L’Histoire n’est pas finie

«Les frontières se redresseront un peu partout comme il y a 100 ans, la coopération cédera le pas à la compétition entre États ou blocs régionaux dans des zones tampons, le nationalisme redeviendra à la mode comme naguère», écrit l'auteur.
Photo: Josh Edelson Agence France-Presse «Les frontières se redresseront un peu partout comme il y a 100 ans, la coopération cédera le pas à la compétition entre États ou blocs régionaux dans des zones tampons, le nationalisme redeviendra à la mode comme naguère», écrit l'auteur.

Le plus formidable outil de politique étrangère des années 1990 et de la première moitié des années 2000 ne fut pas la dissuasion nucléaire, une alliance diplomatique entre grandes puissances ou la crainte de l’hégémonie américaine sortie victorieuse de la guerre froide. Ce fut plutôt une idée : celle défendue à la fin des années 1980 par Francis Fukuyama, à savoir le libéralisme politique et économique comme modèle final d’évolution des sociétés humaines. À cette époque, presque tous les pays de la planète, en passant par la Russie et la Chine, ont adopté ce modèle, qui a donné lieu à un monde qui a convergé dans la même direction de l’internationalisme libéral.

Au cours de cette période, la mondialisation s’est accélérée, et les États ont opté pour la coopération dans différents domaines, notamment la responsabilité de protéger, l’élargissement de la démocratie libérale et les sanctions contre ses opposants. Ce monde est aujourd’hui en déclin, ce qu’a illustré à merveille la crise de la COVID-19 avec la montée en puissance des velléités isolationnistes du monde occidental qui risque à terme d’accélérer le processus de démondialisation qui a déjà cours depuis quelques années déjà.

Démondialisation

Car il s’agit bien de cela : la crise du coronavirus n’a pas déclenché ce processus, mais l’a au contraire accéléré. Le gouvernement Clinton a représenté l’âge d’or de cet ancien monde convergent, qui a vu la Chine se joindre à l’Organisation mondiale du commerce, la Russie de Boris Eltsine se démocratiser et l’acceptation par différents partis socialistes du principe de l’économie de marché (comme le Labour Party sous l’impulsion de Tony Blair), ce qui lui a fait dire dans ses mémoires publiés en 2004 « que le monde est destiné à poursuivre sa marche de l’isolement à la coopération et l’interdépendance, car il n’y a pas d’autres options disponibles ». Cette belle illusion s’est toutefois arrêtée net il y a 19 ans, soit un matin de septembre 2001 lorsque quatre avions détournés par des membres d’al-Qaïda se sont tragiquement écrasés et ont plongé le monde dans une lutte interminable contre le terrorisme international.

Alors que les États-Unis avaient fait le choix jusqu’à ce moment de souffler sur la flamme de cette fin de l’histoire défendue par Fukuyama, ils se sont alors transformés en hégémon n’hésitant plus à agir unilatéralement et à faire prévaloir leurs intérêts nationaux sans se préoccuper de ceux de leurs partenaires. Cette coopération à sens unique, ou plutôt cette imposition sans compromis de règles à partir de Washington, a changé la donne et a fait réaliser aux nouveaux adhérents de la fin de l’Histoire qu’ils n’étaient que de simples valets qui n’avaient d’autre choix que de suivre la cadence imposée par la Maison-Blanche.

À ce titre, l’appui de Vladimir Poutine à l’intervention en Afghanistan ainsi qu’à l’établissement de bases américaines en Asie centrale (région mieux connue comme étant le ventre mou de la Russie) ne s’est pas soldé par des concessions de la part des États-Unis, qui se sont au contraire concentrés à admettre dans l’OTAN des pays frontaliers à la Russie et à s’ingérer activement dans la promotion de candidatures pro-occidentales dans les anciens satellites de Moscou (notamment en 2004 lors de la Révolution orange en Ukraine). L’invasion en 2003 de l’Irak sans l’appui du Conseil de sécurité a également été perçue par les partenaires des États-Unis comme un exemple éloquent qu’ils n’hésiteraient pas à imposer l’ordre libéral par la force si nécessaire, et ce, quitte à violer le droit international.

Il faut également ajouter la crise financière de 2008, qui a montré la fragilité d’un système économique réputé inébranlable et qui a plongé une partie importante du monde dans la misère. N’eût été la Chine et le plan de sauvetage pharaonique de son économie qui a également contribué à relancer celle du reste du monde, la sortie de crise aurait été fort différente. Fort de cette leçon, Xi Jinping a bien compris que le modèle libéral plaçait l’empire du Milieu en position vulnérable et que toute autre crise allait freiner la demande des biens made in China produits dans l’usine du monde, ce qui l’a amené depuis maintenant plusieurs années à découpler lentement mais sûrement l’économie chinoise de celle du reste du monde. Les menaces du gouvernement Trump et les mesures qu’il a prises afin de punir la Chine et son virus, qui a déjà fait près d’un million de victimes, ne feront qu’accélérer de manière exponentielle ce retrait de la Chine de l’ordre international.

La messe a donc déjà été dite, et on annonce que le monde de l’après-COVID-19 ne sera plus jamais le même. Les frontières se redresseront un peu partout comme il y a 100 ans, la coopération cédera le pas à la compétition entre États ou blocs régionaux dans des zones tampons, le nationalisme redeviendra à la mode comme naguère. Oui, le coronavirus est beaucoup plus qu’une simple grippe qui disparaîtra avec le développement d’un vaccin le printemps prochain lorsque l’on considère ses implications en matière de sécurité internationale. L’Histoire est encore une fois en mouvement.

*L’auteur publiera en octobre un ouvrage intitulé Pandémie : une esquisse politique et philosophique du monde d’après aux Presses de l’Université Laval

11 commentaires
  • Hermel Cyr - Abonné 16 septembre 2020 06 h 30

    Trump est le produit de la mondialisation, pas son antithèse

    Les constats que l’auteur fait de la situation actuelle en regard de la politique étatsunienne semblent assez fidèles à la réalité. Mais son appréciation de la durée historique en amont et en aval de cette situation est à mon sens erronée.

    L’auteur tient comme une rupture avec les années 1990 la politique d’isolement et d’unilatéralisme actuelle des États-Unis et prédit un retour des rivalités nationalistes (connotation négative ici) soit un retour d’une situation conflictuelle de confrontation. La rupture entre les deux situations étant l’attaque des tours du World Trade Center (2001).

    Or, les années de mondialisation, que l’auteur regrette (1991-2001), sont justement les années de politique unilatérales où Washington menait sa politique sans partage … avec des interventions multiples dans des zones hors de son aire d’influence traditionnelle. C’est aussi l’époque de la faillite du Tiers Monde et de politiques qui ont fait reculer les politiques sociales partout dans le monde. Il y avait certes une « paix » diplomatique, une sorte de « pax americana », mais par ailleurs une guerre implacable contre la justice sociale implantée par les Trente Glorieuses. …Ce sont aussi les années où les États-Unis arme le terrorisme international, autre facette de la mondialisation.

    Le monde actuel et la politique de Trump s’inscrivent bien plus dans la continuité, comme conséquence de cette mondialisation qu’en rupture avec elle. Et si on peut voir ici et là l’expression de nationalismes exacerbés, ce sont des épiphénomènes. On peut aussi voir poindre un monde moins unipolaire qu’en l’an 2000 où le multilatéralisme peut maintenant avoir une chance d’opérer à l’échelle internationale. Ce qui manque aujourd’hui ce sont des leaders politiques inspirés, en mesure de rendre ce multilatéralisme opérant.

    • Françoise Labelle - Abonnée 16 septembre 2020 09 h 14

      J'aime beaucoup votre commentaire, M.Hamel, même si je ne peux cliquer sur le bouton bleu, ni une fois ni plusieurs.

      Votre résumé de l'histoire récente des USA me semble très juste. Comme W.Buffett l'a exprimé, à partir de Reagan, «ma classe sociale a gagné». La mondialisation n'est pas en cause si on redistribue ses avantages et corrige ses désavantages. Mais le système de redistribution ne fonctionne plus et on investit pas dans la formation des employés mis à pied. Apple, champion de l’évasion fiscale, conçoit ses produits aux USA, les fait monter en Chine et touche les profits dans une coquille vide en Irlande.
      Trump International ne peut être contre la mondialisation, même si la Trump Tower d'Azebaïjan est dé- ou réaffectée. Il parle de «mondialisme», terme fumeux.

      En 2008, la Fed a sauvé en partie la finance internationale en fournissant les banques centrales du monde en dollars américains grâce à des swaps (échanges) de devises. Ce que les banques centrales en ont fait est un secret d'état (Crashed, Adam Tooze).
      En mars dernier, la Fed a refait le coup avec succès pour éviter la panique. Trump ment donc quand il prétend avoir voulu éviter la panique. La Fed avait calmé la panique. On en conclut donc que la Fed est de facto la banque mondiale en cas de crise. Le coût d'un désengagement des firmes américaines (ou occidentales) en Chine est prohibitif. Certaines compagnies ont quitté la Chine pour le Vietnam, l'Indonésie, la Malaisie. La finance de Wall Street (BlackRock, Vanguard, Morgan) vient d’ouvrir des filiales chinoises.
      Par conséquent, l’histoire continue.

      «The successes of the Fed’s dollar-swap lines. America’s central bank shines in a global role it resents» The Economist, 18 juin 2020.

    • Claude Bariteau - Abonné 16 septembre 2020 10 h 28

      M. Hamel, aussi Mme Labelle, vous placez plusieurs points sur des « i » qui en manquaient, que je partage grosso modo.

      M. Caron fait référence à des réalignements après la chute du mur de Berlin en Russie, en Asie, en Amérique et en Chine, qui irradient les vues de M. Fukuyama incarnées par des dirigeants de ce monde jusqu'aus traumatismes 2000 des États-Unis en 2001 et en 2008 dont ils se sont relevés grâce à la FED.

      À la fin, il avance que les pressions à l'ère de la pandémie du gouvernement Trump envers la Chine accéléreront « de manière exponentielle ce retrait de la Chine de l’ordre international » à la faveur du retour aux frontières avant la multiplication d’organismes supranationaux et d’une hausse de la compétition entre États ou blocs régionaux.

      Cette compétition a déjà cours et le président Trump s'investit à ériger des frontières de protection bien d’autres pays dont la Chine alors les États, devant les bouleversements suscités pas la pandémie et les failles dans l’environnement, cherchent d’autres voies. Dans cet univers en gestation, la Chine plutôt que de plier bagage devra composer avec l’apparition de classes moyennes à la recherche d'espace politique assurant une meilleure redistribution de la richesse.

      La Chine, avec un sixième de la population mondiale, est plus qu’un atelier au rythme des exportations des multinationales, de grandes entreprises d’État et d’entreprises capitalistes chinoises. Elle ne se retirera pas mais composera autrement avec les États de ce monde en y jouant un rôle analogue à celui de l’ex-URSS dans le monde de Yalta jusqu'en 1990.

      Réélection ou défaite de Trump n'aura que des connotations différentes d'un processus en cours. Réélu, il exacerbera les tensions internes et externes; défait, celles devraient seulement s'atténuer. À moyen terme, un nouvel ordre international verra le jour avec la Chine et de nouveaux alignements se mettront en place. Difficile de les prédire.

    • Denis Blondin - Abonné 16 septembre 2020 10 h 44

      Au commentaire de monsieur Cyr, j'ajouterais le fait que la vision historique de monsieur Caron m'apparaît bien courte. Il se réfère à un livre (Fukuyama) et à un évènement (11 septembre), bref à un horizon politique d'une trentaine d'années. C'est bien peu quand on prend un peu plus de recul.

      La mondialisation découle d'une tendance lourde, amorcée avec la construction des premiers Empires de l'Antiquité et accélérée depuis la mise en place des Empires coloniaux de quelques nations européennes (Portugal, Espagne, Hollande, France, Angleterre) qui couvriront presque toute la planète et qui permettront à ces nations, ainsi qu'à leurs colonies de peuplement (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) de former l'Occident, soit la classe dominante de cette société mondialisée économiquement.

      Ce qui se passe maintenant, c'est plutôt le développement d'un certain multilatéralisme qui s'iimpose économiquement et même politiquement, même s'il n'a pas encore vraiment amorcé une institutionnalisation plus élargie. Le champ de résistance et celui des défis les plus importants restera toujours celui de multiplicité des cultures, toujours en nombre bien plus grand que celui du multilatéralisme émergent, et toujours susceptible d'alimenter une diversité de nationalismes bien plus élevée que le nombre des États.

    • Claude Bariteau - Abonné 16 septembre 2020 13 h 18

      Il y a plus de 3 000 cultures reconnues, 193 États indépendants et une dizaine d'organismes internationaux ou régionaux où le multilatéralisme est actif, dont l'activation ne donne pas toujours des résultats parce qu'il introduit plusieurs acteurs, dont des parties touchées par les décisions. Le problème est que les parties sans statut autre que culturel y sont peu prises en considération, sauf le cas échéant au sein des États au sein desquels elles se retrouvent.

      La conséquence, la « multiplicité des cultures », fut-elle plus grande que les États, n'a souvent d'avenir que par le biais du déploiement de mesures de protections qui reposent sur une hausse des valeurs ethnoculturelles principalement quand les programmes sociaux sont en retrait dans les États indépendants, ce qui affecte les liens de citoyenneté et accélère les fuites en avant des nantis.

      C'est précisément ce qui a cours actuellement et ce contre quoi il y a des oppositions citoyennes ou autres et, aussi, des replis « culturels ». Il s'agit là des défis de ce jour et je ne vois pas leur prise en charge avec un retour de l'affirmation des cultures, car il implique la mise au rencart de l'ordre international qui s'est lentement construit avec le commerce et la création d'entreprises au sein du monde féodal.

  • Cyril Dionne - Abonné 16 septembre 2020 08 h 07

    Au pays de Borat, l’apologie de la mondialisation, des accords de libre échange, du multiculturalisme néocolonialiste et de la Chine

    Par où commencer. Le libéralisme politique et économique est le néolibéralisme incarné qui rime avec la délocalisation des emplois et des capitaux vers des pays du tiers monde, qui a annoncé la fin de la classe moyenne et la montée de gens comme Donald Trump comme sauveur. Le libéralisme politique et économique, c’est Wall Street sur des stéroïdes, les GAFA, le 1%, les élites aux souliers cirés de côtes du Pacifique et de l’Atlantique, l’establishment, la « Rust Belt » aux États-Unis, en bref, tout ce qui va mal dans notre société. Cette mondialisation de la libre circulation de biens, des services et des personnes a signé l’arrêt de mort pour les démocraties occidentales et surtout ses citoyens. Bill Clinton a été le fossoyeur de la classe moyenne américaine. La crise financière de 2008 est le résultat direct de cette mondialisation à outrance.

    Bon, vient la pandémie importée surtout par des oiseaux d’acier intercontinentaux de la Chine qui s’était bien gardée de dire qu’il y avait une crise sanitaire qui sévissait au pays de l’Empire du Milieu en 2019. En plus, elle nous a dit sans rire au mois de février 2020 que le coronavirus n’apportait aucune contagion interhumaine. Les gens se sont aperçus très vite que se sont les gouvernements locaux qui forment le meilleur rempart en temps de crise mondiale de telle ampleur. Les gens ont renoué avec le régionalisme et leur gouvernement national en guise de protection. Être citoyen du monde et de nulle part est la meilleure façon de disparaître comme pays, nation et citoyen lors d’une pandémie. Maintenant, la démondialisation a entamé son cours naturel et inaliénable envers une société plus juste et en pleine possession de ses moyens.

    Qu’est-ce qu’on fait au Kazakhstan avec une formation en science politique comme professeur adjoint? Il n’y a plus de place au Québec ou en Amérique du Nord pour des détenteurs de diplômes en sciences sociales. Mais Borat serait fier de lui.

  • Loyola Leroux - Abonné 16 septembre 2020 10 h 24

    L’histoire finira par finir un jour… en attendant il y a la lutte des classes !

    Les prophètes de malheur ont raison, l’histoire va finir un jour avec ‘’la fin du monde’’, lorsqu’un corps célestes de fortes dimensions va heurter la terre et la propulser hors de son orbite, tout simplement. Peut-être quelques chanceux pourront partir pour une autre planète, laquelle ?

    En attendant, il faut reconnaitre que Karl Marx avait raison en écrivant dans le Manifeste du Parti communiste. ‘’L’Histoire de toute société jusqu’à nos jours, c’est l’histoire de la lutte des classes.’’

    Monsieur Caron, vous opposez la – bonne – mondialisation à la – mauvaise – démondialisation, sans vous référez à Marx. Mais à qui a profité cette «ouverture à l’Autre» ? Qui a vu son capital multiplié par X avec la délocalisation des industries vers des pays avec une main d’œuvre à bon marché ? Quelle classe sociale préconise l’immigration comme solution à tous – leurs - nos problèmes disent-ils, en permettant de ne pas augmenter les salaires des locaux, qui subissent la concurrence des migrants ?

    Vous jouez bien votre rôle ‘’d’intellectuel organique’’ comme Gramsci les qualifiait. Un soupçon d’esprit critique serait bienvenu. Lorsque l’on constate que tous les médias, les intellectuels, les universitaires, etc., pour qui c’est ‘’le pain et le beurre’’, défendent l’idéologie dominante : mondialisation, abolition des frontières, multiculturalisme ou interculturalisme, lutte au racisme et préconisent le respect «des damnés de la terre» pour diviser le peuple, ii y a de quoi réfléchir ! N’est-il pas ?

    Si le nationalisme procure une meilleure qualité de vie aux citoyens, pourquoi serait-il mauvais ?

    Ces super riches, qui profitent de la mondialisation, dépensent-ils leur argent chez eux, comme Henri Ford il y a100 ans ? Non ! Ils vont le faire fructifier dans les paradis fiscaux. Lorsque la covid a frappé où se sont-ils refugiés ? Dans leur ile, seuls.

    Marx avait raison, on ne peut dissocier la crise de la covid, la mondialisation, l’immigration de la lutte des classes.

    • Jean-François Trottier - Abonné 16 septembre 2020 13 h 07

      Euh.... Désolé, M. Leroux, mais le marxisme est une idéologie totalement dépassée, dont il reste quelques fanatiques perdus.

      De cette théorie qui suffit à peine à couvrir une vingtaine d'années de l'histoire de l'Europe, ne faites pas une règle générale. Ce serait idiot.

      Tout d'abord, si les classes existent, elles interagissent. Cette "lutte" est ponctuelle selon les cas, et ne tient réellement qu'à l’intérieur d'un discours syndical. Les syndicats sont d’ailleurs la seule bonne chose qui soit sortie du marxisme, mis à part quelques A+ pour des étudiants téteux auprès de profs à la paresse intellectuelle assez aberrante, merci.

      Cette pensée anti-humaniste est tout aussi débile, mais encore plus destructrice, que le néolibéralisme.
      Entre autres, elle refuse de voir la part capitale de la culture en tout, qui crée les nationalismes et non le contraire, depuis le fromage bleu et les vins de pays, ou les poissons typique des îles du nord du Japon, jusqu'aux différents types de besoins économiques, parce que oui, ils sont plusieurs.
      Que certains nationalismes dégénèrent en racisme n'y change rien. Tous les sentiments peuvent mener aux pires conneries, celui-là comme les autres.

      La culture est en partie reconnue et acceptée, en partie souterraine, et souvent volontairement opposante aux cultures dominantes.Toutes sont sécrétées à même l'écologie particulière de chaque région du globe. Jamais le truc à tonton Karl ne pourra inclure cette part d'échange vertical dans une société avec la claustration de classes horizontales et paranoïaques qui se combattent.
      Le chaos culturel est nécessaire, bien loin du ti-contrôle maniaque des marxistes.

      D'ailleurs la social-démocratie, profondément et totalement anti-marxiste, a démontré depuis longtemps comment Karl était dans le champ.

      En passant, votre dernière phrase... "immigration de la lutte des classes"? Dékécé?

    • Marc Therrien - Abonné 16 septembre 2020 18 h 16

      M. Trottier,

      La dernière phrase du texte de M. Leroux se lit mieux si on l'écrit comme suit: on ne peut dissocier la crise de la covid de la mondialisation et de l’immigration de même que de la lutte des classes; ou peut-être encore mieux encore: on ne peut dissocer crise de la covid, mondialisation, immigration et lutte des classes.

      Marc Therrien

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 16 septembre 2020 14 h 09

    L'auteur se désole pour la Chine et la Russie

    Il faut le faire. Ah oui, il est prof au Kazakhstan. Tout s'explique.

  • Raynald Rouette - Abonné 16 septembre 2020 14 h 49

    Excellente description de l’état des lieux du monde actuel!


    Nous ne pouvons pas ignorer les tendances lourdes de notre époque.

    Je cite Michel Houellebecq, Le monde sera le même "en un peu pire". Auteur de Sérotonine, sur la détresse au quotidien des agriculteurs français et autres, ainsi que de "Soumission" en 2015, sur l'influence de plus en plus grande de islamistes fondamentalistes en Occident. C'est deux seuls exemples démontrent bien qu'aujourd'hui nous ne sommes plus dans la fiction...