Entre lassitude et exaspération

«Le statut de notre Assemblée ne devrait tenir que de l’autorité du peuple, et non de la marge de tolérance d’un État qui n’a jamais cessé d’en combattre le sens et la portée», écrit l'auteur.
Photo: iStock «Le statut de notre Assemblée ne devrait tenir que de l’autorité du peuple, et non de la marge de tolérance d’un État qui n’a jamais cessé d’en combattre le sens et la portée», écrit l'auteur.

Voilà des années que ça dure. Le déluge de commentaires malveillants, les manifestations d’intégristes, le langage ordurier sur les pancartes, le mépris sous vernis universitaire, les mêmes sophismes ressassés, les finfinauds qui finfinaudent à Radio-Canada, tout cela n’aura fait que révéler ce qui traîne dans le fond du temps depuis trop longtemps déjà. Et cela n’a, à vrai dire, que peu de choses à voir avec le projet de loi 21. Ce qui se joue là et qui ne se terminera pas avec son adoption, c’est toujours le même déni, le même refus obstiné de consentir à quoi que ce soit qui pourrait avoir l’air d’une affirmation existentielle. Le Québec n’a pas droit à une différence non accréditée.

Il faut souffrir d’une singulière amnésie pour s’imaginer bien fondée la protestation contre l’usage de la disposition de dérogation, adoptée pour satisfaire les ténors canadian et leur faire cautionner la manoeuvre du rapatriement. Il faudrait, au surplus, leur en reconnaître l’usage exclusif et le droit de statuer sur ce qui devrait être reconnu comme son usage légitime ? Il n’y a pas de limite à se vautrer dans la pensée annexée. L’utiliser permettra au gouvernement Legault de se tenir droit dans l’héritage de Papineau et de retourner les lois anglaises contre l’ordre imposé.

La vie de la nation

Le projet de loi 21 n’est pas parfait, loin de là. Mais il a le mérite de bonifier la Charte des droits québécoise, parce qu’il renforce la légitimité de l’Assemblée nationale à définir les principes qui doivent fonder la vie de la nation. Car ultimement et fondamentalement, c’est de cela qu’il s’agit. Le statut de notre Assemblée ne devrait tenir que de l’autorité du peuple, et non de la marge de tolérance d’un État qui n’a jamais cessé d’en combattre le sens et la portée.

Ce qui se profile derrière les positions inconciliables qui s’affrontent plus ouvertement depuis le dépôt du projet de loi, ce ne sont pas d’abord des conceptions de la laïcité et ses modalités d’expression, c’est l’affirmation de l’autodétermination et l’effort de l’inscrire dans une démarche d’esprit républicain. Le Canada nous en refuse le droit et l’expression. Il s’en est fait une doctrine d’État qu’il brandit avec une arrogance — et une violence symbolique, il faut être aveugle pour ne pas le voir — qui n’a d’égale que sa certitude de défendre le coeur de son identité nationale. L’ironie de la chose tient dans le fait qu’il tente de se faire croire que cette identité n’en est pas une, qu’elle tient du postnational. Il n’y a là qu’une ruse de la raison idéologique qui se fait passer pour une évidence ontologique. L’attachement au multiculturalisme, la sacralisation d’une existence nationale reposant sur le refus de se reconnaître ouvertement une culture de transmission et d’appartenance, ce n’est qu’une façon de se construire une différence en Amérique du Nord, une manière de ne pas se laisser absorber dans le mainstream America — tout en y participant allègrement. Le Canada aura choisi de se représenter comme un grand bazar en raison de son refus viscéral de se poser devant l’existence québécoise. Qu’il s’en convainque au point de se croire une supériorité morale et de s’imaginer un modèle pour l’humanité, c’est son problème et la source de notre enfermement dans la folklorisation.

Le projet de loi 21 permettra de faire un petit pas, si le gouvernement tient bon. Et il faut qu’il tienne. L’épisode qu’il a inauguré a grandement servi au dévoilement d’un enjeu que trop de Québécois ne saisissent pas bien. Le multiculturalisme est un modèle d’intégration et de socialisation. Il encadre et vise à susciter l’adhésion à une représentation de la vie collective qui n’est pas compatible avec notre existence nationale. Les personnes, natives ou immigrées, qui se perçoivent et se projettent dans cet univers de représentation se réclament d’une légitimité et d’un ordre qui, par définition, tient pour subalterne et accessoire notre différence, notre réalité nationale.

Fatigue culturelle

À défaut de placer le débat dans ce cadre existentiel, les discussions ne serviront qu’à exacerber les tensions. Une rationalité dévoyée par des contraintes de régime ne peut conduire qu’à l’érosion de la cohésion sociale. Une question nationale qui ne se dénoue pas empoisonne toute la vie. Entre lassitude et exaspération, la fatigue culturelle dont parlait Aquin reste la condition d’existence au Canada. Affirmer un modèle d’intégration sous l’esprit républicain et le placer au coeur du fonctionnement institutionnel, c’est s’arracher à la vie en mode mineur. C’est se donner les moyens d’entreprendre de construire la nation en choisissant de se donner des définitions des rapports entre l’État et la religion qui ne se définissent qu’en lien avec nos institutions. C’est entreprendre de faire des distinctions que d’autres nous refusent.

Il y a plus dans ce débat épuisé que la réitération des argumentaires et le dialogue de sourds ponctué d’injures proférées à grand renfort de feuilles d’érable. Il y a quelque chose à l’oeuvre de plus puissant que la virulence des objections multiculturalistes. Quelque chose comme une aspiration à se faire maître de son destin. À s’assumer dans tous les risques, à commencer par celui de la liberté.

Des Idées en revues

Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d’un texte paru dans la revue L’Action nationale, mai 2019, volume CIX, no 5.

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37 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 21 mai 2019 03 h 24

    Quel texte et quelle finale, Merci!

    «Il y a plus dans ce débat épuisé que la réitération des argumentaires et le dialogue de sourds ponctué d’injures proférées à grand renfort de feuilles d’érable. Il y a quelque chose à l’oeuvre de plus puissant que la virulence des objections multiculturalistes. Quelque chose comme une aspiration à se faire maître de son destin. À s’assumer dans tous les risques, à commencer par celui de la liberté.»

    Depuis le début de ce conflit ( souveraineté association, référendum bidon, accommodements déraisonnables, la charte Drainville, la défaite de Marois suivi du plan final des libéraux avec Couillard et son équipe de démolition des mesures sociales après des années de VOLS à ciel ouvert dans le plats de bonbons de l'État sans sanctions aucunes seraient la fracture qui sonnera le réveil du peuple Québécois ou lui assénera le coup de grâce, si il ne s'en préoccupe pas avec l'importance que ça implique pour son avenir.

    Legault n'est peut-être plus souverainiste mais il ne sera pas nationnaliste bien longtemps en se faisant rabrouer continuellement par le ROC. Ces arrogants multiculturalistes, certains immigrants ingrats, racistes et sectaires tous subventionnés par des organisations infiltrées qui sévissent chez nous, on ne l'invente pas, non, nous le vivons au quotidien et tu n'as même pas besoin de lunette pour le voir, tu as juste à sortir dehors sur la rue et constater que ça change à grande vitesse et pas pour le mieux si tu es attentif.

    Ils nous l'ont mentionné dans le passé et rien n'a changé depuis, c'est une GUERRE à finir et il est temps de la prendre pour ce quelle est vraiment, notre survie comme peuple, car oui, on survit présentement.

    Il est temps comme le mentionne Robert Laplante, «qu'on assume tous les risques, à commencer par celui de la Liberté.»

    Notre liberté qui passe bien avant celles des revendiqueux sectaires ingrats venu d'ailleurs qui sévissent chez nous. Non mais est-ce qu'on va finir par leur montrer qu'on est chez NOUS.

    Libert

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 21 mai 2019 09 h 30

      Oui merci à M. Laplante!
      Bien écrit et formulé avec une clarté de coeur.
      Ce qu'il dit, c'est ce que plusieurs d'entre nous parmi les vieux de la vieille répètent ad nauseam :
      Si l'on veut arrêter d'être dominé et colonisé par les canadiens et leur vision politique, il nous faut choisir d'assumer notre destin politique sans eux, ici sur notre territoire. Pour ce faire, il nous faut cesser d'avoir peur et plonger dans l'inconnu en se disant qu'on est capable de voler de nos propres ailes.

      Qu'est ce qu'on attend pour être heureux?

    • Nadia Alexan - Abonnée 21 mai 2019 10 h 20

      Le Canada anglais a tort et va regretter prochainement son aveuglement volontaire face à l'intégrisme fasciste politique qui s'ingère dans la politique au nom de la religion.
      Je viens de lire qu'on Angleterre, un médecin a fait l'objet d'une enquête pour avoir demandé à une musulmane de lever son voile intégral, parce qu'il ne comprenait pas ce qu'elle disait, déclare qu'il quittera après 23 ans en tant que médecin généraliste en raison de la "grande injustice" de l'enquête. (Daily Mail, le 19 mai 2019)
      Voici l'acquiescement des Anglo-Saxons face à l'obscurantisme, à la barbarie et à la misogynie de l'Islam politique. C'est cette obstination de céder à des pratiques farfelues qui incitent les gens ordinaires à se jeter dans les bras du populisme.

  • Michel Lebel - Abonné 21 mai 2019 06 h 00

    La question identitaire

    Après cette opinion, peut-on affirmer que le PL21 n'est pas lié à la question identitaire. C'est pourtant ce qu'affirmait le sociologue Guy Rocher en commission parlementaire. Le premier ministre Legaut a d'ailleurs aussi toujours lié la laïcité à la question identitaire. Ce qui me semble faux en soi, mais ''c'est ainsi qu'on vit au Québec''...

    M.L.

    • Robert Bernier - Abonné 21 mai 2019 08 h 57

      C'est malheureusement un cas de 'C'est pas moi qui ai commencé, c'est lui.' Et je suis convaincu que vous, en votre for intérieur, vous le savez M. Lebel. Dès le début de ce questionnement sur les accomodements raisonnables il y a plus de 10 ans, les anglo-canadiens de Montréal et du ROC se sont positionnés comme les 'belles âmes' face aux xénophobes, racistes, fascistes (et j'en passe) québécois francophones. Si on en était resté au niveau de cette loi qui ne demande pas grand chose tout compte fait (ne pas porter de symboles religieux sur ses heures de travail quand on est un représentant de l'État), plutôt que de grimper immédiatement dans les hyperboliques préjugés que le Canada anglais entretient depuis toujours sans jamais être pénalisé, on n'en parlerait déjà plus. Vous savez également que, si les choses ont traîné ainsi en longueur (et tout ce qui traîne risque de se salir), c'est en grande partie à cause des PLC et PLQ qui trouvent toujours leur moyen de tout ttransformer en une bataille du fédéralisme contre le souverainisme. Misère. Pourquoi reste-t-on dans ce pays qui nous méprise ouvertement et à chaque jour?

    • Michel Lebel - Abonné 21 mai 2019 09 h 10


      @ Robert Bernier,

      Je partage l'opinion de Guy Rocher, à savoir que la laîcité de PL21 n'est pas une question identitaire. Mais elle l'est devenue en grande partie grâce aux interventions de François Legault et autres. À moins de voire de l'identitaire partout, du sirop d'érable à la laîcité, sans oublier la poutine!

      M.L.

    • Jean-François Trottier - Abonné 21 mai 2019 10 h 05

      M. Lebel

      C'est nier l'identitaire partout qui serait maladif.
      Ne m'obligez pas à démontrer une évidence aussi plate.
      Vous nécririez même pas ici sans vou sidentitifer à certaines notions, personnes, définitions.

      Tout est identitaire comme tout est politique et tout est économiquie, selon l'angle du moment et la grille idoine.

      C'est quand une identité est fragile et croit ne pouvoir se défendre qu'en attaquant "les autres" que cet "identitaire" peut devenir malsain.
      Par exemple, la sempiternelle et interminable crise identitaire de la communauté anglophone québécoise, qui maladivement vote unanimement au fédéral ainsi qu'au provincial depuis 150 ans, se fait passer pour une minorité alors que tout dit le contraire, et réussit à faire passer son malaise identitaire comme étant celui des Québécoise francophones. Très malsain... sauf pour des Libéraux aveuglés par leur partisannerie. Ce n'est pas votre cas je présume ?

      Le fait évident que la question est identitaire tient dans ce que je viens de dire : l'ensemble du Canada anglais, et surtout au Québec, fait tellement de Quebec bashing sur ce sujet et des dizaines d'autres qu'on ne peut plus éviter le mot racisme.
      C'est l'ensemble de la nation Québécoise qui est attaquée. Ce serait supide de s'en défendre individuellement.

      On a entendu Justin Trudeau traiter une dame de raciste parce qu'elle lui demandait quand il donnerait au Québec les sommes qu'il a promises pour s'occuper de la vague de migrants Haïtiens il y a peu.
      Ce n'est pas un hasard, Trudeau a utilisé un lieu commun chez les Canadians, à savoir que tous les Québécois sont racistes, pour ne pas répondre à la dame.

      Les nègres blancs d'Amérique existent encore.
      Vos internentions démontrent tant votre sérieux manque de réflexion sur le sujet (ou votre volonté d'aveuglement. À vous d'en juger) que la gravité de la maladie dont souffre le Canada.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 mai 2019 10 h 07

      M. Lebel, je partage votre « faux en soi ».

      La laïcité est une question d'affirmation politique. La placer sous l'angle de l'identité associée à une nation présumée préexistante à cause de l'établissement d'un poste de traites par Champlain, sort la laïcité du champ politique, là où elle fait sens pour tous les Québécois et les Québécoises qui prônent l'affirmation de la neutralité de l'État.

      Placer la question de la laïcité sous cet angle a l'avantage de l'associer à la construction de l'État du Québec entre 1960 et 1980, aussi en 1995, et aux charges du gouvernement canadien, dès 1968, pour transformer ces constructions en ruines en ciblant, parce que c'est son obsession historique, un groupe ethnoculturel précis parce majoritaire et enraciné.

      Or, la démocratie et ses règles ne permettent pas de le faire, sauf une gestion du régime canadien de 1931 à aujourd’hui, inspirée de celle pratiquée sous le régime britannique de 1763 à 1931, qui opère sur cette base.

      C’est à cause de ces biais que la dimension politique est minimisée alors qu’elle est au cœur du débat. Comme la CAQ refuse de la voir et, parce qu’il refuse, refuse aussi de retirer les signes religieux sur le trône de l’assemblés nationale, qui révèle que cette assemblée n’a pas les pouvoirs politiques d’un véritable État.

      La CAQ entend opérer dans le Canada. C’est clair. Alors son PL21 passera au moulinet qu’est la constitution canadienne avec son plus haut tribunal qui tranchera un jour ou l’autre lorsqu’il sera devenu clair, à force de le claironner, que ce PL21 est une banale affaire ethnoculturelle.

      Par ce texte, M. Laplante ne fait pas du combat politique québécois l’affaire des habitants du territoire. C’est le mandat qu’il a à L’Action nationale. Et ce mandat n’est pas celui que recherche une majorité de Québécois et de Québécoises toutes origines confondues en appuyant l’expression de la laïcité.

      Cela dit, j'appuie ce projet pour des motifs politiques.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 mai 2019 10 h 58

      « Alors son PL21 passera au moulinet qu’est la constitution canadienne avec son plus haut tribunal qui tranchera un jour ou l’autre lorsqu’il sera devenu clair, à force de le claironner, que ce PL21 est une banale affaire ethnoculturelle. »

      Il me semble que l'usage de la clause dérogatoire permettra à la loi d'avoir « effet indépendamment d’une disposition donnée de l’article 2 ou des articles 7 à 15 de la présente charte. » Dans ce sens, peu importe les jugements que la cour pourrait prononcer à l'égard de la constitutionnalité de L21, comme les gouvernements n'ont pas à fournir de justification de cet ordre pour donner effet aux intentions du législateur qui serait potentiellement en contradiction avec la charte, la cour n'aura pas la capacité légale de « trancher » comme vous le suggérez. A moins que vous ayez plutôt en vue l'article 27. Comme celui-ci ne confère pas de droits substantiels mais commande seulement l'interprétation des droits fondamentaux, du moment où le gouvernement mettent les effets de ses lois à l'abri des conséquences qu'entraînent ceux-ci, il les met aussi à l'abri des interprétations dont leur application est normalement assortie. Le seul « inconvénient » réel, c'est que les législatures sont contraintes à réexament périodique de l'usage qu'ils font de la dérogation, ce qui les force à garantir politiquement l'acceptatibilité de celle-ci plutôt que de la couler dans le béton une fois pour toutes, comme on reproche au Canada de le faire par cette charte... où la légitimité démocratique des parlements est justement au contraire réitérée à l'article 1 et à l'article 33. Paradoxal, quand même...

    • Claude Bariteau - Abonné 21 mai 2019 12 h 07

      Je sais tout ça M. Maltais-Desjardins. Le professeur Taillon a fait des commentaires très précis en ce sens, que je partage.

      Mon commentaire traite du moyen terme. Le « un jour ou l'autre » y faisait écho.

      À court terme, c'est demain. Là où la récréation sera terminée, ce sera dans cinq ans. Le rouleau compresseur compressera et la CAQ paraitra un gouvernement de pacotilles.

      Mon point de vue, qui est politique, paraîtra judicieux.

      C'est ainsi.

    • Michel Lebel - Abonné 21 mai 2019 12 h 13

      @ Jean-François Trottier,

      Tout a été dit et son contraire dans ce débat sur la laïcité. C'est la cacophonie. Félicitations à la CAQ pour ce beau résultat! Vive le Caquistan!

      M.L.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 mai 2019 13 h 10

      @Claude Bariteau, mon point de vue à moi aussi est politique. L'un « jour ou l'aure » dont vous parlez aura lieu sous les mêmes auspices judiciaires que le court terme. Si jamais le gouvernement de la CAQ devrait alors passer sous un rouleau compresseur et se valoir le titre de gouvernement de pacotille, il me semble que ce ne pourrait être que par l'effet de la même légitimité démocratique dont il dit jouir aujourd'hui et que les citoyens du Québec lui retireraient, non?

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 21 mai 2019 13 h 34

      @Lebel
      Depuis quand le mot «identitaire» est-il péjoratif et seulement péjoratitif?
      Exactement idem avec le mot «populisme».

      J'ai l'impression parfois que ce mot est rejeté surtout par une classe intellectuel déconnectée croyant qu'être nationaliste équivaut à être raciste, fasciste. blablabla.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 mai 2019 17 h 36

      M. Maltais-Desjardins, on verra quel sera la légitimité du PL21 lors du vote. Un vote favorable CAQ-PQ donnera plus de 54 %. La CAQ seule, 37,4%.

      Quant à celle dans cinq ans, on verra. Un PLQ seul ne le sera pas en bas de 50% d'appuis. Un PLQ-CAQ, peut-être. Actuellement, ensemble, il font 42%.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 mai 2019 22 h 19

      Monsieur Bariteau, bien entendu, le poids numérique des partisans d'une position de principe est un indice de la légitimité de celle-ci. Mais vous savez très bien que ce total de 54% ne représente que 36% des électeurs inscrits. Vous savez aussi que la question de la « laïcité » n'était pas du tout une ballot question, la CAQ sachant très bien qu'elle pouvait surfer sur la simple volonté de changement, dont il était devenu clair qu'elle lui vaudrait l'élection du moment qu'il était clair que le PQ ne pouvait plus prétendre assurer l'alternance. Mais même à supposer que les gens qui ont voté pour la CAQ appuyait le PL annoncé, on ne peut présumer qu'il aurait accordé un appui aussi important à une interdiction plus large que celle alors envisagée.

      J'entends l'objection : les sondages actuels... mais outre que ce n'est pas de ceux-ci que vous parliez, il n'est pas si clair qu'ils manifestent tant un appui expresse au principe de PL21 que désir de clore la question pour une variété de motifs dont certains ne seraient heureusement pas revendiqués par la CAQ ni le PQ à l'appui de ce projet de loi.

      Enfin, à qui répondrait que d'opposer une hypothèse opposée n'est pas une objection décisive, je répondrai qu'il suffit déjà qu'elle soulève un doute, eu égard à l'enjeu en cause pour qu'on ne prétende pas trop hardiment s'appuyer sur un consensus raisonnable dans la société. On n'est pas en train de changer la couleur des paneaux routiers ou un règlement de stationnement.

  • Raynald Rouette - Abonné 21 mai 2019 06 h 18

    Excellente synthèse


    Elle rejoint la thèse de Pierre Vadeboncoeur, parue aussi dans l’Action Nationale en mai 2006 ayant pour titre « DÉRAPAGES », faisant le lien avec la fondation de QS par Françoise David et autres.

    Elle est le réel reflet de ce qui se passe au Québec depuis 1759. Bien que légitime, tout ce qui vient du Québec pour les Québécois est inacceptable pour le ROC. Tout est contesté, autant de l’intérieur que de l’extérieur de son territoire de toutes les manières possibles.

    Le Québec est maintenu dans un état colonial permanent. Impossible d’y échapper. Que ce soit politiquement, judiciairement ou avec la collaboration d’une immigration irrespectueuse de sa société et vraie terre d’accueil.

    Oui vraiment entre lassitude et exaspération...

  • Robert Bernier - Abonné 21 mai 2019 06 h 21

    Enfin quelqu'un y voit clair

    Vous écrivez: "tout cela n’aura fait que révéler ce qui traîne dans le fond du temps depuis trop longtemps déjà."

    Tout ce qu se passe autour de la loi 21 n'est en effet que la continuation de la construction du nationalisme Canadian sur le dos du Québec francophone. Enfin quelqu'un qui y voit clair. Une entreprise nationaliste, encore une fois, qui passe par le maraudage que mènent les anglo-canadiens de Montréal et du ROC auprès des immigrants qui arrivent au Québec. Ils le font en leur instillant tous leurs préjugés.

    Comme vous dites: "Le déluge de commentaires malveillants, les manifestations d’intégristes, le langage ordurier sur les pancartes, le mépris sous vernis universitaire, les mêmes sophismes ressassés, les finfinauds qui finfinaudent à Radio-Canada, tout cela n’aura fait que révéler ce qui traîne dans le fond du temps depuis trop longtemps déjà. Et cela n’a, à vrai dire, que peu de choses à voir avec le projet de loi 21."

    Cet énième épisode aura fini, quant à moi, de me donner la nausée. Y'en a marre.

  • Francine Lévesque - Abonnée 21 mai 2019 06 h 36

    protéger les minorités

    Je dois mal comprendre,il doit y avoir quelque chose qui m'échappe,La charte des droits n"est-elle pas supposé protéger les minorités ? comment se fait-il que lorsque LA MiNORITÉ québecoise demande quelque chose elle est ostracisée et que lorsque n"importe quelle autre minorité fait une demande la elle est parfaitement légitime???? que quelqu'un m'explique S.V.P.