Les «épiphanies» en chaîne

Guy Nantel pouvait difficilement résister à la tentation de rendre la monnaie de sa pièce à Paul St-Pierre Plamondon, selon lequel les blagues de son rival humoriste sur les femmes victimes d’agressions sexuelles lui enlèvent toute crédibilité pour en prendre la défense.

« Est-ce qu’on peut défendre une firme fédéraliste, puis espérer ensuite être pris au sérieux pour incarner un projet d’indépendance » ? a commenté M. Nantel, quand La Presse lui a demandé de commenter les informations selon lesquelles M. St-Pierre Plamondon faisait partie de l’équipe d’avocats chargée d’assurer la défense du Groupe Polygone, qui avait reçu plus de 40 millions du gouvernement fédéral dans le cadre du tristement célèbre programme des commandites, créé pour faire la promotion de l’unité canadienne durant les années qui ont suivi le référendum de 1995.

Le collègue Mathieu Bock-Côté a reproché à M. Nantel d’être tombé dans le piège des fédéralistes en participant à cette « job de bras », mais une course à la chefferie n’est pas une partie de dominos. Quand on donne des coups, il faut s’attendre à en recevoir. Philippe Couillard ne savait pas qu’Arthur Porter était un escroc quand il s’est associé à lui, ce qui n’a pas empêché Raymond Bachand de lui en faire le reproche durant la course à la chefferie du PLQ en 2013. M. Bachand a fini dernier. Il appartiendra aux membres du PQ de faire la part des choses.

Dans la note biographique publiée sur le site du PQ, cette étape de la carrière de M. St-Pierre Plamondon est évoquée succinctement. On peut y lire qu’il a pratiqué au sein de l’étude Stikeman Elliott et que « c’est dans le cadre de sa pratique dans ce grand cabinet que Paul a été impliqué dans les poursuites civiles découlant du scandale des commandites, expérience qui a contribué à lui ouvrir les yeux sur la réalité du Québec au sein du Canada ».

Invoquant son devoir de confidentialité envers un ancien client, M. St-Pierre Plamondon a expliqué qu’il était un avocat junior à l’époque et qu’il n’avait pas plaidé personnellement devant la cour, même s’il était impliqué dans plusieurs requêtes présentées au nom du Groupe Polygone, notamment celle visant à forcer le journaliste du Globe and Mail, Daniel Leblanc, à dévoiler l’identité de la source qui lui avait permis de révéler le scandale.

 

Dans notre régime de droit, défendre des criminels fait partie du travail des avocats, et le petit dernier dans un grand bureau ne peut pas se permettre de faire la fine bouche. Soit, il aurait pu refuser cette affectation au risque de compromettre la suite de sa carrière, mais c’était beaucoup demander.

Il est vrai que les crimes commis dans le cadre du programme des commandites n’étaient pas des escroqueries comme les autres. Ils s’inscrivaient dans une opération politique qui demeure le symbole de l’immoralité du camp fédéraliste aux yeux des souverainistes. Même ceux qui souhaitaient voir le Québec demeurer au sein du Canada n’ont pas été très édifiés par ce qu’ils ont entendu durant les audiences de la commission Gomery.

Se présentant comme un ancien fédéraliste déçu, M. St-Pierre Plamondon dit avoir eu une « épiphanie » en découvrant les rouages du scandale et que cela avait été déterminant pour la suite de son parcours politique. Il vaut sans doute mieux tard que jamais, mais force est de constater que cet homme est particulièrement sujet aux « épiphanies ». C’est moins sa participation à la défense du Groupe Polygone que cette propension aux virages qui est quelque peu troublante.

 

Au fil des ans, son discours a été pour le moins sinueux. Dans son essai intitulé Les orphelins politiques, publié en 2014, prélude à la création d’un nouveau mouvement du même nom qui se voulait transpartisan, il qualifiait la souveraineté de « trou noir » occultant toute autre proposition, notamment progressiste. Dans son esprit, il fallait évacuer la question nationale du paysage politique tant que la population ne manifesterait pas le souhait qu’elle lui soit posée à nouveau.

Lors de la course à la chefferie de 2016, il proposait de reporter la tenue d’un référendum à un deuxième mandat, à la condition que 20 % des Québécois signent un registre à cet effet et que les sondages indiquent un appui au Oui d’au moins 45 %. Même Jean-François Lisée, que plusieurs trouvaient déjà trop timoré, ne manifestait pas une telle prudence.

En janvier dernier, moins de deux mois après un congrès extraordinaire où les militants péquistes avaient clairement indiqué leur volonté de remettre résolument le cap sur l’indépendance, il publiait dans Le Devoir un texte dans lequel il affirmait que le Québec entrait dans un nouveau cycle politique où la question pouvait à nouveau être posée.

Quinze mois après que le PQ eut subi la pire défaite de son histoire et à un moment où l’attrait pour la souveraineté était à son plus bas, il disait sentir « une réserve inexploitée d’énergie en faveur du pays ». Quelqu’un sent-il que la population brûle d’envie de se prononcer à nouveau sur l’avenir politique du Québec ? On ne peut que se demander quand viendra la prochaine « épiphanie ».

50 commentaires
  • Francois Ricard - Abonné 22 septembre 2020 05 h 47

    Un référendum sur l'indépendance= une perte de temps

    Bien des gens, même des chroniqueurs politiques,prêtent au référendum sur l’indépendance du Québec des vertus qu’il n’a pas.Un référendum est une consultation populaire qui n'a aucune portée juridique. Un gouvernement n'est pas tenu d'y donner suite. S'il y donne suite, il doit d’abord demander à l'Assemblée nationale de le mandater pour entamer soit une négociation constitutionnelle avec le fédéral soit une déclaration immédiate d'indépendance.Cette deuxième option serait vivement rejetée par les instances et canadiennes et internationales.Ce que M. Bastien propose c'est de tout simplement ignorer un référendum inutile et demander immédiatement à l'Assemblée nationale un mandat de négocier.Malheureusement, jusqu'à maintenant, il n'a pas su bien exposer son approche.

  • Jean Lacoursière - Abonné 22 septembre 2020 06 h 38

    Michel David écrit :

    « Même ceux qui souhaitaient voir le Québec demeurer au sein du Canada n’ont pas été très édifiés par ce qu’ils ont entendu durant les audiences de la commission Gomery. »

    « Même ceux... . » Oui, et on sait que ça leur en prend beaucoup !

  • Claude Bariteau - Abonné 22 septembre 2020 07 h 12

    L'appui financier reçu de l'ex-PM Bouchard, qui voit en lui une relève de la jeunesse, fut aussi un adepte d'épiphanies qui fit de la souveraineté l'assise de ses engagements comme de ses retenues en 1995 à l'époque où l'indépendance n'était pas la cible première du PQ bien que l'article premier. Le congrès de 2019 l'a réaffirmée en signalant que la gestion provinciale n'était pas une option.

    M. Plamondon a adapté son discours en conséquence avec verve et cohérence pour s'investir à la tête d'un PQ au pouvoir à préparer le référendum qu'il entend tenir dans un premier mandat comme M. Lévesque. Son approche fait par contre abstraction de la loi de clarification et élague une démarche comme celle de l'Écosse après entente avec le Royaume-Uni à défaut de laquelle tenir une élection plébiscitaire se justifierait en référant à la loi 99.

    La même question se pose aux trois autres candidats, y compris M. Bastien qui n'entend pas tenir un référendum dans un premier mandat. Tous les quatre raisonnent comme en 1995 et font abstraction de la loi de clarification qui pend comme une épée de Damoclès sur la tête du Québec et explique en grande partie la retenue du PQ en faveur de l'indépendance, sauf avec Péladeau, mais surtout l'absence d'une révision de la démarche pour créer l'État indépendant du Québec comme fondement du pays, d'une citoyenneté québécoise et d'un système politique nouveau inspiré du républicanisme et du pouvoir des citoyens et des citoyennes qui en seraient les fondateurs.

    • Francois Ricard - Abonné 22 septembre 2020 07 h 32

      Depuis plus de quarante ans, le PQ, et le Québec, est aux prises avec une formule perdante:le RÉFÉRENDUM tout de suite.
      D'abord un référendum sur l'indépendance, pour être accepté aujourd'hui par les instances internationales, devrait, au bas mot, recueillir 55% des votes avec au moins 50% de particpation de l'électorat. On ne construit pas un pays avec 50%+1. ce n'est pas vrai.
      Un référendum vient couronner les efforts inlassables et soutenus d'une population vers son indépendance. Il ne vient pas avant mais après.
      Quand le Québec agira de plus en plus hors des contraintes prévues par la constitution, il s'approchera de l'éventualité de tenir un référendum.
      L'indépendance sourd de luttes et de batailles et non d'on chapeau référendaire.
      D'autant plus qu'un référendum n'a aucune portée juridique.Ce n'est qu'une consultation.

    • Pierre Labelle - Abonné 22 septembre 2020 08 h 02

      L'indépendance se fera seulement quand une majorité sera convaincu de sa nécessité. Alors rien ne sert d'ergoter sur un référendum à tenir, ou à ne pas tenir lors d'un premier mandat, ou bien lors d'un deuxième mandat etc... Commençons donc par le commencement, parler, sortir, et convaincre. Nous oublions trop souvent que c'est avec cette formule que, de 8% du vote en 1966, nous sommes parvenus à tout près de 50% lors du référendum de 1995. Si ce n'avait été de ce scandaleux vol, nous aurions franchis la barre de ce 50%. 1966 8%, 1970 24%, 1973 30% 1976 arrivé au pouvoir, 1980 1er référendum 40% de oui et ce malgré les mensonges de PET et sa gagne, des peurs colportées etc..., 1981 reporté au pouvoir et la suite est connu de tous. Je suis indépendantiste depuis 1965 et je vais mourir indépendantiste, alors cessons s.v.p. de chercher des formules miraculeuses qui ne riment à rien. Notre baton de pèllerin et allons convaincre.

    • Patrick Boulanger - Abonné 22 septembre 2020 09 h 17

      M. Bariteau, :

      1 - qu'est-ce qu'une élection plébiscitaire exactement (majorité simple?; majorité absolue?; une élection avec un seul enjeu?; etc.)?

      2 - Pensez-vous que la France va être réticente à reconnaître l'indépendance du Québec via cette démarche, si elle s'avère gagnante?

      3 - Sur la Toile (wikipédia), on souligne que vous êtes pour la démarche vers l'indépendance du Québec qui consiste à mettre de l'avant « une élection décisionnelle, où les candidats des partis indépendantistes obtiendraient la majorité des voix et des sièges à l'Assemblée nationale du Québec ». Est-ce exact cette information? Le cas échéant, est-ce la même chose qu'une élection plébiscitaire?

    • Cyril Dionne - Abonné 22 septembre 2020 09 h 52

      M. Bariteau, la loi de clarification qui pend comme une épée de Damoclès sur la tête du Québec n’a pas été adoptée par l’Assemblée nationale, mais par un gouvernement étranger. Elle est nulle et non avenue dans la maison du peuple. Pardieu, il va falloir savoir s’affirmer un de ces jours et non pas de suivre à la lettre les « bullies » fédéralistes et multiculturalistes d’Ottawa. Une petite pédagogie des opprimés s'impose.

      « Let's kill all the lawyers », cette fameuse ligne de William Shakespeare du personnage « Dick » dans Henri VI en dit beaucoup. C’est pour cela que les avocats sont tributaires des professions que les gens aiment le moins et cela, depuis la nuit des temps dû à leurs contorsions éthiques.

      Ceci dit, c’était de bonne guerre que Guy Nantel fasse le reproche à Paul St-Pierre Plamondon suite à ce que ce dernier lui avait dit durant le 2e débat. Misère, comme si M. Nantel ne pouvait pas faire la différence entre ses spectacles et la réalité. Si tel est le cas, Yvon Deschamps serait en prison aujourd’hui comme la plupart des humoristes de son époque. Aujourd’hui, on doit composer avec cette hypocrisie de la très sainte rectitude politique qui n’est qu’une censure immonde et une dictature de la pensée.

      Enfin, M. St-Pierre Plamondon devait aussi travailler après avoir fait des études d’avocat. Et les bureaux d’avocats qui sont les plus riches sont toujours ceux qui se salissent les mains le plus souvent et où l’éthique qui est élastique est un concept abstrait d’où brille une lumière clair-obscur qui s’appelle l’argent.

      Mais comme pour M. David, je suis toujours très méfiant envers ceux qui changent d’idée ou d’option comme ils changent de chemise. On appelle cela des girouettes, mais en politique, ils sont sujets à la majorité et non la minorité. Oui, misère.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 septembre 2020 10 h 28

      M. Ricard, le référendum dans le système politique canadien hérité du Royaume-Uni est une consultation. C'est vrai de sorte qu'il revient aux parlementaires de procéder ou non.

      Quant à l'obtention de 55%, ce fut un cas particulier, celui du Monténégro qui, voulant adhérer à l'UE, se suggérer par ses représentants d'accepter la règle anti-démocratique de 55% avec un minimum de 50% de votes pour en faire partie et non pour être indépendant puisque le président Filip Vujanovic a accepté de faire les choses comme le souhaite Bruxelles parce que, pour lui, l'Union européenne est l'avenir du Monténégro et qu'il estimait que les Monténégrins choisiront l'indépendance à plus de 55%, ce qui fut le cas.

      Il s'agit d'un cas d'espèce qui impliquait que l'UE, derrière la création de l'union Serbie-Monténégra, entendait s'assurer qu'il y ait une volonté forte même si ce pourcentage, qui donnait un pouvoir supérieur aux opposants, allait à l'encontre des règles internationales dans de tels cas.

      Quant aux autres points que vous soulevez, c'est votre analyse. Agir hors des contraintes de la constitution canadienne implique de jouer sur une autre patinoire que celle du Canada, qui est provinciale. Dans ce cas, je vois mal comment le faire sans l'aval de la population du Québec. Messieurs Lévesque et Parizeau ont cherché cet aval par un référendum. Il est aussi possible de l'avoir lors d'une élection plébiscitaire, qui est reconnue comme plus valable qu'un référendum parce qu'elle mandate les parlementaires élus à procéder.

      C'est ainsi que fut nationalisée l'hydroélectricité au Québec après l'élection plébiscitaire de 1962.

    • Patrick Boulanger - Abonné 22 septembre 2020 10 h 38

      @ M. Ricard

      À quels instances internationales pensez-vous exactement? Où prenez-vous votre 55%? Un résultat de 50% plus un ne me semble pas idéal, mais exiger 55% me paraît être une tactique déloyal pour tenter de faire perdre un adversaire.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 septembre 2020 12 h 04

      Un plébiscite porte sur une question principale, qui serait l'indépendance. Une élection décisionnelle, où les candidats des partis indépendantistes obtiendraient la majorité des voix et des sièges à l'Assemblée nationale du Québec est du mêm ordre, la décision portant sur la réalsiation de l'indépendance.

      Ce sont deux appellations analogues. Un plébiscite implique une majorité d'électeurs en faveur de l'objet du plébiscite. Il y a alors mandat donné aux parlementaires élus de procéder. Idem pour une élection décisionnelle.

      S'agissant de la France, si l'objet et les résultats sont clairs, je ne vois pas pourquoi ses dirigeants hésiteraient puisqu'il y a une décision du peuple et mandat donné aux parlementaires.

      En politique internationale, les décisions se prennent devant les faits.

    • Patrick Boulanger - Abonné 22 septembre 2020 12 h 47

      @ M. Bariteau

      Les adversaires d'une élection plébiscitaire ou décisionnelle pourraient souligner, avec raison, qu'il y a plusieurs enjeux lors des élections et que les électeurs votent bien souvent pour un parti en s'appuyant sur différentes raisons. Conséquemment, cela laisse une grande ouverture à l'interprétation des résultats qui peut être plus ou moins clairs selon les points de vue. Qu'en pensez-vous?

      Y a-t-il une différence entre une élection décisionnelle et une élection plébiscitaire?

    • Christian Roy - Abonné 22 septembre 2020 14 h 15

      @ M. Dionne,

      Vous écrivez: "Mais comme pour M. David, je suis toujours très méfiant envers ceux qui changent d’idée ou d’option comme ils changent de chemise. On appelle cela des girouettes, mais en politique, ils sont sujets à la majorité et non la minorité. Oui, misère."

      Sauf s'il s'agit de Trumpy. Voir ses déclarations de 2016 et celles de 2020 concernant la désignation d'un juge à la cour suprême USA lorsqu'un poste devient vacant en année d'élections. Trumpy modèle 2016 dit EXACTEMENT le contraire que Trumpy 2020. Vous avez dit girouette ??? Girouette au milieu d'un ouragan du Golfe !

      On peut conclure qu'il se fie à une minorité d'Américains pour conserver son siège en cuirette. C'est aussi bien ça de pris.

      Toujours "For More Years" ?

    • Raymond Labelle - Abonné 22 septembre 2020 15 h 29

      Plomberie.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 septembre 2020 16 h 36

      M. Boulanger, si l'objet central de l'élection est de trancher entre l'iindépendance ou la dépendance, un appui de 50% + 1 sera clair. N'oubliez pas qu'il y a deux partis en faveur de l'indépendance et des souverainistes devenus caquistes de circonstances. Dans une élection décisionnelle ou plébiscitaire, le PLQ refusera l'indépendance. Le PQ, QS et peut-être la CAQ opteront pour l'indépendance. Nous sommes en 2020 et il y a des élections en 2022. SI le PQ met de l'avant l'approche que je présente et prend le pouvoir, il sera en position de chercher une entente avec le Canada sur un référendum et, à défaut d'une entente qui respecte la loi 99, il pourra tenir une élection plébiscitaire ou décisionnelle en fin de mandat.

  • André Binette - Inscrit 22 septembre 2020 07 h 26

    André Binette

    M. Bariteau, nous n'avons pas du tout la même interprétation de la Loi sur la clarté. Elle ne présente aucun obstacle juridique majeur à l'indépendance du Québec. Elle sert surtout à intimider sur le plan politique, et je vois que dans votre cas elle a réussi.

    • Patrick Boulanger - Abonné 22 septembre 2020 10 h 25

      Aucun obstacle juridique majeur, vraiment? La Loi sur la clarté n'est pas claire et n'importe quel observateur de bonne foi peut aisément anticiper la forte (!) possibilité que le fédéral rejette une éventuelle victoire du OUI avec une majorité absolue (50% des voix plus un) puisque cette loi ne nous indique pas à partir de quel pourcentage une victoire pour l'indépendance serait valide (est-ce 51%?; est-ce 55%?; est-ce 60%?; etc.).

    • Claude Bariteau - Abonné 22 septembre 2020 10 h 50

      La loi de clarification n'a rien d'un obstacle juridique, mais tout d'une épée de Damoclès brandie. Elle ne m'a pas intimidé. Elle m'a plutôt incité à contrer poilitiquement cette épée en procédant comme l'Écosse qui s'est entendue sur un référendum de sortie du Royaume-Uni et y est parvenue parce qu'elle est une des nations constitutives de ce royaume.

      Le parlement catalan a privilégié l'élection plébiscitaire devant les refus de l'Espagne de considérer la tenur d'un réféférendum. Ce fut sans succès.

      L'Écosse, par contre, pourrait recourir à ce type d'élection après la finalisaiton du Brexit puisque l'entente du référendum de 2014 impliquait son retrait du décor pour une génération.

      Or, la situation changera. L'Écosse, qui prône le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, se trouvera coincé dans le Royaume-Uni, ce qui aura des incidences sur son économie et ses politiques sociales.

      Pour moi, la dimension juridique de la loi de clarification, si elle n'est pas un obstacle, a dissuadé des chefs péquistes à oser, à plus forte raison bien des Québécois et des Québécoises. Aussi, je pense qu'il faille précider ce qu'est un pays, les pouvoirs d'un État indépendant et le système politique, surtout la place centrale qu'y joueront les futurs citoyens et les futures citoyennes de cet État pour définir leur devenir au Québec, mais aussi une démarche qui y mène sans cette épée au-dessus de leur tête parce qu'elle annonce que ce sera le Canada qui décidera du pourcentage requis de votes, du pourcentage de OUI, de la valeur de la question, de la négociation de la succession des pouvoirs, et cetera.

  • Samuel Prévert - Inscrit 22 septembre 2020 07 h 28

    Et alors ?

    Plamondon a cheminé... mieux vaut ça qu'un Legault qui renie ses convictions.

    • Patrick Boulanger - Abonné 22 septembre 2020 10 h 11

      S'il continue de cheminer, on ne sait pas où cela va le mener. Peut-être à la même place que M. Legault?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 22 septembre 2020 13 h 23

      @ SP J'allais dire la même chose...

      Et, j'ajoute ceci: Le journalisme d'opinion (sic) de M. Michel David...me semble voler bien bas aujourd'hui.
      Je me pose la question... ?

      Utiliser le pouvoir des mots, est chose qui doit se faire dans un sens éthique... (celui du journaliste et, des médias qu'il utilise.)
      Le Devoir possède-t-il un éthicien...maison.?
      La phrase assassine qu'il utilise à la toute fin de l'article...vaut le questionnement..

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