Un anesthésique de cheval

Les chiffres présentés mercredi par le ministre fédéral des Finances, M. Bill Morneau, sont trop gros pour faire image dans nos petites têtes d’administrateurs du budget familial. Un déficit de 343 milliards de dollars qui fera grimper la dette du Canada à plus de mille milliards de dollars, on soupçonne que c’est beaucoup à voir la tête des commentateurs, mais jusqu’à combien beaucoup, nous ne le saurons que plus tard.

Les économistes répondent en exhibant des ratios de dette au PIB et en les comparant avec le passé, les années quatre-vingt-dix par exemple qui ont été si difficiles à cause des compressions, et même la Seconde Guerre mondiale alors que les États s’endettaient pour financer les opérations militaires et faire travailler les gens après une décennie de dépression et de misère. On en a même tiré cette idée populaire selon laquelle les guerres ont ça de bien qu’elles font rouler l’économie ! Nos petits-enfants retiendront-ils le même genre de cliché de l’actuelle pandémie en oubliant qu’il leur était impossible de donner tous les bisous qu’ils auraient souhaité à leurs grands-parents ?

Pour les Canadiens de moins de 75 ans, les comparaisons avec le passé n’ont de résonance que théorique ou livresque. Grâce aux 230 milliards de dollars d’aide directe et aux 85 milliards de dollars d’aide indirecte, soit l’équivalent de 14 % du PIB, celui-ci connaîtra une chute limitée à 6 % au lieu des 10 % estimés par les experts du ministère pour l’ensemble de 2020. Mais même à – 6 %, on peut parler de récession profonde qui privera des millions de Canadiens de leur emploi, dont certains de façon définitive sans qu’ils le sachent encore.

  

L’intervention financière massive du gouvernement fédéral agit encore sur l’ensemble des Canadiens comme un puissant anesthésique administré avant d’introduire le bistouri. Ainsi, malgré les inconvénients très nombreux créés par les mesures de confinement qui ont fait chuter le PIB de 40 % au deuxième trimestre (taux annualisé), la vaste majorité des gens a pu traverser les premiers mois de crise sans perte totale de revenus. Sans cette aide d’urgence, le manque à gagner au plan salarial eut été de 40 milliards de dollars.

Alors que 30 % de la population active a perdu son emploi ou vu son nombre d’heures de travail réduit, le nombre de dossiers d’insolvabilité enregistrés par Statistique Canada n’a pas augmenté. Du moins pas encore…

Avec le déconfinement, les entreprises tentent de reprendre le cours de leurs activités le plus normalement possible, ce qui est pour le moins difficile, surtout dans les secteurs les plus affectés par la distanciation physique.

C’est donc au cours des prochaines semaines et des prochains mois que se feront sentir les effets du retrait progressif des mesures de soutien comme la prestation canadienne d’urgence (PCU), perçue par plus de 8 millions de salariés et de travailleurs autonomes.

  

Pour l’opposition conservatrice à Ottawa, le temps est venu de mettre fin aux mesures d’urgence qui incitent les individus à rester à la maison au lieu de chercher du travail puisque nous entrons dans une phase de reprise économique. D’accord, mais il ne faut pas compter seulement sur les programmes traditionnels de relance comme la construction pour remettre les gens au travail. L’industrie de la construction, avec celles de l’alimentation et des services gouvernementaux, a été un des secteurs les moins affectés par le confinement. Ses salariés ont conservé leur plein salaire et auront droit, cet été, à leurs vacances annuelles.

Il faudra beaucoup plus qu’un programme d’infrastructures pour remettre les secteurs les plus touchés sur les rails alors que la pandémie continue de sévir partout.

À Québec comme à Ottawa, il faut voir plus grand et plus large qu’à l’habitude, par exemple en venant en aide directement aux organismes et aux entreprises du secteur des services dont les revenus ont fondu comme neige au soleil. Dans le cas d’activités souvent mentionnées comme le tourisme, la culture et les transports collectifs, il faudra aussi soutenir les coûts de fonctionnement le temps d’un retour à la normale.

Bien sûr, tout cela coûtera très cher aux provinces comme au gouvernement central. Heureusement que les taux d’intérêt sont au plus bas pour financer les emprunts nécessaires.

Puis le jour viendra, dans un an ou deux, si tout va pour le mieux, où il faudra aussi revenir à un équilibre raisonnable entre les dépenses et les revenus des gouvernements. Si les plus optimistes comme le ministre des Finances tablent sur la croissance pour y parvenir, il serait naïf de croire que cela suffira. Et c’est lorsque ce jour arrivera que nous réaliserons avec certitude que le temps des anesthésiques est passé.

19 commentaires
  • Clermont Domingue - Abonné 10 juillet 2020 05 h 49

    Crise Covid.

    La crise est bien gérée et la suite dépend de chacun de nous.

    Après avoir créé des milliards de dollars pour financer cette Covid, j'aurais préféré que la Banque du Canada radie le tout. C'eût été un geste audacieux en dehors des pratiques financières acceptées de tous depuis toujours. Notre gouvernement a donc choisi de faire un déficit de trois cent quarante-trois milliards $$$$.et de porter la DETTE PUBLIQUE à mille milliards $$$$.

    Un million de millions (c'est la dette) Pourtant, ce n'est pas dramatique. C'est $26,000. par Canadien. Au taux de 1% c'est $260 d'intérêts par année, soit $5. par semaine à payer par chaque citoyen.

    Pour remercier notre gouvernement de ses généreux programmes, je vous recommande d'acheter une partie de la dette. Une obligation de $100,000, vous rapportera $1,000.par année en intérêts. Si vous êtes assez nombreux à acheter votre petite part de la dette, nous éviterons une augmentation des taux. Sinon,les taux vont monter. Les prêteurs feront plus d'argent et les autres vont payer.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juillet 2020 09 h 44

      Donc, si vous êtes cinq dans la famille, cela veux dire plus de 130 000$ comme dette. Disons qu'avec un taux d'intérêt de 5% échelonné sur 100 ans, le paiement par mois serait de 545$ par famille. Cet emprunt ne sera jamais repayé.

      En parlant de racheter la dette M. Domingue, saviez-vous que plus de 40% de celle-ci est dans les mains d'entités étrangères? En plus, cette crise n'est pas finie, elle vient juste de débuter en nous sommes à la fin de la première période d'une joute qui pourrait aller en surtemps. Le virus est aussi virulent présentement et nous reviendra probablement avec vengeance cet automne durant la saison des grippes.

      Alors, que feront les gouvernements? Est-ce que le programme de la PCU sera encore au rendez-vous en empruntant des sommes colossales sur les marchés mondiaux dont la plupart des argents proviennent de l'Empire du Milieu? Qu’arrivera-t-il si nous atteignons le seuil des 50%, le même que la Grèce et que nos prêteurs exigent un remboursement draconien et nous obligent de couper dans le filet social? Dire que nous en sommes seulement à 50% de la dette par rapport au PIB est d’une naïveté crasse puisqu’on compte sur les taux d’intérêts qui demeurent au plus bas, aucune inflation galopante et d’une reprise économique très forte.

      Désolé de vous décevoir encore, mais la reprise économique sera timide tout au mieux et nous allons accuser des retard économiques pour les 5 prochaines années par rapport aux années antécédentes. En d’autres mots, nous allons faire des déficits records sur déficits records même sans la présence de ce coronavirus. Pardieu, avec Justin Trudeau, nous en faisions même en temps d’abondance (100 milliards en quatre ans). Et M. Sansfaçon a raison; ils devront augmenter les taxes et les impôts en plus de couper dans les services sociaux et surtout en santé. Le bistouri reviendra et ce seront les générations qui ne sont pas encore nées qui en feront les frais. Oui, ils vont nous haïr. Misère.

    • Clermont Domingue - Abonné 10 juillet 2020 11 h 42

      Messieurs Beaulne et Dionne, que proposez-vous?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 10 juillet 2020 12 h 34

      " Pour remercier notre gouvernement de ses généreux programmes, je vous recommande d'acheter une partie de la dette. Une obligation de $100,000, vous rapportera $1,000.par année en intérêts. "

      Vous monsieur Domingue, vous acceptez que les avoirs de votre fond de pension rapportent 1%, et que vos rentes soient liées à ce rendement ?
      Où alors vous avez une rentes d'un régime à prestations déterminées qui en cas d'insuffisance de fond de c'est l'État qui doit aller chercher via les taxes et impôts tout l'argent manquant à couvrir ce que le système financier ne parvient pas faire (malgré sa structure ultra-capitaliste, néolibérale, prédateur, ect...)

      C'est que là on frappe présentement un mur qui indique bien la grande fragilité de l'économie, la fragilité du système économique lui-même.
      Et la question qui vient tout de go ici est sur quel genre d'équité sociale repose ce principe de régimes de retraite à prestations déterminées octroyé privément (via le principe libertarien de la libre-négociation), mais assumé par l'État ?

      D'autant que vos propositions d'additionner a volonté dette par dessus dette, et à imprimer de l'argent a souhait, conduit vers une puissante inflation dont ces régimes à prestations déterminées offrent presque tous une complète couverture de l'inflation.

    • Jacques Patenaude - Abonné 10 juillet 2020 13 h 01

      @ Domingue: "Après avoir créé des milliards de dollars pour financer cette Covid, j'aurais préféré que la Banque du Canada radie le tout. "
      À moins que je ne me trompe il propose de radier non pas l'ensemble de la dette mais seulement la partie que la banque centrale du Canada a créé pour financer les programmes d'urgence. La technique utilisée pour créer cet argent est que la banque centrale qui lui appartiens a achetée des obligations du gouvernement à un taux d'intérêts de 0.25%. Payer les intérêts sur cette dette c'est comme si le gouvernement se payait à lui-même des intérêts. Radier cette partie de la dette c'est comme si le gouvernement retire maintenant cet argent de la circulation. Ce qui éviterait probablement le risque d'hyper inflation.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 10 juillet 2020 13 h 17

      Monsieur Dionne, "Dire que nous en sommes seulement à 50% de la dette par rapport au PIB est d’une naïveté crasse".

      On peut même dire que ce n'est pas loin d'une ânerie. Oui ce 50%, qui est présenté comme petit, c'est la dette du fédéral, mais le fédéral est juste un des acteurs de nos structures étatiques.

      L'OCDE place la dette publique du Canada à 108% de son PIB pour 2019. Soit une cinquième place sur un palmarès où c'est la Grèce qui tient la première place...

      http://data.oecd.org/fr/gga/dette-des-administrati
      (placez le curseur en bas à droite pour l'année 2019)

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juillet 2020 13 h 35

      Cher M. Domingue, de vivre tout simplement selon nos moyens et ne pas endetter les générations futures. Nos ancêtres l'ont fait. Payer des étudiants durant l'été à rien faire ne fait certainement pas partie de la solution. Payer des bénévoles contredits tout simplement la définition. Dépenser sans regarder est propre au parti libéral dont Justin Trudeau est passé maître. Pardieu, 100 milliards de dettes en quatre ans dans une économie qui marchait sur toutes les roulettes. Que vont faire les gouvernements cet automne lorsque la pandémie frappera de nouveau. Ils vont vous dire de porter un masque, prendre vos chances et d’aller travailler puisqu’ils ne seront plus capables d’emprunter des argents pour payer toutes sortes de programmes comme la PCU? Que feront les gouvernements lorsque les urgences seront engorgées de malades?

      La seule vraie richesse exportable du Canada est présentement le pétrole de sable bitumineux de l’ouest. Lorsque l’économie reprendra du galon, vous allez voir toutes sortes de pipelines jaillir de partout. Et cela sera le prix à payer pour avoir lancer l’argent par les fenêtres.

    • Clermont Domingue - Abonné 10 juillet 2020 14 h 24

      @ monsieur Ares. Vos deux commentaires sont plus que pertinents. Ils sont vrais.
      1- Oui, les régimes à prestations déterminées créent une injustice sociale. Il faut les modifier.
      2- Oui, si on additionne les dettes des différents niveaux de gouvernement, nous sommes à plus de 100% du PIB. et le Japon est à plus de 200%

      Si je propose de mettre du cash dans la machine, c'est qu'il faut que les gens se logent, mangent et paient leurs cartes de crédit.
      La PCU doit être ajustée à la réalité. Il faut la diminuer progressivement et la maintenir partiellement de manière à pousser les gens au travail.
      Vous craignez l'inflation, moi aussi. Je souhaite que la Banque du Canada sache bien naviguer. J'ai confiance.

      Tant et aussi longtemps que les biens et services seront disponibles, il faut créer les conditions financières pour qu'ils atteignent les personnes qui en ont besoin.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juillet 2020 14 h 48

      Merci Arès pour cette précision. Cela veut dire que nous avons sûrement surpassé le 108% en 2020 avec une contraction de l'économie à la hauteur de 40% au deuxième trimestre. Oui, il y en a qui pense que nous sommes plus que nous le sommes vraiment. Pardieu, bientôt la Grèce n'aura rien à nous envier. Eux au moins, ils ont le soleil et nous la neige.

    • Clermont Domingue - Abonné 10 juillet 2020 17 h 14

      @ monsieur Patenaude. Vous m'avez bien compris, je proposais de radier la partie de la dette ayant servi à faire face à la Covid. Cet argent est déjà distribué et le gouvernement continuera d'en donner pour soutenir les personnes qui pourront consommer et ainsi relancer l'économie.Ma proposition était plutôt d'ordre moral qu'économique. Je trouve inacceptable qu'on profite d'un malheur collectif pour endetter tout le monde.Pendant ces mois de pause, les biens entreposés et les services disponibles,devaient se rendre aux personnes pour satisfaire à leurs besoins. C'est ce à quoi sert la PCU. Certains se plaignent du fait qu'elle freine le retour au travail. A mon avis, il faut la transformer en revenu minimum garanti. Ce n'est pas à moi d'en fixer les modalités.

      Quant aux milliards qui ont été créés, ils sont déjà dans l'économie. Ils ont remplacé les salaires perdus. Radier la dette Covid n'aurait pas d'effet sur l'économie, si ce n'est que d'alléger le fardeau de la dette publique.Pour ce qui est de l'inflation, c'est la responsabilité de la BANQUE du CANADA de la contrôler. Je pense qu'elle a les outils pour bien faire son job. Je lui fais confiance.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 juillet 2020 00 h 41

      C'est bien M. Arès. Mes excuses.

    • Clermont Domingue - Abonné 11 juillet 2020 22 h 19

      @monsieur Arès... Au sujet des taux d'intérêt, je voudrais signaler qu'ils sont trop bas depuis trop longtemps. A moins de toucher des prestations détermimées indexées et garanties par l'État, il vous faut quelques millions en dépôts à terme pour .vivre convenablement Plusieurs retraités choisissent de dépenser leur capital et de mettre ensuite une hypothèque inxersée. sur leur résidence.

      Si jusqu'à présent, les rendements boursiers ont maintenu les régimes à flot, je crains que ça ne dure pas.Nos gouvernements devront procéder à une réforme des retraites.Personnellement,je souhaite que telle réforme rétablisse une meilleure justice distributive. Il y aura des gagnants et des perdants.

  • Clermont Domingue - Abonné 10 juillet 2020 06 h 17

    Les taux d'intérêt sont au plus bas...

    Considérant que tous les gouvernements du monde ont besoin de milliers de milliards de dollars pour faire face à la musique,croyez-vous que les prêteurs ont assez de cash et pensez-vous qu'ils se contenteront d'un petit taux de 1%?

    Les banques centrales ne devraient-elles pas créer la monnaie nécessaire sans que les qouvernements ajoutent ces sommes à leurs dettes?

    Comme vous, je pense que le béton et l'asphalte ce ne sera pas suffisant. À mon avis, il faudra doubler le défifit annoncé pour soutenir les gens dans la durée.

  • François Beaulne - Abonné 10 juillet 2020 10 h 25

    Gouverner sans gouvernail

    Merci M. Sanfaçon de nous rappeler qu'en matière de finances publiques on nous endort présentement avec un <anesthésique de cheval> dont nous devrons tôt ou tard payer le prix collectivement. Prises au dépourvu par la pandémie du Covid-19 les gouvernements ont improvisé toute une panoplie de mesures plus ou moins bien ficelées pour parer au pire, à court terme.
    Trudeau a gagné ses élections de 2015 en promettant des déficits <raisonnables> de l'ordre de $19 milliards qui commenceraient à être absorbés à la fin de son premier mandat. Nous n'en somme plus là du tout.

    Aux mesures d'urgences qui pouvaient se justifier en début de pandémie s'ajoute maintenant l'instrumentalisation de la crise à des fins politiques partisanes: tant à Ottawa qu'à Québec les gouvernements en place tentent de profiter de cette période d'incertitude et de préoccupation des citoyens pour réduire les occasions d'être questionnés sur leurs agissements ou couper les coins rond. Sous prétexte de distanciation on a rendus les parlements inopérants et non fonctionnels pendant des mois, Trudeau a essayé de nous en passer <des petites vite>, y compris son scandale de $900 millions qui vient d'éclater au grand jour, et à Québec on a tenté de faire avaler à la sauvette le projet de Loi 61 qui n'est pas sans zones d'ombres.

    Le plus surréaliste dans tout ça c'est de constater la désinvolture avec laquelle plusieurs commentateurs de l'actualité financière et économique ont accueilli la dernière mise à jour du ministre des finance Morneau où il nous annonce, mine de rien, que sa gestion de crise provoquera un déficit digne des records Guinness de $343 milliards. Y a rien là disent des experts insouciants: les taux d'intérêt sont bas et l'endettement ne représentera que 49% du PIB par rapport à 100% pour plusieurs pays du G-7.
    Incurie et complicité à courte vue. Faut' il se jeter dans le lac parce-que les autres le font?
    Bravo M. Sanfaçon de vous distancer de ce peloton insouciant et de nous prévenir.

  • Yves Corbeil - Inscrit 10 juillet 2020 10 h 39

    Une Anesthésie ou une Euthanasie

    «Le dollar des États confédérés d'Amérique ($ ou C$) est la monnaie des États confédérés d'Amérique pendant la guerre de Sécession. Il est mis en circulation en avril 1861, alors que la Confédération n'a que deux mois et à la veille du déclenchement du conflit. Il n'est pas garanti par un stock d'or, mais sur la promesse de payer le porteur après la guerre, en faisant l'hypothèse d'une victoire du Sud et de son accès à l'indépendance.

    Tandis que le sort de la guerre tourne contre les Confédérés, la confiance dans la monnaie s'effrite et l'inflation s'installe. À la fin de l'année 1863, le dollar confédéré (ou « Greyback », par opposition au dollar fédéral, le « Greenback ») s'échange à 6 cents d'or, et continue à décroître.

    Le « Greyback » est aujourd'hui un objet de collection recherché et existe dans de nombreuses versions, incluant des exemplaires imprimés par les États et par des banques locales. Les représentations de dirigeants confédérés, de dieux, de déesses et de scènes de la vie des esclaves, figurant sur ces billets imprimés à la hâte, parfois découpés aux ciseaux et signés par des employés de bureau, continuent à alimenter les discussions dans le milieu des numismates, tandis que les contrefaçons elles-mêmes atteignent des prix élevés.»

    On semble sur le point de perdre la guerre et si l'OR est la valeur refuge sûre, qui est-ce qui le possède. Certainement pas le Canada des Trudeau et au rythme qu'on imprime des photos de George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln, Alexander Hamilton, Andrew Jackson, Ulysses S. et Benjamin Franklin au pays du puissant voisin, je me demande sérieusement c'est quoi la valeur du contrat que tu prends dans ce système pourri.

    Une Anesthésie ou une Euthanasie, les deux sont féminin. Alors peut-être qu'on est rendu-là. Je ne me ferai pas des amis ici.

    • Françoise Labelle - Abonnée 10 juillet 2020 12 h 31

      L'or n'est plus la seule valeur refuge. En mars, les investisseurs se sont rués sur le dollar US.
      «Le dollar [US] a cru de 8% comparé à un groupe de six autres monnaies couramment échangées entre les 9 et 20 mars, sous l'effet de la panique des investisseurs face à la covid. Maintenant le billet vert (greenback) a repris la place qu'il occupait au début de l'année.» (The Economist) Il faut dire que la Fed a offert de généreuses lignes de swap aux banques centrales mondiales pour endiguer la panique.

      Des amies, voulez-vous dire? On dit aussi un crime, un meurtre, un délit. ;) Espérons qu'on anesthésie avant d'euthanasier.

  • Clermont Domingue - Abonné 10 juillet 2020 10 h 50

    Eureka

    Monsieur Sansfaçon, le cheval peut dormir tranquille. J'ai essayé d'acheter des obligations du Canada. Je me suis adressé à ma caisse Desjardins. Ils m'ont dit on ne fait pas ça. Je me suis adressé à ma banque TD. Ils m'ont répondu: "On ne fait pas ça." Alors, j'ai téléphoné au Service des Obligations d'épargne du Canada ( 1 800 575 5151 ) Une dame m'a appris qu'il n'y a plus de vente d'obligation d'épargne depuis 2017.

    Comme petit créancier qui aide quelques personnes à même mes économies de fourmi, j'ai compris.La Banque du Canada fait comme moi. Elle inscrit ses prêts à son bilan. La différence entre elle et moi, c'est qu'elle crée ce qu'elle veut prëter, alors que moi j'ai dû économiser ce que je peux prêter. Comme créancier, je peux donner congé d'intérêt à mon débiteur. C'est ce que fait la Banque du Canada avec notre gouvernement fédéral.

    L'économiste Serge Coulombe s'inquiète de l'inflation et Bill Morneau s'inquiète de la demande. Les deux ont raison. Si les gens économisent au lieu de dépenser. la demande faiblit à court terme et la production baisse. À moyen terme,la rareté intervient et les prix montent Ça dépend où on se situe dans le temps.

    Quoi qu'il en soit, la Banque du Canada doit se préoccuper de l'inflation et de la valeur de notre monnaie. Le gouvernement,lui, doit s'occuper des gens. S'il faut ajouter d'autres milliards, Justin et Bill vont le faire. Notre Banque Centrale peut grossir davantage son bilan.

    Je vous souhaite un sommeil de cheval.

    • Françoise Labelle - Abonnée 10 juillet 2020 12 h 37

      Je viens d'apprendre, en voulant vous répondre, que les chevaux font de petits sommes debout, ce qu'on ne souhaite pas à M.Sansfaçon, et se couchent pour des sommeils plus profonds. En tout état de cause, les chevaux ne se préoccupent pas de l'inflation, même galopante.

    • Clermont Domingue - Abonné 10 juillet 2020 13 h 38

      Adolescent je cultivais la terre avec deux chevaux: Grand fanal et Pitoune.Je n'ai jamais vu Grand fanal couché . Il dormait toujours debout. Par contre , Pitoune se couchait pour dormir. Ce que je souhaite à monsieur Sansfaçon, c'est un sommeil de Pitoune...