Montréal dit non aux motoneigistes

La Ville de Montréal vient d'interdire l'accès du parc du Bois-de-l'Île-Bizard aux motoneiges.

Ce geste, qui devrait être banal dans une société qui vient d'accueillir toute la planète pour discuter du réchauffement climatique, demeure quand même inusité, pour ne pas dire courageux, dans un monde municipal qui plie si facilement devant le lobby de la bielle polluante et du club sandwich de brousse. La Ville a en effet refusé au Club autoneige de l'Île-Bizard la permission de relocaliser sa piste dans le parc-nature du Bois-de-l'Île-Bizard, une interdiction qui bloque aussi l'accès des motoneiges aux secteurs aménagés dans l'emprise de l'autoroute 440 ainsi qu'aux nouveaux terrains acquis dans ce secteur.

Jusqu'ici, la piste du club de motoneige était située à l'extérieur de ce parc-nature en raison de la construction résidentielle intensive dans ce secteur. Bloqué par les promoteurs immobiliers, le club a voulu mettre la patte, pardon, la chenille sur le parc urbain comme si c'était son fief, et ce, en dépit de la vocation évidente de ce parc. Comme dit le proverbe, quand il y a de la gêne...

«Nous ne pouvons pas permettre à des motoneiges de passer dans un secteur qui a été acquis pour sa valeur écologique et qui constitue une zone tampon dans l'écoterritoire du corridor écoforestier de l'Île-Bizard», a commenté Helen Fotopulos, du comité exécutif de la Ville de Montréal. Commentaire surprenant, n'est-ce pas, de la part d'une gestionnaire de grande ville qui semble plus consciente des besoins des écosystèmes et des principes de la conservation que nos gestionnaires de parcs nationaux, qui tolèrent encore ces machines chez eux, ou que notre ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), lequel n'exige pas encore une étude d'impacts préalable au passage des sentiers de motoneige ou de quad, même s'il s'agit d'activités absolument contraires à toute logique de développement durable et même aux dispositions des articles 19 et 20 de la Loi sur la qualité de l'environnement. Et on ne parle pas de l'effet de ces formes de loisir motorisé sur le climat alors qu'elles n'ont aucune justification sociale autre que d'enrichir les vendeurs de machines, d'essence, d'hébergement, de repas et de bière...

Le parc montréalais en question est classé «écosystème forestier exceptionnel» par le MDDEP en raison de la rareté des espèces qu'il abrite, notamment une érablière sucrière à érables noirs, une cédrière et des marécages où se concentre une faune ailée formée de canards, de hérons et de grands-ducs, sans oublier les bernaches au printemps.

Au même moment où Montréal affichait cette cohérence notable, le ministère des «Ressources naturelles» — notez-bien l'incongruité du nom! — faisait parvenir aux médias un communiqué pour divulguer les «destinations accessibles pour pratiquer la motoneige sans contrainte» dans Lanaudière. En plus de nommer les 11 municipalités en question, le ministère ajoutait dans la liste des destinations accessibles «sans contraintes» rien de moins que le parc du Mont-Tremblant.

Il faut croire qu'à ce ministère, le penchant pour le vandalisme des milieux naturels s'est accentué depuis que les biologistes de la faune y ont été intégrés, sans doute pour mieux étouffer leurs protestations. J'aurais spontanément pensé que c'était encore la responsabilité du ministère des Transports de faire la promotion des moyens de locomotion polluants, comme le confirmait hier l'annonce du prolongement de l'autoroute 25 sans même la contrepartie minimale du train de banlieue Montréal-Repentigny.

Petit aparté en terminant: si je me fie à ce que me racontait la semaine dernière Maxime Laplante, président de l'Union paysanne, on pourrait rêver dans Lanaudière d'avoir plus de porcheries pour mieux stopper les motoneiges.

M. Laplante m'expliquait que ce sont l'augmentation de la production porcine et le besoin accru de surfaces d'épandage qui ont fait grimper le prix des terres dans les régions vraiment agricoles. C'est cette situation, en réalité créée par les puissants intégrateurs porcins, qui a incité l'UPA à demander à Québec de rembourser une portion plus élevée des taxes foncières qui frappent ses membres depuis la hausse de leur évaluation, des taxes que Québec remboursait déjà à 70 % et qu'il remboursera désormais à 75 %. C'est ainsi que le président de l'Union paysanne attribuait ultimement aux cochons l'interdiction de faire passer les motoneiges sur les terres agricoles pour faire plier le gouvernement. De quoi convaincre les écologistes que le cochon pourrait devenir un militant pour l'assainissement de l'air!

Chien antistress

Lors du congrès de l'Association américaine du coeur, en novembre, une nouvelle étude y a démontré que la seule présence d'un chien près des malades diminuait chez eux le stress et la tension artérielle. Cette expérience a été conduite auprès de 76 personnes. Toutes souffraient de pathologies cardiaques et avaient plus de 57 ans. Les patients ont été répartis en trois groupes. Le premier était visité régulièrement par un bénévole, le deuxième par un bénévole accompagné d'un chien, alors que le troisième n'a reçu aucune visite.

Avec des équipements médicaux, les chercheurs ont mesuré l'impact des deux formes de visite sur l'anxiété des patients. Elle a chuté de 24 % chez les gens qui ont reçu la visite de chiens et de 10 % chez ceux visités par un bénévole seul. Le score n'a pas changé dans le cas de ceux qui n'ont reçu aucune visite. Par ailleurs, les chercheurs ont pu mesurer que le taux d'épinéphrine a chuté de 17 % chez les patients visités par des chiens et de 2 % chez ceux visités par des bénévoles. Cette hormone est fabriquée par le corps en relation avec le stress. Son taux a même augmenté de 7 % chez les personnes qui n'ont reçu aucune visite! La visite d'un chien a aussi diminué la pression cardiaque de 10 % en moyenne chez les patients visités par des chiens, comparativement à 3 % chez les autres. Cependant, sans doute parce qu'ils n'ont été dérangés par personne, le rythme cardiaque des personnes n'ayant pas été visitées a été réduit de 5 %.

J'en tire comme conclusion qu'en plus de nous forcer à faire des promenades chaque jour, nos chiens nous procurent par leur simple compagnie une détente qu'on devrait exploiter à d'autres fins. Peut-être que dans les écoles et nos maisons, au lieu du Ritalin ou du Prozac, un bon régime de gros bisous mouillés...

- Neige: pour une fois, on aura un épais tapis de neige à Noël et peut-être davantage, avec un peu de chance, après le jour de l'An. La Fédération québécoise de la marche en profite pour inviter tous les frileux à chausser des raquettes pour partir à l'aventure en milieu naturel, ce qui transforme le froid en plaisir aussi sûrement qu'un bon grog au retour. Une suggestion: faites cadeau de la dernière édition du magazine Marche-Randonnée, qui publie plein de suggestions de destinations pour de belles virées blanches qui virent au bleu à la fin de la journée. La version ski de fond de ces virées n'est pas à négliger non plus, mais le hors-piste est plus risqué à ce moment-ci de l'année car plusieurs aspérités menacent encore la semelle de vos skis.

- Lecture: 365 gestes pour sauver la planète, photos de Philippe Bourseiller et texte d'Anne Jankéliowitch, préface de Jean-Louis Étienne, Éditions de la Martinière. Un gros bouquin d'au moins 730 pages qui offre pour chaque jour de l'année une magnifique photo d'un coin de nature ou d'une espèce sauvage. Jouxtant cette photo, on trouve une réflexion sur un problème d'environnement ainsi qu'une suggestion pertinente pour devenir partie de la solution plutôt que du problème. Intelligent et séduisant. Un magnifique cadeau à se faire ou à offrir.