il est nécessaire de transformer positivement l’économie. Et nous avons une occasion privilégiée de nous attaquer (enfin) à des problèmes que l’on connaît depuis trop longtemps.

Transformer positivement l’économie, c’est travailler pour que notre économie soit plus équitable, plus inclusive, plus verte et plus performante.

Depuis ses débuts, Fondaction est résolument et entièrement engagé en faveur du développement durable. La période que nous traversons illustre toute la pertinence et la nécessité de cette approche. D’ailleurs, les derniers mois ont montré que les entreprises sont bien plus agiles qu’elles ne le croyaient et que celles qui résistent le mieux sont celles qui adoptent une vision large des possibilités et des risques, une vision qui inclut les aspects sociétaux.

La crise n’est pas financière. Le capital est disponible. Mais pour une réelle transformation positive, il faudra collectivement diriger l’argent vers les entreprises et les projets qui, en plus d’être rentables financièrement, ont des retombées économiques, sociales et environnementales positives.

Grâce à la mobilisation de plus de 176 000 Québécois qui nous confient leur épargne, Fondaction va investir 1 milliard de dollars dans les trois à cinq prochaines années dans des entreprises, fonds et projets qui contribuent concrètement à changer l’économie.

Cette transformation nécessite des mesures structurantes, mobilisant différents partenaires, pour permettre la réalisation de projets qui autrement n’auraient pas la chance de démarrer, malgré leur potentiel. La lutte contre les changements climatiques et les inégalités concerne tous les acteurs de la société. Entreprises privées et d’économie sociale, organisations financières et pouvoirs publics, nous devons tous ensemble faire en sorte que l’économie soit une force au service de l’intérêt général.

Des solutions existent déjà et nous sommes mobilisés pour en créer de nouvelles, comme nous sommes en train de le faire avec l’économie circulaire, la filière du gaz naturel renouvelable, la revitalisation de terrains industriels contaminés, l’efficacité énergétique, le maintien de communautés régionales fortes et la lutte contre la désertification des sols, pour ne citer que quelques exemples.

Au quotidien, transformer positivement l’économie, ça se fait un investissement à la fois, en choisissant de financer et d’accompagner les entreprises qui avancent dans cette direction. Depuis 25 ans, Fondaction accompagne au jour le jour les entrepreneurs qui font bien les choses et qui prennent en compte les impacts économiques, sociaux et environnementaux de leur développement.

C’est la synergie entre les efforts fournis par les entreprises, les investisseurs, les organismes communautaires, les chercheurs et les mouvements sociaux qui permettra de découvrir et de structurer des solutions créatives et concrètes aux défis auxquels nous faisons face.

La clé est là : concentrer et concerter les efforts pour appuyer cette transformation positive vers une « nouvelle économie » qui permettra de répondre aux besoins de tous les humains tout en respectant les limites de la planète.

2 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 30 septembre 2020 13 h 45

    Mettre fin à la cupidité de l'industrie fossile.

    L'ONU suggère l'adoption d'un «New Deal vert mondial», un «New Deal économique et écologique» et l'économiste Ricardo Petrella propose un «Plan Marshall global et original».
    On le voit bien, la crise qui secoue actuellement la planète (économique, financière, alimentaire, énergétique, à vous de choisir...) est différente des précédentes.
    Pour la première fois, des chefs d'État, des économistes réputés et des organismes de grande crédibilité exigent que l'environnement se retrouve au coeur des solutions que privilégiera la communauté internationale.
    Certes, les diverses crises qui sévissent ne sont pas autant liées au sort de l'environnement, qu'à la spéculation et à l'échec des gouvernements à encadrer les marchés. Mais elles n'en sont pas moins les indices d'un mal profond qui, lui, nous ramène à l'écologie: l'incapacité du système économique à prendre pied dans le XXIe siècle.
    Les voix se font ainsi de plus en plus nombreuses pour exiger un meilleur équilibre entre rentabilité et responsabilité, entre rendement et environnement.
    Parmi les nombreuses mesures proposées, on trouve les suivantes :
    - 100 % d’énergies renouvelables pour l’électricité et les transports d’ici 2030 et zéro émission nette pour le pays d’ici 2050.
    - La création de 20 millions d’emplois pour le climat.
    - 16 000 milliards de dollars d’investissements publics, une ambition comparable à celle de l’époque du New Deal et de la Seconde Guerre mondiale.
    -Une transition juste pour les travailleurs, avec entre autres une garantie de maintien pendant 5 ans des salaires et allocations en cas de perte d’emploi dans des secteurs en déclin comme celui des énergies fossiles.
    - Un grand programme d’isolation thermique des logements et un autre pour des transports publics modernes et propres.
    - Rejoindre l’accord de Paris et abonder le Fonds mondial pour le climat à hauteur de 200 milliards de dollars.
    - Des investissements publics conséquents pour restaurer les sols, forêts et prairies.
    « Mettre fin à la cup

  • Lionel Leblanc - Abonné 1 octobre 2020 09 h 03

    Réponse à Geneviève Morin et Nadia Alexan

    Que signifient «Transformation positive de l’économie» et «Mettre fin à la cupidité de l’industrie fossile» » dans le contexte de la crise actuelle affligeant la santé de la population mondiale?
    Les propos des autrices susmentionnées sont édifiants, mais ils témoignent d’une incompréhension manifeste de la grande complexité du système «économique» —selon le sens originel : gestion de la maison. En ce sens, il n’y a pas d’opposition entre «économie» et «écologie». En effet, une économie bien comprise ne peut pas négliger ce qui touche à la pérennité de notre milieu de vie. On a tendance à utiliser le mot «économie» comme synonyme de «activité industrielle», «…commercialle», «circulation d’argent», «…de richesse», ce qui oppose faussement l'économie à l’écologie.
    La profusion de syntagmes du type «économie équitable», «…inclusive», «…verte», «…performante», «énergie renouvelable», représente des expressions dans lesquelles le qualificatif bouffe le substantif. Conjuguées au manque de connaissance de la physique et des systèmes aux multiples variables inter reliées, les pistes de solution proposées tiennent davantage de vues de l’esprit que de méthodes réalistes, capables de corriger les malaises dénoncés.
    L’oxymore «développement durable» a la vie dure. Le développement mène toujours à la catastrophe et ce, quel que soit le qualificatif attribué; seule l’échéance est repoussée. En effet, développement implique toujours une progression géométrique sans laquelle il n’existerait pas. La compréhension de la «progression exponentielle», par le commun des mortels, est mauvaise; en effet, le qualificatif «exponentielle» est compris comme «très grande» et non pas comme une croissance qui correspond à la progression géométrique.
    L’un des plus grands problèmes, difficilement soluble, ce n’est pas l’«urgence climatique», mais plutôt la taille de la population étant donné que la superficie de la Terre est une constante immuable.
    Désolé d’agir comme éteignoir pour certain.e.s !