L’entrave à la liberté liée au port du masque n’est pas celle qu’on croit

«L’urgence sanitaire permet à l’État d’interdire la vente de ces masques aux simples particuliers et de les réserver aux usages qu’il décrète», écrit l'auteur.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «L’urgence sanitaire permet à l’État d’interdire la vente de ces masques aux simples particuliers et de les réserver aux usages qu’il décrète», écrit l'auteur.

On fait grand cas des groupes qui protestent contre l’État qui limite leur liberté en imposant le port du couvre-visage dans les lieux publics fermés. On condamne, à raison, cette interprétation de la liberté. Pourtant, dans la lutte contre la pandémie, l’État brime sérieusement la liberté des personnes, mais d’une manière très différente de celle contre laquelle on voit des gens protester.

Le médecin et l’infirmière qui soignent un patient atteint de la COVID-19 en effectuant une procédure susceptible d’amener le patient à exhaler des aérosols en grande quantité ont droit à un masque qui filtre le virus, le N95, en plus de la visière, de la blouse et des gants de protection. Le personnel qui prend soin des patients atteints de la COVID-19 autrement n’a droit qu’à un masque chirurgical, dit « de procédure »,qui ne filtre pas aussi efficacement le virus. Ce personnel est protégé des gouttelettes, mais pas des aérosols. Les masques N95 sont devenus rares et coûtent cher : on les rationne, même dans le secteur de la santé.

Les simples particuliers sont tenus de porter le couvre-visage dans les lieux publics fermés. Le couvre-visage ne filtre pas le virus : il ne protège celui qui le porte ni des gouttelettes ni des aérosols. On souhaite simplement qu’il retienne les gouttelettes de la personne contagieuse qui ne sait pas qu’elle l’est, de manière à réduire le risque que ces gouttelettes contaminent les personnes qui se trouvent à moins de deux mètres d’elle. Les masques jetables qu’on trouve dans le commerce ces temps-ci sont presque tous importés de Chine, où ils sont fabriqués et vendus pour protéger contre la pollution, pas contre les virus. La fabrication de ces masques obéit à des normes qui les classent selon leur efficacité : les masques qu’on nous vend ici sont les moins efficaces, ceux de la classe « D ». Ils ne protègent pas ceux qui le portent du virus, pas plus que le couvre-visage de chiffon.

Le simple particulier pourrait souhaiter se protéger en portant un masque chirurgical ou un masque N95. Dans les faits, il n’en a pas le droit : l’État les a fait retirer du commerce. On sait très bien que le couvre-visage ne protège pas celui qui le porte et ne retient pas les aérosols, mais on veut réserver les masques chirurgicaux et les N95 au personnel médical et, surtout, on ne veut pas que leurs prix flambent. L’urgence sanitaire permet à l’État d’interdire la vente de ces masques aux simples particuliers et de les réserver aux usages qu’il décrète.

On peut prendre la mesure du problème en songeant aux gens qui doivent se déplacer en transport en commun. Il n’est pas possible de se placer à plus de deux mètres de tous les autres dans une voiture de métro. Ce n’est pas le lieu le mieux ventilé du monde, et la proximité et l’accumulation d’aérosols y augmenteront à l’automne, lorsque la vie économique se rapprochera un peu plus de la normale, et encore plus à l’hiver, lorsque la marche et le vélo deviendront moins attrayants ou même franchement difficiles. Les personnes qui ne peuvent pas s’offrir le luxe du télétravail ni celui de loger près de leur lieu de travail seront les plus à risque. Dans le jargon de la santé publique, on s’apprête à accroître le « gradient social » de la contagion : moins on est haut dans la hiérarchie sociale, plus on a de chances d’être infecté.

On sait que les CHSLD et les hôpitaux demeurent des lieux où le personnel est à risque élevé d’être contaminé, et ce risque dépend en partie du rationnement de l’équipement de protection que l’État impose. On ne s’étonne donc pas que deux syndicats des professionnelles de la santé demandent à la Cour supérieure d’invalider l’ordonnance du directeur national de santé publique qui limite l’usage des masques N95. On admire l’indépendance de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, qui exige maintenant que dans certains milieux de travail l’employeur fournisse le masque chirurgical, ou même le N95, à ses employés. Par contre, on ne s’étonne pas que les employeurs interviennent auprès du gouvernement pour qu’il infirme la décision de la CNESST, parce que ces masques coûtent cher et que le gouvernement, en tant qu’employeur, les refuse à plusieurs de ses employés à risque pour la même raison.

On peut s’étonner de ce que si peu de gens protestent contre le fait que l’État leur interdit de se protéger et de ce que nous en soyons collectivement réduits à nous rabattre sur les sous-produits de la lutte contre la pollution atmosphérique chinoise pour nous donner l’illusion que nous nous protégeons du virus. On se demande combien de temps il faudra pour que se développe le marché noir des masques chirurgicaux et des N95.

29 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 25 juillet 2020 07 h 37

    L’État québécois ne protège pas ses citoyens

    Bon, cette lettre de M. Laplante devrait être une lecture recommandée pour tous ceux qui porte un masque non médical. Enfin, une lettre dans le Devoir qui nous donne l’heure juste sur cette fabulation des masques maisons.

    Le gouvernement interdit aux gens de se protéger en portant des masques du type N95. Ils doivent acheter des masques avec une étiquette qui dit qu’ils ne sont pas recommandés pour les maladies infectieuses comme la COVID-19 puisqu’ils sont des masques servant à protéger les gens contre la pollution atmosphérique. Wow !

    C’est pour cela qu’aucun scientifique ne veut se commettre dans l’efficacité et l’utilisation des masques non médicaux. Personne. Ceux qui affirment que ces masques ont un effet positif, le font toujours au mode conditionnel peuplé de « si » tout en disant que leurs études n’ont pas encore été révisées par leurs pairs. Une des dernières études nous parlait des masques en coton avec 12 à 16 couches d’épaisseur et ce sont ceux-ci qu’ils avaient utilisés dans leur recherche pour vérifier l’efficacité du masque artisanale. 16 couches! Rien de moins et même si celui-ci vous empêche de respirer. C'est pour cela que l’OMS ne les recommandait pas avant de subir des pressions politiques, cette fois, de la part des gouvernements occidentaux, pour qu’il change leur position.

    Oui, rien ne peut vous protéger contre les aérosols suspendus dans l’air dans des endroits fermés sans ventilation adéquate et une protection personnelle efficace. Rien. Le seul mode de protection que les gens ont à l’intérieur d’un bâtiment est la distanciation physique et c’est impossible dans un autobus ou dans le métro. Alors, devinez qui va écoper de toutes ces mesures? Les plus pauvres de la société qui travaillent et qui doivent se déplacer.

    Viendra l’automne, la saison des grippes et où tous les gens seront agglutinés à l’intérieur. L’accumulation des aérosols dans les endroits mal ventilés ou sont tout simplement absents, est une crise en devenir.

    • Carol Bernier - Abonnée 25 juillet 2020 09 h 51

      Et les compétences en la matière de Monsieur Laplante sont...?

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 juillet 2020 10 h 15

      @ Cyril Dionne

      "Enfin, une lettre dans le Devoir qui nous donne l’heure juste sur cette fabulation des masques maisons." - Cyril Dionne

      Personnellement, ça ne m'intéresse pas d'avaler des aliments sur lesquels vous aurez projeté vos expectorations sans égard pour la santé les autres.

      Quand tu comprends même pas le bon sens élémentaire

      Inutile de te lancer dans des grandes théories.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 juillet 2020 10 h 27

      " Le gouvernement interdit aux gens de se protéger en portant des masques du type N95. "

      Ah oui ?

      C'est quoi le coût de la contravention ?

      C'est qu'on voie des personnes qui portent de tel masque dans les commerces, à la télé et qui n'ont pas l'air importuné par qui que ce soit.

      Alors le lien SVP sur l'arrêté ministériel qui interdit le port du masqe n95 aux citoyens.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 juillet 2020 12 h 04

      « Personnellement, ça ne m'intéresse pas d'avaler des aliments sur lesquels vous aurez projeté vos expectorations sans égard pour la santé les autres. »

      Mais pardieu M. Montmarquette, vous le faisiez avant. Qu’est-ce qui a changé à part du fait qu’Amir Khadir et sa conjointe de Québec solidaire en font la promotion? Moi, en ce qui me concerne et ce qui est le plus important et le plus dangereux, c’est la transmission par voie aérosol. C’est là où je place mon inquiétude parce que rien ne peut l’arrêter, et surtout les petits masques maisons chinois qui servent pour la pollution de l’air. En passant, est-ce que vous avez déjà essayé de respirer avec un masque en coton de 16 couches d’épaisseur? C’est ce qu’on pensait. Et ils sont seulement, et on dit peut-être, 14% efficace selon une étude chinoise, à filtrer les méchantes particules du coronavirus dans des conditions parfaites, phénomène qui ne peut être reproduit dans la réalité de tous les jours.

      M. Arès, je sais que c’est interdit de porter des masques du type N95, mais moi aussi j’en vois partout en ville. J’en ai même plusieurs dans mon atelier. Et c’est comme pour les autres choses, personne ne vérifie la qualité des masques portés. Le masque je portais ce matin, eh bien, lorsque j’expirais, on sentait le masque se soulever et l’air projeté, particules comprises, vers l’extérieur.

      Oui, il y en plusieurs qui aurait besoin d’une culture scientifique au lieu de tous ces diplômes des sciences molles de l’UQAM.

      En passant, selon l’Association of American Physicians and Surgeons (AAPS), tous les masques et matériaux en tissu avaient une efficacité presque nulle à 0,3 µm, la taille des particules en aérosol qui pénètrent facilement dans les poumons. Évidemment, tous ces chercheurs et médecins doivent se tromper selon les dogmes de la gauche qui cultive la culture du bannissement. Oui, on devrait se fier aux philosophes au lieu des professionnels de la santé.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 juillet 2020 12 h 32

      "Coronavirus: Wear masks in crowded public spaces, says science body "- BBC, 7 juillet 2020

      « Le professeur Paul Edelstein de l'Université de Pennsylvanie, qui a écrit l'autre rapport qui examinait l'efficacité des masques et autres revêtements, a déclaré que la preuve qu'ils protégeaient d'autres personnes était plus claire, mais qu'il y avait également certaines preuves qu'ils protégeaient aussi le porteur. »



      https://www.bbc.com/news/uk-53316491

      STUDY INDICATES LOCKDOWN SIGNIFICANTLY REDUCED CORONAVIRUS

      « Si tout le monde porte un couvre-visage, il «protègera contre le mode de transmission le plus courant - les gouttelettes - et dans une certaine mesure peut-être les gouttelettes d'aérosol», explique Kim Lavoie, chaire de médecine comportementale à l'Université du Québec au département de psychologie de Montréal. »

      En outre, Un certain nombre de scientifiques affirment maintenant qu'il existe « des preuves » que les masques peuvent protéger le porteur ainsi que ceux qui les entourent.


      https://eastdevonwatch.org/category/misc/

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 juillet 2020 12 h 40

      "Alors le lien SVP sur l'arrêté ministériel qui interdit le port du masqe n95 aux citoyens." - Jean-Yves Arès

      Vous avez raison de vous méfier des affirmations à l'emporte-pièce de Cyril Dionne.

      Voici ce que j'ai trouvé en une minute sur le Web :

      "Dans sa dépêche de mardi, la Presse canadienne faisait état d’un document dans lequel la CNESST imposait aux employés des commerces de porter un masque chirurgical (jetable), ou encore un N95 pour les employés qui ne se trouvent pas derrière un écran de plexiglas." - Radio-Canada

      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1721358/masque-n95-commerces-plexiglas

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 juillet 2020 15 h 48

      @Cyril Dionne

      "Est-ce que vous avez déjà essayé de respirer avec un masque en coton de 16 couches d’épaisseur?"-Cyril Dionne

      En ce qui me concerne,

      C'est vos commentaires de 16 couches d'épaisseur qui empêche cette tribune de respirer.

      AVANT..

      On ne portait pas la ceinture de sécurité en voiture.

      Faut être bouché des deux bouts pour ne pas comprendre et vouloir y revenir.

      Site officiel du Gouvernement du Québec :

      Informations générales sur la maladie à coronavirus (COVID-19)

      Mode de transmission -

      La COVID-19 se transmet d’une personne à une autre par le contact avec les gouttelettes qui sont projetées dans l’air quand une personne malade parle, tousse ou éternue.

      Elle peut aussi se propager par des mains infectées portées à la bouche, au nez ou aux yeux après avoir eu un contact avec une personne ou une surface infectée.

      La transmission par des surfaces ou des objets contaminés est possible, mais ne représente pas le mode de transmission principal. Il est aussi possible que le virus soit transmis par les selles d’une personne infectée.

      https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/informations-generales-sur-le-coronavirus/#c46363

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 juillet 2020 05 h 17

      Monsieur Dionne, vous n'êtes manifestement pas disposé à en prendre note, mais j'ai déjà dit à plusieurs reprises que je suis d'accord avec vous quant à l'interprétation des études sur le couvre visage. Non que je sois un scientifique moi-même, mais que ma formation en philo me rend d'emblée sensible aux réserves que les chercheurs expriment eux-mêmes et... au fait qu'on fait volontiers le tour de celles-ci par l'effet du biais de confirmation.

      Cependant, là où je crois que vous présumez à votre tour, c'est à suggérer que la preuve de la transmission aérosol serait acquise. Il ne semble pas que ce soit le cas. On a « réussi » à capturer des particules virales dans l'air ambiant d'une chambre pauvrement aérée tout près d'un patient affecté. On a aussi réussi à les reproduire dans des environnements contrôlés, mais, résultat des courses, on était loin d'être sûr que la charge virale serait suffisante. La question ne doit pas être balayée pour autant, parce qu'il est à craindre qu'il soit ainsi plus virulent parce que le cas échéant, ce sont les voies respiratoires inférieures qui pourraient être atteintes.

      Donc, il y aura peut-être une crise, cette automne, mais elle n'est guère plus assurée de survenir que les couvre visage seraient aptes à la prévenir.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 juillet 2020 07 h 50

      Je comprends très bien M. Therrien puisqu'aucun des scientifiques nous disent avec certaineté que les masques non médicaux filtrent quoi que ce soit. La plupart des plus grandes organisations scientifiques de la planète ne recommandent pas le masque artisanal puisqu'il ne protège pas le porteur ou les autres personnes autour de lui à part de lui donner un faux sentiment de sécurité. L'OMS, après des pressions politiques, a changé sa position. Des pays comme la Norvège, le Danemark, la Finlande, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, tous des pays qui ont bien géré cette crise sanitaire si on compte le nombre de peu de décès, ne recommande pas le port du masque non médical.

      Pour la contagion par aérosol où les particules du virus sont de l’ordre de 0,3 nm (0, 000 000 3 mètre) et peuvent demeurer dans l’air pour 3 heures en plus de couvrir de longue distance, oublié cela. C’est ce qui est arrivé surtout dans les CHSLD. Non seulement celui qui porte un masque non médical ne protège personne puisque les particules, lorsqu’il respire où il parle, s’envolent facilement dans l’air et y demeurent suspendues, si celui-ci est atteint de la COVID-19, qu’il soit symptomatique ou asymptomatique, le résultat est le même. Tout le reste demeure de la fiction parce qu’il n’y a aucune base scientifique et surtout, aucune donnée probante qui prouve le contraire. En science, on ne construit pas des faits avec des « si », on appelle cela des hypothèses qui sont vérifiés par soi-même et le plus important, par les pairs qui recréent les mêmes conditions au préalable pour avoir les mêmes résultats. Sinon, nous sommes dans le domaine des religions où il s’agit de croire seulement pour suspendre toutes les lois de l’univers.

      Pour la charge virale, on note que dans plusieurs virus, une particule seulement est nécessaire pour la contagion. Or, personne ne sait rien à propos du coronavirus.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 juillet 2020 10 h 27

      « L’accumulation des aérosols dans les endroits mal ventilés ou sont tout simplement absents, est une crise en devenir. »
      « Or, personne ne sait rien à propos du coronavirus. »

      Contradictoire.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 juillet 2020 12 h 56

      Cher M. Desjardins, on parle ici de la charge virale du coronavirus dont ne sait rien. Pourtant c'était dans le même paragraphe de mon commentaire.

      Misère.

    • Alexis Richard - Abonné 26 juillet 2020 15 h 22

      Les actions parlant plus haut que les intentions, les propos de M. Dionne tiennent du paradoxe. Ce qu'il fait ici tous les jours n'est visiblement ni de la science ni du droit. Prétendrait-il le contraire?

      Bien qu'il en abhorre le nom, il suffit de lire ce journal pendant une semaine pour observer que M. Dionne pratique la philosophie de la science et la philosophie du droit à la manière d'un pamphlétaire. Pour qui est familier avec la méthode expérimentale, la différence épistémologique entre une mesure et un argument, par exemple, est facile à percevoir. M. Dionne affichant au quotidien cette familiarité, sa posture laisse perplexe...

      Je suis tenté de faire un pas de plus. Quoi qu'il en dise, M. Dionne serait le plus philosophe des commentateurs quotidiens du Devoir s'il ne se démenait pas comme un damné à faire tous les jours davantage de cette tribune un lieu où l'on confond débat public et expression des petites amertumes. Cela dit et pour être juste, l'impudente outrecuidance qui marque sa plume paraît être la tendance lourde de notre espace public 2.0.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 juillet 2020 15 h 41

      Si la charge virale n'est pas connue, la probabilté de la crise que vous annoncez l'est aussi. Les philosophes ne connaissent peut-être rien à rien, mais ils sont capables de répérer les incohérences. Ceci dit, si mon impression résulte d'une mauvaise lecture ou d'une équivoque que vous auriez laissé malencontreusement flotter, je crois que je ne serais pas tout à fait seul à me réjouir que vous la corrigiez.

    • Marc Therrien - Abonné 26 juillet 2020 16 h 26

      M. Richard,

      C'est à la lecture d'un commentaire de cette qualité que je comprends mieux comment la critique d'un collègue commentateur peut recevoir l'approbation du modérateur.

      Marc Therrien

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 26 juillet 2020 16 h 35

      Je vois surtout que Monsieur Dionne prend la peine de souligner une sensibilité avec laquelle Monsieur Montmarquette aurait pu bâtir un premier pont : si l'on en croit Monsieur Dionne dans ses raisonnements, les pauvres seraient faussement protégés.

      À la place on sert une leçon sur la ceinture de sécurité. Pour ma part, je n'en sais trop rien, je croyais au début que l'on cherchait à «aplanir la courbe» de manière à soulager un système de santé, on ne voulait pas à avoir à faire des choix au sujet de qui mettre sous respirateur artificiel.

      Maintenant, en suivant d'autres sources, je sais que si la Suède s'en tire moins bien que certains pays (parmi ceux qui s'en tirent le mieux), elle s'en tire mieux que des pays, des états ou des provinces qui ont confiné.

      Alors, l'aplanissement de la courbe? Le but, au fond, c'est l'immunité ou non? Je me pose légitimement la question si le remède n'est pas pire que le mal... Quand on sait que l'on encourageait de dire que les gens meurent de la COVID alors que c'est UN facteur, je me demande franchement la pertinence de porter tout chroche des masques qui protègent pas. Est-ce que l'on n'a pas exagéré le mal et est-ce que l'on ne s'enfonce pas dans des problèmes pires parce que l'on refuse un examen lucide de nos comportements?

      Et je continue à ne pas savoir à qui me fier alors même que l'on nous a dit au début de ne pas porter de masques...
      On tenait quelque chose sur les transports en communs et les pauvres et c'est parti en vrille avec les insultes.

      Je ne peux pas ne pas le remarquer. Ça me fait penser à mon milieu où l'on critique les comportements (les gens ne respectent pas les règles, ils ne portent pas de masque, etc.) alors que quand je demande pourquoi la Suède a fait le contraire et s'en tire bien, on me regarde étrangement. Alors j'aime bien, moi, les commentaires sur les 36 couches de cotton.

      Et pourtant je suis en désaccord avec Monsieur Dionne au sujet de la gravité de la crise.

  • Pierre Langlois - Inscrit 25 juillet 2020 11 h 22

    Le couvre-visage ne me protège pas, mais il protège les autres.

    Benoit Laplante écrit : « Le couvre-visage ne filtre pas le virus : il ne protège celui qui le porte ni des gouttelettes ni des aérosols. On souhaite simplement qu’il retienne les gouttelettes de la personne contagieuse qui ne sait pas qu’elle l’est, de manière à réduire le risque que ces gouttelettes contaminent les personnes qui se trouvent à moins de deux mètres d’elle. »

    Voici un document qui montre clairement que le couvre-visage - même le plus médiocre - est infiniment mieux que rien : https://www.youtube.com/watch?v=qDeP7-rUZmo .

    1. Si je porte un couvre-visage, ce n'est pas pour me protéger ; c'est pour te potéger.
    2. Si tu portes un couvre-visage, ce n'est pas pour te protéger ; c'est pour me potéger.
    3. Si nous portons tous un couvre-visage, nous sommes par le fait même tous protégés.
    4. Si la protection n'est pas 100 % garantie, elle est quand même réelle, comme le démontre la vidéo.

    Simple de même.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 juillet 2020 12 h 26

      La logique Cyril Dionne:

      La Covid peut se transmettre par des aérosols de moins de 5 microns de diamètre.

      Donc, les masques artisanaux et les masques de procédure ne servent à rien.

      - Ne portons pas de couvre-visage en public et augmentons nos chances de contracter la maladie par les gouttelettes des postillons.

    • Simon Grenier - Abonné 25 juillet 2020 12 h 38

      Qui plus est, et contrairement à la conclusion de M. Laplante, aucune autorité n'a affirmé que le port du couvre-visage visait à protéger celui qui le porte. Il a toujours été question de "solidarité" et de "protéger les gens vulnérables".

    • Cyril Dionne - Abonné 25 juillet 2020 16 h 09

      M. Grenier, lorsqu’on parle de contamination par aérosol, les masques non médicaux ne protègent personne, à part peut-être de la pollution atmosphérique...lol. Personne. Seule la distance physique fonctionne. Pour le reste, des masques d'Halloween seraient plus utiles parce qu'ils couvrent tout le visage.

    • Marc Therrien - Abonné 25 juillet 2020 17 h 00

      Effectivement M. Grenier. Combien de fois avons-nous entendu François Legault dire que "porter le masque, c'est pas être peureux, mais c'est être respectueux"? Et en plus M. Grenier, c'est aussi simple de comprendre que le port du masque va maintenant de pair avec une circulation plus libre et en plus grand nombre des citoyens dans les espaces publics permettant l’accès aux plaisirs de la vie qui adoucissent chaque jour où nous faisons un pas de plus vers la mort.

      Marc Therrien

    • Marc Therrien - Abonné 25 juillet 2020 22 h 36

      M. Dionne,

      Avez-vous des données sur la proportion de cas de Covid-19 qui résultent d'une contamination par aérosol qui nous permettraient d'approximer la probabilité d'être contaminé par aérosol même en portant un masque? Question de savoir finalement si on ne serait pas mieux de tous retourner à la maison et de s'y enfermer en attendant que le virus s'éteigne de lui-même faute de transporteurs.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 26 juillet 2020 10 h 44

      Bon, vous avez demandé et vous allez recevoir. Cette étude date du 24 juillet 2020 et est apparue dans le Lancet, ce magazine où tout le monde semble se référer. Voici quelques conclusions de cette étude:

      « Les aérosols infectieux sont des particules contenant des virus, des bactéries et des champignons potentiellement pathogènes en suspension dans l'air, qui sont soumises aux mêmes lois physiques que les autres particules en suspension dans l'air. »

      « La taille des particules est le déterminant le plus important du comportement des aérosols. »

      « Les petites particules d'aérosol dont la taille aérodynamique est inférieure à 5 nm* sont plus susceptibles de rester en suspension dans l'air pendant des périodes indéfinies et de se déposer dans les voies respiratoires inférieures. »

      « Les données s'accumulent selon lesquelles le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2), le virus qui cause le COVID-19, est transmis par les aérosols à petites et grandes particules. »

      « Ces données suggèrent que les agents de santé devraient être protégés de ces aérosols potentiellement infectieux lorsqu'ils travaillent à proximité des patients. »

      « De toute évidence, les individus infectieux respirent en continu 24 h par jour, mais il n'y a pas de données sur les rythmes circadiens possibles ou la variabilité du débit. En revanche, la toux peut être très paroxystique et sporadique. Bien que la fréquence de toux sur 24 h puisse être mesurée, elle n'a pas été liée à la production d'aérosols. »

      The Lancet – Kevin P. Fennelly MD - Particle sizes of infectious aerosols: implications for infection control, le 24 juillet 2020

      Il faut ajouter qu’on y trouve des particules en aérosol plus petites que 0,3 nm qu’aucun masque ne peut filtrer, surtout pas les masques non médicaux. Aussi, il mentionne aussi que seulement la distanciation physique peut amoindrir ce problème.

      https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(20)30323-4/fulltext

    • Marc Therrien - Abonné 26 juillet 2020 15 h 19

      M. Dionne,

      Relisez mes questions, deux fois plutôt qu'une, avec attention et concentration et vous constaterez que vous n'y avez pas répondu. La possibilité de la contamination par aérosols existe, mais vous ne pouvez pas nous informer de la proportion des cas de Covid-19 pour laquelle elle en est la cause et ensuite de la probabilité que la contamination par aérosol se fasse dans la communauté, en dehors des lieux de traitement où l’on retrouve une concentration de malades de la Covid-19, même si tout le monde porte un masque.

      Marc Therrien

  • Michel Cournoyer - Inscrit 25 juillet 2020 15 h 32

    Qu'en est-il des masques maison?

    Il ne faut pas sous-estimer l'efficacité des masques maisons, s'ils sont bien faits c'est une solution intermédiaire qui ne protège pas juste les autres mais aussi nous-même. Certains ont une doublure qui permet d'insérer un filtre et il s'en vend dont l'efficacité se rapproche de celle des N95 sans l'égaler toutefois. On peut aussi se fabriquer des filtres avec des matériaux étonnamment efficaces comme les filtres de balayeuses, lingettes "swiffer" et autres . Quelques recherches sur internet et un peu d'ingéniosité peuvent faire une grande différence.

  • Olivier Demers - Abonné 26 juillet 2020 10 h 46

    Concernant les masques maison

    Si je peux me permettre, je recommande la lecture de cet article du Pharmachien. Lecture intéressante, ludique et qui explique très bien :

    http://lepharmachien.com/masques/ (L'article se nomme : Masques maison : comment ça marche)

  • Pierre Langlois - Inscrit 26 juillet 2020 15 h 47

    Évitons de fournir des munitions aux adeptes des complots.

    Il y a ceux qui s'opposent à l'obligation de se couvrir le visage au nom de leur libârté et il y a ceux qui le font au nom de la science ou de la raison. Les premiers sont complotistes. Impossible qu'ils changent d'idée. Les deuxièmes, malgré leur bonne foi, sont, comme on dit, les idiots utiles des premiers. Essayons donc, rationnellement, de les faire changer d'idée.

    La COVID-19 est encore une inconnue pour les experts. Ils tâtonnent depuis le début de la pandémie. C'est la raison pour laquelle il y a beaucoup d'idées complotistes qui circulent. Nous voulons tous être rassuré. Les experts ne peuvent nous rassurer. Alors, certains d'entre nous inventent des complots pour se rassurer.

    On sait qu'un coronavirus a besoin d'un transporteur pour se déplacer d'une personne à l'autre. L'échange peut se faire par le toucher, sinon par les gouttelettes et les aérosols provenant de la bouche ou du nez. Les gouttelettes, c'est quand on parle, on chante, on crie ou on postillonne. Les aérosols, c'est quand on respire. La seule manière de n'être un danger pour personne, c'est d'être mort ! Tant qu'on est en vie, on doit essayer de limiter les risques même s'il est impossible de les éliminer. Voilà l'utilité du couvre-visage : il limite (sans empêcher complètement) le déplacement des fluides transporteurs du virus. Vous en avez la preuve ici : https://www.youtube.com/watch?v=qDeP7-rUZmo .

    Conclusion : c'est beaucoup mieux que rien. Évidemment, plus le couvre-visage est de qualité et plus il est utilisé correctement, plus il sera efficace.

    • Marc Therrien - Abonné 26 juillet 2020 16 h 39

      C'est clair et concret. En somme, la libârté de mourir des uns pour qui il faut bien mourir de quelque chose dans la vie s'arrête là où celle des autres d'en reporter l'obligation le plus tard possible commence.

      Marc Therrien

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 26 juillet 2020 17 h 06

      Je suis toujours sidéré que l'on parle ainsi des complots et des complotistes comme si c'était des timbrés portant un chapeau en aluminium.

      Pourtant, il suffit d'écouter Marie-Monique Robin dans «Le monde selon Monsanto» ou encore «Notre poison quotidien» pour comprendre comment des décisions politiques ont des effets dramatiques sur la santé. À titre d'exemple, elle montre l'opacité de la décision de ce qu'on appelle la «dose maximale recommandée» pour plusieurs contaminants. Elle montre que les autorités de santés de plusieurs pays ne se soucient pas de l'évidence des accumulations croisées.

      Autre exemple. On ne croyait pas que le «Plan Condor» était réel, c'était une invention complotiste. Or, la découverte des «archives de la terreur» en 1992 ont montré un grand niveau d'organisation parmi les pays membres ET la contribution énorme de la CIA. Un câble diplomatique des États-Unis n'a pas été envoyé au Chili ce qui a résulté en l'assassinat de Orlando Latelier, un opposant au régime. En d'autres mots, les services secrets américains savaient ce qui se tramaient et formaient les tortionnaires et le pouvoir (Kissinger), ont préféré laisser faire, un assassinat sordide a donc eu lieu à Washington même.

      On peut parler de l'affaire Iran-Contra, du Pipeline Afghan ou encore du scandale de la NSA, révélé par Snowden. On peut aussi, d'une manière plus critique se demander comment le néolibéralisme s'est imposé et le lien avec les «Panama Papers». Ça nous amène à nous demander pourquoi Assange est-il sous le coup d'un mandat d'arrêt.

      Derrière « les complots », il y a des gens raisonnables et estimés, comme Bernays, le père des relations publiques. J'espère que je ne vous apprends rien. Il a travaillé à favoriser l'opinion des parlementaires américains et de la presse pour préparer le coup d'État au Guatemala.

      Bref les complots sont réels et sont une stratégie courante des puissants.