Et vint l’été…

C’est une année comme on n’en a jamais connu, dans tous les secteurs d’activité et bien entendu également en éducation.

On a, chacun de nous, sur un plan individuel, et les personnes en autorité, sur le plan collectif, eu à prendre des décisions en situation d’incertitude, de manque d’information crédible et souvent en étant placés devant des désaccords entre experts. Nous avons ainsi souvent été contraints de choisir ce que nous estimions être le moindre mal entre ceux que nous entrevoyions.

Quand l’année scolaire a débuté, j’ai répondu en entrevue que le mot de la rentrée devait être « indulgence ». Il me semblait que des gens informés et de bonne foi pouvaient, allaient sans doute, se tromper et qu’il fallait pardonner et comprendre.

Trois conditions

Je n’ai pour cette raison jamais eu cette sévérité envers le ministre et le ministère qui s’exprime dans certains milieux. Mais cette indulgence à mes yeux a pour contrepartie trois conditions.

D’abord, que les décisions prises le soient sur la base des données probantes les plus solides ; ensuite, qu’elles visent à assurer et à promouvoir le bien commun, et en particulier celui des enfants ; enfin, qu’elles soient prises, exposées et déployées avec transparence.

C’est pour avoir manqué à cette troisième condition que m’a désolé la tenue à huis clos du sommet sur la réussite éducative. Tout le monde, et pas seulement les gens du monde de l’éducation, aurait dû pouvoir entendre ce qui s’est dit là.

Des informations commencent à circuler. On a par exemple à présent accès à la réflexion du Conseil supérieur de l’éducation, sur son site Web. J’espère que de nombreuses contributions à ce sommet, idéalement toutes, seront bientôt rendues publiques. On y entendra sans doute de nombreuses belles idées pour affronter les immenses défis auxquels nous faisons face et à tous ceux qui nous attendent quand on sortira de cette crise. À quoi cela va-t-il ressembler ?

Voici quelques indices…

Ça risque de mal aller

Les effets du confinement et de l’enseignement à distance sur le rendement scolaire ont commencé dans de nombreux pays à être bien documentés.

Le portrait n’est pas réjouissant et il y a hélas fort à parier qu’il sera similaire ici : des retards seront constatés et la situation sera pire encore pour les élèves à risque.

Quoi qu’il en soit, ce que nous ferons devant tout cela, avec transparence, dépendra de notre connaissance la plus solide possible de l’état de la situation et de l’importance que nous accordons au bien-être des enfants.

En attendant, et en demandant votre indulgence, je me risque à avancer une idée pour l’été qui approche.

Une modeste proposition

Elle m’est inspirée par des travaux concernant les « pertes d’apprentissage au cours de l’été », les fameux « summer learning loss » ou « summer slide », dans la littérature anglaise.

L’idée est que, durant l’été, les élèves, faute notamment de les pratiquer, connaissent des reculs dans leurs apprentissages scolaires. De nombreux travaux ont cherché à documenter et à quantifier ce recul selon les disciplines et le type d’élèves. Plus récemment, d’autres travaux ont remis en question ce concept. Mais peu importe : ce qui m’intéresse ici est que l’on a mis sur pied, ailleurs mais aussi chez nous, des programmes qui visent à contrer ces retards.

J’estime que, tout en mettant en place des études pour évaluer sérieusement les retards accumulés, on devrait dès à présent mobiliser tout ce qui est mobilisable pour préparer des programmes d’été de lutte contre les pertes d’apprentissage.

On devrait pour cela réunir ce qui se fait de mieux ici et ailleurs et le rendre accessible sur une plateforme ; on devrait demander aux enseignants et aux conseillers pédagogiques de préparer, entre autres pour les parents, des programmes personnalisés pour le plus grand nombre possible d’élèves, en priorisant ceux qui sont en difficulté, et inviter tous les intervenants possibles à apporter leur contribution (écoles, camps de vacances, centres jeunesse…).

Et ensuite ?

Viendra ensuite la prochaine rentrée.

D’immenses questions vont se poser sur l’avenir de notre système scolaire, du préscolaire à l’université. Certaines sont présentes depuis des années, sans qu’on y ait répondu de manière satisfaisante. Quelle place faire au privé ? Aux cégeps anglophones ? Quelles politiques et pratiques adopter face aux inégalités devant l’école ? Comment résoudre la tragique pénurie d’enseignants et rendre le métier attractif ? Nos facultés d’éducation sont-elles à la hauteur de leur tâche ? Et d’innombrables autres questions.

D’autres questions sont nouvelles, comme celle de penser la place qui devrait être faite à l’enseignement à distance — et éviter que celui-ci nous soit peu ou prou imposé par des entreprises gigantesques qui ont d’abord à cœur leur intérêt économique…

Les trois critères évoqués plus haut devraient être respectés pour répondre à toutes ces questions. J’estime que cela demande, exige une longue et sérieuse réflexion collective.

En ces pages, il y a quelques jours, le grand Guy Rocher, dans le contexte de la défense devenue urgente de la langue française, souhaitait au ministre Simon Jolin-Barrette d’être le Camille Laurin de la CAQ.

Je souhaiterais que le ministre Jean-François Roberge soit son Paul Gérin-Lajoie et qu’il lance bientôt cette plus que jamais nécessaire commission Parent 2.0.

14 commentaires
  • Michel Laforge - Abonné 10 avril 2021 07 h 24

    Accès aux cégeps.

    Beaucoup d’élèves du secondaire sont présentement refusés au cégep. Divers causes et raisons peuvent l’expliquer. Certains disent que c’est parce que leur demande d’admission n’a pas été bien complétée. Leurs résultats n’étaient pas suffisants.

    Il est aussi possible que le fort taux d’abandon des élèves du cégep en soit la cause. Ceux qui s’y sont retrouvés en début d’année n’avaient encore moins les acquis nécessaires afin d’y demeurer. L’enseignement à distance en aurait aussi déjoué plusieurs les menant à l’abandon de leur cours. Il est donc facile de supposer que nombre d’entre eux ce sont réinscrits pour la prochaine session.

    C’est à vérifier.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 avril 2021 13 h 17

      M. Laforge, serait-il possible d'expliquer:"Beaucoup d’élèves du secondaire sont présentement refusés au cégep" ?

      Pourtant, au Cégep public, sauf dans des programmes contingentés, les exigences ne sont pas étouffantes.

      D'autre part, il est vrai que, dans le cadre de la pandémie, les Cégeps doivent travailler avec des dossiers *spéciaux*!

  • Rose Marquis - Abonnée 10 avril 2021 08 h 05

    L'indulgence

    Je ne ressens guère vis-à-vis M. Roberge, ministre de l'Éducation. L'an passé, quand les écoles ont été fermées pour cause de ce que nous savons... il a dit que c'était 2 semaines de vacances alors que les élèves venaient de sortir, une semaine auparavant, de la semaine de relâche et pas un mot pour encourager les éléves à lire...,

    J'ai oeuvré 26 ans comme professonnelle de Commission scolaire, pendant 24 ans j'ai été Animatrice Passe-Partout, titre non officiel pour devenir ''Conseillére à l'éducation préscolaire'', les libéraux ont tenté de nous faire disparaître en instaurant les maternelles 4 ans. Le coeur de notre travail à Passe-Partout (au début c'était en synergie avec la célèbre émission) était de soutenir les parents dans leur rôle d'éducateurs et de faciliter la transition des enfants vers la maternelle 5 ans. Le service existe encore car il y a des administrateurs de commissions scolaires qui y croyaient et constataient la pertinence de ce service. Suite à une baisse des enfants admissibles et comme j'avais ma permanebce, j'ai gardé une portion ''Passe-Partout'' et pour l'autre portion j'ai été nommée AVSEC ''Animatrice de vie spirituelle et d'engagement communautaire'' au sein d'une école primaire comprenant deux pavillons et environ 600 élèves. Ces deux corps d'emploi sont en nette diminution et, à mon point de vue, c'est bien dommage. Le travail de sappe a débuté sous les libéraux et les caquistes le poursuivent. Dans ma compréhension des choses pour eux, les parents vraipartenaires de l'école c'est secondaire ainsi que la spiritualité et l'engagement communautaire.

  • Luc Messier - Abonné 10 avril 2021 08 h 12

    Voilà un peu de ce que je pense du système scolaire

    J’aurai été tellement heureux de vivre cette situation de confinement pendant mon passage l’école.
    Les enfants ont besoin d’être guidés par des adultes éclairés. Mais voilà, on met de nombreux enfants dans des classes, et ces classes sont dans des écoles qui accueillent encore plus d’enfants. C’est comme ça que ça marche. Pas le choix. Un passage obligatoire.
    Les adultes qui organisent le système scolaire trouvent ça bien correct. Un adulte pour vingt ou trente enfants dans des écoles de centaines d’enfants. Les adultes pensent qu’entre eux, les enfants vont apprendre à vivre en société. C’est fou!
    J’aurais tellement préféré apprendre avec un ordinateur, sur des capsules-vidéos, des cours très bien faits, animé par un adulte hyper intéressant. Le tout, supervisé par un adulte éclairé.
    Dans une classe, il y a beaucoup d’éléments qui peuvent nous distraire. Mais on doit résister. L’attention de l’élève est « réquisitionnée ». Il ne doit pas se laisser distraire, sans quoi, il perd le fil, et il ne pourra pas facilement faire répéter le professeur. Tu n’as plus le droit de te laisser emporter par une réflexion. Dès l’âge de six ans, tu dois te concentrer sur ce que dit un adulte pendant de longues périodes.
    Ce que je retiens des mathématiques, c’est additionner, multiplier, diviser et soustraire, les pourcentages et la base de la géométrie. Je retiens aussi un peu de racines carrées. Ils ont passé douze années à m’enseigner ceci. Toutes ces années justes pour que j’en retienne ce peu. Et cela m’a été très suffisant pour m’extraire rapidement du prolétariat.
    J’avais quinze ans, et ce que j’avais en tête était de m’émanciper du prolétariat et de ces endroits où les gens vont là, par obligation, comme l’école et le marché du travail. Comme Frederick Douglass voulait s’émanciper de l’esclavage, j’ai réussi avec ces quelques notions de mathématiques qu’on m’a enseignées pendant de nombreuses années, dans un environnement que je qualifie de promiscuité.

    • Luc Messier - Abonné 10 avril 2021 13 h 15

      Je ne les aime pas, ces gens qui organisent le système scolaire.


      Ce que je retiens du français, ce sont les lettres, comment les écrire et le son auxquelles elles correspondent, aussi lorsqu’on les combine avec d’autres lettres. Mais c’est quelques années après avoir quitté le milieu scolaire que je me suis mis à chercher avec grand intérêt des milliers de mots dans le dictionnaire. Lorsque je lisais le journal, tous les mots que je n’étais pas capable de bien définir, je les cherchais dans le dictionnaire. Ce livre est le plus précieux et utile qui soit. Et c’est avec un ordinateur que j’ai vraiment appris à écrire. J’ai écrit plus d’un millier de pages sur des sujets qui m’intéressaient : la vie, les humains, nos perceptions, les compréhensions qu’on fait, la conscience, l’errance de la conscience de l’humanité, trouver des solutions pour renverser les bêtises et les souffrances inutiles et endémiques de l’humanité. Et puis il y a ces logiciels correcteurs qui t’enseignent la bonne orthographe. Super!

      Le système scolaire m’avait jugé tout juste bon pour le cours de professionnel long. Apprends un métier, puisque tu n’es pas bon. Ce système scolaire qui aura une grande incidence sur ta vie, il te juge. Tu dois apprendre vite, ce qu’on t’enseigne, puis passer et réussir les nombreux examens, avec leur rigoureuse note de passage. Et après l’examen, on ne te dit pas qu’elles ont été tes erreurs. Tu restes dans l’ignorance et ne peux apprendre de tes erreurs. On te disqualifie.

      J’avais quinze ans, et ce que j’avais en tête était de m’émanciper du prolétariat et de ces endroits où les gens vont là, par obligation, comme l’école et le marché du travail. Comme Frederick Douglass voulait s’émanciper de l’esclavage, j’ai réussi avec ces quelques notions de français qu’on m’a enseignées pendant de nombreuses années, dans un environnement que je qualifie de promiscuité.
      J’ai commencé à travailler à 17 ans. 4 ans plus tard, j’avais déjà un pied en dehors du prolétariat.

    • Luc Messier - Abonné 10 avril 2021 13 h 28

      Les adultes qui organisent le système scolaire trouvent leur organisation bien correcte. Un adulte pour vingt ou trente enfants dans des écoles de centaines d’enfants. Les adultes pensent qu’entre eux, les enfants vont apprendre à vivre en société. C’est fou!

      On met de nombreux enfants dans des classes, et ces classes sont dans des écoles qui accueillent encore plus d’enfants. C’est comme ça que ça marche. Pas le choix. Un passage obligatoire.

      Les enfants ont besoin d’être guidés par des adultes éclairés. Ce n’est pas intelligent de les mettre ensemble ainsi en si grand nombre où chacun intimide l’autre et les autres intimident chacun.

      Tous, nous avons connu l’intimidation, et avons intimidé d’autres. Il y a toujours plus grand que soit, plus petit que soit, plus vieux que soit, plus jeune que soit.

      Un enfant fait ses expériences et explorera les limites sociales permises. Si les enfants étaient par petit groupe de cinq enfants supervisées par un adulte, l’atmosphère ne serait pas le même. L’enfant pourrait être ramené rapidement vers un comportement civilisé et se faire expliquer pourquoi. La personne qui fait du mal à quelqu’un ne ressent pas de douleur. Ça peut même être excitant parce qu’on s’élève au-dessus de l’autre. On plane au-dessus de l’autre. Comme les partisans d’une équipe de hockey qui encourage leur équipe au détriment des adversaires, et ce, même chez les adultes.

      Les enfants qui sont mécontents de l’organisation scolaire n’ont pas à en vouloir aux autres enfants, mais plutôt aux adultes qui organisent ces systèmes scolaires douteux, aux parents et à la conscience de l’humanité douteuse.

      Il y a un puissant syndicat qui voit aux intérêts des professeurs. Mais il n’y a rien de ça qui défendent les intérêts des enfants face aux adultes qui organisent ce système scolaire. Donc, les enfants se font « organiser bien comme il faut ».

      L’école, c’est comme une garderie, le temps que les enfants grandissent pendant que les parents vont travailler.

    • Luc Messier - Abonné 10 avril 2021 13 h 31

      Vous pensez qu’il est utopique d’établir un ratio de 5 élèves par adulte parce qu’il n’y a pas assez de professeurs. Alors pourquoi faites-vous des enfants? Vous faites des enfants… alors, occupez-vous-en!

      Les parents mettent des enfants au monde pour ensuite les envoyer dans ces organisations scolaires ingénues pour qu’ensuite, ils joignent le marché du travail, et faire comme si de rien n’était sous la menace des arsenaux nucléaires, et avoir les profonds sentiments d’impuissance et de non-responsabilité face aux guerres, aux homicides, aux viols, à la pauvreté, à la criminalité, à l’intimidation, etc., et à l’errance de la conscience de l’humanité qui a des croyances religieuses pour expliquer le comment et le pourquoi des choses, même chez la presque totalité des dirigeants occidentaux, et ce, malgré toutes les connaissances acquises et cette démocratie qui devrait en principe nous permettre de nous concerter pour être enfin cohérents.

      Alors les données probantes, avez-vous une petite idée de ce que j’en pense?

      Les enfants, c’est ce qu’on a de plus précieux. On a entendu cette phrase tellement souvent. Les parents font des enfants puis vont travailler. Ils remettent leurs enfants entre les mains des gouvernements pour qu’ils les éduquent dans ces systèmes scolaires.

      Tôt le matin, dépêche-toi, tu vas être en retard à l’école. Puis ils vont travailler à la hâte, avec des gens qui eux aussi vont travailler par obligation. Le soir, fatigués de leur journée, ils reprennent leurs enfants. Faire les repas, les leçons, les devoirs, ramasses tes traineries, le bain, puis dodo. Couche-toi pis dors! Et le lendemain, on recommence, jusqu’à la fin de semaine, où il faut faire les corvées, puis jusqu’aux vacances de l’été, puis jusqu’à ce que les enfants quittent le nid, puis jusqu’à la retraite. Puis on va encourager nos enfants à nous donner des petits-enfants, et ça continue sous la menace des arsenaux nucléaires, comme si de rien n’était.

      Marche la tête en bas.

    • Luc Messier - Abonné 10 avril 2021 18 h 18

      Nos enfants sont ce que nous avons de plus précieux, dit-on. On les met au monde sous la menace d’arsenaux nucléaires et sous cette conscience de l’humanité, puis on fait comme si de rien n’était. Humanité incohérente qui ne se concerte pas.

      Les dirigeants, ces personnes très au-dessus de leurs affaires possèdent l’immunité parlementaire. Si ces personnes étaient dans la misère, elles ne pourraient pas avoir l’idée d’occuper ces postes. Possédant cette immunité, cherchent-elles vigoureusement à sortir les gens de leur misère par la rigueur dans le raisonnement, la cohérence et la concertation? La réponse est non. Après les très nombreuses décennies à regarder la lourdeur des bêtises et les souffrances inutiles et endémiques s’éterniser nonchalamment, c’est grave et tout à fait inacceptable. Les dirigeants ont une lourde part dans la responsabilité des bêtises et des souffrances inutiles et endémiques de l’humanité.

      Les choix des dirigeants et autres personnes très instruites sont des épreuves de caractère, de valeurs et de vision.

      Les bêtises et les souffrances inutiles et endémiques de l’humanité sont imputables à l’errance de la conscience de l’humanité, et donc, les dirigeants et ceux qui forment les gouvernements sont tenus pour gravement responsables pour une grande part.

      Le jour où les dirigeants, les gouvernements, les magistrats, etc., œuvreront avec rigueur dans le raisonnement pour que chaque humain soit fort économiquement et surtout consciemment, et pour remplacer les nations par une humanité cohérente et concertée, on pourra commencer à trouver du sens à l’humanité.

      Que chacun ait une meilleure compréhension de la vie et sa réalité remédiera aux puissants sentiments d’impuissance et de non-responsabilité de chacun, et à l’individualisme.

      « …les décisions prises […] sur la base des données probantes les plus solides »

  • Pierre Grandchamp - Abonné 10 avril 2021 08 h 12

    Calquer la gestion du système des écoles francophones sur celle de la Santé signifie avoir remis le tout entre les mains des fonctionnaires et du ministre


    Je vous invite à lire la lettre envoyée au DEVOIR et signée notamment par un ancien président du COnseil supérieur de l'Éducation

    « La place d’un discours indépendant dans l’espace public n’existe plus(…)

    En fait, l’école publique est passée d’une organisation citoyenne ouverte et inclusive à un service centralisé pour utilisateurs seulement. Le propos national ou régional critique n’existe plus.« la disparition des comités exécutifs, la forte réduction du nombre de réunions des C.A. auront vite réduit au rang de murmure l’influence des conseils d’administration sur la réussite des élèves. Et pourtant, l’école publique, c’est 11 milliards de dollars, provenant des impôts et de la « taxe sans droit de vote scolaire » des contribuables. C’est une chose d’abolir les élections scolaires telles qu’on les a connues pendant plus d’un siècle et demi, c’en est une autre de créer des CA muets et sans pouvoir. »

    https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/594722/libre-opinion-un-an-apres-la-fin-des-commissions-scolaires-des-constats-s-imposent

  • Cyril Dionne - Abonné 10 avril 2021 10 h 21

    L’enfant ne veut pas retourner à l’école durant l’été parce qu’il ne veut pas apprendre des choses qu’il ne sait pas

    Bon, en moyenne, les élèves du Québec ont un an de retard à cause de la crise sanitaire. Ailleurs, dans plusieurs pays notamment les USA, c’est bien plus que cela. Oui, il aurait fallu plus de transparence en ce qui concerne la rencontre du sommet sur la réussite éducative qui a été tenue à huis clos. Qu’avait-il à cacher tout ce beau monde?

    Arrêtons de dire que l’enseignement à distance a été inefficace. Il faut le dire, la plupart des sociétés occidentales n’ont pas la discipline nécessaire et encore moins leurs enfants d’apprendre de cette façon parce que le fardeau de motivation est sur l’apprenant. En plus, les écoles québécoises n’étaient pas prêtes pour ce type d’enseignement, que ce soit au niveau pédagogique ou bien de l’équipement et de l’accès à Internet. Cela, on l’occulte tout simplement.

    L’école durant l’été, quelle qu’en soit la forme, est une fausse de bonne idée. Les jeunes ont tous la tête ailleurs et ne pensent qu’à s’amuser après avoir connu une autre session d’enseignement hors norme ce printemps. Les parents ont leur mot à dire là-dedans en ce qui concerne l’école en été et ils doivent se responsabiliser en conséquences si leur enfant accuse des retards académiques trop grands. Ceci dit, les enseignants et les conseillers pédagogiques pourraient s’activer afin de pondre des programmes complets et bien ficelés en ce qui à trait au retard encouru et aussi à l’enseignement à distance qui n’est pas près de disparaître, mais risque plutôt d'augmenter sa présence en éducation.

    Oui pour une commission Parent 2.0. Pour le souhait d’avoir un Paul Gérin-Lajoie en éducation ou bien un Camille Laurin dans la défense de la langue française, eh bien, on parle d’un parti d’un seul homme qui contrôle tout. C’est un rêve trop beau pour ce bas monde.