Hamad disqualifié

À la mi-juin, Régis Labeaume soutenait que « tout le monde souhaite le retour de Sam Hamad » comme ministre responsable de la Capitale-Nationale. M. Hamad avait dû quitter ses fonctions ministérielles en avril, (il était aussi président du Conseil du trésor), après un reportage de l’émission Enquête, qui soulevait des questions quant à ses interventions douteuses dans l’octroi de subventions à Premier Tech.

Jeudi, le commissaire au lobbyisme (CaL) a considérablement réduit la possibilité que M. Hamad retourne au Conseil des ministres en annonçant qu’il signalait trois constats d’infraction dans cette même affaire. Après enquête, le CaL a conclu que deux dirigeants de l’entreprise ont exercé du lobbyisme illégal auprès de M. Hamad. Il affirme aussi que l’ancien ministre Marc-Yvan Côté s’est livré à des activités de lobbyisme illégal. Mais dans ce dernier cas, en raison des délais de prescription, aucun constat n’a été signifié.

Dans les cercles libéraux, on estime que le commissaire est pointilleux. Les dirigeants de Premier Tech étaient inscrits au registre des lobbyistes. Ils ont « simplement » omis d’ajouter plusieurs activités à celles déjà inscrites. On peut trouver une telle exigence excessive, mais c’est ainsi que le législateur a fait les choses. Au reste, si l’on souhaite réellement encadrer les communications d’influence, peut-on vraiment se contenter d’un flou, d’un à-peu-près ?

Des voix soutiennent aussi qu’on n’exclut pas pour « si peu » un homme aussi énergique que M. Hamad du Conseil des ministres. D’une part, ce dernier — puisqu’il est élu depuis 2003 ; la loi sur le lobbyisme avait été adoptée l’année précédente — aurait dû s’assurer que ceux qui cherchaient à l’influencer étaient dûment inscrits au registre. (Avec le projet de loi 56, on veut d’ailleurs en faire une obligation.)

D’autre part, il ne faut pas oublier, sur la même affaire, un autre rapport, signé par un autre commissaire, Jacques St-Laurent, gardien de l’éthique. Au moment de la publication du rapport, le 8 juin, M. Hamad a soutenu qu’il avait été « blanchi ». Philippe Couillard avait affirmé sensiblement la même chose quelques jours avant en commentant le rapport de la vérificatrice générale sur la question. Quant à M. St-Laurent, s’il est vrai qu’il ne recommandait pas de sanction, il n’écartait aucunement que M. Hamad soit intervenu de manière abusive entre autres pour Marc-Yvan Côté, son ancien collègue de la firme d’ingénierie Roche. Et, en définitive, M. St-Laurent concluait que le comportement de M. Hamad dans cette affaire ne constituait pas « simplement une imprudence, mais […] un manquement qui nuit au maintien de la confiance de la population envers les membres de l’Assemblée nationale ».

Il serait mieux, en définitive, que le souhait du maire de Québec ne soit pas exaucé.

15 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 23 décembre 2016 07 h 12

    Trop c'est trop!

    Il ne faudrait pas exagérer! À force de vouloir laver plus blanc que blanc, il n'y aura que de politiciens angéliques au Québec! Soyons sérieux, la politique ne relève pas de la vertu. Et trop de (fausse) vertu, on sait où ça mène! Hamad devrait pouvoir revenir au Conseil des ministres.

    M.L.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 23 décembre 2016 14 h 35

      On veut pas des anges mais des gens propres et honnetes meme au
      PLQ et partout ailleurs.Lla corruption et la collusion ,dehors .Sommes nous devenus citoyens d'une Province de Bananes ?

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 23 décembre 2016 16 h 06

      Attendons de voir les résultats des enquêtes.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 23 décembre 2016 16 h 37

      faudrait savoir...ou vous demandez aux médias de nous bien renseigner ou bien vous vous contentez de vos "propres" systèmes d'infos ...Toujours le même jupon qui dépasse m. Lebel...Enfin!... joyeux noël quand même!

    • Roxane Bertrand - Abonnée 23 décembre 2016 18 h 36

      De la vertu!?! Le système politique britannique, dont nous avons hérité, repose sur l'honnêteté des politiciens. Il est normal que ceux-ci se comportent avec honneur et donc se retirent si la confiance du peuple n'est plus au rendez-vous.

    • Michel Sasseville - Abonné 23 décembre 2016 19 h 28

      Depuis quand politique et vertu ne peuvent pas aller ensemble? Depuis ses débuts, dira-t-on! Et si tel est le cas, pourquoi faudrait-il qu'Il en soit ainsi à jamais? Je ne comprends pas cet argument voulant que parce que cela est, cela doit être... Que des gens commettent des erruers, soit! C'est humain! Que des gens, dans cette position, commettent des fautes, là ça devient condamnable, peu importe le parti, peu importe la faute. Et si la faute a été commise, de deux choses l'une: ou bien on se dit: bof, pas grave, faut bien jouer le jeu, ou: c'est grave et la personne doit être blâmée, réprimandée, rétrogradrée, pas par manque de jugement (ce qui arrive très souvent au premier venu) mais par manque d'honnêteté (ce qui arrive aussi très, mais là ici il faut ajouter un autre mot, trop souvent) en politique. Et après on s'Étonne qu'on soit désabusé de nos politiciens, qu'on ne vote plus, qu'on n'aut plus confiance?

  • Louise Collette - Abonnée 23 décembre 2016 07 h 52

    Hamad

    En ce qui me concerne, il y a <<un bon boutte>> que Hamad est disqualifié...

    • Michel Lebel - Abonné 23 décembre 2016 12 h 08

      Évidemment, pour les souverainistes purs et durs, tout ce qui vient des libéraux ne peut être que corrompu. Toute tentative de dialogue avec ceux-là est inutile. La sentence est déjà prévue. Passons!


      M.L.

    • Jean-François - Abonné 24 décembre 2016 01 h 06

      Ce n'est pas une question d'opinion politique;

      Sam Hamad n'aurait jamais dû être nommé Ministre, point à la ligne.

      S'il l'a été , c'est bien juste à cause de la faiblesse générale de la députation Libérale dans son ensemble....

      Pourrait-on arrêter d'être partisan,être lucide et voir la juste valeur des gens svp?

    • Michel Blondin - Abonné 24 décembre 2016 12 h 03

      Monsieur Lebel,
      Que vous aimiez faire des distinctions qui portent à croire que vous, vous n'êtes pas un fédéraliste de la dure et puriste. soit!

      Mais de persistez à vouloir démontrer avec des purs et durs comme vous les appelez, et d'ironiser sur leur "boutisme".Puis, le "passons!" ne passe pas non plus.

      La chose qui étonne d'un juriste, professeur, c'est l’utilisation fréquente du mot "évidemment" montrant que l'évidence, la vérité toute crue, c'est vous qui la possédez.
      Devant cette exagération de ces expressions, je suspecte une compensation à une argumentation fragile surtout quand la croyance est que votre langue maternelle est entre bonnes mains dans ce pseudo-fédéralisme. Ce que vous semblez défendre ressemble plus à une union législative déguisée maintes fois utilisée dans les colonies britanniques : le « home rules » pour les indigènes et le pouvoir législatif et exécutif qui comptent pour maintenir le régime sous domination. La Loi de 1982, ce diktat. Viré capot ces libéraux, vers 1936, qu'en sais-je!

      Je ne partage donc pas votre opinion à tout crin et vous n'y démordez pas. Au moins en utilisant le mot «évidemment » ne croyez pas que la vérité vos appartient.
      Quant à l’opinion que vous dénoncez, vous admettrez avec moi que les apparences en politique ne favorisent pas cet ex-professionnel Sam Hamad. Dans le milieu de crabes et de corruptions dont la soupe est préparée par nul autre que Marc Yvan Coté, banni du PLC à vie et déclaré coupable de ne pas se retenir devant la caisse enregistreuse du gouvernement, il est raisonnable de croire que Sam aime se mettre les deux pieds dans la soupe sans qu’on en soit assuré qu’il en ait pris quelques tétés -pas besoin d’être prouvé pour des dignitaires-.

      Cela s’appelle les apparences et ça fait un « boutte » que cela dure.
      Ce n’est donc pas de l’extrémisme que de les dénoncer vertement, mais tout à fait raisonnable, même un commissaire à l'éthique le dénonce, n'eut été libéral fédéraliste.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 23 décembre 2016 08 h 38

    … ça presse !

    « … M. St-Laurent concluait que le comportement de M. Hamad dans cette affaire ne constituait pas « simplement une imprudence, mais […] un manquement qui nuit au maintien de la confiance de la population envers les membres de … ». » (Antoine Robitaille, Le Devoir)

    Bien sûr que certes, mais, règle audacieuse, on-dirait que le milieu politique aime moins pratiquer la transparence qu’une certaine forme de négligence-lassitude, notamment lorsqu’Il lui s’agit de valoriser des intérêts autrement que politiques et sociaux !

    De ce point de vue, il est comme sans cesse le temps de procéder à un changement d’attitude et de personne, et …

    … ça presse ! - 23 déc 2016 -

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 23 décembre 2016 09 h 54

    Bientot

    il ne restera qu'a Couillard et Labeaume de béatifier Sam Hamad de son vivant.

  • Robert Beauchamp - Abonné 23 décembre 2016 10 h 44

    Encore une sauvette

    Lefameux délai de prescription. Revisiter cette loi s'impose.