Chantier Davie: Ottawa est-il sérieux?

Le gouvernement fédéral a annoncé que le Chantier Davie aura une part des contrats de 7 milliards pour la modernisation de 12 frégates… en 2021.

C’est le ministre de la Famille et député de Québec, Jean-Yves Duclos, qui s’est chargé de faire cette annonce au moment où le chef du Parti conservateur, Andrew Sheer, était de passage dans la région de Québec, où il s’est rendu, notamment, au chantier de Lévis.

À un an des élections fédérales, la manoeuvre n’était pas des plus subtiles, d’autant plus que l’annonce était d’un flou gênant. On ne sait combien de frégates la Davie modernisera, quelle sera la valeur des contrats qui lui seront confiés et sur combien d’années ils s’étaleront.

Il est à prévoir que Seaspan Shipyards, de Victoria, héritera de la réfection de cinq frégates tandis que Irving Shipyards, d’Halifax, et la Davie se partageraient les travaux sur les sept autres navires. Dans quelle proportion ? On ne le sait pas.

Chaque fois que la Davie obtient un contrat, même s’il s’agit de miettes, la famille Irving, proche des libéraux à Ottawa, regimbe. Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, s’est d’ailleurs précipité à Halifax pour calmer le jeu en brandissant un autre contrat.

Il semble que l’objectif des Irving, c’est de se débarrasser une fois pour toutes du concurrent québécois. Ainsi, dans une étrange histoire d’état-major et d’obscur lobbying, le gouvernement fédéral a ordonné à la Gendarmerie royale du Canada d’enquêter sur le numéro deux de l’armée canadienne, le vice-amiral Mark Norman. Son crime allégué pour lequel il est cité à procès : celui d’avoir révélé à la Davie que le gouvernement Trudeau, sous la pression des Irving, s’apprêtait à retirer au chantier naval de Lévis le contrat visant le navire ravitailleur Astérix de la Marine royale canadienne.

Sans ce contrat de près de 700 millions qu’elle a pu finalement conserver — le navire fut livré en décembre dernier en respectant l’échéancier et le budget —, la Davie aurait sans doute mis la clé sous la porte.

Déjà que la Davie fut écartée des contrats portant sur la livraison des 12 nouvelles frégates de la Marine, contrats réservés à Irving et à Seaspan, ce dernier chantier ne possédant même pas l’expertise requise pour exécuter la commande. Prévue à 33 milliards, la facture pour ces contrats, minés par les retards, a explosé à plus de 65 milliards.

Après cette injustice, qui prive le Québec de milliers d’emplois de qualité, Ottawa, pour montrer qu’il est sérieux, devra en faire davantage pour assurer la pérennité des activités de la Davie.

12 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 5 novembre 2018 00 h 28

    Jusssstiiiiinnnn

    rit de nous et nos bons québécois vont encore voter pour lui en 2019.

    • Pierre R. Gascon - Abonné 5 novembre 2018 09 h 23

      Saupoudrage par-ci, saupoudrage par-là.

      Nous ne sommes pas naïfs; et, nous connaissons la chanson.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 5 novembre 2018 00 h 46

    Les miettes attendues du fédéral

    L’éditorialiste du Devoir a parfaitement raison.

    L’origine de la discrimination dont est l’objet le Québec est simple; l’armée canadienne ne veut pas donner de contrat au Québec.

    Dans l’éventualité de l’indépendance du Québec, on estime que le Canada perdrait alors toute l’expertise développée ici. D’où l’idée de délocaliser la construction maritime dans d’autres provinces. Ce qui était précisément le but du contrat de 2011.

    Si on fait payer au Québec le prix de l’indépendance même nous ne la font pas, nous sommes tout aussi biens de la faire puisqu’on aurait alors les avantages de l’indépendance.

    Pensez que si le Québec était indépendant, il aurait besoin d’une marine nationale en raison de sa géographie, ce qui veut dire des emplois pour l’éternité pour les travailleurs de la Davie.

    Présentement, 15,8 milliards$ de nos impôts au fédéral serviront à financer la délocalisation et la ruine de notre industrie maritime.

    Dans le cas de l’annonce fédérale de cette semaine, on ne sait pas combien recevra le Québec.

    Or, dans le cas particulier des contrats de construction navale, la juste part du Québec est de l’ordre de 60%.

    L’Alberta et la Saskatchewan n’ont pas accès à la mer. D’autres provinces n’ont pas de chantier de construction navale.

    Bref, seuls le Québec (population de 8,1 millions), la Nouvelle-Écosse (0,9 million) et la Colombie britannique (4,7 millions) peuvent obtenir des contrats.

    De ces trois provinces, le Québec représente 60% de la population.

    Donc la ‘juste part’ du Québec est de 60%. Rien de moins.

    Je m’attends à ce que nous recevrions des miettes, comme d’habitude.

  • Denis Paquette - Abonné 5 novembre 2018 02 h 06

    Le Québec sans mobilisation est de la merde pour le reste du Canada

    faut il laisser les libéraux fédéraux jouer le nouveau Brunswick contre nous , peut fêtre faut il vbcontrer la réélection de Justin pour en contrer les effets néfastes, ce n'est pas parce que son pere a utilisé cette stratégie qu'il faut se soumette, il faut deja que tous les synduicats québécois se mobilisent et il faut que cela se sache , le Québec sans mobilisation est de la merde pour le reste du Canada, c'est a nous d'y voir, et surtout surveiller nos officiers syndicaux

  • Denis Paquette - Abonné 5 novembre 2018 02 h 42

    quel joueurs de la pire des espèces

    ce pourrait-il que les politiciens se foutent des résultats en autant qu'ils soient élus

  • Carol Vachon - Abonné 5 novembre 2018 04 h 58

    Maudit Canada !

    M. Dutrisac, il y a quand même une limite à ne donner qu'un simple avis banal comme vous le faites suite à cet autre comportement scandaleux de «notre» pays contre le Québec. Il n'y a que les mots mépris, insulte et j'en passe pour vraiment qualifier ce geste. À l'inverse, les médias du ROC ne se sont pas gênés, et à l'unanimité, de nous traiter de racistes suite à la loi 62 sur les «services à visage découvert», quand la population du ROC s'y était même montrée sympathique à 68%, pas beaucoup plus que le Québec, à 76%, selon les sondages. On nous traite de racistes pour 8% de plus ? Le Canada reste profondément méprisant. Un tel pays ne peut pas être le nôtre.

    Dr Carol Vachon, Québec. Abonné