Intolérable situation au Nunavik

Comment a-t-on pu en arriver là ? C’est la question qui vient à l’esprit quand nous apprenons que depuis le début de l’été, les quelque 8000 habitants de sept villages du Nunavik sont privés de services de santé, sauf pour les cas urgents.

Il y a une semaine, Le Soleil rapportait que des ambulanciers de Québec étaient dépêchés au Nunavik afin de prêter main-forte au personnel débordé. Des médecins de différentes régions doivent débarquer. Sollicitée par le gouvernement caquiste, la Croix-Rouge viendra prêter main-forte. Le ministère a mis en place une cellule de crise. Il aurait sans doute été mieux avisé de former une cellule de prévention de crise.

 

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a indiqué que les choses se sont un peu améliorées depuis quelque temps. Depuis que l’affaire qui tient de l’incurie fut révélée dans les médias, pourrait-on ajouter. Or, la situation demeure critique.

Dans les jours qui viennent, Christian Dubé, accompagné du ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, se rendra au Nunavik. On peut se demander en quoi sa présence là-bas est nécessaire, mais il tient à voir par lui-même l’état des lieux. Dans son entourage, on soutient que le ministre n’entend pas en faire un spectacle médiatique. En effet, ce serait indécent.

Un régime de primes généreuses est réservé au personnel du réseau de la santé pour qu’il accepte de venir travailler en régions éloignées. Manifestement, ce n’est pas suffisant.

On est enfermé dans un cercle vicieux. Souvent, médecins et infirmières qui consentent à travailler dans des régions éloignées se retrouvent rapidement écrasés par la charge de travail. Le manque de personnel auquel on veut remédier contribue à détériorer les conditions de pratique et taxe les effectifs, ce qui les incite à quitter leur poste.

Si la situation au Nunavik est dramatique, d’autres régions éloignées et des milieux ruraux sont durement touchés par la pénurie actuelle. Des réductions de services y ont cours. On n’a qu’à penser à l’urgence du CLSC de Senneterre en Abitibi-Témiscamingue qui fut partiellement fermée pendant plusieurs mois, ainsi qu’à la suspension des services d’obstétrique dans le Bas-Saint-Laurent, notamment.

Il n’y a malheureusement pas de solution miracle ni instantanée. Mais la décentralisation du réseau de la santé, la gestion locale des horaires de travail et l’engagement des milieux concernés font partie des moyens qu’il faut déployer.

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