Il faut rehausser le financement de nos services publics

Des travaux récents ont mis en lumière le lien entre les inégalités, l’égalité des chances et la mobilité sociale, soit la capacité d’une personne à grimper dans l’échelle sociale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des travaux récents ont mis en lumière le lien entre les inégalités, l’égalité des chances et la mobilité sociale, soit la capacité d’une personne à grimper dans l’échelle sociale.

Au Parti québécois, nous avons la conviction qu’un panier de services publics généreux est le socle d’un Québec prospère et juste. En investissant dans les services publics, le Québec s’assure d’une plus forte croissance économique, d’une réduction des inégalités et d’une véritable égalité des chances. Si nous formons le gouvernement en 2018, nous agirons en conséquence.

D’une part, le Parti québécois rehaussera le financement des services publics à une hauteur compatible avec un panier de services accessibles et de qualité. Pour assurer un financement adéquat de nos services publics, il faudra maintenir les impôts au niveau où ils se trouvent, sans les hausser, mais sans les baisser non plus. D’autre part, le Parti québécois mettra en place des mesures progressives ciblées et efficaces qui accroîtront le pouvoir d’achat des familles de la classe moyenne et des plus démunis.

La lutte contre les inégalités est au coeur de notre engagement à rehausser le financement des services publics. La montée des inégalités découlant de l’accélération de la mondialisation est possiblement l’enjeu le plus important de notre époque. Tout récemment, Christine Lagarde, la directrice du FMI, déclarait avec justesse : « Nous devons nous atteler à la lutte contre les inégalités. » Il y a en effet plusieurs raisons de les combattre.

Ascenseur social

Tout d’abord, il y a bien sûr le fait que, dans une société inégalitaire, les conditions de vie de nombreux citoyens sont difficiles et injustes. Combattre les inégalités, c’est travailler à rehausser leurs conditions de vie.

Ensuite, des travaux récents ont mis en lumière le lien entre les inégalités, l’égalité des chances et la mobilité sociale, soit la capacité d’une personne à grimper dans l’échelle sociale. L’égalité des chances n’est réelle que lorsque la mobilité sociale est élevée et qu’un ascenseur social efficace permet à tous de progresser. Or, ces travaux ont montré que plus une société est inégalitaire, moins l’ascenseur social est efficace, et donc plus l’iniquité et l’injustice persistent dans le temps. Cette persistance résulterait de la difficulté, pour les personnes à plus faibles revenus, à transmettre à leurs enfants les habiletés leur permettant de mieux réussir leur parcours scolaire. Pour assurer une véritable égalité des chances, il faut donc réduire les inégalités.

Enfin, des travaux de l’OCDE concluent qu’une réduction des inégalités serait associée à une plus forte croissance économique. Le mécanisme à l’oeuvre se résume ainsi : dans les sociétés plus égalitaires, l’accès à l’éducation est meilleur et tous ont donc la possibilité de contribuer à la société ; il n’y a pas de talents laissés en plan. Pour créer de la richesse, il est donc impératif de combattre les inégalités.

Votez Bougon !

On pourrait aussi ajouter que le cynisme et la colère sont plus à même de se développer dans les sociétés inégalitaires dont l’ascenseur social est en panne. L’élection de Donald Trump s’explique au moins en partie par la colère de citoyens ayant le sentiment d’être exclus et ne voyant aucune porte de sortie. Nous ne connaissons pas encore ce qui résultera de l’élection de M. Trump, mais il y a lieu d’être inquiets.

Il y a bien sûr du cynisme et de la colère au Québec — Votez Bougon ! —, mais leur ampleur n’a rien à voir avec ce qu’on peut observer aux États-Unis, et pour cause. On ne peut en arriver qu’à une seule conclusion avec les statistiques disponibles sur les inégalités et la mobilité sociale : par rapport aux États-Unis, le Québec est beaucoup plus égalitaire, et son ascenseur social s’avère beaucoup plus efficace. Il en est ainsi parce que nous avons, dans le passé, fait le choix collectif d’un panier de services publics généreux, financé par un système fiscal comportant un impôt progressif sur le revenu.

Austérité toxique

Or, depuis 2014, le Parti libéral a imposé une austérité toxique qui a étouffé notre économie et s’est traduite par des coupes extrêmement sévères dans les services publics. Ces choix du Parti libéral ont ébranlé le modèle que nous nous sommes donné. Ils contribuent à accroître les inégalités et à réduire la mobilité sociale. Pour la suite des choses, le Parti libéral et la CAQ promettent des baisses d’impôt régressives, et ils ne s’engagent pas à rehausser significativement le financement des services publics. Avec ces deux partis, il est à prévoir que les inégalités s’accentueront.

De notre côté, en plus de rehausser le financement des services publics, nous nous assurerons de maintenir la progressivité de notre système fiscal et nous mettrons en oeuvre des mesures ciblées qui accroîtront le pouvoir d’achat des familles. Nous agirons avec vigueur dans la lutte contre les paradis fiscaux et nous combattrons le déséquilibre fiscal, lesquels nous privent de revenus essentiels. Nous mettrons un terme au laisser-faire actuel et déploierons une véritable politique économique qui encouragera l’innovation et l’investissement, stimulera les exportations, freinera la délocalisation des emplois et favorisera le maintien et le développement de sièges sociaux au Québec.

Il est urgent de mettre un terme à l’austérité, au démantèlement de notre État et au laisser-faire. Seul le Parti québécois propose le véritable et nécessaire réinvestissement dans nos services publics qui permettra de renouer avec une croissance économique plus vigoureuse, de réduire les inégalités et d’assurer une véritable égalité des chances à toutes les Québécoises et à tous les Québécois.

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