Des suggestions de bonnes pratiques

Les 17 et 18 novembre se tenait le premier forum sur les meilleures pratiques à instaurer dans les CHSLD.
Photo: Jean-Sébastien Evrard Agence France-Presse Les 17 et 18 novembre se tenait le premier forum sur les meilleures pratiques à instaurer dans les CHSLD.

Lettre au ministre de la Santé, Gaétan Barrette,

Les 17 et 18 novembre, vous avez tenu le premier forum sur les meilleures pratiques à instaurer dans les CHSLD. Comme proche parent d’un résident en CHSLD, je ne peux que souligner la pertinence d’une telle initiative, quoique j’aie bien aimé que les résidents ou leurs proches parents puissent aussi avoir l’occasion de faire valoir leur point de vue.

Si vous avez effectué quelques visites dans vos établissements, vous aurez peut-être remarqué qu’il n’y a aucune personne ayant la responsabilité directe de superviser, de suivre et d’encadrer les préposés aux bénéficiaires sur le plancher. Les infirmières ont une certaine responsabilité, mais elles se limitent aux aspects cliniques et médicaux. Pourtant, que de gestes ceux-ci doivent-ils poser : lever, laver, habiller, faire manger, apporter leur soutien aux aînés, sans oublier d’avoir un comportement et une attitude respectueuse à leur égard. Oui, il y a bel et bien un gestionnaire responsable de l’établissement, mais celui-ci dispose de peu de temps pour exercer une telle supervision. Bureau, réunions, répondre aux commandes des paliers supérieurs, grugent la quasi-totalité de son temps. Dites-moi, pourriez-vous imaginer un grand restaurant où les serveurs sont laissés à eux-mêmes sans supervision ? Sans doute auriez-vous droit à un service très inégal, plus ou moins bon, parfois lent, parfois rapide, créant plus d’insatisfaction qu’autre chose. C’est ce qui se passe dans vos CHSLD. Dans une optique d’amélioration continue, la création de postes de superviseurs serait l’une des pratiques qui contribueraient le plus à l’amélioration des soins et des services offerts aux personnes âgées.

Je sais que présentement, les différents établissements prévoient de mettre en place un poste visant à confier à un professionnel le soin de veiller à la qualité de vie du milieu. Une telle initiative n’a de sens que si vos établissements se dotent d’indicateurs de performance visant à suivre et à évaluer la progression réelle de la qualité de vie du milieu. Je sais pertinemment que de tels indicateurs n’ont jamais été développés. Les seuls existants au sein de votre ministère sont d’ordre administratif, car on est davantage porté à évaluer la capacité des gestionnaires à effectuer les coupes exigées que celle d’assurer le mieux-être des bénéficiaires. Pourtant, les véritables clients ne sont-ils pas les bénéficiaires eux-mêmes, lesquels doivent payer pour les services reçus dans vos CHSLD ?

Vous allez peut-être vous demander ce que j’entends par indicateurs de performance d’un milieu de vie de qualité. Il s’agit évidemment d’éléments pertinents qui peuvent être facilement suivis et mesurés et auxquels on peut associer certains objectifs. Je vais vous en citer quelques exemples :

Zéro plaie de lit ;

Zéro chute ;

Réponse aux demandes d’aide en moins de cinq minutes ;

Zéro perte de prothèse dentaire ou auditive ;

Zéro perte de vêtement ;

Nombre de bains/personne ;

Plan d’intervention individualisé pour chaque résident ;

Fréquence de changement des couches ;

Temps et personnel suffisant pour faire manger les personnes ;

Nombre d’activités de loisir ;

Croyez-moi, j’ai fréquenté assez longtemps l’un de vos CHSLD pour affirmer que les quelques éléments cités ci-dessus posent problème. Aussi, la mise en place de superviseurs et l’établissement d’indicateurs de performance quant à la qualité de vie du milieu par vos CHSLD seraient selon moi des pratiques exemplaires à instaurer dans l’ensemble des CHSLD du Québec.

À voir en vidéo