Un atout pour relever nos défis universitaires

Si on a beaucoup parlé d’éducation, jusqu’à présent, dans la campagne électorale, force est de constater que le réseau universitaire n’a pas été l’objet de nombreuses discussions.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Si on a beaucoup parlé d’éducation, jusqu’à présent, dans la campagne électorale, force est de constater que le réseau universitaire n’a pas été l’objet de nombreuses discussions.

Le Québec est une société moderne, ouverte et démocratique, dont l’environnement économique et social fait envie. Mais, comme d’autres sociétés, il est aujourd’hui confronté à de nombreux défis. Et la campagne électorale en cours constitue une belle occasion d’examiner ces défis et de comparer les pistes de solution proposées par les différentes formations politiques.

Or, pour trouver des solutions originales et adaptées à sa situation particulière, le Québec dispose d’un atout majeur : un réseau universitaire de grande qualité, qui couvre tout son territoire — de Rimouski à Rouyn-Noranda, et de Gatineau à Saguenay en passant par Trois-Rivières, Québec, Sherbrooke et Montréal — et qui est parmi les plus accessibles au monde, avec des droits de scolarité modestes et le programme d’aide financière aux études le plus généreux du Canada.

94 %
Proportion de répondants reconnaîssant le rôle des universités dans le développement de la société québécoise

Si on a beaucoup parlé d’éducation, jusqu’à présent, dans la campagne électorale, force est de constater que le réseau universitaire n’a pas été l’objet de nombreuses discussions. Peut-être est-ce parce que les formations politiques estiment que l’université québécoise fonctionne bien. Ou peut-être cela découle-t-il d’une perception que les électeurs sont peu désireux de discuter de la contribution que la société est en droit de s’attendre de ses universités.

Sondage révélateur

Le Bureau de coopération interuniversitaire a récemment donné à CROP le mandat de sonder les citoyens québécois à propos des universités. Il ressort de cette enquête rigoureuse que la vaste majorité des Québécoises et des Québécois éprouvent un grand sentiment de fierté à l’égard des universités (83 % se disent « très fiers » ou « fiers » à l’égard des établissements universitaires).

Les répondants sont également presque unanimes à reconnaître le rôle des universités dans le développement scientifique et technologique de notre société (94 %) et partagent l’avis que la recherche universitaire constitue un bon investissement des fonds publics (88 %). Ils sont également très conscients du rôle des universités dans le développement socioculturel (87 %) et économique (89 %) de notre société.

88 %
Proportion de répondants considérant la recherche universitaire comme un bon investissement des fonds publics

Ces résultats sont très encourageants et montrent que la population du Québec voit dans les universités un allié indispensable pour son avenir. C’est en effet par la recherche, l’innovation et la créativité que nous pourrons trouver des solutions pérennes aux enjeux reliés au vieillissement de la population, à la préservation de l’environnement, à l’intégration des néo-Québécois, aux questions éthiques du XXIe siècle, ou à l’adaptation de notre économie à un contexte planétaire qui fait une place grandissante à la révolution numérique, à l’intelligence artificielle et à l’automatisation.

C’est par la formation des prochaines générations et le perfectionnement des personnes en emploi que nous pourrons composer avec les exigences d’une économie des connaissances et assurer la prospérité des futures générations. D’autant plus que le Québec accuse un retard sur le plan de la diplomation universitaire.

Réinvestissement

Le réinvestissement récent dans le réseau universitaire est certes un pas important dans la bonne direction. Malgré cela, rappelons que les universités québécoises disposent de ressources financières nettement inférieures à celles de leurs consoeurs canadiennes. Il faut donc se rendre à l’évidence : si nos universités doivent pouvoir faire aussi bien que les autres universités canadiennes ou si nous avons l’ambition de faire mieux que celles-ci pour jouer pleinement notre rôle social, culturel et économique, il sera nécessaire de bonifier leur financement.

Les parlementaires ont fait le choix de maintenir les droits de scolarité à un niveau parmi les plus bas au Canada, ce qui favorise l’accès à l’université. En cohérence avec ce qui précède, cela impose de s’assurer par ailleurs d’un plus grand investissement du gouvernement dans le réseau universitaire. Donnons-nous les moyens de nos ambitions !

Le Québec possède un atout majeur pour relever ses défis : il serait désolant qu’il ne puisse bénéficier de ce que nos universités peuvent offrir de meilleur faute de moyens.

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3 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 18 septembre 2018 02 h 11

    Si tout va bien...

    Ça ne va pas si mal!

    Quel discours contradictoire! Comme si un sondage pouvait déterminer l'efficacité de la recherche universitaire sans savoir ce qu'elle recherche, La question n'est pas de financer plus ou moins, mais de savoir à quoi servira ce financement. À faire plus de recherche qui sera exploitée par le secteur privé? À ce que les universités aient plus de moyens pour se concurrencer? À mieux payer leur recteur? À embaucher des professeur.es qui publient dans des revues prestigieuses mais n'enseignent pas? Bizarre, ces questions n'étaient pas dans votre sondage.

  • Marguerite Paradis - Inscrite 18 septembre 2018 06 h 55

    UNIVERSITÉ = ENCORE PLUS $$$ DANS LE BÉTON?

    Pour le moment, il faudrait commencer par justifier l'usage des $$$ donnés aux universités... par exemple le développement de « campus » sur l'île de Montréal.

  • François Beaulé - Abonné 18 septembre 2018 08 h 12

    Diplômés universitaires : la quantité ou la qualité

    M. Patry prétend que le Québec « accuse un retard sur le plan de la diplomation universitaire ». Il faudrait savoir à quels pays il compare le Québec. Des pays dynamiques comme la Suède et l'Allemagne n'accordent-ils pas proportionnellement moins de diplômes universitaires que les États-Unis et le Canada ?

    Il faudrait mesurer l'adéquation des études universitaires avec la fonction que le diplômé exerce par la suite. N'est-il pas fréquent, au Québec, que des diplômés universitaires occupent des emplois qui n'ont rien à voir avec leur diplôme ? Il y a aussi beaucoup plus d'étudiants universitaires au Québec qu'en Suède qui décrochent avant d'obtenir un diplôme. Diminuer les exigences n'est évidemment pas la bonne manière de réduire le nombre de décrocheurs. Cela mène à une diminution de la qualité de la formation et de la valeur des diplômes.

    On devrait donc chercher à augmenter la qualité des diplômes plutôt que leur quantité. Par un contigentement et par des tests à l'entrée plus sévères, on pourrait arriver à une meilleure qualité sans augmenter les subventions aux universités. Avec plus d'argent par étudiant et moins d'étudiants au total.