Le tramway de Québec dans la dernière ligne droite

«Nous arrivons dans la dernière ligne droite. C’est l’occasion d’apporter les ultimes améliorations au projet», estiment les auteurs.
Photo: GraphSynergie «Nous arrivons dans la dernière ligne droite. C’est l’occasion d’apporter les ultimes améliorations au projet», estiment les auteurs.

Lettre adressée au premier ministre du Québec.
 

La grande région métropolitaine de Québec a besoin de rattraper son retard et de se doter d’un Réseau structurant de transport en commun (RSTC) : il s’agit d’un élément essentiel pour la mobilité des citoyens de la région pour au moins les cinquante prochaines années. À peine sommes-nous déconfinés que la circulation automobile reprend. La congestion routière réapparaîtra dans la région. De plus, il s’agit également d’un excellent projet pour redynamiser à court terme notre économie.

D’ailleurs, en avril, le gouvernement du Québec a indiqué qu’il souhaitait voir s’accélérer les projets de transports en commun, notamment de tramway, dans différentes agglomérations, à commencer par le projet de la Ville de Québec. Il a fait du RSTC une pièce maîtresse de son futur Plan pour une économie verte, tel qu’il est prévu au Plan québécois des infrastructures. Il doit maintenant s’assurer que la Ville de Québec a les moyens de procéder rapidement à l’appel d’offres. L’heure est venue pour le gouvernement d’accélérer le projet et d’en devenir un promoteur face aux défenseurs du statu quo.

Le projet avance. L’intérêt manifesté par trois consortiums confirme qu’il génère, au sein du marché, de l’intérêt et de la concurrence, gage de prix concurrentiels et d’une grande qualité pour sa construction.

Le projet évolue. Malgré certaines modifications, que nous suivons attentivement, nous sommes rassurés de savoir que la Ville maintient son intention d’améliorer la couverture du futur réseau, notamment vers les banlieues, comme en témoigne la vision 360° des périphéries présentée dernièrement. Cette approche renforce encore la nécessité d’une colonne vertébrale forte que constitue le tramway.

Le directeur du bureau de projet, Daniel Genest, a martelé au cours des dernières semaines qu’il doit établir l’équilibre entre la portée, les coûts et la qualité du projet. Il a aussi affirmé avoir dû faire des choix qualifiés de « judicieux », mais « déchirants » afin de respecter le budget prévu. Il ne faudrait pas qu’un cumul de sacrifices se traduise en un recul fondamental sur la qualité et la portée du projet.

Une occasion à saisir

Nous arrivons dans la dernière ligne droite. C’est l’occasion d’apporter les ultimes améliorations au projet. C’est d’ailleurs pour cette raison que le BAPE, qui tient des audiences sur le projet cet été, existe : rendre le projet encore meilleur. À Montréal, le Réseau électrique métropolitain, qui entrera en service dès 2022, a profité de bonifications importantes à la suite du BAPE, notamment avec l’ajout de stations au centre-ville.

Les gouvernements doivent ici faire preuve de flexibilité financière, tout en utilisant de manière responsable les fonds publics, afin que le projet puisse être à la hauteur des besoins, et ce, pour les cinquante prochaines années. Nous aurons plusieurs décennies pour amortir les investissements, mais nous n’avons qu’une chance de construire des bases solides d’un réseau de transport en commun digne d’une grande ville.

Assurons-nous que le RSTC soit exemplaire, et qu’il se réalise sans tarder. Il servira alors d’inspiration pour les autres villes québécoises où le gouvernement du Québec s’est engagé à construire un tramway. Les citoyens de la grande région métropolitaine de Québec profiteront des avantages, mais, au bout du compte, c’est tout le Québec qui sera gagnant.

Comme région, comme ville, comme gouvernement, c’est le temps d’un dernier effort collectif pour se donner le projet qu’on mérite. Comme acteurs de la société civile de la grande région métropolitaine de Québec, nous serons au rendez-vous pour cette dernière ligne droite.

Nous tenons à affirmer que nous maintenons notre appui au projet et notre désir de voir sa réalisation dans le cadre de la relance économique. La volonté de créer un réseau structurant et accessible au plus grand nombre de citoyens possible demeure l’une de nos priorités.

*Cette lettre est appuyée par une vingtaine de personnalités:
Etienne Grandmont, Directeur général, Accès Transports Viables
Claude Breton, Vice-président, Communications et Responsabilité sociale d’entreprise, Banque Nationale
Richard Lachance, Président et chef de la direction, CAA Québec
Steeve Lavoie, Président et chef de la direction, Chambre de commerce et d’industrie de Québec
Karl Blackburn, Président et chef de la direction, Conseil du patronat du Québec
Alexandre Turgeon, Directeur général et vice-président exécutif, Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale
Pierre Dolbec, Président du conseil d’administration, Corporation des Parcs industriels de Québec
Colleen Thorpe, Directrice générale, Équiterre
Diego Creimer, Co-directeur général par intérim (Québec et l’Atlantique), Fondation David Suzuki
Michel Dallaire, Président et chef de la direction, Groupe Dallaire
Denis Ricard, Président et chef de la direction, iA Groupe financier
Carl Cloutier, Président-directeur général par intérim, Institut de développement urbain du Québec
Yvon Charest, Président, J’ai ma passe
Jean-Simon Campbell, Président, Jeune chambre de commerce de Québec
Jean-François Chalifoux, Président et chef de la direction, La Capitale / SSQ Assurance
Pauline D’Amboise, Secrétaire générale et vice-présidente Gouvernance et Développement durable, Mouvement Desjardins
Sophie D’Amours, Rectrice, Université Laval
Christian Savard, Directeur général, Vivre en Ville


 
10 commentaires
  • Réal Boivin - Inscrit 3 août 2020 08 h 26

    Ce grand projet est-il entre bonne main.

    C'est la question que je me pose avec tous les changements qui ont été faits depuis le projet initial.
    Et je ne comprend pas pourquoi c'est un maire qui décide de sabrer dans un système de transport qui touchera toute une région.

  • Clermont Allard - Abonné 3 août 2020 09 h 55

    Si je comprends bien


    Est-ce que toutes ces personnes siganataires habitent la Capitale Nationale ?

    La population alpha désire un référendum sur la question. Nous informer (et ne pas nous écouter) ce n'est pas suffisant, nous désirons comprendre et nous prononcer. Il faut de vrais discussions, une vrai vente, une solution pérenne de plus de 50 ans.

    Je désire aussi une réflexion sur le transport en commun. Le tramway a des impacts majeurs sur notre ville et la cicatrice qu'il fera autant sur l'économie, nos ruelles, que sur le transport automobile sera irréparable. Je ne suis pas certain que le tramway aurait été le choix si l'on avait considéré 100 ans comme durée de vie. Le métro de Montréal a ouvert ses portes en 1966. En 2016, il était encore fonctionnel. Le tramway le sera-t-il?

    Il y a plein de questions qui méritent réponses.

    • Alexandre Lamarre - Abonné 3 août 2020 11 h 07

      Le métro de Montrèal est très populaire même s'il a couté cher, beaucoup plus cher que les autobus. Personne ne remet en question la construction du métro, sauf pour dire qu'il n'est pas assez étendu.

      Par ailleurs, aucun véhicule n'a une durée de vie éternelle, c'est normal de remplacer des véhicules après 20-30 ans.

      Les gens vont préférer prendre un beau tramway électrique qu'un autobus. Pour la cicatrice dans l'économie je ne comprend pas trop. Oui c'est cher construire un nouveau mode de transport, mais il faut voir ça comme un investissement. Ici le métro de Laval a couté une fortune, mais personne ne dit que ce fut une erreur, car l'apport économique a été supérieur aux couts. Comparé au cout de la PCU de Trudeau, le cout du tramway, c'est des peanuts...

    • Clermont Allard - Abonné 3 août 2020 14 h 53

      Pour M. Lamarre,

      En complément, de ce que j'en comprends:

      Sur la 1ère Avenue la circulation sera largement perturbée. Les commerçants auront des problèmes d'accès tout deviendra sens unique. De plus, les stationnements diminueront dans ce secteur et certaines ruelles seront réquisitionnées par la Ville pour en faire des voies urbaines certainement à sens unique. L'enfer ... je ne veux pas demeurer là. Je demeure pourtant pas très loin et cela m'effrait. J'utilise la 1ère plusieurs fois par semaine.

      Quand je pense à la durée de vie, je pense à l'infrastructure, pas les voitures. Si j'ai bien compris, si on amorti le creusage du tunel du métro sur 50 ans, il n'est pas rentable par rapport au tramway. L'est-il sur 100 ans ? Le tramway m'apparait avoir une durée de vie très limité.

      On est sous-informé, un peu manipulé, je me sens ainsi ! Je désire un vrai débat, pas de cachettes. Les résidents affectés devraient avoir un mot à dire et surtout une écoute majorée. C'est de leur environnement de vie qu'il s'agit.

    • Stéphane Laporte - Abonné 3 août 2020 16 h 37

      J'habite Québec, tout près d'où le tramway va ressortir de terres après le tunnel. Je ne veux pas de référendum, je suis pour le projet.

  • Robert Bilodeau - Inscrit 3 août 2020 16 h 57

    Projet de Tramway à la ville de Québec

    Je remarque que beaucoup de gens ne sont pas au courant des véritables enjeux autour du projet tramway à la ville de Québec ! ,,
    Bien sûr nous sommes tous d' accord qu'avec un réseau structurant à la ville de Québec il aura beaucoup d' impact positif à long terme ...
    Toutefois ce que bien des gens ne savent pas , c' est que le TRAMWAY n' a pas sa place dans une ville comme Québec où que la température avec l' humidité extrême , la neige et le verglas n' a pas de comparaison véritable dans aucune ville du monde! Si vous faite un diagramme et que vous allez chercher les statistiques de toutes les villes du monde , il y a aucune ville au monde qui peux avoir dans une année toute les conditions de temps que la ville de Québec peut avoir dans une hiver ! Le seul endroit au monde qui se rapproche est Ottawa mais avec moins de 100 cm de neige pas année.
    IL faut vraiment arrêter de sous estimé la température qu' il fait à Québec , Quand il fait -10 celcius , tu as l'impression qu' il fait -30 celcius à cause de l' extrême humidité , ceux qui viennent à Québec le savent très bien .. d' ailleurs si vous regardez les statistiques du temps en SIBÉRIE elle se compare étrangement à Québec !!
    Soyons réalistes ! Un tramway à Québec n' a pas sa place du tout ! ..

    • Réal Boivin - Inscrit 3 août 2020 22 h 38

      Commentaire intéressant M. Bilodeau, mais quand vous avez un maire qui a visité Lyon et qui voulait tout avoir ( grande roue, mirroir d'eau et tramway ) comme un enfant dans un magasin de jouet et bien vous êtes dans le trouble. Voyons les projets de ce maire sans culture et mégalomane: Centre Vidéotron trop gros, trop cher et pas rentable. Le phare, trop haut, trop gros et mal situé. Le transfert du marché du vieux port, un flop. Vraiment il est temps de mettre fin au règne de ce maire délirant.

  • Gilles Fontaine - Abonné 3 août 2020 18 h 01

    Pour M. Allard

    JE, ME, MOI.
    Et le Bien Commun lui ?
    Le BAPE NOUS informe.
    La 1er avenue sens unique... SUPER. Elle devrait l'être depuis longtemps.
    Place aux piétons, vélo et transport collectif... c'est ça le NOUS, le Vivre Ensemble.

    • Clermont Allard - Abonné 4 août 2020 07 h 23


      Seul un référendum donne le droit d'utiliser le Nous. Sinon, on s'approprie illégitimemment un droit de parler au nom des autres.

      Dans ta liste de Vivre ensemble, tu as oublié l'automobile.

  • Jean-Marie Desgagné - Abonné 3 août 2020 21 h 44

    Croyances

    À Québec, depuis les élections de 2009 qui nous a donné Régis Labeaume comme maire, les médias nous entretiennent des projets du maire basés sur des croyances qui mènent nulle part et deviennent un fardeau financier. Il y a eu au départ l'engagement de Clotaire Rapiaille sous prétexte qu'il fallait trouver un bon brainding pour Québec. Il a fini en queu de poisson et nous a couté 500 000$. Il y a eu ensuite le projet de Mobilité durable qui est parti en fumée au bout de quelques mois. Puis, ce fut l'idée d'un nouvelle façon de rénover le système de transport sur la base des SRB qui n'a pas eu de suite parce que les maires de Québe et de Lévis n'ont pas pu s'entendre, ce qui n'a rien d'imprévu. Puis ce fut la disparition du marché du Vieux port afin, dit-on, de faire une place pour le Port de Québec, ce dernier caressant un projet immobilier à cet endroit, le tout dans le but d'ouvrir un autre marché près du Centre Vidéotron, où la Ville a fait parveir 300 000$ récemment parce que ce marché n'est pas visité par la population. Enfin, il y a le Centre Videotron dont le bilan financier de la ville devait se résumer à un déficit de 0,6M$ alors qu'il est tellemen supérieur qu'il est tenu secret.
    Alors, comment voulez-vous croire au bienfondé du projet de tramway après tant de ratées ?