Budget vacances : planifier et ensuite rêver

Premièrement, j’hésite entre vous dire merci et félicitations. Si vous avez amorcé la lecture d’une chronique dont le titre commence par le mot « budget », j’en suis impressionnée ! En planification financière intégrée, nous devons absolument d’abord connaître le style de vie des clients (ça sonne déjà plus léger, non ?) pour pouvoir établir plusieurs scénarios et stratégies. À mes yeux, le budget est l’outil par excellence des « riches ». Peu importe votre revenu, connaître son style de vie actuel permet de comparer différents scénarios de vie souhaités à court, moyen, long terme — afin d’optimiser vos finances et d’atteindre plus vite vos objectifs et, si vous le souhaitez, l’indépendance financière. Si vous êtes dans les affaires, il permet de choisir stratégiquement la structure d’entreprise ainsi que le mode de rémunération le plus fiscalement avantageux.

Vous avez peut-être déjà remarqué que les mois d’été et de décembre sont ceux qui coûtent généralement le plus cher de l’année : les vacances et festivités représentent une grande partie de notre budget discrétionnaire. Avec le déconfinement qui s’opère actuellement après de mois de vie tranquille et rangée, je pose l’hypothèse que beaucoup d’entre nous, moi y compris, seront tentés d’en profiter au maximum. Puisque le taux d’épargne des ménages est à la hausse depuis des mois, peut-être que les vacances 2021 se financeront plus facilement cette année. Mais ce texte tombe tout de même à point ; en réalité, vous devriez être déjà à budgéter vos vacances 2022 puisqu’à moins de faire partie des privilégiés bénéficiant des fameuses « paies de vacances », il faut faire preuve de planification.

En gestion d’entreprise, la gestion des liquidités est un des éléments cruciaux permettant dans un premier temps de survivre et, ensuite, de se distinguer du marché. Je suis toujours surprise de constater que les individus n’ont pas ce réflexe de gestion serré des liquidités ; pourtant, je me plais à dire que chaque famille est un peu comme une microentreprise. Les clients qui réussissent le mieux leurs finances personnelles sont ceux qui, à l’instar du contrôleur au département administratif d’une PME, s’assurent que les résultats (revenus moins dépenses) réels suivent les projections de début d’année !

Donc, il ne suffit pas de faire un budget, encore faut-il que celui-ci soit un véritable outil d’enrichissement pour vous. Sinon, je peux facilement concevoir que l’exercice peut être perçu comme franchement ennuyant et inutile, voire douloureux pour certains… Le budget annuel étant intéressant à réaliser et déjà un bon début si vous en avez un, le véritable défi, d’une part, est de l’appliquer (!) et, de l’autre, de le transformer en budget de caisse. En tant que chef de la microentreprise qu’est votre ménage, vous conserverez vos factures pour faire la tenue de livres en fin de mois. Rassurez-vous, vous n’avez pas de ratios à calculer ; mais vous avez tout le pouvoir de suivre votre situation et de moduler régulièrement vos dépenses réelles.

Revenons donc à vos projets de vacances. Au début de l’année (ou dès maintenant si vous ne l’avez jamais réalisé, car un budget ne doit pas nécessairement suivre une année civile…), vous pouvez bien avoir établi vos dépenses annuelles, mais certaines dépenses ne sont pas fixes. De plus en plus de gens ayant des revenus variables avec la part plus importante des travailleurs autonomes dans le marché de l’emploi, il n’y a plus que les dépenses qui doivent être planifiées mensuellement.

Par exemple, si vous budgétez 5000 $ d’entretien sur la maison, vous ne pouvez pas simplement diviser ce montant par douze mois. Même chose pour les vacances, tant celles d’été que le voyage pour couper l’hiver en deux. Le budget de caisse prévoit donc les sorties de caisse prévues mensuellement. Si vos vacances sont en août, vous devrez profiter du fait que certains mois permettent d’accumuler des liquidités en conséquence les mois précédant celles-ci.

En ce qui concerne le budget de vacances plus concrètement, il n’y a pas de montant recommandé ou de normes prescrites. Il s’agit d’un choix personnel qui est influencé par vos valeurs, mais surtout, je l’espère, par votre capacité de payer. Les vacances et les voyages font partie des dépenses discrétionnaires, dont l’enveloppe disponible est établie en déduisant des revenus disponibles vos dépenses fixes. Vous atteindrez plus vite l’indépendance financière si vous considérez l’épargne comme une dépense fixe envers vous-mêmes, plutôt que d’épargner les surplus.

Sans budget de caisse, il faut beaucoup de discipline pour ne pas être tenté de dépenser plus lorsque les liquidités s’accumulent dans le compte, non ?

Note : Vous avez besoin de mes conseils pour un choix financier ou un projet ? Écrivez-moi et c’est avec plaisir que j’y répondrai dans mes prochaines chroniques.

Quelques trucs pour votre budget de vacances

Détailler le plus possible vos projets, activités, itinéraires afin de valider que vos désirs sont conséquents avec les liquidités disponibles. Sinon, révisez vos plans immédiatement, car ce ne sera pas plus facile une fois le congé amorcé !

En réservant d’avance, vous n’aurez pas de surprises quant au coût total à prévoir, et vous serez moins tentés par les dépenses supplémentaires.

Pensez aux dépenses connexes : les « tant qu’à y être », les assurances, l’essence supplémentaire pour le transport, les restaurants en route, l’achat de souvenirs…

Si vous êtes du type cigale, programmez des virements automatiques réguliers vers un compte épargne afin de ne pas gruger le fonds de roulement.

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