Mieux reconnaître le travail des femmes, selon Françoise David

Citoyenne «politisée, féministe, engagée» et «grand-maman qui prend son nouveau rôle fort au sérieux», Françoise David a été députée de Québec solidaire de 2012 à 2017, et porte-parole de son parti. Ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec, elle avait, entre autres, organisé la grande marche «Du pain et des roses» en 1995.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Citoyenne «politisée, féministe, engagée» et «grand-maman qui prend son nouveau rôle fort au sérieux», Françoise David a été députée de Québec solidaire de 2012 à 2017, et porte-parole de son parti. Ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec, elle avait, entre autres, organisé la grande marche «Du pain et des roses» en 1995.

La lutte contre la COVID-19 nous plonge dans une crise qui bouleverse nos certitudes. Cette crise va-t-elle modifier notre façon de vivre et notre rapport aux autres ? Le Devoir a demandé à différentes personnalités de réfléchir aux conséquences de la pandémie dans nos vies. Cette réflexion vous sera présentée en page Idées pendant le mois de mai. Aujourd’hui : Françoise David et les métiers essentiels.

La pandémie agira-t-elle comme déclencheur d’une remise en question essentielle face au travail des femmes ? Je tente d’y croire. Au fond de moi, un certain scepticisme se conjugue cependant avec l’espoir. Combien de crises faudra-t-il pour qu’enfin toutes les femmes voient leur travail reconnu, valorisé, payé convenablement ?

   

Petit retour en arrière. Est-ce que d’autres situations de crise ont conféré des droits nouveaux aux femmes québécoises ou canadiennes ? Prenons la Première Guerre mondiale. Voulant valoriser les femmes engagées dans l’armée ou celles qui soutiennent un soldat, le gouvernement fédéral accorde en 1917 le droit de vote à des catégories de femmes bien précises : infirmières militaires, épouses, mères, sœurs ou filles de soldats. Entre 1918 et 1924, la plupart des femmes canadiennes obtiennent le droit de vote au fédéral de même que dans la majorité des provinces, à l’exception du Québec, où les femmes devront attendre 1940 pour obtenir ce droit démocratique.

Une guerre meurtrière a donc obligé des gouvernements à reconnaître le rôle social et économique des femmes, car elles ont été nombreuses à travailler dans les usines d’armement. Elles feront de même lors de la Deuxième Guerre mondiale. Des conflits ouvriers éclatent et se règlent rapidement, car les employeurs ont besoin de main-d’œuvre pour produire armements et uniformes, tout l’attirail de guerre. Mais à compter de 1945, lorsque des ouvrières réclament des conditions de travail et des salaires décents, la partie n’est plus la même. Les patrons, appuyés par le gouvernement Duplessis et le clergé, se montrent intransigeants, n’hésitant pas à faire appel à des briseurs de grève lors des conflits et à une police brutale. […]

On le voit, une crise, si aiguë soit-elle, n’est pas forcément le déclencheur de changements profonds pour les femmes. À la crise, il faut ajouter d’autres facteurs : échéances électorales, vigueur des mouvements féministes, syndicaux, populaires, émergence de leaders inspirantes, appui de la population. Ces conditions sont-elles réunies aujourd’hui pour qu’enfin le Québec tout entier reconnaisse l’apport essentiel des femmes à l’économie et aux services à la population ?

Écoutez le point de vue de Françoise David

Au Québec, neuf emplois sur dix dans les services — privés ou publics — sont occupés par des femmes. Les femmes sont très minoritaires dans des secteurs comme la construction, les mines, les transports, l’énergie. Et on le sait, beaucoup de ces emplois sont bien payés, bien mieux en tout cas que ceux occupés par des femmes dans les services à la population. Mais il y a plus : quand un gouvernement parle d’économie, c’est de métiers masculins qu’il parle, rarement de services prodigués par les femmes. Dans notre imaginaire collectif, l’économie, c’est la production de machinerie, ce sont les routes à réparer, les autobus à construire, le REM qui nous coûte des milliards, les choses sérieuses, en somme ! On est loin de penser à toutes celles qui pratiquent des métiers comme massothérapeutes, psychologues, coiffeuses, vendeuses. Pourtant, elles existent et contribuent à l’économie, elles aussi !

Savez-vous que les femmes fournissent plus de 80 % de la main-d’œuvre dans le secteur de la santé, 70 % en éducation et 88 % en travail social ? Les préposées aux bénéficiaires sont à 80 % des femmes. Les éducatrices en services de garde ? Au moins 90 % de femmes. Les auxiliaires familiales, indispensables dans les services à domicile : au moins 80 % de femmes. C’est clair : sans les femmes, nous n’aurions pas de services publics. Vous imaginez la détresse des gens ?

Il est grand temps de revisiter ce qu’on appelle l’économie, qui est, chez les Grecs anciens, la gestion de la maison. J’aime bien que l’on parle de maison, surtout en ce moment. La maison, c’est un refuge, un lieu d’intimité, d’émotion, de vie quotidienne, de disputes, d’espoirs. Un peu comme une société. Si nous décidions de gérer autrement notre maison collective ? Si nous accordions enfin à la moitié du monde la place qui lui revient ?

On commence par quoi ? Je suggère que nous remettions véritablement en question nos priorités. N’est-il pas absurde que nous soyons parfaitement capables de construire adéquatement ponts et routes, mais que nous soyons à ce point dépourvus d’imagination et surtout de moyens adéquats devant les soins aux personnes aînées, aux enfants, aux malades ? Comment avons-nous pu laisser des gouvernements abandonner les plus vulnérables aux sinistres lois d’un marché sans entraves ? Nous avons protesté, oui, mais nous ne sommes pas allés au bout de la route. Nous avons parfois changé de gouvernement, mais pas d’orientation fondamentale. Nous avons traité de pelleteux de nuages celles et ceux qui s’obstinaient à proposer de nouvelles avenues, sur les plans de l’environnement, de la vie démocratique, de l’organisation sociale. Il est grand temps que ça change !

Je propose que nous accordions une grande importance aux services indispensables au bien-être de toute la population, donc aux métiers largement féminins. Cela signifie payer convenablement les femmes ; éliminer des conditions de travail indécentes, comme l’obligation des heures supplémentaires pour les infirmières ; valoriser publiquement celles et ceux qui s’occupent des personnes vulnérables ; reconnaître les risques inhérents à plusieurs métiers pratiqués surtout par des femmes. Bref, considérer les services publics comme un investissement, au même titre que les subventions aux entreprises. Cette crise difficile doit agir comme un révélateur de ce qui est vraiment essentiel.

Allons plus loin. Les femmes ne sont pas égales entre elles. L’administratrice d’une grande entreprise ne vit pas dans la même situation que la préposée aux bénéficiaires, résidente de Montréal-Nord. Cette dernière loge dans un immeuble défraîchi, dispose de peu d’espace, a peu accès à des parcs et encore moins à des services de santé de proximité. La préposée peut être réfugiée ou immigrante. Elle reçoit parfois le message suivant : elle doit se compter chanceuse de pouvoir vivre au Québec ! Ça me choque profondément. Encore plus depuis que, comme vous, j’apprends que ces héroïques préposées, que nous remercions chaque jour de s’occuper avec amour et courage des personnes aînées de la grande région métropolitaine, sont souvent nées ailleurs. N’ont pas l’assurance de pouvoir demeurer ici après la crise. Pourrions-nous au moins leur assurer la résidence permanente pour services rendus en ce moment ? Ces femmes bénéficieront-elles d’une indéfectible solidarité féministe et de l’appui de la population québécoise ? Je le souhaite ardemment.

Si l’on veut que le drame actuel apporte des changements majeurs dans la hiérarchie des emplois, au Québec et dans une véritable reconnaissance du travail de celles qui sont au front en ce moment, la mobilisation populaire doit être au rendez-vous. Je ne crois pas beaucoup aux cadeaux des gouvernements. Mon expérience m’a appris qu’ils en font rarement.

Une fois la crise de la COVID-19 terminée, il y a de bonnes chances que le gouvernement du Québec plaide le manque de fonds publics pour refuser à ses employées des augmentations de salaires pourtant bien méritées. Je crains que la vision politique traditionnelle de l’économie n’ait pas vraiment changé. On peut penser aussi que la population, fatiguée de se battre contre un ennemi invisible, aura simplement envie de se reposer un peu. Et pourtant, il y aurait un momentum : une crise à peu près réglée, tout un peuple reconnaissant envers celles et ceux qui, jour après jour, nous auront soignés et auront éduqué nos enfants, une échéance électorale. Mais il faudra plus : des mouvements sociaux déterminés à ne pas laisser passer cette occasion unique de revisiter l’économie, les emplois, les services. Des organisations féministes rassembleuses, des syndicats combatifs, des groupes écologistes actifs, des communautés organisées. Voilà qui pourrait changer profondément l’histoire des femmes. C’est mon vœu le plus cher !

25 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 11 mai 2020 08 h 32

    Un bon texte

    Bravo !

  • Cyril Dionne - Abonné 11 mai 2020 08 h 37

    Bon, personne n’est contre la pureté

    Oui, toutes les femmes devraient être reconnues, valorisées, payées convenablement dans leur travail. Il est inconcevable de payer trois fois plus un policier qu’un proposé aux bénéficiaires puisque tous sont sous-éduqués, mais le dernier occupe un poste beaucoup plus dangereux et plus utile en ce temps de pandémie.

    Cela dit, c’est difficile de suivre celle qui été cheffe d’un parti comme Québec solidaire qui est aussi déconnecté de la réalité ambiante québécoise et de la réalité tout court. Il n’y pas si longtemps, un de leur co-porte-parole nous disait sans rire que les changements climatiques faisaient pousser les arbres plus vite et c’est pour cela qu’il y avait autant de pannes électriques au Québec. Personne n’a pensé de lui dire qu’au Québec, ils laissent les arbres pousser et s’entrelacer entre les lignes electriques et lorsqu’il y a tempête, eh bien, nul besoin de le dire.

    Il y en avait une autre écervelée de ce même parti qui nous avait présenté une motion à l’Assemblée nationale contre les méchantes ondes et radiations électromagnétiques. Dans le même sens du discours des 5G, toutes ces sources d’énergie non ionisante ne rompent pas les liaisons entre les atomes et les molécules, ce qui signifie qu'elles ne rompent pas les liaisons chimiques au sein des cellules et des tissus. Disons qu’un compteur électrique produit moins d’énergie électromagnétique que la lumière du soleil. Misère, elle comparait cet effet à celui des rayons X et des rayons gamma.

    Maintenant, durant la pandémie, des écervelés nous propose des masques maisons et essayant de nous faire croire que nous protégeons les autres et peut-être nous-mêmes. Disons qu’il n’y a aucune donnée probante en ce qui a trait à l’utilité de ces masques artisanaux en temps de pandémie. Aucune. Enfin, des masques artisanaux mal faits, mal ajustés et mal portés sont plus néfastes pour sa santé et la santé des autres que rien du tout.

    Cette chère madame n’a plus aucune crédibilité; qu’elle passe son

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2020 10 h 54

      @Cyril Dionne,

      « Maintenant, durant la pandémie, des écervelés nous propose (sic) des masques maisons et essayant de nous faire croire que nous protégeons les autres et peut-être nous-mêmes. Disons qu’il n’y a aucune donnée probante en ce qui a trait à l’utilité de ces masques artisanaux.. » - Cyril Dionne

      Sachons qu'il existe aussi des « écervelés de droite »qui intrumentalisent des questions de sécurité sanitaire à des fins politiques au péril même de la santé publique.

      « Les masques, encore plus efficaces que la distanciation physique »

      - André Noël, Ricochet, 9 mai 2020

      Nancy Delagrave, une professeure de physique au collège de Maisonneuve, s’est plongée depuis le mois de mars dans la littérature scientifique à la recherche d’études sur les masques. Elle en a découvert une cinquantaine. Toutes montrent leur utilité pour limiter la propagation des virus. Certaines montrent même que le port généralisé du masque est une mesure plus efficace que le lavage des mains et la distanciation physique en période de pandémie. 


      Question : Les masques artisanaux peuvent-ils avoir la même efficacité?

      Réponse : L’efficacité des masques en tissu peut s’approcher de celle des masques chirurgicaux s’ils sont bien ajustés. D’ailleurs, Simon Fissette, un professeur de physique du Cégep de la Pocatière, a réalisé une démonstration spectaculaire qui met en évidence l’efficacité de masques en tissu pour filtrer les gouttelettes et les aérosols. On y voit que deux couches de coton, avec une épaisseur d’essuie-tout, semble tout filtrer. Je vous réfère aussi à cette expérience en laboratoire réalisée au Japon, dont parle le Dr Pierre-Jacques Raybaud dans le deuxième article de votre série sur les masques. Le professeur Tomoaki Akuda a prouvé avec un compteur de particules qu’une feuille d’essuie-tout pliée en six était d’une efficacité redoutable.

      https://ricochet.media/fr/3103/les-masques-encore-plus-efficaces-que-la-distanciation-physique

    • Gilles Théberge - Abonné 11 mai 2020 11 h 46

      Mais voyons, tout le monde aime la tarte aux pommes.

      Cela étant dit, je suis d'accors avec monsieur Dionne, « Cette chère madame n’a plus aucune crédibilité »...!

    • Cyril Dionne - Abonné 11 mai 2020 13 h 59

      Ah ! Les soldats de Québec solidaire me font toujours rire de leur inculture scientifique. Si ce n’est pas avec les changements climatiques, les méchantes ondes électromagnétiques, maintenant c’est avec les masques d’Halloween artisanaux.

      Bon. André Noël n’est pas un scientifique, mais bien un écrivain/journaliste. Il émet une opinion tout simplement sans aucune base scientifique.

      Nancy Delagrave, une professeure de physique au collège de Maisonneuve est une formule polie pour dire enseignant du secondaire. Dans le ROC, les cégeps sont considérés comme des écoles secondaires tout simplement. Et quand on dit qu’il y a des études qui mentionnent l’utilité des « masques maisons », on nous nomme les auteurs de ces dites recherches pour voir si elles ont subies le test de leurs pairs. Dans le vrai monde scientifique, il n’y en a aucune, de Santé Canada, de la CDC, de la santé publique des États-Unis et partout ailleurs. Aucune.

      La démonstration de Simon Fissette, un professeur de physique du Cégep de la Pocatière ou d’une école du secondaire pour le ROC, n’est pas une étude scientifique qui donne des données probantes sur les masques maisons. Elle démontre seulement que des épaisseurs de tissus peuvent contrer les particules d’un éternuement. C’est tout. Idem pour le professeur Akuda, sinon il aurait publié les résultats de sa recherche qui auraient été vérifiés par ses pairs.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2020 14 h 12

      @Cyril Dionne,

      "Des écervelés (merci pour le respect) nous propose (sic) des masques maisons et essayant de nous faire croire que nous protégeons les autres et peut-être nous-mêmes. Disons qu’il n’y a aucune donnée probante en ce qui a trait à l’utilité de ces masques artisanaux.. » - Cyril Dionne

      J'imagine que vous considérez aussi que le Dr Pierre-Jacques Raybaud est un "écervelé" ?

      Le Dr Pierre-Jacques Raybaud est médecin généraliste dans la région parisienne et titulaire d’une maîtrise de recherche en immunologie et biologie humaine. Il a un blog sur Mediapart et a fait de nombreuses recherches sur l’utilité du masque contre la propagation du coronavirus. Il multiplie les plaidoyers pour qu’il devienne obligatoire dans les lieux publics.

      « Si tout le monde portait des masques, on pourrait rapidement venir à bout de l'épidémie » - Ricochet

      Extrait de l'entretien avec le Dr Pierre-Jacques Raybaud

      Q : Les masques artisanaux peuvent-ils être efficaces?

      R : Tout à fait. J’ai construit un masque artisanal en Sopalin, vous savez ces rouleaux de papier absorbant et épais [qu’on appelle au Québec des « essuie-tout »]. On pourrait croire que son côté simpliste et artisanal ferait douter de son efficacité. Il n’en est rien. Ce masque a le même niveau d’efficacité que les masques FFP3 ou N99 qui filtrent les particules à plus de 99%. J’ai moi-même mesuré avec un microscope. Au Japon, le chercheur Tomoaki Okuda, professeur à l’Université Keio, a testé l’efficacité des serviettes en papier dans un laboratoire, avec un compteur de particules. Il a utilisé 6 couches de Sopalin fin, ce qui équivaut à 4 couches de Sopalin épais. Il montre que ça marche à 82%, et ça, c’est son résultat global, car il inclut les particules de 0,1 micron. En réalité, le gros des aérosols exhalés par les personnes sont de 0,5 à 5 microns. Le Sopalin filtre 100% de ces particules.

      Source :

      https://ricochet.media/fr/3093/epidemie-masques-france-medecin-pierre-jacques-rayb

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2020 14 h 40

      @Cyril Dionne,

      "Les soldats de Québec solidaire me font toujours rire de leur inculture scientifique. Dans le vrai monde scientifique, il n’y en a aucune (étude) de Santé Canada, de la CDC, de la santé publique des États-Unis et partout ailleurs. Aucune."- Cyril Dionne

      1 ) Voici la cinquantaine d’études sur lesquelles, Nancy Delagrave s’appuie pour démontrer que le masque est, soit un atout, ou bien le geste protecteur le plus efficace.

      https://docs.google.com/document/d/1HLrm0pqBN_5bdyysOeoOBX4pt4oFDBhsC_jpblXpNtQ/edit

      "André Noël (..) émet une opinion sans aucune base scientifique."- Cyril Dionne

      2 ) Apprenez à lire. André Noël n'émet pas une opinion, mais pose des questions et transmets les réponses obtenues des scientifiques.

      André Noël Journaliste :

      André Noël a été journaliste à La Presse pendant près de 30 ans.

      Ses nombreuses enquêtes lui ont permis de remporter de nombreux prix de journalisme, dont le prix Judith-Jasmin, le Concours canadien de journalisme, le prix Michener du Gouverneur général et le prix du Centre canadien pour le journalisme d'enquête. Il a aussi été enquêteur et rédacteur à la Commission Charbonneau.

      https://ricochet.media/fr/collaborateurs/549

    • Cyril Dionne - Abonné 11 mai 2020 15 h 22

      C'est bien des illuminés à Québec solidaire. Ils essaient de transformer la science en des croyances et non pas des faits vérifiables et reproductibles. Alors, à vous de choisir le terme, illuminé, écervelé, déconnecté, hurluberlu, « fake science » etc.

      La seule étude qu’on nous soumet et qui n'en est pas une (https://docs.google.com/document/d/1HLrm0pqBN_5bdyysOeoOBX4pt4oFDBhsC_jpblXpNtQ/edit#) parce qu'elle n'a pas été inspectée par leurs pairs et qu’il n’existe aucune rigueur scientifique dans son analyse qui est vérifiable, eh bien, elle nous parle de l'efficacité des masques du type N95 et des masques chirurgicaux. On fait allusion aux masques maisons (masques d'Halloween pour les scientifiques) sans rien dire de concret. Il n'y a aucune étude empirique, aucune donnée probante, rien. On étale tout simplement des observations.

      Maintenant, on comprend pourquoi la ville de Montréal est contaminée et un des pires endroits sur la planète pour la COVID-19 et ce n’est pas terminé. Aujourd’hui, on y retrouve 1 078 morts par million à l’heure de commentaire. Elle est dans le top 5 des pires endroits sur la planète. Bravo les champions (not) de QS.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2020 16 h 16

      "Illuminé, écervelé, déconnecté, hurluberlu..." - Cyril Dionne

      Alors, permettez-moi de vous citer :

      "Quand on insulte, c'est qu'on a perdu le débat" - Cyril Dionne

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2020 16 h 23

      "Maintenant, on comprend pourquoi la ville de Montréal est contaminée et un des pires endroits sur la planète pour la COVID-19 et ce n’est pas terminé."- Cyril Dionne

      Il est assez rigolo de voir Cyril Dionne nous dire qu'il y a 1078 morts par million d'habitan à Montréal, alors que justement, le port du masque n'y est pas obligatoire et que Montréal ville fonctionne sous sa propre proposition depuis le début de l'épidémie.

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 mai 2020 21 h 07

      @ MM. Montmarquette et Dionne
      Votre débat est fort divertissant mais je ne suis pas certain qu'il en lien avec le texte présenté dans cet article.

  • Hermel Cyr - Abonné 11 mai 2020 09 h 38

    Votre entreteneur de fournaise est-il ingénieur ?

    Je suis bien d’accord que cette crise sanitaire montre la place traditionnelle que tiennent les femmes dans des secteurs qui leur sont dévolus par le système et qui le « confine » en quelque sorte à des rôles déconsidérés socialement.

    Mais « Allons plus loin. Les femmes ne sont pas égales entre elles. » dit Mme David. Non madame David… allons ailleurs et voyons plus large.

    La crise de la COVID-19 révèle plus large qu’un enjeu féministe. Vous devriez bien voir que si « les femmes ne sont pas égales entre elles », le problème en est un de « société ». Car les hommes, d’ici ou venus d’ailleurs, qui travaillent dans les mêmes conditions que ces femmes, sont eux aussi déconsidérés par le système.

    Je suis frappé, par exemple depuis le début de la crise par la proportion (du moins apparente) des minorités ethniques dans le système de santé. Ces gens, hommes comme femmes, qui font preuve de dévouement, qui sont encore sous-payés et font un travail que nous dédaignons souvent de faire nous-mêmes, méritent notre reconnaissance et de « vivre » dans la dignité.

    Combien de gens compétents, venus d’outre-mer et d’outre-terre, sont rejetés par un milieu professionnel « corporatisé » ? Combien de médecins, d’infirmières et infirmiers, … de spécialistes divers ne sont pas reconnus à leur juste valeur dans notre société ? Un cégépien adulte de la même cohorte que ma belle-fille alors étudiante en technique d’inhalothérapie était un médecin immigré refusé par le collège des médecins. Demandez à votre entreteneur de fournaise quelle est la formation; il vous dira peut-être être ingénieur.

    La question de la qualification et des injustices professionnelles déborde l’interprétation de "genre" de notre société et devra être une des questions à régler dans la foulée de l’analyse de cette crise.

    • Raymond Labelle - Abonné 11 mai 2020 16 h 00

      Le Collège des médecins refuse très souvent de donner un internat à des médecins de l'étranger qui ont passé, souvent haut la main, l'examen du Collège. On préfère donner l'internat à des étudiants qui sortent de l'université plutôt qu'à des médecins d'expérience qui ont travaillé dans des conditions difficiles.

      Quelques-uns d'entre eux sont allés se faire recevoir au Nouveau-Brunswick (où on peut plus travailler en français qu'ailleurs dans le ROC). Beaucoup moins d'obstacles.

      Les bâtons dans les roues sont beaucoup moins importants dans les autres provinces.

      Le Collège des médecins est une des rares corporations professionnelles qui n'honore pas le traité France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des professions. Alors que la corporation française honore ce traité, on peut dire que notre Collège la (et nous) déshonore. Les médecins québécois sont-ils meilleurs à ce point que les médecins français? Je ne suis pas sûr que la Corporation apprécierait une étude objective par des tiers à ce sujet pour déterminer si leur refus est fondé.

      Par ailleurs, pour l'ensemble du Québec, les omnipraticiens sont majoritairement des femmes et, si la tendance se maintient, ainsi en sera-t-il des spécialistes dans pas si longtemps (déjà presque la parité).

  • Renée Larouche - Abonnée 11 mai 2020 10 h 18

    MERCI !

    Madame David, je comprends votre retraite de la vie politique, mais vous me manquez... C'est à vous qu'on se réfère pour plus de justesse sur la situation des femmes, pour plus de justice qui devrait s'ensuivre, et ce grâce à votre colossale expérience de "terrain". Votre texte fait grand BIEN ! Merci !

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 mai 2020 12 h 06

      C'est vrai. Elle sait présenter si simplement les choses.. "...quand un gouvernement parle d’économie, c’est de métiers masculins qu’il parle, rarement de services prodigués par les femmes. Dans notre imaginaire collectif, l’économie, c’est la production de machinerie, ....Pourtant, elles existent et contribuent à l’économie, elles aussi !".
      Juste cette citation fait ma journée. On s'ennui tellement de quelqu'un capable de parler sans le jargon gauchiste ambiant à ce bout du spectre idéologique..

    • Jean-Charles Morin - Abonné 11 mai 2020 16 h 59

      "....quand un gouvernement parle d’économie, c’est de métiers masculins qu’il parle, rarement de services prodigués par les femmes." - Françoise David, citée par Jacques Patenaude

      Cette citation de Madame David est loin de faire ma journée. En fait, venant de sa part d'une personne se prétendant féministe et progressiste, elle me déçoit grandement.

      Au XXIe siècle, contrairement à ce que dit Madame David, il n'y a plus vraiment de métiers dits "masculins". Rien n'empêche les femmes d'occuper la quasi-totalité des métiers réservés autrefois aux hommes. Si elles veulent encore et toujours se confiner dans des rôles qu'une certaine tradition leur a autrefois assignés, elles demeurent les seules responsables de cette situation.

      Madame David se croit encore en 1920. En évoquant aujourd'hui la notion de "métiers masculins", elle fait sans s'en rendre compte de la discrimination à l'égard des femmes.

      Ce réflexe conditionné n'est pas à son honneur.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 12 mai 2020 14 h 15

      Parlant de conditionnement monsieur Morin un texte du Devoir vendredi passé était surprenant par son titre

      " Les professions à risque sont-elles plus occupées par des femmes? "

      Le manque dans ce titre c'est de ne pas y avoir spécifier " profession a risque au cavid-19 "

      Parce qu'à la question du titre à elle seule on trouve une réponse plutôt brutale en se concerne le partage des risques entre sexe en matière de travail.

      Pour les années 2016 et 2017 on dénombre au Québec 14 et 5 femmes dont le décès est lié a l'emploi.

      Pour les hommes et les mêmes années les chiffres sont respectivement de 203 et 225 !

      La moyenne de ces deux années donne une proportion de pour une femme décédée au travail il y a plus de 22 hommes qui y perde la vie.

      Le moins qu'on puisse dire que cette information change le regard, et son conditionnement, sur qui des deux sexes assume le plus de risque lié a l'emploi !

      http://www.ledevoir.com/documents/special/2020-05-
      http://img113.xooimage.com/files/9/2/5/d-c-s-li-s-

  • Claude Gélinas - Abonné 11 mai 2020 11 h 41

    Place aux femmes : un long combat jamais terminé.

    Se pourrait-il que la présence des femmes dans ce Grand confinement entraîne une amélioration significative de leur traitement et de leurs conditons de travail ? Rien n'est moins sûr lorsque l'on constate le peu d'empressement des gouvernements a augmenté le salaire minimum à 15 $ la plupart exercés par des femmes dans des emplois précaires. J'oubliais chez Wall Mart pour faire passer la pilule l'on les qualifie d'associés et chez Dollorama l'ont refuse de fournir le matériel nécessaire à leur protection.

    Le capitalisme a encore de beaux jours devant lui.