Plus de religion, moins de science

«Plus la présence religieuse s’accroit, moins la connaissance des faits scientifiques et moins la confiance envers la science sont élevées», rappellent les auteurs.
Photo: Getty Images «Plus la présence religieuse s’accroit, moins la connaissance des faits scientifiques et moins la confiance envers la science sont élevées», rappellent les auteurs.

L’affaire de la communauté hassidique, dans laquelle deux ex-membres ont eu le courage de poursuivre le gouvernement pour avoir négligé de subvenir à leur éducation comme l’exige la Loi sur l’instruction publique du Québec, a fait grand bruit. Elle fait apparaître, sous une forme extrême, les conséquences d’un enseignement religieux ultraorthodoxe.

« Je ne connaissais même pas le mot géographie, a répondu l’homme maintenant dans la quarantaine. Le mot science non plus d’ailleurs. » On pourrait objecter que ce déni de science n’est que le fait d’une infime minorité plus proche d’une secte que d’une « véritable » religion. Malheureusement, cette idée, pourtant répandue, ne résiste pas à l’épreuve des faits.

Les enquêtes européennes et états-uniennes menées entre 2005 et 2018 sur les rapports entre sciences et religions montrent en effet que plus la présence religieuse s’accroît, moins la connaissance des faits scientifiques et moins la confiance envers la science sont élevées.

Ainsi, dans l’Union européenne tout comme aux États-Unis, les individus « sans religion » ont toujours plus de connaissances scientifiques que ceux déclarant une religion d’appartenance. Certes, les protestants sont plus connaissants des faits scientifiques que les catholiques, les orthodoxes ou les musulmans, mais ils restent nettement moins connaissants que les « sans religion ».

Ces écarts s’accroissent lorsque l’on prend en considération le niveau d’intégration à une religion. Les plus pratiquants, les plus priants et ceux qui déclarent croire en Dieu ont nettement moins de connaissances que ceux qui pratiquent moins ou ceux qui déclarent ne pas croire en Dieu.

Une mesure, regroupant les différentes questions relatives à l’intégration religieuse, est sans équivoque. Les Européens et les États-Uniens les plus intégristes ont un déficit de connaissances scientifiques beaucoup plus important que les moins intégristes et aux États-Unis, la mouvance évangéliste est encore plus ignorante des faits scientifiques que les non-évangélistes.

Un esprit éclairé objectera que ces variations de forte amplitude pourraient provenir du sexe, de l’âge ou du niveau d’instruction de l’individu. Or, selon les analyses statistiques, le sexe et l’âge ne sont pas explicatifs du niveau de connaissances scientifiques.

Par contre, comme on devait s’y attendre, le niveau d’instruction joue certes un rôle — les plus scolarisés possèdent bien sûr plus de connaissances scientifiques que les moins scolarisés —, mais le niveau de scolarisation n’oblitère nullement l’effet spécifique de l’appartenance et de l’intégration religieuses : toutes choses égales par ailleurs, plus de religion est associé à moins de connaissances scientifiques.

Cette conclusion est également vraie pour les attitudes (positives ou négatives) envers les sciences. Plus l’individu est intégré à une religion, moins il a une vision positive de la science.

À lire ces résultats, ce qui pouvait sembler un épiphénomène lié à un groupuscule religieux ultraminoritaire doit être reconsidéré avec davantage de clairvoyance. Dans l’ensemble, lorsque la religion se fait plus présente dans la vie d’un individu, ce dernier s’éloigne et se méfie davantage de la science.

Certes, plus une religion a accepté la science, plus l’individu est proche de la science ; mais il n’en reste pas moins que les moins religieux des religieux sont plus éloignés de la science que les « sans religion ».

Les croyances sincères ayant naturellement des effets cognitifs — sinon ce ne seraient pas des croyances véritables —, il est logique que les religions aient des effets sur les connaissances scientifiques et les représentations des sciences.

Décidément, et contrairement à ce que les anecdotes colportées sur les quelques savants croyants en Dieu laissent entendre, les enquêtes statistiques fondées sur des échantillons représentatifs montrent clairement que sciences et religions ne font pas naturellement bon ménage.

74 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 26 février 2020 02 h 09

    « sciences et religions ne font pas bon ménage» (Les auteurs)



    Voilà une lettre d'opinion que s'empresseront de dénoncer nos vicaires de QS

    • Nadia Alexan - Abonnée 26 février 2020 09 h 43

      Délaissez les enfants dans l'obscurantisme et l'ignorance, sans une éducation de base, est un crime contre l'humanité.
      Les auteurs ont raison. Les citoyens de pays les plus avancés au monde, sur toutes les mesures, comme les pays scandinaves, ont un taux d'incroyance religieuse de 77%. Tandis que les pays avec le plus grand nombre de croyants tels que les pays islamistes se qualifient de défaillances en croissance économique et en développement humain. Les résultats en disent beaucoup.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 février 2020 09 h 52

      QS est une secte d'hérétiques, c'est entendu. Dommage que vous ne trouviez rien de mieux à faire que d'agiter le goupillon à leur encontre.

    • Marc Therrien - Abonné 27 février 2020 07 h 23

      Parlant des liens entre les "connaissants" et les "sans religion", on se demande bien ces temps-ci quelle science il manque aux différents paliers gouvernementaux pour réussir à faire entendre raison aux diverses communautés autochtones "sans religion".

      Marc Therrien

  • Raymond Labelle - Abonné 26 février 2020 02 h 31

    En parlant de science... corrélation n'est pas raison.

    En parlant de science, attention à l'interprétation des statistiques.

    Une corrélation n'implique pas nécessairement un lien de causalité - elle peut être attribuable à une ou des causes communes tierces. Par exemple, pour illustrer. Peut-être que les gens qui ont une moins bonne condition socio-économique ont tendance à être plus religieuses et à avoir moins de connaissances scientifiques. La cause commune de ces deux éléments serait la moins bonne condition socio-économique. Je ne dis pas que c'est ça - c'est juste pour illustrer que la corrélation entre deux éléments n'implique pas nécessairement de lien causal entre les deux éléments de la corrélation en particulier.

    Mais plus fondamentalement, l'important est de savoir ce qui relève de la science et ce qui n'en relève pas, car la science elle-même ne prétend pas couvrir l'ensemble du réel. Tout le réel et tous ses aspects n’est pas vérifiable et répétable expérimentalement. La science formule la meilleure hypothèse, ou théorie, pour rendre compte de ce que l'on connaît à un moment donné. Et ces théories peuvent être niées et changées ultérieurement. Ceci ne couvre qu'une partie du réel et encore, le portrait de cette partie couverte serait peut-être différent avec une perception plus approfondie du réel - ce que l'on ne sait pas. Ceci est la modestie de l'esprit scientifique bien compris.

    L'exemple de l'éducation hassidique est aussi un cas extrême et minoritaire - le donner pour tenter de colorer la perception que l'on a du rapport entre la science et la religion relève de la rhétorique. Prendre un cas extrême pour généraliser une perception...hmm...est-ce bien scientifique?

    La science a pu bouleverser des croyances, religieuses ou autres - mais il ne faut pas non plus faire de la science une autre religion. Et des perceptions du monde diverses peuvent distinguer ce qui est dans un champ hors-science sans renier la science.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 février 2020 09 h 42

      Cher M. Labelle, la science n'a jamais été, n'est pas et ne sera jamais une religion parce qu'elle ne repose pas sur des dogmes et doctrines qui ne peuvent pas être contestés, mais bien sur des faits intemporellement vérifiables et reproductibles. Il n'y a pas de foi ou de certitude en sciences puisque c'est l'évolution de la pensée du monde sensible. En fait, la science n'est que l'extension de notre cerveau pour comprendre le monde naturel qui nous entoure.

      Postuler qu'il y a des raisons socio-économiques entre ceux qui ont une culture scientifique ou non, ce sont des chimères. Que c'est tellement faux. Les idéologies politico-religieuses que sont les religions organisées ne sont que des instruments politiques pour que certains en dominent d'autres. Et plusieurs de ces religieux sont des gens riches. Les fondamentalistes ne sont pas composés de sectes avec des gens pauvres. C'est tout le contraire.

      Ceci dit, toutes les religions sont basées sur des superstitions et des amis imaginaires. Les religions monothéismes et créationnistes stipulent que la Terre est vieille de seulement 6 000 milles ans alors qu'on sait que c'est de l'ordre de 4,5 milliards d'années. Pardieu, il y a des arbres sur notre planète qui sont plus vieux que 6 000 ans.

      La science, c'est la découverte de notre place insgnificative dans l'ordre des choses de l'univers. Il y a plus de planètes comme le Terre dans l'univers observable qu'il y a des grains de sable sur notre planète. Et l'univers observable est limité par la vitesse de la lumière. Le Big Bang date de 13,5 milliards d'années alors que la civilisation humaine à seulement 5 000 ans d'histoire.

      Et la cerise sur le sundae, sans les découvertes scientifiques, il n'y aurait pas de forum comme celui-là. En fait, on peut attribuer toutes les découvertes scientifiques à une poignée d'hommes et de femmes qu'on pourrait contenir dans une salle de cours de sciences sociales à l'UQAM.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 février 2020 10 h 36

      Monsieur Dionne, il n'y a de frontière étanche entre l'activité scientifique et l'idéologie que pour le scientisme, lequel est une forme d'autant plus virulente d'idéologie qu'elle prétend soustraire la science à tout examen à cet égard. Monsieur Labelle a tout à fait raison.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 26 février 2020 16 h 12

      "Il ne faut pas faire de la science une autre religion"
      Impossible même si on le voulait Monsieur.
      Qu'est ce qu'une religion ou qu'est ce qui la définie à la base?
      La croyance aveugle en un concept flou, certainement pas un mouvement qui cherche la vérité sans but lucratif, se remet en question sans honte, se contredit sans guerre et font des recherches communes en équipe avec des pays et des cultures différentes dans un esprit de continuité constructif aux travers le temps. La science est le point commun de tout les hommes, un concept bien plus grand que les religions,

      Sinon il n'y aurait absolument aucun problème avec les religions.

    • Françoise Labelle - Abonnée 26 février 2020 16 h 57

      M.Labelle,
      Mme Labelle ne comprend pas que vous puissiez affirmer que «la science elle-même ne prétend pas couvrir l'ensemble du réel. Tout le réel et tous ses aspects n’est pas vérifiable et répétable expérimentalement».

      Le modèle (théorie) décrivant un maximum de faits connus, et en prédisant de nouveaux, est à la base de la science et précède l'expérimentation. Sinon l'expérimentation n'est que tâtonnement. L'absence de modèle est le problème de toute religion. La baguette magique explique tout et dispense de relier les phénomènes connus entre eux comme le fait une théorie ou un modèle. Sinon, comme Laplace répondait au reproche de Bonaparte d'avoir oublié dieu: «Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse».

      La formulation de modèles cohérents postulés pour intégrer la majorité des observations précède l'expérimentation. Les GPS reposent sur les conséquences de la théorie de la relativité restreinte d'Einstein formulées en 1905 et 1915 avant les expérimentations. On peut faire la même remarque pour la théories de l'inflation de Guth que les mesures du rayonnement cosmique originel,homogène plutôt que chaotique, ont validé plus tard, jusqu'à ce qu'elle soit elle-même éventuellement invalidée par d'autres mesures. J'ignore si des téméraires envisagent de plonger dans des trous noirs pour suivre les conseils de Hawkins pour sortir d'un trou noir. Peut-être que Mad Mike a manqué sa vocation.

      On étudie des particules ayant une durée de vie infime dans les super-réacteurs. Mais tout dépend, comme toujours, de ce que vous entendez par «réel». Si l'imaginaire, produit de l'intelligence symbolique, en fait partie selon vous, alors oui sans doute. On retrouvera peut-être la théière de Russell dans une galaxie près de chez nous.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 février 2020 21 h 52

      "Mais tout dépend, comme toujours, de ce que vous entendez par «réel»." FL

      Par réel, j'entends "tout ce qui existe".

      Dois-je comprendre que tout ce qui n'est pas confirmé par la Science est aussi inexistant que la théière de Russell? Et que TOUT le réel peut faire l'objet de vérification et d'expérimentation scientifique?

      Pour revenir à la science: "La formulation de modèles cohérents postulés pour intégrer la majorité des observations précède l'expérimentation." En fait, idéalement, il faudrait intégrer l'ensemble des observations. Quelquefois c'est l'observation délinquante qui mène à une meilleure théorie (p.ex. ce qui ne marchait pas tout à fait dans Newton a mené à la relativité).

      On peut jouer sur les mots - on peut aussi considérer le résultat de l'expérimentation comme une observation, si l'expérience est faite dans le but de vérifier une hypothèse - et si l'hypothèse est vérifiée, on a une théorie. Bien sûr.

      Pour ce qui est de la religion: la probabilité, par exemple, que l'Univers soit conscient et que l'on ait une sorte de communication avec lui n'est pas la même que celle que, très précisément, disons, l'ange Gabriel ait dicté le Coran à Mohammed ou que Jésus soit mort pour nos péchés. Mais il n'est pas impossible que quelque chose de l'intuition religieuse reflète une réalité malgré tout - une forme de relation avec une Grande Conscience - que la religion soit une forme de médiation pour y avoir accès pour certaines personnes. Cette intuition ou sensation peut peut-être aussi exister en-dehors des religions organisées.

      Bien entendu, ces intuitions ou sensations ne peuvent avoir l'autorité de la Science, qu'elles soient vraies ou fausses.

      Des propositions vraies peuvent être indémontrables. Indémontrable ne veut pas dire faux.

      Ce qui ne veut pas dire que tout ce qui est indémontrable est vrai, bien entendu.

      Et dans le Réel profond hors-Science, ça ne marche peut-être pas en binaire vrai-faux - qui sait?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 février 2020 22 h 07

      Honnêtement, madame Labelle, je ne vois pas en quoi vos précisions, très justes par ailleurs, sont incompatibles avec le propos de monsieur Labelle. Sinon peut-être qu'il y aurait de sa part une vision progressiste de l'activité scientifique, celle-ci réduisant peu à peu mais indéfiniment l'écart entre la pensée et le « réel ».

    • Raymond Labelle - Abonné 27 février 2020 05 h 01

      L'ironie de la théière de Russell est de faire dire à ceux qui disent que du vrai peut être indémontrable que tout ce qui est indémontrable est nécessairement vrai - ce que ces personnes ne disent pas. En donnant l'exemple d'un indémontrable faux et ridicule alors qu'il y a aussi du vrai qui peut être indémontrable. Bref, c'est le bon vieux truc rhétorique de l'homme de paille. Rien à voir avec le véritable esprit scientifique.

      Bien sûr, l'indémontrable, même vrai, ne peut se caractériser comme théorie scientifique, j'en conviens.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 février 2020 05 h 29

      Un exemple d’indémontré (peut-être indémontrable) que l’on sait être vrai : nos co-humains sont dotés de conscience. Aussi indémontré que la théière de Russell.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 février 2020 05 h 50

      Merci de votre appui M. Desjardins. C'est toujours agréable d'avoir une manifestation perceptible que l'on nous a lu et compris.

      J'ose espérer que des personnes qui ne se sont pas manifestées m'ont aussi lu et compris, mais je ne peux pas le démontrer scientifiquement... ce qui ne veut pas dire que c'est nécessairement faux, bien entendu - même si je ne peux pas plus le prouver que l'existence ce la théière de Russell...

    • Raymond Labelle - Abonné 27 février 2020 06 h 02

      Bon, je pourrais faire une enquête quant à savoir qui m’a lu, puis ensuite passer un questionnaire aux personnes trouvées quant à savoir si on m’a compris… Puis, si je ne peux pratiquement joindre toute la population (même si théoriquement possible), faire une inférence statistique à partir de l’échantillon trouvé, avec marge d'incertitude/erreur identifiable. Théoriquement dans le démontrable.

      Je blaguais, c'était une joke – mais si on m’avait pris à la lettre - oui, je sais, je sais…

  • Raymond Labelle - Abonné 26 février 2020 03 h 07

    L'image de la science est influencée par son orientation et son usage.

    Pourquoi les auteurs parlent-ils de "perception positive" de la science? Ne pas avoir une perception positive de la science serait donc de l'obscurantisme? On peut mal distinguer la science et l'utilisation qu'on en fait. Ce qui, il est vrai, est une erreur, mais l’utilisation que l’on fait de la science, et comment on l'oriente, peut influencer sa perception.

    Ce sur quoi on oriente nos recherches, et comment on utilise la science, posent des choix moraux qui ne relèvent pas de la science. La science peut éclairer les modalités de ces choix, mais ces choix demeurent des choix moraux (on utilise "éthiques" pour ne pas dire "moraux") en-dehors du champ de la science.

    Par exemple, on peut consacrer plus de fonds aux modifications génétiques parce que ça peut donner lieu à des brevets (OGM) sources d’emplois payants pour certains.es techno- scientifiques et de gros bidous pour l’industrie plutôt que sur la manière de faire de l’agriculture en minimisant l’utilisation de pesticides et d’herbicides pour soulager les petits paysans de leur dépendance envers de grosses entreprises. Et si on avait mis les mêmes moyens pour voir comment faire autrement, ce que l’on aurait trouvé ferait peut-être en sorte qu’on se pose les questions éthiques différemment.

    Et les bidous et intérêts en questions peuvent créer des biais cognitifs…

  • Raymond Labelle - Abonné 26 février 2020 03 h 23

    La profondeur du réel.

    La méthode scientifique est binaire dans l’appréhension de la causalité: hasard ou déterminisme. Inhérent à la méthode. Elle ne peut qu’examiner ce qui est déjà advenu et tenter d’en retrouver la ou les cause(s). Pour déduire les lois. Le phénomène, idéalement, devrait être confirmé par l’expérience. Si la théorie a une bonne valeur prédictive dans l’expérience, elle est au moins opérationnelle, même si elle n’est pas la « vérité ».

    Cette méthode n’a peut-être pas le choix de procéder autrement pour demeurer scientifique.

    Ceci ne veut pas dire que le réel soit aussi binaire que cela, que toute causalité ne peut être qu’aléatoire ou déterminée et que la méthode scientifique permette d’appréhender l’ensemble du réel. Ceci ne veut pas dire que l’on doive faire semblant que tout ce que la méthode scientifique ne permet pas d’appréhender n’existe pas. Même la « causalité » est peut-être bien différente, voire inexistante ou un concept non pertinent, dans certains aspects du réel, peut-être même les plus fondamentaux.

    Mais bien entendu, ce qui ne peut être appréhendé par la méthode scientifique ne pourra jamais bénéficier de la légitimité de la méthode scientifique quant à ce qui appartient à son champ. Et peut-être est-ce la limite de ce que l'on peut affirmer avec autorité - mais juste ne pas oublier que ça ne couvre pas nécessairement l'ensemble du réel.

  • Robert Bernier - Abonné 26 février 2020 05 h 54

    Le Dieu d'Einstein n'en était pas un

    Les auteurs écrivent: "Décidément, et contrairement à ce que les anecdotes colportées sur les quelques savants croyants en Dieu laissent entendre."

    On a beaucoup parlé du Dieu d'Einstein. Mas il faut lire Einstein pour comprendre qu'il se défiait profondément de toute religion et que son Dieu n'avait absolument rien d'un Dieu personnel, le genre de Dieu que l'on prie pour en obtenir des secours privés. C'est apparemment le cas de la vaste majorité des scientifiques: pas de croyance en un Dieu personnel.

    • Dominique Boucher - Abonné 26 février 2020 08 h 09

      Peut-être les auteurs pensaient-ils plus à des gens comme Abdus Salam, Prix Nobel de physique en 1979 pour ses travaux sur l'interaction électrofaible, qui était un fervent musulman (membre de la communauté ahmadiste) et voyait sa foi comme faisant partie intégrante de son travail scientifique. «Le Saint Coran nous encourage à refléter les vérités des lois de la nature créées par Allah; cependant, que notre génération ait eu le privilège d'apercevoir une partie de Son Dessein est une récompense et une grâce pour laquelle je présente mes remerciements avec mon humble cœur.» [Merci, Wikipédia!]

      Jean-Marc Gélineau, Montréal