Réconcilier les Américains?

Lorsqu’il a juré sur la Bible, perché sur les hauteurs du Capitole devant des rangées de drapeaux plantés dans le sol, Joe Biden avait l’air bien seul. Le nouveau président américain a évidemment juré de rassembler l’Amérique et les Américains. Les accents paraissaient souvent sincères. Mais le pourra-t-il ?

Pour ce faire, ce vieux membre de l’establishment démocrate peut miser sur sa longue expérience de négociateur. Mais il lui faudra pour cela prendre en compte le fossé grandissant qui sépare le peuple américain de ses élites et qui a servi de marchepied à Donald Trump pour se hisser au pouvoir.

Lorsqu’on veut se réconcilier avec quelqu’un, il faut commencer par le traiter poliment et éviter de l’insulter. En jouant l’hyperbole sur les événements du Capitole, les démocrates et les médias n’ont fait pour l’instant que jeter de l’huile sur le feu. Si cette profanation d’un lieu sacré de la démocratie est un geste gravissime, il faut une imagination débridée pour comparer ces personnages de carnaval venus faire des égoportraits dans le bureau de Nancy Pelosi aux marins de Kronstadt, aux milices de la Nuit de cristal ou aux incendiaires du Reichstag.

La génération des « safe spaces » biberonnée aux jeux vidéo a peut-être eu des sueurs froides. Mais ce qui s’est passé le 6 janvier a plus à voir avec la jacquerie des gilets jaunes français qu’avec une insurrection ou une tentative de coup d’État. En novembre 2018, les gilets jaunes avaient bien tenté d’envahir l’Élysée. La garde républicaine eût-elle été aussi empotée que la police américaine, les manifestants auraient paradé en Robespierre dans le bureau d’Emmanuel Macron. Mais ce n’aurait été qu’une parodie de révolution.

Nous avons assisté en direct au suicide politique du Dr Folamour qui a dirigé les États-Unis pendant quatre ans. Dans cette société éminemment violente qu’ont toujours été les États-Unis, le geste répond, comme en miroir, aux longues semaines d’émeutes qui ont suivi l’assassinat de George Floyd et qui ont fait, elles, une trentaine de morts. Avec la bénédiction de nombreux élus démocrates !

Il faut néanmoins reconnaître les efforts que Joe Biden a déployés pour reconquérir les États de la Rust Belt que Trump avait ravis aux démocrates en 2016. Mais ces gains ne seront que de courte durée si le président persiste à obéir à son extrême gauche en introduisant, notamment, des critères raciaux dans le programme de relance du pays. Un programme conçu, dit-il, « spécifiquement pour aider les entreprises possédées par des Noirs et des Bruns » (Black and Brown people). Des mots dignes d’un nouvel apartheid !

Peu importent les appels du président à la réconciliation, cette pensée racialiste est la recette parfaite de la guerre civile. En Oregon, le fonds de 62 millions destiné à aider spécifiquement « les citoyens et propriétaires d’entreprises noirs » est d’ailleurs l’objet de poursuites devant les tribunaux. Car cette épidémie « n’est pas une affaire de Blancs ou de Noirs. C’est l’affaire de tout le monde », a déclaré l’entrepreneur d’origine hispanique Walter Leja, qui fait partie des plaignants.

Joe Biden ne peut pas ignorer que, selon l’Institut Gallup, 74 % des Américains sont contre l’utilisation de critères raciaux dans l’embauche. Un consensus confirmé en novembre par le rejet, pour une seconde fois en 25 ans, de la proposition 16 en Californie. Soutenue par les lobbies ethniques et les grandes entreprises, elle visait à réintroduire ce qu’on nomme là-bas la « discrimination positive » dans l’emploi, l’éducation et l’octroi des contrats publics.

Or, cette réaffirmation des principes d’égalité républicaine ne vient pas cette fois des perdants de la mondialisation, ceux-là mêmes qu’Hillary Clinton avait qualifiés de « déplorables ». Elle vient de l’un des États les plus modernes, les plus multiethniques et qui est de plus un fief démocrate. Aux États-Unis, l’attachement au principe de l’égalité républicaine dépasse de loin les 74 millions d’électeurs de Donald Trump. Il est même un des fondements du pays. Biden ne pourra pas le renier sans en subir les conséquences.

« Réconcilier l’Amérique », cela ne se fera pas non plus en légitimant la censure pratiquée par ces milliardaires du numérique alliés aux démocrates qui, du haut de leur supériorité morale, ont supprimé les comptes d’un président démocratiquement élu. Cette nouvelle alliance de la « cancel culture » avec les magnats des GAFA a de quoi faire se retourner dans leurs tombes tous les « progressistes » d’hier et d’avant-hier.

Joe Biden ne doit pas se tromper sur les raisons qui lui ont permis de l’emporter de justesse au Sénat et au Congrès. Si les Américains ont voulu se débarrasser d’un président égocentrique, incohérent et narcissique, ils n’ont pas plébiscité la politique racialiste et la culture de l’Index que caresse la gauche du Parti démocrate.

Réconcilier l’Amérique suppose que l’on croie dans la nation et une citoyenneté qui ne soit pas fondée sur des critères raciaux. Faute de tenir compte de ces avertissements, l’épisode Biden pourrait bien prendre fin dans deux ans, à l’occasion des élections de mi-mandat. Et la guerre civile larvée symbolisée par l’émeute du Capitole se poursuivra de plus belle.

74 commentaires
  • André Joyal - Inscrit 22 janvier 2021 00 h 24

    «...il faut une imagination débridée pour comparer ces personnages de carnaval venus faire des égoportraits (...) aux marins de Kronstadt,...)

    Heureux de vous retrouver M. Rioux. Comme toujours, je suis d'accord avec vous. Jamais je n'ai pris ces hurluberlus pour des assassins. Leur leader, le shaman aux cornes de bison s'est contenter de gueuler, de grimacer et de faire des vocalises en étant haut perché.

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 janvier 2021 08 h 15

      Ils ont quand même tué un policier...

    • Françoise Labelle - Abonnée 22 janvier 2021 08 h 23

      Leur führer (leader) se délectait du spectacle sur son écran plat, M.Joyal, après avoir lancé: «Ensemble, marchons sur le Capitole pour mettre au pas la démocratie». Il a encouragé cette secte qui a gâché des vies (décès et pertes d'emplois). Mais c'est ç qui est ça (Trump devant la covid).
      S'ils s'étaient contentés de gueuler à l'extérieur, on n'en ferait pas tout un plat. Les arrestations vont bon train. Attendons avant de juger préremptoirement. La secte du Q s'effondre devant la tempête qui ne vient pas («The storm» référence à Der Stürmer des années 30?).

    • Brigitte Garneau - Abonnée 22 janvier 2021 09 h 05

      Avoir de l'imagination n'est pas toujours signe d'un bon jugement...

    • Pierre Fortin - Abonné 22 janvier 2021 10 h 54

      Madame Labelle,

      Je ne crois pas qu'on puisse parler de coup d'État pour la bonne raison que les vandales qui ont investi le Capitole n'avaient aucun moyen de s'accaparer des pouvoirs de l'État, ou alors il faudrait démontrer comment ils auraient pu y arriver. Si les agents de sécurité avaient été à la hauteur de leur tâche, personne ne serait même entré dans l'enceinte et il n'y aurait probablement pas eu mort d'homme. Les images de l'intérieur du Capitole montraient aussi des gens qui défilaient lentement et en bon ordre à l'intérieur du couloir balisé par des cordons de velours !

      Il y a pourtant bel et bien une véritable contestation populaire dans tout le pays et Joe Biden ne peut pas l'ignorer comme il a ignoré Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez dans la composition de son cabinet. Ce qui est perçu comme un outrageant pied de nez à la jeunesse du parti qui a permis son élection en suivant le conseil de Sanders qui recommandait de voter Biden afin d'évincer Trump.

      Les médias, trop occupés à couvrir les cérémonies du 20 janvier, n'ont pas signalé les manifestations qui se déroulaient au même moment à Denver, Seattle, Portland ou Sacramento, et où on scandait « We are not governable », « a new world from the ashes » ou encore « Inaugurate justice and defend Black lives ». Il ne faudrait pas les ignorer encore trop longtemps ni compter sur les GAFA pour les faire taire.

      D'autre part, l'opinion à l'étranger montre clairement que l'étoile US a pâli et qu'il sera difficile à Joe Biden de continuer à prétendre "diriger le monde", comme il l'a promis en campagne, sans d'abord reconstituer l'État démocratique modèle que les États-Unis prétendent être. Donald Trump n'était qu'un vecteur de cette mouvance, qui ne rentrera pas si facilement dans sa niche, et il faut espérer que quelqu'un de plus présentable et plus déterminé ne prenne pas la relève pour profiter de cette masse contestataire qui ne cherche qu'un leader.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 janvier 2021 11 h 25

      Mme Labelle sur la secte du Q:

      https://quebec.huffingtonpost.ca/entry/theorie-complot-qanon-investiture-joe-biden_qc_60089b2bc5b6df63a91c9d4c?guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6Ly93d3cuZ29vZ2xlLmNvbS8&guce_referrer_sig=AQAAACrtU8hnM431XFSZHn1bAcTZpEdKAr6a9U8KtLqlj30QAe86po5xJEbp9mU7ajbaToBwa1o88EtJc0CWGKZAZmgzQMH53C6UzAaO_9-BWZzLzVdL4pRJlCTlV_fjp0SldLnWN7H8IAiSDDpN7PR3qmzANd1yWWiVCtZK96o7cKqQ

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 janvier 2021 11 h 48

      M. Joyal écrit:" Comme toujours, je suis d'accord avec vous. Jamais je n'ai pris ces hurluberlus pour des assassins. Leur leader, le shaman aux cornes de bison s'est contenter de gueuler, de grimacer et de faire des vocalises en étant haut perché.".

      Désaccord total sur votre affirmation.C'était une insurrection voulant mener à un coup d'État! Ces gens-là,pompés par Trump, voulaient empêcher la reconnaissance des résultats électoraux; certains voulaient même lyncher Pence pcq il était présent et avait refusé la demande de Trump de bouder la reconnaissance des résultats électoraux. Le rôle du chef d'État Trump consistait à protéger et les lieux et la constitution=résultats électoraux=démocratie.

      J'apprécie souvent la chronique de M. Rioux; mais, pas cette fois-ci.Au fait, il a oublié de nous dire si, selon lui, l'élection avait été *usurpée*, s'il appuyait Trump et les siens sur fait que l'élection aurait été volée.S'il était d'accord à ce que Trump soit absent lors de la passation des pouvoirs?

    • Bernard Plante - Abonné 22 janvier 2021 12 h 24

      Le policier tué au Capitole a été battu à mort par les hurluberlus.

    • Raymond Labelle - Abonné 22 janvier 2021 13 h 55

      La manifestation avait été convoquée ce jour-là précis parce que c'était le jour où Mike Pence, après un protocole de compte des votes des grands électeurs, déclarait Biden élu. C'est le rôle dévolu au vice-président par la Constitution. Tant que ceci n'est pas fait, Biden (dans ce cas-ci) ne peut être déclaré élu. Normalement, ceci est un protocole de routine officialisant le résultat du vote des grands électeurs constitutionnellement.

      Quelques jours avant, Trump avait tenté de persuader Pence de ne pas jouer son rôle constitutionnel pour empêcher Biden de devenir président. Pence a refusé. C'est un peu comme ici demander à la gouverneure générale de ne pas assermenter le chef du parti ayant obtenu le plus de sièges au Parlement comme premier ministre pour l'empêcher de devenir premier ministre.

      L'idée même de la manifestation était de s'opposer à ce protocole au jour et lieu où il se tenait. D'où l'importance de Pence. Et aussitôt que la foule est entrée dans le capitole, Trump, qui suivait les événements à la télévision, a désigné Pence à la plèbe par un tweet disant que Pence "“didn’t have the courage to do what should have been done”. Il devait savoir que cela ouvrait la chasse à Pence par la plèbe. Qui aurait pu y laisser sa peau. Il a été à quelques secondes de se faire trouver par la plèbe, et la ruse d'un policier l'a sauvé. La foule clamait, pendant la manifestation "Hang Pence". Le clan Trump, en sécurité dans le West Wing et regardant la chose à la télé, ne répondait pas aux appels des républicains assiégés et Trump a attendu six heures avant de faire un timide appel au calme.

      Détails sur la violence et l'organisation des manifestants dans d'autres interventions.

      Pence, dans son message d'adieu comme vice-président, ne nomme pas Trump et le site ne comprend aucun photo de Trump. On le comprend. Pence, un témoin de première ligne, n'est probablement pas d'accord avec l'évaluation de Rioux: "manifestants de carnaval".

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 janvier 2021 14 h 58

      En conclusion à M. Joyal. Personnellement, je suis TRÈS préoccupé par le climat créé par Trump, durant 4 ans.Souvenons-nous qu'il encourageait son monde à aller s'attaquer à une élue démocrate. De plus en plus d'élus, dans les assemblées législatives, auront peur pour leur sécurité.

      Mettons-nous dans la peau d'un sénateur républicain qui va voter pour la destitution de Trump!

      Donc, pas d'accord avec M. Rioux qui banalise l'insurrection du 6 janvier: elle se situe dans un contexte créé par l'autocrate *népotiste*. depuis 4 ans.

      Ce n'est pas pour rien que la passation des pouvoirs s'est passée dans un contexte de protection policière et militaire extrême. Ces gens-là,armés dans beaucoup de cas, sont allés pour empêcher la reconnaissance des résultats électoraux. Moi, j'appelle cela de l'insurrection en vue d'un coup d'État. Et ce qui est très grave:le chef d'État n'a pas vu à faire protéger le Capitole et ses occupants; alors qu'un évènement majeur allait se produire: la reconnaissance OFFICIELLE de la défaite dudit chef d'État.

    • Sylvain Bruneau - Abonné 22 janvier 2021 19 h 54

      Monsieur Rioux, je ne suis pas d'accord avec vous. Il était temps que Twitter, Facebook, etc, le censurent, car on ne peut laisser propager la haine et détruire une démocratie avec tant de mensonges, Il faut tenir compte du contexte lorsque l'on parle de liberté d'expression. La notion de « liberté d'expression » ne justifie pas tout et n'importe quoi. Sylvain Bruneau

    • Pierre Grandchamp - Abonné 23 janvier 2021 08 h 38

      Dans ma conclusion, j'ai omis de rappeler les 2 appels faits par le *roi détrôné* au responsable répulicain de Géorgie afin que ce dernier falsifie les résultats dans cet État.

  • Nadia Alexan - Abonnée 22 janvier 2021 01 h 05

    La citoyenneté requiert l'égalité et la justice sociale.

    Vous avez la tendance de tout mélanger, monsieur Rioux. «Réconcilier l’Amérique suppose que l’on croie dans la nation et à une citoyenneté qui ne soit pas fondée sur des critères raciaux». Par contre, les suprémacistes qui ont pris d'assaut le Capitol sont des racistes qui ne veulent pas partager la citoyenneté avec les noirs. Il ne faut pas oublier, non plus, qu'au moins la moitié de ces gens qui ont voté pour Trump sont des évangélistes intégristes qui sont toujours contre la justice sociale.
    Vous ne pouvez pas comparer les gilets jaunes aux suprémacistes racistes des États-Unis, au moins les premiers savaient contre qui diriger leur colère. Par contre, les insurgés du Capitol ont dirigé leur appui au gouvernement Trump qui les a trahis.
    La seule façon de réformer les États-Unis serait de se débarrasser des barons voleurs, les milliardaires, qui ont pris en otage le gouvernement américain et d'instaurer des services publics dignes de ce pays riche.

    • Daniel Lavigne - Abonné 22 janvier 2021 11 h 58

      Peut-on être trumpiste, évangéliste et non raciste? Amalgame, vous dîtes?

  • Jean Laporte - Inscrit 22 janvier 2021 01 h 40

    Milice

    L'analogie avec les gilets jaunes est boiteux, puisque ces derniers ne sont pas ancrés dans l'histoire du pays comme les milices de Trump. Si l'occupation du congrès et une intervention d'une section des forces armées s'étaient matérialisés avec un laissé faire de la cour suprême alors 1933 serait partie prenante de l'équation.

  • Serge Trudel - Inscrit 22 janvier 2021 02 h 22

    Les Américains n'ont fait que reculer pour mieux sauter dans 2 ans et surtout 4 ans

    Au vu de l'extrême polarisation politique actuelle aux États-Unis, il m'apparaît évident que la tentative de réconciliation de Joe Biden est déjà dès maintenant tout à fait vouée à l'échec. Je ne doute pas de sa sincérité ni de sa bonne volonté, mais un proverbe dit avec justesse que l'enfer est pavé de bonnes intentions...

    Grâce à la majorité de facto au Sénat que lui permet d'obtenir sa vice-présidente Harris qui agit en tant que présidente de la Chambre Haute pour départager l'égalité 50-50 républicains-démocrates, Biden va pouvoir faire voter toutes les lois qu'il veut pendant les deux prochaines années, toutes des lois à la sauce sociale-démocrate qui trouveront une sanction implacable lors des élections de mi-mandat avec une possible perte non seulement du Sénat, mais aussi de la Chambre des Représentants où les républicains ont fait des gains en novembre dernier, ne l'oublions pas!

    Tout va se mettre en place, lentement mais sûrement, pour le retour de Donald Trump. La force de sa réapparition sera proportionnelle au mauvais état de l'économie et de l'état sanitaire du pays relativement à l'éradication ou non de la COVID-19 dans deux ans alors que s'amorcera la course présidentielle de 2024.

    Bravo à M. Rioux qui fait preuve d'une très belle objectivité en mentionnant les émeutes raciales soutenues à fond de train par les démocrates pour déstabiliser Donald Trump avec comme conséquence une trentaine de morts dont les médias traditionnels n'ont pratiquement et curieusement pas parlé. Par contre, les cinq morts survenus au Capitole, alors là, bien évidemment, pour CNN et compagnie, il s'agit là d'un holocauste semblable à Hiroshima et à Nagasaki réunis!

    Donald Trump est en ce moment en Floride, vaquant tranquillement à ses affaires et jetant de temps à autre un regard attentif du côté de Washington. Il sait pertinemment que le temps joue pour lui. Et que déjà, les jours de Joe Biden sont comptés, au sens propre comme au sens figuré!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 janvier 2021 08 h 54

      M. Trudel,

      Pourriez-vous nous expliquer, avec des faits, ce que vous vouliez dire quand vous avez parlé d'une élection "usurpée"?

      Quant aux "cinq morts survenus au Capitole", cela s'inscrit dans le contexte où cette insurrection avait été suscitée par Trump lui-même.Or, il y a 4 ans, il avait prêté serment qu'il protégerait la constitution. Ce qu'il n'a pas fait:il a semé de la dynamite, puis est allé savourer son plaisir en regardant le tout à la télé. Or, son rôle de chef de l'État consistait à protéger la démocratie en train d'être mise en danger; pire que cela il a incité Mike Pence à ne pas reconnaître les résulats officialisés dans les 50 États.

      Sur quoi vous basez-vous pour affirmer que BIden a "usurpé l'élection"?

      Vous écrivez: "Il sait pertinemment que le temps joue pour lui." Je pense totalement le contraire: je pense qu'Il en en train de diviser le GOP.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2021 10 h 06

      Excellente analyse. Vous avez raison M. Trudel, il n’y aura pas de réconciliation. Les États-Unis représentent tous les extrêmes, que ce soit des croyances religieuses aux théories économiques. Il y a eu une brisure en 2008 que personne ne parle aujourd’hui. La mission de Biden est vouée à l’échec depuis le début.

      Oui, les démocrates essaieront de passer leur agenda libéral qui déplait à 75% de la population. Ils vont accentuer cette brisure sociétale et cette polarisation qui est plus qu’évidente aujourd’hui. Les élections de mi-mandats en 2022 seront un témoignage marquant de l’échec de celui qui était arrivé au 75e rang sur 82 d’une université de 2e ordre. Cela, si les USA existent encore dans leur format présent. En passant, il a toujours affirmé qu’il avait été un premier de classe et qu’il avait plusieurs diplômes alors qu’il en avait qu’un seul en science politique.

      Ce qu’ils oublient à propos de la crise sanitaire et des vaccins, tous seront surpris si 25% de la population américaine sera vaccinée d’ici un an. Même chez les démocrates, il n’y a même pas 50% qui vont accepter de se faire vacciner. Chez l’autre moitié de la population, oubliez cela. Alors, cette crise sanitaire perdurera et Biden sera pointé du doigt. Au niveau économique, c’est un fiasco annoncé.

      Oui, la prise de la bastille américaine par les va-nu-pieds des campagnes a été grandement exagérée au bon plaisir de l’élite et l’establishment aux souliers cirés du 1%. Les émeutes raciales aux États-Unis ont détruit des quartiers au complet et le nombre de victimes se compte par dizaines. Cet été, ils demandaient que les policiers posent un pied à terre durant ces émeutes, restent les bras croisés et pourtant, ils appellent l’armée lorsqu’il s’agit des protestataires à droite.

      Oui Trump sait que les jours de Biden sont comptés. C’est pour cela qu’il leur a ironiquement souhaité bonne chance. Tous ont oublié que le « Donald » peut se présenter au Sénat en 2022.

    • Daniel Lavigne - Abonné 22 janvier 2021 12 h 00

      Merci de votre texte M. Trudel.

    • Bernard Plante - Abonné 22 janvier 2021 12 h 22

      Il semble bien que les trolls qui ont perdus leurs plateformes complotistes (mais pas encore leur poste à la radio) aboutissent maintenant sur Le Devoir pour nous partager leur grand savoir. M. Dionne a de la compagnie. Décidément on n'est pas sortis de l'auberge.

      Ce qui attriste le plus est de penser que les échanges argumentés et constructifs partagés par les lecteurs (abonnés) du Devoir, qui généralement alimentent la réflexion et le débat, seront dorénavant, jour après jour, systématiquement parsemés de mantras pro-Trump et d'arguments fallacieux répétés ad nauseam.

  • Serge Lamarche - Abonné 22 janvier 2021 05 h 16

    Racisme et sexisme

    La discrimination positive est aussi du racisme et du sexisme. C'est dommage qu'il faille faire ça.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2021 10 h 40

      Non M. Lamarche, on n’est obligé de faire cela. Vous ne réparez pas un tort par un autre. Deux négatifs donnent seulement un positif en mathématique. Dans les relations humaines, cela ne fait qu'amplifier le gouffre qui nous sépare, polarisation oblige.

    • Serge Lamarche - Abonné 22 janvier 2021 15 h 35

      C'est aussi mon avis. Mais il faudrait éliminer le racisme et le sexisme pour que ça fonctionne. Ça ne se fait pas vite.