COVID-19 et démocratie, la rétraction du politique

«La crise de la COVID-19 a ceci de particulier qu’elle entraîne, pour la première fois de l’histoire moderne, une désertion de masse du politique, non comme phénomène collatéral, mais comme objectif même de la lutte contre le nouvel ennemi public numéro un: le virus.», explique l'auteur.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne «La crise de la COVID-19 a ceci de particulier qu’elle entraîne, pour la première fois de l’histoire moderne, une désertion de masse du politique, non comme phénomène collatéral, mais comme objectif même de la lutte contre le nouvel ennemi public numéro un: le virus.», explique l'auteur.

La crise créée par le coronavirus a transformé de manière radicale, en l’espace de quelques jours, les conditions politiques et sociales du Québec, du Canada, et du monde entier. Frédéric Mérand, chercheur au CERIUM, analysait dans les pages de ce journal le retour de l’État, c’est-à-dire le constat fait par plusieurs que l’État est et demeure le lieu de pouvoir vers lequel se rétracte le politique lorsqu’il est menacé.

Or, les conséquences de la réponse publique à la COVID-19 sont uniques en leur genre. Le politique ne se contente pas de se replier vers les mécanismes institutionnels de l’État, mais est évacué de force de l’espace public, l’espace commun où il peut prendre racine. En ce sens, la crise de la COVID-19 a ceci de particulier qu’elle entraîne, pour la première fois de l’histoire moderne, une désertion de masse du politique, non comme phénomène collatéral, mais comme objectif même de la lutte contre le nouvel ennemi public numéro un : le virus.

[…] Les humains, pour apparaître devant le monde, pour se définir en tant qu’agents, doivent agir politiquement, de concert avec autrui. La démocratie en ce sens permet à tous de se définir, de prendre forme dans le monde par les possibilités offertes d’apparaître publiquement, d’agir. Cependant, les mesures d’isolement et de santé publique prises par les autorités pour combattre la COVID-19 vont dans le sens d’un effacement des espaces publics. Il est nécessaire, pour combattre, de s’abstenir, de s’isoler, de s’enfermer, de disparaître. Hormis un substrat de militantisme en ligne, toute autre forme de participation à la vie politique est proscrite. L’Assemblée nationale est fermée, les manifestations sont ajournées, les journalistes sont pour la plupart incités à travailler à domicile, les assemblées syndicales sont annulées ou déplacées en ligne, les organisations civiles et associations volontaires suspendent leurs activités, etc.

Ces mesures extraordinaires visent directement la rétraction du politique. Les citoyens doivent se retirer dans le privé, dans les confins de leur domicile, réservé dans la plupart des cas à leur famille nucléaire. On propose le télétravail, l’isolement préventif, l’éloignement social. On suggère de se retirer de tout ce qui permet à la démocratie, et à la vie politique plus largement, d’opérer. Pendant ce temps, les gouvernements prescrivent chaque jour de nouvelles mesures sanitaires, chaque jour plus sévères, centralisant par le fait même un pouvoir laissé vacant sur la totalité de l’espace public.

La comparaison avec la Seconde Guerre mondiale est attrayante. Toutefois, même durant cette crise, où les pouvoirs étatiques ont été centralisés et la dissidence prohibée pour faciliter l’effort de guerre, l’individu avait accès au politique. Il pouvait agir de concert avec autrui : la preuve étant l’opposition du Québec à la conscription, ou la Résistance française. Certaines mesures, telles que l’interdiction de se rassembler ou l’instauration d’un couvre-feu, limitaient cet accès, mais ces décrets étaient eux-mêmes politiques, c’est-à-dire contestables et contestés. Défier les interdits était un acte politique, non pas un enjeu de santé publique.

C’est là que se trouve la particularité de la crise de la COVID-19. La lutte contre l’ennemi requiert, pour le bien commun, que tous disparaissent, au moins momentanément. Et cette nécessité est admise comme scientifique, apolitique. Les rues autrefois pleines des échos des contestations populaires sont des avenues silencieuses où seuls volent quelques pages de journaux. Les sièges des chambres législatives accumulent la poussière. Les locaux habituellement réservés aux assemblées syndicales et étudiantes sont vides si ce n’est de quelques tasses de café mal lavées et des chaises empilées dans un coin. Les parcs et agoras, lieux d’échanges et de rencontres, sont devenus le domaine quasi exclusif des rongeurs et des oiseaux, les statues érigées là étant comme en isolement préventif au grand air.

Le danger est donc double. D’une part, comme lors de maintes situations d’exception, le pouvoir se centralise entre les mains de ceux qui doivent prendre les décisions. Le souci de rapidité, de réactivité et d’efficacité prime sur les préoccupations d’égalité, de délibération, de participation et de liberté chères à la démocratie. Ce constat n’est pas nouveau. Les Romains, à l’époque de la république, reconnaissaient ce phénomène, et leur Constitution permettait l’élection temporaire d’un dictateur pour prendre en charge la protection de la cité. De manière semblable, la Loi sur les mesures d’urgence, anciennement Loi sur les mesures de guerre, permet de centraliser le pouvoir au niveau de l’exécutif fédéral au Canada.

D’autre part cependant, et c’est ce qui est inédit, alors que le pouvoir se centralise, les citoyens sont contraints de s’effacer. Il y a donc une double force antidémocratique qui opère. Et même si l’on croit que la crise est temporaire et que tout rentrera dans l’ordre lorsqu’elle prendra fin, il est de notre devoir de réfléchir aux répercussions qu’un isolement de plusieurs mois pourrait avoir sur la vie démocratique d’une société libre. Qu’advient-il, à long terme, d’une démocratie, lorsque ses citoyens se voient forcés, pour le bien de tous, de disparaître ?

36 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 23 mars 2020 03 h 01

    Si le gouvernement agit bien...

    ...on se range derrière lui. Mais on peut encore être critique en cas d'inefficacités ou de retards dans l'action, qui seront certes notés. Le tout devant être modulé par une solidarité globale qui dépasse les intérêts de la politique partisane - il ne s'agit pas de guetter les gouvernements pour trouver la petite bête pour faire du capital politique, mais lorsque quelque chose de vraiment fondamental peut coincer dans les politiques et actions adoptées (ou non), les partis politiques ou les gouvernements peuvent le mentionner. Et les citoyen.nes aussi, grâce à la capacité de communiquer à distance.

    Et une fois la crise terminée, on pourra revenir à la politique générale (plutôt qu'orientée sur la crise).

    De toute façon, même si pendant la crise on parlait de d'autres enjeux, les gens auraient la tête ailleurs, comme par exemple pendant une course à la direction d'un parti politique.

    • Claude Bariteau - Abonné 23 mars 2020 09 h 05

      L'auteur raisonne en imaginant un vide politique alors que ce vide ne reflète qu'une action contre un ennemi qui a pour nom un virus qui s'irradie à l'aide d'humains qui voyagent selon les moyens qui le permettent.

      Or, cette action ressemble à celle de la terre brûlée lors de la Deuxième Guerre mondiale pratiquée par l’armée russe avec Staline pour empêcher Hitler et son armée de prendre le contrôle de l’URSS.

      Raisonnant comme s’il était au-dessus du monde dans une capsule en orbite et ne voit que rien ne bouge sur terre, il oublie les « anges gardiens », des guerriers face à l’ennemi qu’est le virus qui sont le monde médical, les travailleurs de l’alimentation, les forces policières, les gardiennes d’enfants et ceux et celles qui communiquent avec les moyens à leur disposition là où, par respect des consignes, ils se terrent en support aux anges gardiens.

      Ces Québécois et Québécoises se battent au front avec un chef, en première ligne, qui, comme Staline entendait stopper l’armée allemande lors de la Deuxième Guerre mondiale après avoir évacué les habitants de Moscou en novembre 1941 avec pour appui de l’occident seulement des armes. Il récidiva à Stalingrad, à Leningrad, à la bataille de Koursk , lors de l’opération Bagration et à la bataille finale de Berlin en 1945.

      La Russie a perdu 26 millions d’hommes. Ça demeure le fait d’armes qui changea l’ordre du monde. L’actuelle lutte contre ce virus changera l’ordre mondial actuel et la façon de vivre sur terre parce qu’après cette lutte les gens terrés et u front auront en tête un monde différent et se battront pour l’implanter en citoyens d’un État indépendant.

      C’est ainsi que se vivra au Québec une victoire difficile contre ce virus, difficile parce que l’appui du Canada fut hésitant et aurait eu moins de séquelles que celles qui s’annoncent ces deux prochaines semaines si le Québec avait contrôlé ses frontières terrestres, maritimes et aériennes.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 mars 2020 09 h 34

      Il y a ce qui peut, ce qui doit... et ce qui est. Je ne prétendrai pas en prendre la juste mesure. Ce que j'observe, c'est que bien du monde prend prétexte de la crise pour exiger des autres qu'ils mettent entre parenthèses leur agenda politique... sans rater la moindre occasion de pousser ses pions. Voir ci-haut. Ce que j'observe aussi, c'est que la moindre remise en question de l'action du gouvernement de Québec et de la direction de la santé publique est frappée d'interdit. Pourtant, pourtant ! Il faudra bien un jour admettre que le message véhiculé par Horacio Arruda est d'une confusion désolante et que tout ce qu'il a de clair tient à des consignes dont il n'est pas le moins du monde capable de rendre compte de façon cohérente. Mais nous préférons nous comporter comme des tartelettes qu'il met chacun chez soi dans le fourneau chacun de son obéissante impuissance. Donnez un ennemi commun à des masses dépolitisées, elles feront tout ce qu'on leur demande, y compris participer à la répression. Elles savent, désormais, ce qui est bien et vrai et juste et nécessaire. Elles ne font plus de politique.

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 mars 2020 09 h 57

      Ah! Si au moins les "masses dépolitisées" pouvaient réaliser que le vrai ennemi est celui qui se croit supérieur en les jugeant ainsi!
      Ah!

      Rarement vu un écrit aussi pédant, aussi prétentieux. Vous battez vos propres records, M. Maltais Desjardins.

      Ce que vous "observez"?
      MIs à part le petit catéchisme selon Karl, je ne crois pas que vous voyiez quoi que ce soit.

      La plus grande partie de l'immense solidarité que je constate, pour ma part, passe sous les radars, loin du contrôle gouvernemental et encore plus loin d'un petit (petit au sens éthique) parti-clown qui a osé s'emparer de ce mot, de façon tout aussi prétentieuse que ce que vous démontrez ici.
      Petit parti qui sera tout content, une fois au pouvoir, d'utiliser les méthodes dont vous parlez . Il se fait un plaisir, tout comme vous, à inventer des coupables à tour de bras, et des idiots encore plus, dans le but un peu trop grossier de se croire brillant.
      Vous ne faites que décrire la façon de penser de vos amis politiques. Certainement rien de plus.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 mars 2020 10 h 46

      Allez donc vous faire voir, monsieur Trottier.

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 mars 2020 10 h 49

      De la hauteur de la prétention aux bassesses des insultes, le tout en une heure.

      Penser plus petit que ça, ça s'invente pas!

    • Raymond Labelle - Abonné 23 mars 2020 11 h 11

      Staline avait signé le pacte germano-soviétique avec Hitler, à qui il faisait confiance. Il a fait exécuter les espions qui l'avaient averti qu'Hitler s'apprêtait à briser le pacte. Il avait déjà fait exécuter de ses généraux compétents. Soljenitsyne, un héros de cette guerre, a été envoyé aux camps à cause de ses critiques parfaitement justifiées de Staline de ce genre d'incompétence qu'il avait faite dans une correspondance totalement privée avec un ami et qui avait été interceptée.

      Les victoires de Staline ont aussi été aidées par l'effort industriel important des États-Unis en armement. Reconnaissons les sacrifices énormes des soviétiques d'alors et ce que nous leur devons. Oui, ils ont été les principaux combattants. Ils auraient subi moins de perte si Staline n'avait pas fait totalement confiance à Hitler et n'avait pas tenté de le jouer contre l'Occident avant que Hitler ne viole ce pacte. Hitler aurait-il respecté ce pacte, Staline l'aurait probablement respecté aussi.

      Oui, Staline a eu raison d'exiger le débarquement de Normandie pour soulager ses troupes - ce que les Alliés ont accepté.

      Bien sûr qu'il s'est rattrapé, mais...

      Des millions de morts dans les camps. Après la guerre.

      Tant qu'à citer un exemple d'effort de guerre, on aurait pu choisir quelqu'un d'autre qu'un dictateur sanguinaire à poigne. Churchill peut-être?

    • Bernard Dupuis - Abonné 23 mars 2020 11 h 12

      M. Maltais Desjardins,

      Je veux bien reconnaître que nous assistons actuellement à une certaine Legault manie et Arruda manie qui peuvent exaspérer. Toutefois, quand vous affirmez sans preuve que « le message véhiculé par Horacio Arruda est d’une confusion désolante » cela apparaît bien trop vague et fortement exagéré. De plus, quand vous affirmez que « nous préférons nous comporter comme des tartelettes » vous parlez comme un sophiste qui considère la société québécoise comme une bande de « tarés » incapable de se gouverner elle-même et qu’il faudrait protéger de sa propre turpitude. Il faudrait éviter, il me semble, ce genre d’accusations trop vagues et trop exagérées.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 mars 2020 11 h 24

      Merci, monsieur Dupuis. D'emblée, j'admets que j'aurais pu et dû m'en tenir à parler de Legault manie et d'Arruda manie.

      Pour la confusion, les exemples sont nombreux. La première fois, quand il a dit « j'interdis » pour aussitôt se lancer dans un développement si emberlificoté que les journalistes ont relayé qu'il avait seulement « demandé ».

      Hier, on lui pose une question sur la difficulté éprouvée par des conjoints symptomatiques d'employés de la santé à obtenir un test et il recommence à nous expliquer qu'il ne faut pas gaspiller des tests avec des personnes asymptomatiques ! Mais il finit par dire qu'il ne sait pas ce qu'il en est de cette situation particulière...

      Par contraste - et pour être positif -, quand c'est monsieur Legault qui parle, c'est généralement plus clair. Mieux encore, Danielle McCann est particulièrement rigoureuse.

      Sans vouloir insulter mes compatriotes, je crois que nous sommes capables de bien mieux que de se donner des héros de circonstance devant lesquels on reste pantois d'admiration comme si c'était une manière saine de calmer notre anxiété.

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 mars 2020 11 h 28

      M. Dupuis, C'est un besoin inhérent chez ce monsieur d'avoir des victimes, une "masse populaire" formée d'imbéciles, ou de tarés comme vous dites, des méchants comploteurs, et lui au-dessus de tout ça pour juger, sagesse de circonstance en badoulière.

      On pallie à ses blessures narcissiques comme on peut je suppose.

      Ce n'est pas de l'exagération, c'est du Messianisme et de l'élitisme aigu.

    • Claude Bariteau - Abonné 23 mars 2020 12 h 06

      M. Maltais-Desjardins, personne n'est pantois pour calmer son anxiété. Il y a une écoute attentive. Mme McCann fait état de la situation visant à augmenter les services, M. Legault dresse des bilans et révèle des mesures. M. Arruda explique le plan d'ensemble, qui est cohérent, mais s'inquiète des facteurs qui vont en contre-sens, ce qui l'inquiète et l'incite à l'occasion de recourir à des termes plus explicites.

      Les personnes avec lesquelles j'échange décodent chez M. Arruda, contrairement à vous, une maîtrise du plan, mais des déceptions quant aux personnes qui prennent inutilement des risques qui peuvent entraver la qualité des services qu'assurent les « anges gardiens ». Je n'ose imaginer qu'au nom de la liberté d'agir vous soyez le défenseur des personnes qui remettent en question les directives qui visent à diminuer avec les moyens disponibles au Québec l'irradiation de ce virus afin de pouvoir maintenir en place des services de santé adéquat.

      Cela dit, j'ai cru, peut-être à tort, que vous avez ciblé mon commentaire en écrivent « Voir ci-haut ». Si c'est le cas, deux remarques : 1) je réfère à la conscience qui s'accentue chez les Québécois et les Québécoises, que je ne considère d'aucune façon en « pantois »; 2) l'ex-PM Couillard vient de suggérer la création d'un groupe de réflexion sur l'après-crise, une idée que je partage, mais qui est déjà en application et qui pourrait se révéler.

      Je signale ces deux remarques parce que mon commentaire visait précisément à penser l'après-crise non pas en vase-clos, mais en impliquant le peuple québécois parce que, contrairement aux personnes qui aiment sur-diriger le peuple, je pense que le peuple québécois possède aussi des idées constructives.

      À ce titre, dès les premiers signes du virus au Québec, la fermeture des frontières fut immédiatement ciblé comme une mesure fondamentale. D'ailleurs, toute l'approche de M. Arruda nécessitait cette fermeture et les gens ont très bien compris.

    • Gaetane Derome - Inscrite 23 mars 2020 12 h 20

      M.Maltais Desjardins,il me semble que vous êtes bien un des seuls à ne pas respecter le Dr.Horacio Aruda,directeur national de la santé publique,en ces temps de Covid-19.Il tente avec un langage de médecin humain de parler à la communauté Québécoise.C'est peut-être pourquoi vous ne le trouvez pas aussi direct que M.Legault ou que la ministre de la santé.
      Mais effectivement pour des raisons de santé publique le Dr.Aruda a le pouvoir d'interdire actuellement et il ne faut pas prendre ce mot à la légère quand il le dit.
      Si par ailleurs vous désirez toujours influencer politiquement et ce malgré le confinement relié au Covid-19,nous vivons dans un monde ou il y a les médias sociaux.J'espère que vous en profiterez pour vous faire entendre.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 mars 2020 14 h 14

      Laissons aux insulteurs se plaindre de se faire rembarrer avec plus de courtoisie qu'ils n'en montrent.

      Monsieur Bariteau, je vous lis depuis assez longtemps pour discerner dans l'analyse que vous faites de la situation le poiint de vue général que vous avez concernant l'avenir du Québec. Je ne vous en fais pas reproche et ne vous accuse pas de duplicité. Je vous toujours avec intérêt. Si d'autres se sont sentis injustement visés, je le regrette. Mais ne soyons pas naïfs.

      Monsieur Dupuis, je ne suis pas en mesure de déterminer si monsieur Arruda est en pleine maîtrise du plan de la santé publique pour la simple raison que tout comme vous, je n'en connais que ce qui nous en est communiqué chaque jour. Or de nouveaux indices de confusion, aujourd'hui. A la question concernant l'éventualité de donner des heures réservées, il réfléchit tout haut au lieu de dire que Québec ne s'est pas fait une tête, ce qui force le PM a dire ce qui est vrai, au moins pour le moment : c'est non.

      Ceci dit, ce n'est pas du tout manquer de respect à cet expert dont la valeur est reconnue par tous les partis politiques, y compris le PLQ sous le gouvernement de qui il a été nommé. Enfin, je ne vois pas très bien quelle partie de mon propos suggère que je relativiserais l'importance des consignes du gouvernement. Tout au contraire, je souhaite que les gens y souscrivent sans réserve, ce qui exige que le message soit plus clair.

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 mars 2020 15 h 06

      Quel contraste entre ce dernier écrit et le premier!

      Contraste ? Dison-le : pas rapport. C'est exactement ça, ne pas assumer ses positions.

      " Ce que j'observe aussi, c'est que la moindre remise en question de l'action du gouvernement de Québec et de la direction de la santé publique est frappée d'interdit".

      Des preuves! Au minimum des exemples! Maintenant. Vous observez quoi au juste?

      "Donnez un ennemi commun à des masses dépolitisées, elles feront tout ce qu'on leur demande, y compris participer à la répression."

      Masses dépolitisées!!
      Quelles masses?
      Par rapport à quelle élite, nommée sans le dire? C'est votre élite qui dépolitise la masse? Qui sinon?

      Où vous situez-vous vous-même dans ce fatras d'idées pour bien-pensants?

      Du patinage de pee-wee présenté en grande pompe.

    • Raymond Labelle - Abonné 23 mars 2020 16 h 13

      On peut en effet M. Bariteau trouver que le gouvernement fédéral a un peu traîné dans l'adoption de certaines mesures, même s'il faut reconnaître qu'il a fini par corriger le tir. Et on peut dire que le gouvernement québécois s'est comporté fort bien, surtout en décidant d'agir énergiquement très tôt, peut-être grâce à l'influence du Dr. Arruda et de son équipe en coulisses, et aussi du fait que le gouvernement l'ait pris au sérieux et marche dès lors au pas de course contre le virus.

      Mais ceci ne nous éclaire que sur les qualités et défauts des gouvernements fédéral et provinciaux qui s'adonnent à être au pouvoir au moment donné où cette situation s'est présentée. Un gouvernement ne va pas nécessairement agir plus mal du simple fait qu'il est fédéral et le gouvernement du Québec ne va pas nécessairement agir mieux du simple fait qu'il s'agit du gouvernement du Québec. À un autre moment donné, ça aurait pu être l'inverse.

      Des questions politiques fondamentales se poseront suite à l'expérience de cette crise, entre autres sur notre rapport à la consommation, le tourisme, la volume des échanges, la fragilité de la mondialisation, une prise de conscience que tout n'est pas à prendre pour acquis et aussi une façon d'assurer un revenu minimum garanti à toutes et à tous, au moins pour les situations de ce genre. Entre autres.

      Que l'auteur de l'article se rassure, cette crise posera des questions profondes sur le politique qui surgiront lorsqu’on en sera sorti, voire plus que jamais auparavant, en espérant que les priorités se présentent en ordre plus pertinent. Avec le moins de morts possible et le plus tôt possible d'ici là, espérons-le.

      On peut commencer à y réfléchir, mais pour l'instant, comme dirait Confucius: first things first.

    • Raymond Labelle - Abonné 23 mars 2020 19 h 15

      "Des questions politiques fondamentales se poseront suite à l'expérience de cette crise" ou on tombera dans l'amnésie immédiate, comme après 2008 (crise financière) et 2012 (printemps érable). Ou quelque part entre les deux. À suivre. Nul n'est prophète au pays de l'avenir.

    • Claudette Bertrand - Abonnée 23 mars 2020 19 h 55

      @ R. M. Dsjardins,

      Une fois n'est pas coutume, mais je suis absolument d'accord avec vous concernant M. Arruda. Si ce n'était l'encadrement de M. Legault et de Mne. McCann nous aurions à souffrir de l'incompétence de ce personnage. Peut-être un bon docteur, peut-être un bon gestionnaire, mais assurément pas un homme de vision et de cohérence digne de la fonction qu'exige la Santé Publique.

  • Nadia Alexan - Abonnée 23 mars 2020 04 h 39

    La crise nous démontre la nécessité de l'engagement de l'État pour le bien commun.

    Je ne vois pas la crise du Coronavirus comme un effacement des citoyens. Au contraire, je considère l'engagement du gouvernement non pas comme une dictature, telle que suggérée par l'auteur, mais comme un rappel important au monde des affaires qui pense que l'État avec sa réglementation est un obstacle à la conduite des affaires et voudra que l'état disparaisse pour qu'ils puissent faire ce qu'ils veulent sans contraintes. C'est un rappel sobre de l'importance de l'État de légiférer pour le bien commun.

  • Pierre Rousseau - Abonné 23 mars 2020 08 h 07

    Les dommages collatéraux

    Pendant que tout le monde se réfugie dans son logis, les oligarques veillent au grain. On se souviendra de la crise des Wet'suwet'en et de son impact sur les voies ferrées du pays. Finalement une entente a été élaborée qui devait être soumise aux membres de la nation. Alors, le Covid-19 a frappé et on ne peut plus se rassembler pour discuter de l'entente pour l'entériner. Entretemps, la compagnie a accéléré la construction du gazoduc, profitant de la pandémie et du fait que les Wet'suwet'en avaient du mal à combattre le virus. La police fédérale a réoccupé le territoire ancestral de la nation et un camp de plus de 1 000 travailleurs (avec la promiscuité qui va avec) y a été érigé.

    La pandémie est devenue le prétexte parfait pour les oligarques de contrôler l'État et faire fi de la démocratie. On profite du désarroi des citoyens pour finalement venir à bout de la résistance populaire à des projets des oligarques, à leur profit et à celui de leurs actionnaires.

    • Bernard Dupuis - Abonné 23 mars 2020 12 h 12

      Concernant les oligarques, vos affirmations sont bien vagues. Je suppose que vous voulez parler des pétrolières, mais encore. Quelles sont les autres entités qui font aussi partie du groupe?

      En ce qui concerne l’entente élaborée relativement à la crise des Wet’suwet’en, pourquoi personne n’en connaît encore la teneur précise? Vous invoquez la Covid 19 pour expliquer que l’entente n’a pu être entérinée par les membres de la nation. Toutefois, comment se fait-il que les deux conditions pour mettre fin aux barrages ferroviaires n’aient pas été respectées ni par les constructeurs du pipeline ni par la GRC même avant la ratification de l’entente ? Pourquoi le cours normal des choses a-t-il repris sans que l’entente n'ait été ratifiée par les membres.

      L’entente de principe avec les chefs héréditaires eut lieu le premier mars alors que la Covid 19 a été annoncée par M. Legault le 16 mars. Le premier ministre canadien en a parlé quatre jours plus tard. La levée des barricades au Québec s’est produite justement le 23 mars. Par conséquent, il apparaît simpliste de dire que le Covid 19 soit la seule raison pour laquelle l’entente n’est toujours pas connue de personne, sauf peut-être par les pétrolières et la GRC qui semblent savoir à quoi s’en tenir.

      Une autre question : comment se fait-il que les mères de clan et les chefs de bandes ne furent pas présents lors de la signature de l’entente de principe. Est-ce parce qu’ils n’approuvaient pas l’entente? Pour ma part, je demeure dans le brouillard le plus complet. Vos réponses restent fort incomplètes.

  • Pierre Imbeault - Abonné 23 mars 2020 08 h 38

    Et le pouvoir financier des pétrolière en profite!

    Pendant que tous ont les yeux rivés sur la pandémie, le gouvernement fédéral assouplie les règles devant mener à l'approbation de forages pétroliers au large de Terre-neuve et Labrador. Derrière ce dernier coup bas des pétrolières, on reconnaît la trame narative d'un gouvernement canadien libéral contrôlé par des pétrolières. La seule différence avec le parti Conservateur c'est que ce dernier parti politique ne tente pas de cacher son alliance avec ces grands de l'industrie qui supporte notre pétro-dollar. Ce que révèle pourtant cette pandémie c'est notre capacité financière à faire face aux défis les plus menacants pour nos collectivités. Quelle hypocrisie et quelle arrogance chez ce premier ministre canadien qui parle des deux côtés de la bouche lorsqu'il aborde l'urgence environnementale. Et nous voilà cloîtrés, incapables de manifester notre colère face à une telle insulte à notre intelligence.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 mars 2020 10 h 13

      Vous ne vivez pas sur la même planète que moi. Notre capacité financière est très limitée à faire face aux défis les plus menaçants pour nos collectivités. Pardieu, cette crise ne fait que quelques semaines et déjà tous les surplus budgétaires sont évaporés et les milliards viennent de l’argent emprunté au Québec. Les gens perdent leurs emplois par milliers à tous les jours. L’économie est en mode dépression. Le gouvernement fédéral risque de se retrouver avec un taux record de déficit de 100 milliards et plus.

      Disons que je partage votre appréhension avec cette image holographique qui nous tient de premier ministre à Ottawa, mais l’industrie pétrolière est en faillite. Produire du pétrole à perte ne les fera pas saliver. Diantre, la Russie et les autres pays producteurs de pétrole vont accélérer la production de l’or noir et ceci aura un effet vers la baisse, même après la crise pandémique. Pour que cela soit rentable, le prix des sables bitumineux de l’Alberta doit être à 40$ US. Or, on peut l’acheter à moins de 10$ présentement.

      L’urgence environnementale sera le dernier des soucis des citoyens lorsqu’ils tenteront de récupérer tout ce qu’ils ont perdu en quelques mois seulement. Les délires de sainte Greta Thunberg sont loin de leur pensée présentement. Qu’est-ce que ça mange en hiver le Pacte?

    • François Beaulne - Abonné 23 mars 2020 11 h 48

      Monsieur Dionne: Je ne comprends pas votre raisonnement. Il y a quelque chose de tordu à exposer notre environnement marin, dont celui du Golfe du Saint-Laurent, et ce, en catimini, au saccage incontrôlé des pétrolières sous prétexte de palier à l'incurie et l'irresponsabilité du gouvernement Trudeau qui a ouvert béatement les goussets pour se racoler la <classe moyenne>. La cigale et la fourmi, ça ne vous rappelle rien?

    • Cyril Dionne - Abonné 23 mars 2020 12 h 32

      Oui M. Beaulne pour protéger notre environnement terrestre et marin sans écouter les multiples sirènes et les faux prophètes autoproclamés qui n'y connaissent rien à part de faire de la petite politique. Ne vous faites pas pour les pétrolières, cela risque d'être très silencieux de leur part pour les temps à venir puisqu'ils n'exploiteront pas des richesses bitumineuses pour perdre de l'argent.

      Ceci dit, les gens en ont leur voyage de ces gauchistes à la Québec solidaire qui proclament la fin du monde si on ne les écoute pas alors qu'eux-mêmes, sont des consommateurs invétérés et ne pratiquent certainement pas la simplicité volontaire. Quel exemple niaiseux cette marche pour l’environnement du mois de septembre 2019 alors les jeunes et moins jeunes passaient la majeure partie de leur temps à se prendre en selfie tout en piétinant tout sur leur passage. Et le moins comique là-dedans, c’est qu’aucun ne pratiquait la simplicité volontaire et n’avait aucune idée des mécanismes qui causent l’effet de serre et le réchauffement climatique.

    • François Beaulne - Abonné 23 mars 2020 13 h 01

      Sur ce point, M. Dionne, je vous donne raison. On ne fera pas avancer la cause environnementale avec des discours apocalyptiques moralisants, surtout quand ils proviennent de la <gauche caviar>. Ça commence à taper sur les nerfs de plusieurs ces manifestations où souvent on nous fait la morale <en anglais>, comme si cette langue était celle de la rectitude environnementale mondialisante.
      Le respect de la diversité linguistique et culturelle dans la défense et la promotion des causes environnementales vaut bien la préoccupation pour la disparition des espèces menacées!

  • Élisabeth Germain - Abonnée 23 mars 2020 08 h 55

    Recréer du politique

    Alors vivement, utilisons les moyens de contact actuels (médias et les médias sociaux) pour nous connecter, développer collectivement des réflexions, agir pour réinventer les interactions, refuser la docilité et activer la responsabilité. Faisons ressortir les communs, c'est à dire la nécessité de la prise en charge collective de ce qui nous concerne toutes et tous, au premier chef aujourd'hui la santé.
    C'est par la prise en charge collective du présent que nous sauvegardons et développons le politique.
    Le long terme recommence aujourd'hui, il recommence tous les matins.
    La vigilance est le premier degré du politique.
    Si le fonctionnement du politique habituel semble en rétraction, la crise actuelle est une extraordinaire occasion pour inventer de nouvelles formes de pouvoir collectif, conscientiser et faire participer la population à l'organisation de la vie en société, au moment d'ailleurs où se manifestent à la fois la communauté de destin des humain·e·s et les inégalités de moyens pour y faire face.