De bonnes nouvelles pour les parents!

En l’espace d’un mois, les nouvelles sur le front de la vaccination au Québec se sont considérablement ensoleillées : après une accélération remarquée de la cadence dans les opérations d’immunisation, on apprenait la semaine dernière que 500 000 jeunes de 12 à 17 ans pourraient recevoir une première dose du vaccin Pfizer-BioNTech avant la fin des classes, et possiblement une deuxième pour la rentrée. Sur le front des bonnes nouvelles, celle-là pèse lourd pour les familles qui ont eu à composer toute la dernière année non seulement avec l’angoisse de la contamination, mais aussi avec le bal des tests, des isolements préventifs et du duo présentiel-virtuel. Enfin !

Sitôt le feu vert de Santé Canada donné mercredi dernier, le Québec, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont signifié leur intention d’aller de l’avant avec la vaccination des plus jeunes. L’étude américaine menée auprès de 2260 volontaires aux États-Unis a permis de constater une efficacité de prévention de la COVID-19 de 100 % après une deuxième dose du vaccin produit par Pfizer, contre 18 cas d’infection chez le groupe des injections placebo. La Food and Drug Administration (FDA) a permis à Pfizer et à Moderna de commencer à tester la formule sur les 11 ans et moins, et même chez des bébés à peine âgés de 6 mois.

À l’échelle internationale toutefois, cette ouverture des vannes pour le « vaccin jeunesse » a incité l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à rappeler qu’il était incompréhensible que des nations commencent à immuniser les enfants, considérés comme moins à risque de complications graves, alors que nombre de pays dans le monde n’ont pas encore réussi à vacciner les groupes les plus vulnérables. Les yeux rivés sur notre petit carré de sable, on tend en effet à oublier que l’étouffement de cette pandémie n’aura de portée efficace réelle que lorsque la planète en entier aura atteint un pourcentage d’immunité collective satisfaisant.

Les parents du Québec ont aussi appris cette semaine que le gouvernement de François Legault entend déployer une série de mesures visant à redorer la réussite éducative, malmenée par plus d’une année de pandémie. L’ajout de 110 millions de dollars annoncé par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, fait suite au sommet sur la réussite éducative, qui s’est tenu à huis clos le 31 mars dernier. Une des mesures les plus positives de ce plan concerne le partenariat conclu avec le Réseau québécois pour la réussite éducative (8,8 millions sur deux ans) pour l’ajout d’activités pédagogiques ludiques dès cet été dans le plan d’animation des camps de jour et de vacances. Fort d’un doublé expérience et expertise, ce Réseau propose l’introduction d’activités de littératie et de numératie dans les camps pour atténuer le phénomène de la « glissade de l’été » ; pendant les vacances estivales, la « glissade » consiste en une perte des acquis scolaires de l’année précédente. Or, les nombreuses interruptions pédagogiques liées aux aléas de la pandémie ont agi cette année comme autant de petites glissades grevant les apprentissages. Plutôt que de parler de « rattrapage », les experts évoquent l’importance du maintien des acquis et ont compris que c’est toute la cohorte des élèves qui aura besoin, à degrés divers, d’être encadrée pour maintenir les apprentissages et aussi la motivation.

Ces bonnes nouvelles ne pourront être célébrées que si elles se concrétisent. Le calendrier de promesses du ministre Roberge n’a pas toujours été suivi par des actions constatées sur le terrain, comme on l’a vu par exemple avec le programme de mentorat, et c’est ce que déplore entre autres un réseau qui aurait gagné à bénéficier du leadership bienveillant du ministre de l’Éducation.

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1 commentaire
  • Benoit Samson - Abonné 10 mai 2021 05 h 36

    Les dangers du diable caché dans les détails

    Santé Canada répond enfin à la fameuse question que tous se posent depuis un an :
    « si 75 % des gens ont reçu leur première dose et que 20 % ont reçu leur deuxième dose, à ce moment-là, on va pouvoir déconfiner de manière graduelle sans impact sur le système de santé. ‘’ (Bodeleau Le Devoir)
    ''Nous obtiendrons ces objectifs avant la fin de juin : ... celle-là pèse lourd pour les familles qui ont eu à composer toute la dernière année non seulement avec l’angoisse de la contamination, mais aussi avec le bal des tests, des isolements préventifs et du duo présentiel-virtuel. Enfin !’’
    Madame Chouinard décrit bien l’effet euphorisant de ces bonnes nouvelles sur la population.
    Or, ceux qui anticipent le retour à la vie normale après la St-Jean seront déçus et difficiles à convaincre de continuer à respecter les barrières sanitaires et même de prendre les 2iémes doses de leurs vaccins si le critère 75%/20% de Santé Canada est atteint. Car les 75% de ceux en attente de la vaccination complète resteront vulnérables comme le rappelle monsieur Bordeleau : ’' 42 % de la population adulte de la province a été vaccinée au moins une fois. Plus de 90 % des Québécois de plus de 70 ans ont déjà reçu une dose. Chez les 60 à 69 ans, 82 % de la population est partiellement immunisée. « Les 70 % d’immunité qu’on a acquis au début avec la première dose descendent avec le temps à 60 %, 50 %, 40 % jusqu’à ce qu’on arrive à la deuxième dose au bout de 112 jours. Parfois, c’est trop long d’attendre 112 jours. » ''Les éclosions de COVID-19 dans des centres de personnes âgées où une seule dose a été administrée servent de preuve''.
    Après avoir fait miroiter la fin des barrières sanitaires pour les mois d’été il sera difficile pour les autorités de continuer à les imposer malgré le déconfinement progressif jusqu’à l’automne par tous ceux qui n'auront pas reçu deux doses pour prévenir une quatrième vague avant la rentrée. La règle 75%/20% protège le systéme de santé et non les Canadiens.