Projet de loi 21: un vieux fond bleu

Des gens manifestant contre le projet de loi 21, le 7 avril dernier, à Montréal.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Des gens manifestant contre le projet de loi 21, le 7 avril dernier, à Montréal.

Les États-Unis ne se résument pas à Donald Trump, pas plus que le Brésil à Bolsonaro. La France du mariage pour tous, comme celle de l’Occupation, a révélé l’autre partie d’elle-même. De la même façon, il n’y a pas UN Québec, il y en a au moins deux.

Nous avons été des Canadiens français, et nous pensions que ce monde était révolu à jamais. Notre nationalisme avait été identitaire, frileux, replié sur lui-même. Dans ce passé pas si lointain, nous avions craint l’immigration comme la peste, surtout quand ces étrangers n’allaient pas prier aux mêmes églises que les nôtres. Nous étions un peuple enfermé dans son huis clos, à nous raconter nos peurs, mais nous avions la province belle.

Il y a une soixantaine d’années, un formidable vent de changement a balayé ce vieux monde. Si chaque génération depuis la Conquête avait porté son lot de réfractaires marginalisés à cette soumission, ils prenaient alors le haut du pavé et transformaient, partout et sur tous les plans, notre société. Ce Québec novateur, emballant, brisait enfin ses carcans et définissait un modèle de développement émancipateur à bien des égards.

Longtemps, nous avons cru que l’un était la représentation de notre passé, alors que l’autre portait notre avenir. Le Parti québécois avait définitivement avalé et relégué aux marges ce vieux fond bleu. Maurice Duplessis était devenu une statue, et nous regardions ailleurs. Enfin.

Avancer par en arrière

Est-ce un sentiment d’échec, celui de ne pas s’être rendu au pays, qui explique cette résurgence d’un passé qu’on nous lance au visage comme le reflet de notre avenir ? Le nouveau premier ministre, jouant au bon père de famille, protecteur de la nation, nous dit qu’il faut avancer par en arrière. Alors, allons-y : limiter l’immigration devient notre droit national quant au multiculturalisme assimilateur ; la laïcité devient sujette à tous les détournements identitaires ; la loi fédérale est trop permissive sur la légalisation du pot ; Ottawa ne nous empêchera pas de mettre un peu de privé dans notre système de santé…

Le PQ, dans ce grand jeu de la patrie, devient le faire-valoir de la CAQ. Ainsi, il soutient le projet de loi 21 sur la laïcité, mais en veut plus : il faut l’étendre aux garderies. Son chef parlementaire déchire sa chemise à propos du programme Éthique et culture religieuse, comme si le feu était pris. Parions que François Legault voudra garder en face de lui un PQ diminué à ce mauvais rôle.

Faut-il répéter que remuer les préjugés à l’égard de minorités religieuses, comme le font la CAQ et le PQ, brasse des eaux boueuses qui dessinent de mauvais lendemains ? Francine Pelletier nous rappelle qu’il a fallu bien des années avant que nous puissions parler de l’attentat de Polytechnique pour ce qu’il était, un attentat contre les femmes. Combien de temps mettrons-nous à assimiler ce qui s’est passé à la grande mosquée de Québec en janvier 2017 ?

Que dire de ce mensonge assimilant l’adversité au projet de loi 21 à une adhésion au multiculturalisme canadien, ou pire, faisant l’équation avec les secteurs de la société à l’époque opposés à la loi 101 ? Les arguments ultimes devenant, ici celui de notre fatigue collective, qu’il faut donc mettre ce débat derrière nous ; ou encore, ici celui de notre droit d’affirmation nationale, d’être ce que nous sommes. Sommes-nous vraiment devenus cela ?

Le projet de loi 21 s’attaque à un droit fondamental enchâssé dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Le gouvernement Legault va utiliser des clauses de dérogation ayant pour effet de suspendre ces droits fondamentaux et l’application de notre propre Charte des droits et libertés de la personne. Nous nous enfonçons, et manifestement nombreux sont ceux qui préfèrent ne pas le voir.

Louise Arbour, dans une récente allocution, mentionnait qu’il serait probablement impossible, dans le contexte international actuel, d’adopter une telle déclaration universelle des droits. Nous ne faisons pas bande à part. Le ciel est peut-être bleu, mais le fond de l’air est lourd, et ça sent mauvais.

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63 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 22 mai 2019 00 h 29

    Pierre Céré

    Bon, ça dit tout...

    • Pierre Desautels - Abonné 22 mai 2019 07 h 26


      Un commentaire très intelligent.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 mai 2019 09 h 23

      Ça dit tout ? Non.

      M. Céré voit une marée bleue printanière déferlée avec une CAQ à l'image de Duplessis et un PQ en appui.

      Du coup, les projets politiques des Bougeault, Lévesque et Parizeau, c'est du passé et, politiquement, pas touche aux chartes québécoises et canadiennes même si Lévesque n'acceptait qu'un gouvernement canadien subjugue la québécoise et que Parizeau a voulu s’en détacher.

      Mieux serait à ses yeux un Québec-petit-Canada. Adieu le principe de la laïcité intégré dans la Charte québécoise. Adieu aussi la priorité accordée à l’égalité des hommes et des femmes pour traiter des discriminations. Et vive la Charte canadienne qui laisse aux juges de statuer sur les croyances profondes des hommes et des femmes.

      En conséquence, ce Québec-petit-Canada ne doit pas recourir à la clause dérogatoire présente pour que les provinces de l’ouest canadien approuvent les vues de Trudeau-père parce qu’il ne faut pas que le Québec dérape en réglementant dans ses institutions le port de signes religieux que la révolution tranquille a stoppé.

      Franchement, lire un tel texte d’un ex-candidat du PQ fonde une marée canadienne dont les propulseurs veulent que les droits religieux incluent les signes religieux et que ceux-ci aient droit de cité partout dans les institutions de l’État du Québec et ailleurs pour que le Québec soit à l’image du Canada de 1982.

      M. Céré, vous devriez au moins avoir la franchise de le dire plutôt que de jouer au protecteur d’une charte québécoise qui relève de l’autorité d’un parlement, par définition de parlementaires que vous disqualifiez négativement pour prôner un Québec-petit-Canada.

      Soyez transparent.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 mai 2019 10 h 14

      @ Claude Bariteau,

      Le "Québec-petit-Canada", c'est le PQ qui l'a instauré quand Parizeau a aidé Mulroney à adopter le traité de libre-échange et proposé "L'Entente du 12 juin 1995" avec sa "souverainté-partenariat".

      Entente du 12 juin 1995:

      Extrait : " Après une victoire du Oui au référendum, l'Assemblée nationale aura, d'une part, la capacité de proclamer la souveraineté du Québec et le gouvernement sera tenu, d'autre part, d'offrir au Canada une proposition de traité sur un nouveau Partenariat économique et politique qui vise notamment à consolider l'espace économique actuel."

      https://vigile.quebec/articles/entente-du-12-juin-1995

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 mai 2019 11 h 09

      Monsieur Bariteau, vous suggérez que les réticences de monsieur Céré à l'usage de la clause dérogatoire dénoteraient une complicité à l'égard des vues multiculturalistes de Trudeau père et un recul par rapport à l'exclusion des signes religieux dans les institutions. J'ai relu. Le motif invoqué par l'auteur, c'est que ce sont des droits fondamentaux reconnus dans la DUDH et dans notre propre charte. Je suppose que vous connaissez personnellement monsieur Céré et que vous êtes donc en mesure de nous instruire de ce qu'il pense vraiment, indépendamment de ce qu'il dit. Je ne vous disputerai pas ce privilège. Ce sont les idées qui sont en cause et non le procès d'intention qui permet de les recadrer dans le fil d'un récit...

    • Eric Ricard - Inscrit 22 mai 2019 11 h 19

      On aura beau débattre pendant encore 10 ans, 100 ans, il y en aura toujours qui diront qu'affirmer ce que l'on veut dans nos écoles est racistes, discriminatoires, vieux jeu. Il faut en finir rapidement. Si Q.S. veut relancer le débat aux prochaines élections, qu'il le fasse clairement et on verra les résultats, mais cessez ces arguments de repli identitaire, vous êtes aliénant à la fin. Vous savez fort bien que les Québécois ne sont pas racistes, mais vous savez aussi qu'ils ont une peur ''bleu'' d'ëtre traités de racistes (surtout les jeunes) et c'est pour cela que vous tapez toujours sur ce clou dans l'espoir qu'il s'enfonce dans leurs têtes. C'est ce genre de démocratie que Q.S. offre à nos jeunes, démagogies et almalgames.
      Oui, tout a été dit des deux côtés et finissons en maintenant et rendez-vous aux prochaines élections.
      En terminant, j'aimerais rappeler qu'il y a d'autres alternatives à l'écologie que Q.S.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 mai 2019 12 h 20

      M. Maltais-Desjardins, je n'ai rien contre la DUDL, car elle ne dit rien sur l'expression de signes religieux dans les institutions des États qui entendent en limiter l'expression.

      Cette déclaration concerne la protection de droits par les États signataires en permettant leur expression dans l'espace public.

      Vous savez tout ça. Je pense que M. Céré a négligé cette importante nuance.

      M. Montmarquette, vous avez tout faux avec le projet de M. Parizeau. Il impliquait un Québec indépendant qui négocie une entente de partenariat avec le Canada, ce qui n,avait rien à voir avec un Québec-petit-Canada, mais un Québec maître de signer des ententes avec le Canada si ça lui convient et si ça correspond à ce qu'il estime avantageux comme espace économique partagé.

      Je vous imaginais plus informé sur le projet de M. Parizeau. Là, je note que ce n'est pas le cas. L'obligation faite pour négocier ce nouvel espace économique concernait l'état des liens économiques découlant des politiuqes canadiennes que le Québec entendait revoir par traité.

      Cela dit, le Québec devenu indépendant aura de toute façon à négocier un traité anologue. Si vous ne le savez pas, il serait temps de vous documenter les incidences de la création d'un nouveau pays dans des cas de figure analogues à celui du Québec.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 mai 2019 12 h 56

      Pour ne prendre que ces exemples.

      - Comment un Québec qui se prétend souverain peut-il envisager de se mettre son économie à la merci du du dollar canadien?

      Sans compter : L'union douanière;

      La libre circulation des marchandises;

      La libre circulation des services;

      La libre circulation des capitaux;

      La mobilité de la main-d'oeuvre;

      La citoyenneté;

      La participation à l'OTAN à NORAD et à l'ALENA

      En ce que qui me concerne, c'est ce que j'appelle un "Québec-petit-Canada".

    • Christian Roy - Abonné 22 mai 2019 16 h 43

      @ M. Baribeau,

      Je ne suis pas aussi ferré que vous. Pourvez-vous me donner des exemples de ce que vous avez écrit ici:

      "Adieu aussi la priorité accordée à l’égalité des hommes et des femmes pour traiter des discriminations."

      Merci d'être précis.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 mai 2019 18 h 00

      Vous me faites rire.

      1. L'isolement selon le modèle de l'Albanie sous Enver Hoxha a connu un passage difficile après l'effondrement du mur de Berlin, aussi avant, car son rapport au communisme était cahoteux.

      2. Il n'y a pas d'union douanière entre les provinces. La question qui se pose pour un Québec indépendant est d'avoir un mot à dire et de pouvoir modifier les règles canadiennes. Ça fait partie des négociations.

      3. Idem pour la circulation des marchandises. Le Québec actuel n'a pas un mot à dire avec celle associées à l'ALÉNA et les activités canadiennes qui relèvent de l'autorité du Canada. Tout ce que peut faire le Québec renvoie à des demandes et non à des décisions de sa part. Pays, il prendra ses décisions selon ses intérêts.

      4. Idem pour les services, les capitaux et la main-d'oeuvre.

      En fait, vous lisez ces dossiers dans un Québec province, pas dans un Québec pays.

      5. Dans un Québec pays, il y aura une citoyenneté québécoise, ce qui ne peut pas être le cas actuellement.

      6. Quant à la participation à l'OTAN et au NORAD, c'est un dossier qui s'inscrit dans la transmission des pouvoirs et des responsabilités. Un Québec indépendant devra assumer des suites et le faire selon ses vues. Celles-ci varieront s'il choisit de se doter d'une armée à la canadienne, ce qui m'apparaît questionnable, ou d'une force policière à l'image de celle du Costa Rica.

      Alors, ce que vous appelez un « Québec-petit-Canada » et que cherche M. Céré n'a rien à voir avec un Québec indépendant qui peut choisir sa monnaie et affirmer ses vues et ses attentes dans ses rapports avec d'autres pays et aux organismes supra-nationaux auxquels ils s'associent selon ses choix.

      Vos exemples n'en sont pas. Ce sont des objets qui sont abordés différemment selon les pays. Approfondissez les cas de la Norvège, de l'Islande, de la Suède ou de la Suisse et placez-vous dans une perspective de transition. Vous verrez les choses autrement.

    • Christian Roy - Abonné 23 mai 2019 11 h 50

      @ M. Baribeau,

      Je souhaite que vous puissiez appuyer vos dires:

      "Adieu aussi la priorité accordée à l’égalité des hommes et des femmes pour traiter des discriminations." - C. Baribeau.

    • Claude Bariteau - Abonné 23 mai 2019 17 h 17

      M. C. Roy,

      je vous ai signalé que je ne répondrais plus à vos commentaires parce que vous déformez ce que disent les commentateurs.

      La réponse à votre question est simple. Je ne comprends pas que vous n'y avez pas pensé.

      La Charte canadienne ne donne pas la PRIORITÉ ni au principe de la laïcité, ni à celui de l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle fait de l'égalité une question de convictions personnelles. Concernant la laïcité, elle l'aborde par les droits individuels.

      Le PL21 fait de l'éaglité un principe prioritaire et affirme le principe de la laïcité. Ce projet adopté, ces éléments seront pris en compte par les juges dans les cas de litiqes.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 mai 2019 21 h 51

      « La Charte canadienne ne donne pas la PRIORITÉ ni au principe de la laïcité, ni à celui de l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle fait de l'égalité une question de convictions personnelles. Concernant la laïcité, elle l'aborde par les droits individuels. »

      Vous savez très bien que de donner priorité à une des libertés fondamentales, ce serait retirer ce caractère à toutes les autres. Telles qu'elles sont formulées, elles se limitent et se renforcent mutuellement. Ainsi, parlant de laïcité de l'État, elle n'a pas besoin d'être proclamée puisque les droits démocratiques (3 à 5) y sont reconnus à tous les canadiens à titre de citoyens seulement et qu'ils sont soumis et bénéficient des lois votées par les parlements « sans acception de personnes » à l'article 15, lequel, en plus de dissoudre le privilège ou le préjudice qui résulteraient de la croyance religieuse révoque aussi celui qui reposerait sur la distinction des sexes, consacrant par là le principe de l'égalité ds sexes.

      Vous évoquez les convictions personnelles et les droits individuels. Évidemment par opposition aux droits dits collectifs, qui me semblent préoccuper en réalité beaucoup plus les adversaires de la charte que les insuffisances qu'elle comporterait sur les deux sujets mentionnés. On soutient à raison quant à moi que les titulaires réels des droits, ce ne peut être que les personnes elles-mêmes et que c'est dans l'exacte mesure où ceux-ci continuent à prévaloir que les formes d'organisations dans lesquelles ils les actualisent conservent leur légitimité, cela impliquant bien sûr qu'ils créent ce faisant des droits qui ne valent pour tous que ce qu'ils peuvent valoir pour chacun.

  • Nadia Alexan - Abonnée 22 mai 2019 03 h 23

    L'histoire du Québec abonde avec une générosité et une ouverture exemplaire envers les immigrants.

    Vous avez tort, monsieur Pierre Céré. Les Québécois ne sont pas enfermés sur eux même comme vous le suggérez. Au contraire, le premier député d’origine juive dans l’histoire du Canada et de tout l'Empire britannique, Ézékiel Hart, a été élu en 1807, pendant que l’université McGill refusait les étudiants juifs.
    Ainsi, le premier Haïtien, noir, dans l’histoire du Québec, Jean Alfred, a été élu dans le comté de Papineau sous la bannière du Parti québécois.
    Dans le cadre des programmes de 1976 et 1978, le Québec a accepté 40% des réfugiés voulant fuir la guerre civile libanaise. L'histoire du Québec abonde avec une générosité exemplaire envers les immigrants.
    Le projet de loi 21 tente simplement de séparer la religion de l'État. Vous faites de l'aveuglement volontaire si vous pensiez qu'il n'y a pas un mouvement islamiste intégriste et politique financé par l'Arabie saoudite et le Qatar pour islamiser l'Occident. Vous devriez être au courant des Qatar Papers. Ce sont les intégristes qui sont repliés sur eux-mêmes en voulant instrumentaliser le port du voile comme porte-étendard de l'islam politique. C'est le communautarisme et la ghettoïsation qu'il faudrait dénoncés, pas la laïcité de l'État. On n'a pas besoin d'acquiescer à l'obscurantisme et à la misogynie pour démontrer notre ouverture à la diversité. Avec votre obstination, vous êtes en train de jeter les gens ordinaires dans les mains de l'extrême droite et le populisme.

    • Bernard Terreault - Abonné 22 mai 2019 08 h 30

      Malheureusement, mon parti, le PQ, fait fausse route. L'essence du PQ c'était de créer un état francophone et progressiste dans une Amérique du Nord anglophone et plus souvent qu'autrement conservatrice. Nos cinq ou six millions de ''pure laine'' (plutôt timorés, d'ailleurs) ne font pas le poids devant 350 millions d'anglophones. Nous avons besoin d'alliés. Dans le passé, nous avons déjà laissé filer Irlandais, Italiens, Polonais, Juifs vers l'école anglaise. Les Maghrébins francophones, avec les Latinos, sont nos alliés potentiels. Ne les repoussons pas pour une bête affaire de bout de tissu sur la tête.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 mai 2019 09 h 04

      « Vous avez tort, monsieur Pierre Céré. Les Québécois ne sont pas »

      avant de continuer à vous lire, je note tout de suite que vous déformez le propos d'entrée de jeu. Nulle part il ne parle des Québécois comme d'un bloc monolithique.

    • Christian Roy - Abonné 22 mai 2019 16 h 56

      @ Mme Alexan,

      "Avec votre obstination, vous êtes en train de jeter les gens ordinaires dans les mains de l'extrême droite et le populisme."

      Curieux, depuis que je lis vos commentaires (environ un an), je découvre en moi des parts que je ne soupçonnais pas: paranoïa, préjugés à l'égard des femmes qui portent un voile, etc.

      Lächez pas madame... je me rapproche de la Meute et de ses subtils penseurs. Je prévois même voter pour la CAQ aux futures élections ! Cela doit éveiller mon "fond bleu" avec le désir de mettre en place une nouvelle loi du cadenas.

      Puis, je m'éveille et reviens aux valeurs que mes parents et mon éducation m'ont léguées: ouverture, empathie, combat des préjugés,

    • Nadia Alexan - Abonnée 22 mai 2019 22 h 05

      À monsieur Christian Roy: Voilà! En guise d'un argument valable, vous lancer des accusations de fermeture, de manque d'empathie et de préjugés.
      Je n'ai jamais voté pour la CAQ et je suis contre les principes de la Meute. Vous ne connaissiez rien de moi. L'ouverture à la diversité ne veut pas dire accepter le totalitarisme et l'obscurantisme de la religion. Je n'ai rien contre les femmes qui portent le voile. Par contre, je n'aime pas l'idéologie qui instrumentalise le port du voile pour inférioriser les femmes. Les immigrants ont quitté leurs pays d'origine précisément pour s'échapper au totalitarisme religieux. Si vous voulez tolérer l'intolérable, c'est votre problème. Lisez les propos sages de Boucar Diouf(un immigrant musulman) sur la laïcité: «L’AFFRONTEMENT DES RACINES BRITANNIQUES ET FRANÇAISES». http://plus.lapresse.ca/screens/a74bdc30-9848-4870

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 mai 2019 22 h 48

      Moi, je n'aime pas l'idéologie qui instrumentalise le port du voile pour inférioriser les femmes en présumant que celles qui le portent le font forcément sous la contrainte et que cela justifierait à soi seul qu'on les contraigne à y renoncer. Les femmes ne sont pas des mats où se disputer le privilège d'attacher le drapeau de la légitimité. La plupart sont des sujets, de bien mauvais sujets, à vous entendre parler de celles-là.

    • Christian Roy - Abonné 23 mai 2019 12 h 17

      Mme Alexan,

      Qui parle d'accepter le totalitarisme et l'obscurantisme de la religion ? En trente-cinq ans de carrière dans le monde de l'éducation, je n'ai jamais connu rien de tel même à l'époque des écoles confessionnelles catholiques et protestantes.

      Le danger ici consiste à remlacer un totalitarisme et un obscurantisme par un autre.

      Je trouve qu'il est important qu'une critique constructive soit appliquée avec doigtée au sujet de l'islam québécois. S'il est un sujet sensible, c'est bien celui de la religion. Je crois que le changement doit venir de l'intérieur, par les croyants progressistes qui oseront prendre le leadership de leurs communautés. Ces derniers ont un rôle extrêmement important à ce propos et que leur tâche en sera une de longue haleine. Elle en vaut pourtant tellement la peine.

      La voie du discrédit, des procès d'intention et de la diabolisation est stérile. Elle recueille cependant des échos chez des québécois de souche qui ont, pour une raison ou une autre, tourné le dos à leur propre tradition religieuse. C'est pourquoi il est important de tenir compte de la façon dont on parle de la religion, d'où qu'elle soit. Le passé de plusieurs québécois est une terre fertile à la croissance de préjugés (les impression primaires surpassent les faits réels) dans une province qui se cherche souvent un bouc émissaire. L'associer à un péril venu de l'étranger le rend encore plus effrayant.

      Merci d'avoir répondu à mon commentaire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 mai 2019 18 h 38

      @ Christian Roy,

      Votre commentaire du 23 mai 2019 12 h 17, "liké" par aucun des participants cette tribune, sauf moi de , est un des meilleurs, des plus intelligent et des plus constructifs produits depuis le début de ce débat vicieux et délétère qui a rompu la paix sociale et la paix religieuse. Mais je doute que Mme Alexan y entendre quelque chose. Elle prétendra qu'elle ne parle que des intégristes, mais sa croisade anti-voile affectera pourtant plus de 300,000 musulmans tout à fait pacifiques et respectueux des lois au Québec.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 22 mai 2019 05 h 22

    … rouge-violacée !

    « Le ciel est peut-être bleu, mais le fond de l’air est lourd, et ça sent mauvais. » (Pierre Céré, Auteur)

    Si, du ciel bleu toujours, le fond lourd de l’air sent « mauvais », son odeur est, peut-être, de couleur …

    … rouge-violacée ! - 22 mai 2019 -

  • Réal Boivin - Abonné 22 mai 2019 06 h 24

    La nation québécoise existe depuis longtemps.

    Elle s'est bâtie sur la démocratie, la langue française, la laïcité et l'égalité des hommes et des femmes. L'ancien gouvernement de Phillipe Couillard a tout fait pour réintroduire la religion dans la société et pire encore, dans les institutions qui relèvent de l'état. Il est là le vrai fond bleu et le retour en arrière.
    Les Québécois ne l'ont jamais accepté et ont élu un gouvernement progressif et laïque parce qu'ils souhaitent aller de l'avant.

  • Michel Lebel - Abonné 22 mai 2019 06 h 40

    Duplessisme!

    Le PL21, un vieux fond bleu: une évidence.! Qui peut prétendre que le duplessisme est mort? Mais il est toujours vivant, à la sauce caquiste, papa Legault veillant sur ses enfants obéissants.

    M.L.

    • Denis Forcier - Abonné 22 mai 2019 08 h 31

      C'est drôle de parler d'un vieux fond bleu. En 2013, le projet de loi 60 (charte des valeurs) allait beaucoup plus loin en terme d'interdiction pour rendre l'État laïque, pourtant on ne parlait pas de vieux fond bleu mais d'un nécessaire débat de société. L'erreur selon moi c'est de s'être enfermé dans le modèle français de la laîcité basé sur l'interdiction et de ne pas avoir fait preuve d'imagination et de créativité politique. Et si on avait considéré un modèle de laïcité plutôt d'invitation basé sur l'adoption d'un code d'éthique tel que celui-ci , peut-être serions-nous fiers de notre progressisme ce qui serait beaucoup mieux que de voir du bleu et du bleu encore: CODE D'ÉTHIQUE DE LA LAÏCITÉ QUÉBÉCOISE
      1) L'État québécois et ses institutions sont laïques et d'aucune façon des lieux de culte, ce qui implique une certaine réserve dans l'expression religieuse.
      2) Représenter la neutralité de l'État , de ses institutions, est de la part de tous ses personnels un devoir moral, un devoir laïque et civique.
      3) En matière de liberté de conscience et de religion, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne est la référence première.
      4) Le port d'un signe religieux est permis dans les institutions publiques dans la mesure où le visage et son contour demeure franchement accessible et naturel.
      5) La liberté de conscience, est choisie pour être au coeur de la laïcité québécoise, et elle précède tout choix religieux.
      6) Au nom de cette liberté de conscience aucun enfant ou adolescent ne doit être invité ou contraint à porter un signe religieux.
      7) Là où un uniforme de fonction existe , celui-ci, par exception, a préséance sur la liberté de conscience et de religion et donc sur le port d'un signe religieux.
      8) La liberté de conscience est célébrée le jour de la laïcité (date à déterminer... ). Invitation est alors faite de s'abstenir de porter publiquement un signe religieux.
      9) Pour ce jour de la laïcité, le crucifix de l'Assemblé