Le naufrage d’une démocratie

Longtemps une référence pour le reste du monde, à la fin des années 1940 en Europe, dans les années 1950 en Asie et jusque dans les années 1980 face à l’URSS, la démocratie états-unienne bat gravement de l’aile en cette troisième décennie du XXIe siècle.

Aujourd’hui, d’un peu partout, on regarde les États-Unis et leur crise de régime avec dégoût, commisération, incrédulité… ou encore — si on adopte le point de vue de Pékin ou de Moscou — avec une joie mauvaise et l’espoir que ça continuera.

L’incroyable présidence Trump, avec ses coups de boutoir incessants contre les normes démocratiques, et les lourds nuages sur l’élection présidentielle de novembre ne sont que deux aspects d’une maladie qui s’aggrave depuis des années, voire des décennies.

Car la décadence de la démocratie américaine a commencé bien avant « l’accident électoral » de novembre 2016.

Malgré la fréquence et la gravité des transgressions trumpiennes, malgré la possibilité réelle d’une grave dysfonction électorale dans sept semaines, on aurait tort de croire qu’une défaite — même nette — de Donald Trump le 3 novembre pourrait éloigner un spectre qui n’aurait été qu’une « mauvaise passe »…


 
 

Point du tout ! La maladie est plus profonde que cela. À sa manière, Donald Trump aura été un révélateur, tout autant qu’un aggravateur de cette crise de régime, de cette décadence de la modernité tardive dont les États-Unis de 2020 forment l’avant-garde.

Voilà un pays où, depuis vingt ans, les antagonismes politiques se sont cristallisés au point qu’une moitié du pays hait l’autre, ne lui parle plus, ne la comprend même pas, voire nie son droit d’exister.

Un pays où le Sénat et la Chambre des représentants combinés ne peuvent pratiquement plus rien voter, pour cause de blocage permanent. Un pays où la division des pouvoirs s’effrite, où la Cour suprême rend de plus en plus ses décisions en fonction de lignes partisanes.

Un pays dont le processus électif, multipliant les aberrations au fil des cycles électoraux, est devenu une sinistre farce. Où il a fallu, en 2018, presque 9 points d’avance au Parti démocrate pour arracher une victoire en sièges à la Chambre des représentants ; et où, le 3 novembre prochain, Joe Biden aura besoin d’une marge supérieure à 5 ou 6 points pour gagner le Collège électoral. Un pays en proie aux attaques informatiques efficaces de puissances hostiles.

Un pays où les campus universitaires sont des camps retranchés, où lesdites « humanités », loin de la science et du libre débat, sont devenues militantes, où celui qui pense différemment est un ennemi à faire taire, voire à abattre professionnellement.


 
 

Depuis quatre ans, ça ne s’est pas arrangé…

Juste en 2020, pas moins de 50 chauffeurs enragés se sont précipités sur des manifestants pacifiques, un peu partout aux États-Unis. Des militants armés ont forcé la fermeture d’une Assemblée législative (au Michigan). Des agents des forces de l’ordre non identifiés ont poussé des manifestants dans des fourgons banalisés. Des extrémistes de gauche et de droite ont été accusés d’avoir tué des opposants politiques.

Pendant ce temps, un président en exercice dénigre activement la légitimité du système électoral, non pas pour le réformer, mais pour répéter à des partisans chauffés à blanc que toute victoire de l’ennemi « ne saurait être qu’une fraude à grande échelle ».

L’un de ses proches conseillers les plus véreux, Roger Stone, amnistié après avoir été condamné pour faux témoignages répétés dans l’enquête sur la Russie, vient de déclarer publiquement que Trump, en cas de victoire électorale de l’ennemi, devrait décréter l’état d’urgence et faire emprisonner des personnalités comme Bill et Hillary Clinton.

Il est encore possible que Donald Trump se voie réduit, dans les prochaines semaines, à son noyau dur de 40 %, et qu’une mobilisation exceptionnelle de l’autre camp lui inflige une défaite retentissante, nette et irréfutable dès le 3 novembre au soir.

Mais même un tel événement (quasi miraculeux) pourrait ne s’avérer qu’un épisode supplémentaire vers une nouvelle guerre civile, dans un pays qui n’a jamais vraiment réglé la précédente.

François Brousseau est chroniqueur d’information internationale à Ici Radio-Canada.

46 commentaires
  • Serge Trudel - Inscrit 14 septembre 2020 02 h 30

    Il faut que Donald Trump soit réélu!

    Bien sûr que Donald J. Trump a des défauts, mais qui n'en a pas? Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre!

    Il est le premier Président américain depuis nombre de décennies à ne pas avoir amorcé une nouvelle guerre ou à ne pas avoir tenté de maintenir à tout prix celles qui étaient en cours à son arrivée au pouvoir. Il a fait des efforts louables pour en arriver à des accords de paix au Moyen-Orient ainsi qu'avec le dictateur coréen Kim Jong-un, se rendant même en personne dans la zone tampon entre les deux Corées dans un geste sans précédent que n'aurait même pas pu envisager son prédécesseur surcoté au plus haut point Barack Obama.

    Avant la COVID-19, les marchés boursiers et l'économie américaine battaient records sur records. Et même au coeur de la pandémie actuelle, le Dow Jones et le NASDAQ ont retrouvé leurs sommets précédents, témoignage qui ne trompe pas sur la confiance des investisseurs en Donald Trump pour diriger de main de maître l'économie.

    Les démocrates opportunistes et toujours aussi crooked (Hello, Hillary!) ont saisi l'évément George Floyd comme point de ralliement improvisé afin de tenter de semer l'anarchie aux États-Unis dans le but exécrable et lâche de déstabiliser le pays dans le but de provoquer la chute de Trump. Celui-ci serait-il donc le créateur du racisme américain? Laissez-nous rire! Qu'a donc fait Barack durant ses huit ans au pouvoir pour corriger la situation? Beaucoup de gens l'encensent, on lui donne le Nobel de la paix alors qu'il n'a même pas fait une année à la Maison-Blanche, mais il demeure l'exemple parfait de la coquille vide de toute substance.

    Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, Donald John Trump demeure la moins pire alternative pour diriger le pays le plus puissant du monde. Imaginez-vous un seul instant Joe Biden aux commandes dans le Bureau Ovale? Très rapidement, on ne l'appellerait plus le commandant en chef, mais bien plutôt le gaffeur en chef!

    Keep America Great!

    • André Côté - Abonné 14 septembre 2020 09 h 08

      Vous avez bien raison, Donald Trump est un homme d'une honnêteté irréprochable, franc, compatissant envers ses concitoyens dans le malheur, impartial dans ses jugements, un président qui ne travaille pas que pour ses partisans mais pour tous les américains sans exception, qui s'inquiète quotidiennement du sort réservé aux communautés non blanches de son pays, qui condamne la prolifération des armes militaires parmi sa population, qui concidère le réchauffement climatique comme une urgence nationale et mondiale, qui, par surcroit, parle toujours avec respect de ses adversaires politiques et autres, un "démocrate" qui accepte volontiers les décisions prises démocratiquement, bref, le personnage idéal pour diriger le pays le plus puissant de la planète, ne croyez-vous pas?

    • Clément Fontaine - Abonné 14 septembre 2020 09 h 36

      Il est vrai que le président Donald Trump ne s'est pas attaqué aux ennemis traditionnels de la démocratie amércaine comme le l'ont fait ses prédécesseurs, surtout Barack Obama. Il a plutôt tourné le dos à presque tous ses alliés naturels, ses meilleurs partenaires commerciaux comme La Chine et, plus modestement, son voisin le Canada. Il a développé en revanche des relations fraternelles avec les dictateurs qui emprisonnent et torturent leurs opposants politiques, quand ils ne les assasinnent pas tout bonnement. Qui se ressemble s'assemble.

    • Cyril Dionne - Abonné 14 septembre 2020 09 h 40

      Il sera réélu M. Trudel le gros méchant Donald Trump.

      Ceci dit, Trump représente ce lance-grenades que les gens de l’establishment aux souliers cirés avec leurs privilèges crasses craignent plus que tout. Il ne fait pas partie de leur groupe et cela, il ne lui pardonne pas. Trump aurait dû joué selon leurs règles et perdre évidemment.

      La dichotomie entre les deux Amériques existe depuis que Thomas Jefferson s’est efforcé de pondre la constitution américaine basée sur des vrais contre-pouvoirs et que les droits étaient accouplés avec les responsabilités. L’imbroglio qui existe au Sénat et la Chambre des représentants afin de passer des lois existe depuis très longtemps. En fait, ces deux institutions qui forment le Congrès ne reçoivent que 15% d’approbation des citoyens américains presque en tout temps. Nancy Pelosi n’est certainement pas une politicienne très populaire aux États-Unis.

      Ce n’est pas une guerre civile qu’ils ont subi, mais bien deux. Tous oublient que la guerre d’indépendance était en fait une guerre civile entre républicains et loyalistes et où la plupart de ces derniers ont immigré au Haut-Canada à la fin du conflit de 1776-1783. Et durant la guerre du Vietnam, nous étions près d’une 3e.

      Enfin, c’est le Collège américain qui élit le président. Or, selon Nate Silver, l’éditeur en chef de la maison de sondage FiveThirtyEight, il faudrait que Joe Biden gagne par plus de 4,3 millions le vote populaire pour avoir 50% des chances de remporter le 3 novembre prochain. Hillary Clinton avait gagné le vote populaire par près 3 millions de votes et pourtant elle a subie toute une raclée en 2016. Selon Silver, avec 5 millions de votes d’avance, Biden aurait 75% des chances de gagner; avec 2 millions, c’est 15%. Et l’avance de 5 points de Biden selon les mêmes sondages qui avaient donnée Clinton gagnante à 92% en 2016, ce n’est pas assez.

      Trump sera réélu le 3 novembre 2020 et la guerre civile n’aura pas lieu. Désolé pour les âmes sensibles.

    • Bernard Plante - Abonné 14 septembre 2020 11 h 39

      Il est vrai qu'un bandit ayant bâti sa fortune sur une succession d'arnaques et de faillites payantes est assurément le mieux placé pour gérer l'économie!

      Si l'économie performe bien actuellement, c'est grâce principalement à l'endettement additionnel gigantesque et inédit que Trump a pigé dans la caisse à son arrivée au pouvoir afin d'injecter des milliards de fonds inexistants dans une économie moribonde. Tout cela pour faire croire que l'économie va bien alors qu'en réalité elle est artificiellement gonflée à la dette. Une économie bâtie sur du vide qui se dégonflera inévitablement lorsque la bulle boursière actuelle frappera le dur mur de l'économie réelle, qui elle est en dépression.

      Comme pour ce qui est de sa fortune personnelle construite sur des arnaques, Trump a bâti une économie artificielle à partir d'une dette qui prendra des décennies à rembourser. Et certains applaudissent sa performance. Crédule au jour, crédule toujours.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 septembre 2020 12 h 40

      A M. Trudel et « le gaffeur en chef ». La palme du « gaffeur en chef » revient à ce président qui a accumulé, à date, plus de 20 000 mensonges depuis son arrivée au pouvoir. Appuyé qu’il est par les complotistes de QAnon.

      Et, sous Trump, les plus riches ont continué à s'enrichir outrageusement; pendant que les taux de pauvreté augmentaient honteusement.
      lL s'est attaqué à l'Obamacare. Pendant ce temps-là, quelque 90 millions d'Américains n'ont aucune couverture en soins de santé.
      Pôvres évangéliques américains qui appuient ce président qui n’a aucun respect pour ses adversaires, qui insulte même des juges, qui tente de modifier le système démocratiqu, à son avantage.Incapable de respect pour la fonction qu'il occupe.. Et son attitude condamnable, du début à la fin, sur la pandémie.Fait libérer de prison un de ses amis.Tous les présidents, depuis 1970, ont rendu public leurs rapprt d'impôts; sauf ce misérable personnage!

      Triste! Quel mauvais exemple pour la jeunesse!!!

    • Claude Gélinas - Abonné 14 septembre 2020 13 h 02

      Trump n'est ni un voyou ni un escroc. Il n'y a jamais eu rien d'aussi humainement riche que Trump : connaissant tout du Gouvernement, de l'histoire, de la science, de la philosophie, de l'art, capable d'exprimer ou de reconnaître subtilité et nuance, modèle de décence et doté d'un vocabulaire riche démontrant une grande culture.

      Vous l'aurez compris j'ai écrit tout le contraire de ce qu'affirmait le New Yorker en janvier 2017,

      À cette descritiption, ajoutant son absence de racisme, son respect des femmes, des minorités et de ses alliés ainsi que son absence d'admiration des dictateurs ainsi que son refus de faire la promotion de l'environnement et des droits humains en plus ne pas admirer les militaires qui ont défendu leur pays alors que Trump en recourant à un certificat médical de complaisance lui permettant d'échapper à la guerre au Vietnam. Un grand patriote !

      Avec autant de qualités pourquoi l'Amérique se profiterait-elle du plus grand cerveau n'ayant jamais existé.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 septembre 2020 13 h 23

      A M. Trudel sur le thème du "gaffeur".

      En 2018, Donald Trump a démantelé l’unité de lutte contre les pandémies du Conseil de sécurité américain, un sujet dont il affirme tout ignorer à présent que les États-Unis sont confrontés au coronavirus.

      Il y a pire: en juillet 2019, le gouvernement a supprimé le poste d’un agent américain de la santé publique installé à Beijing, dont le rôle était d’aider à détecter les épidémies en Chine.

    • Joane Hurens - Abonné 14 septembre 2020 13 h 41

      Eh oui! Le phénomène des « trolls » frappe le Québec et même la section des commentaires du prestigieux Devoir. Aux USA, ce phénomène s’est démultiplié à l’approche des élections. La Floride par exemple pourrait bien rester aux mains des Républicains. En effet, les « Latinos » floridiens ont vu leurs réseaux sociaux pris d’assaut par des vagues sans précédent de désinformations absurdes et fantaisistes sur les candidats démocrates d’une ampleur telle que la Floride pourrait encore leur échapper. Apparemment, la Floride est dans le champ de mire de cybernautes russes en 2020 comme elle l’était en 2016. QAnon n’est pas en reste. D’ailleurs, bien hâte de savoir QUI est derrière cette machine à fabriquer un monde parallèle et des fausses nouvelles réussissant à modeler la réalité de tant de gens cherchant un sens à ce qu’il leur arrive.

      En attendant, Il s’en trouve pour traiter la situation avec légèreté. Trump adore faire damner les démocrates, dit-on. Ses frasques vulgaires! Ses tricheries électorales! Du bonbon pour leurs adversaires. C’est tellement l’fun de les faire étriver, ces démocrates de tout acabit. En attendant, Trump continue en toute connaissance de cause de tromper ses concitoyens à des fins électoralistes sur les dangers du coronavirus. Les scientifiques disent qu’avec un leadership éclairé, 150 000 américains sur les 195 000 auraient pu être sauvés. Des rigolos prétendent qu’ils allaient mourir de toute façon.

      Encore quatre années de plus de Trump à la Maison Blanche et ses « tromperies », c’est fou ce qu’on va s’amuser.

    • Françoise Labelle - Abonnée 14 septembre 2020 14 h 08

      Seule l'ironie peut accueillir ces propos surréels, et ça ne manque pas.

      On se demande bien quel profit un citoyen non américain peut trouver dans «les USA avant le reste du monde» (über alles).
      Des tarifs supplémentaires? L'imposition de sanctions qu'on le veuille ou non? On ne participe pas à l'élection du roi du monde. C,est votre conception de la démocratie?
      Force est donc de conclure que vous êtes, comme dieu, un citoyen des USA.

      Il a tué plus de civils par drones qu'Obama et a même demandé qu'on ne publie plus de statistiques sur le sujet. Il a abandonné les kurdes aux turcs malgré que ceux-ci aient combattu sur le terrain l'E.I. avec l'assistance des soldats US qui n'étaient pas sur le terrain. Il y a encore 4,000 soldats US en Afghanistan. Heureusement qu'il a nommé son avocat Ba-Barr à la «justice» sinon il aurait été destitué. Il devrait être fusillé pour avoir incité la révolte contre des gouverneurs démocratiquement élus. Il s'en prend à Harris parce que son Joe le gaffeur n'a pas pris. La Maison Blanche n'a jamais vu défiler autant de personnel. Tillerson l'a traité de moron et Kelly, le secrétaire d'état qui a toffé le plus longtemps l'a condamné pour avoir limogé le lieutenant-colonel Vindman qui n'a fait que son devoir en rapportant les magouilles de Trump en Ukraine.
      Votre fervente foi n'excuse pas votre ignorance. Un p'tit pizzagate avec ça?

    • Serge Turmel - Abonné 14 septembre 2020 14 h 31

      M. Trudel,

      Sur quelle planète vivez-vous? Trump est un ignare inculte, doublé d'un dangereux boute-feu populiste qui va précipiter et accélérer la décadence et la perte d'importance des États-Unis au niveau mondial. Cet homme ne croit ni en Dieu, ni en rien, qu'au pouvoir et à sa "modeste" personne. Il faut virer cet iconolclaste colérique, fou furieux et inconséquent. Vous parlez d'efforts louables pour un accord de paix au Moyen-Orient! Vraiment? Mais dans quel monde vivez vous? Tant et aussi longtemps que les Palestiniens n'auront pas leur État à eux, dans les frontières reconnues internationalement d'avant 1967, il ne pourra y avoir de paix durable. J'ose croire que que nos voisins du sud lui montreront la porte sans hésiter.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 14 septembre 2020 16 h 09

      "Bien sûr que Donald J. Trump a des défauts, mais qui n'en a pas? Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre!" - Serge Trudel

      Pour ma part et tout comme vous, entre un narcissique qui joue à l'électron libre et un gaffeur insipide à la solde de l'establishment mondialiste, je préfère encore l'électron libre.

      La démocratie est maintenant réduite à l'art de choisir le moins pire à tous les quatre ans. Cela en dit long sur la valeur des candidats en lice. Tout ce cirque pour en arriver là!!! Quel suspense!!!

      Faisons ensemble le bilan des dernières années. Depuis l'assassinat de Kennedy il y a maintenant presque soixante ans, les Américains ont successivement envoyé à la Maison-Blanche une crapule texane (Johnson), un vendeur de chars usagés (Nixon), un insignifiant (Ford), le "roi de la pinotte" (Carter), un vieil acteur radoteux de séries "B" (Reagan), un ratoureux ex-chef des services secrets (Bush père). un joueur de saxophone libidineux (Clinton), un fils indigne, ivrogne et menteur (Bush fils), un beau parleur sans substance et Prix Nobel de pacotille (Obama), et puis enfin celui qui est encore là au moment où ces lignes sont écrites.

      Ceux qui s'emploient à éreinter l'actuel président seront en mesure de constater qu'en fait ce dernier ne dépare aucunement cette édifiante brochette, bien au contraire.

      Il est étonnant qu'au sein d'un bassin humain de 330 millions d'individus, on soit incapable, d'un côté comme de l'autre, de trouver un candidat à la présidence qui possède les connaissances, la culture et les qualités morales nécessaires pour gouverner d'une manière inspirante qui serait le moindrement honorable.

      Soit qu'on cherche mal ou qu'on ne cherche pas du tout, ou encore que les personnes sérieuses qui pourraient faire vraiment l'affaire ne sont tout simplement pas intéressées par le poste. Ce dernier devrait être aboli : personne ne s’en apercevrait.

    • Cyril Dionne - Abonné 14 septembre 2020 19 h 05

      Chère Mme Hurens, il semble que vous avez déjà jeté l’éponge sur la réélection de Donald Trump. Au moins un moment lucide de votre réflexion. Et par votre description, je dois être de ces « trolls », vous savez les déplorables sans éducation qui frappe le Québec et même la section des commentaires du prestigieux Devoir qui a longtemps, perdu son lustre.

      Bien oui, ce sont toujours les Russes et QAnon, mais on ne parle jamais des mésadaptés socioaffectifs de l’extrême gauche qui réduisent la brutalité policière à un racisme hargneux de couleur de peau qui ne résoudra jamais le problème. C’est la pauvreté qui est le problème dans tout cela, pauvreté qui justement renforce les idées reçues racistes de races supérieures. « Ben » Mme Hurens, « les structures de pouvoir et de dominance ne sont pas défendues et érigées par des couleurs de peau ou des organes génitaux, mais par des structures légales d’accès et les impacts sur la descendance de ces obstacles systémiques » comme le disait si bien, Maurice Thibaudeau, ex-membre de Québec solidaire qui a remis sa carte de membre la semaine passée.

      Bon, apprenait hier que Mike Bloomberg dépensera 100 millions en Floride pour essayer d’acheter l’élection à Joe Biden ou Joe la Gaffe ou Joe le plagieur. Wow! « Ben » oui, « les scientifiques disent qu’avec un leadership éclairé, 150 000 américains sur les 195 000 auraient pu être sauvés » alors que les décès ont eu lieu surtout dans les districts démocrates aisés. Ah ! « Ben ». Ceux-ci n’ont pas parlé du Québec parce que ce n’est pas 150 000 Américains qui seraient décédés suite à la COVID-19, mais bien 200 000 en proportion de la population même avec une densité de population 33 fois moindre et un système de santé public. Évidemment, pour ce coronavirus, on oublie toujours de dire que le 150 000 décès aux USA, eh bien, c’était à 98% de l’âge de 65 à 90 ans et plus. Ailleurs dans le monde ou l’espérance de vie est moins de 65 ans, ils n’ont pas eu ce problème.

    • Christian Roy - Abonné 14 septembre 2020 21 h 20

      D'accord avec vous M. Trudel... Trumpy n'a pas fini le travail de démolition. Il reste tant de chose à faire ou à poursuivre... Mettre le feu à la Côte Ouest; engendrer des ouragans ravageurs à l'Est, permettre l'apparition de bestioles asiatiques dans les champs cultivés du Centre, mettre la main sur les eaux douces du Nord, terminer l'installation de son mur de métal brûlant (le jour seulement) au Sud (payé par les Mexicains), ouvrir la voie à une guerre de l'espace (juste au-dessus de nos têtes, incidemment), conserver le premier rang des pays qui ont mal géré la Covid-19 et donner du matériel illimité aux humoristes (pas seulement américains) ... Trumpy et son fidèle bras droit, Mickey Pence, doivent réaliser un Repeat... Bidy ne fait vraisemblablement pas le poids étant un peu trop subtil et décent.

      La planète entière n'a pas fini de rire... Allez, sortons tous de notre tanière, embrassons-nous, brûlons nos masques sanitaires et crions, rassemblés en un seul corps... FOR MORE YEARS !

      Viva la pizza et fermons CNN et MSNBC d'ici deux ou trois ans !

    • Brigitte Garneau - Abonnée 15 septembre 2020 09 h 38

      N'oublions pas que c'est aussi "un génie TRÈS stable ".

  • Nadia Alexan - Abonnée 14 septembre 2020 03 h 09

    Les barons voleurs du 19e siècle sont de retour.

    L'impasse qui se manifeste maintenant aux États-Unis n'est que le résultat d'une oligarchie qui veut tout accaparé sans laisser rien au bon peuple. C'est ce qui se produit quand le vrai pouvoir est dans les mains de quelques oligarques qui font semblant de travailler pour le peuple, pendant qu'ils remplissent leurs poches au dépend de la majorité.
    Jeff Bezos a augmenté sa fortune de 24 millions de dollars pendant cette pandémie, mais il n'a toujours pas les moyens d'accorder un congé de maladie à tous ses employés!
    Selon Robert Reich: «Alors que des millions d'Américains sont au chômage, les milliardaires ont augmenté leur richesse pendant la pandémie; Jeff Bezos de 39%, Gates de 12%, Zuckerberg de 59%, Buffet de 6%, Ellison de17%.»
    Le système est truqué en faveur des riches et aux entreprises au détriment du reste de la population.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 14 septembre 2020 08 h 56

      Je suis d'accord avec plusieurs commentaires (sauf celui de M.Serge Trudel qui, je l'espère, verse dans l'humour noir au 2° degré).

      Le problème n'est pas récent, car si les USA étaient une autre contrée sise plus au sud, ça ferait longtemps que de brillants esprits l'auraient désignée comme une république de bananes, faisant ainsi référence à ces pauvres pays soumis à l'ingérence oligarchique de la United Fruits. Du découpage électoral à la gerrymandering (allez en lire la définition sur Wikipedia) en passant par l'énumération des électeurs confiées à des "entreprises privées" redevables aux politiciens en place et qui "négligent" de recenser les électeurs de quartiers entiers, sans oublier les méthodes de vote, variant d'un État à l'autre où trop souvent la probité du vote est loin d'être assurée (que ce soit par des machines qui déraillent ou par l'énormité de la liste de votes à combler allant des sheriffs aux sénateurs en passant par les juges), le système électoral américain ferait sourciller toute personne raisonnable. Mais le problème ne s'arrête pas là: les "seigneurs" de la Nouvelle-Angleterre de Jefferson à Washington se méfiaient comme de la peste du "petit peuple" aussi érigèrent-ils pour l'élection présidentielle un système de "grands électeurs" afin de se prémunir des dérives populistes avec comme résultat récent... Trump! Ils préféreaient bien entendu que le pays soit dirigé par ses élites éclairées, ce qui a finit par aboutir à ce que les barons voleurs du XIXe siècle s'entendent comme larrons en foire pour "organiser" les élection à coup de millions, puis de milliards de dollars, le système électoral tombant entre les mains de ploutocrates qui s'enrichissent et n'y ont nommé que des gens issus de leurs rangs.

      Quelle différence avec les mœurs électorales québécoises où le découpage électoral et la liste des électeurs ont été sortis des griffes des politiciens, où les contributions sont limitées aux seuls électeurs, etc. !

    • Claude Bariteau - Abonné 14 septembre 2020 09 h 51

      Ce pays exceptionnel, comme l'écrit M. Sarao , bât de l’aile et ressemble au désastre qui annonce une hécatombe à venir, selon M. Bousseau, plutôt qu’un réalignement lors des prochaines décennies.

      Dans ces regards, vous soulignez le cadre politique de la république fédérée créée en 1787. Il prend l’eau car il y a des trous laissés en friche qui s’élargissent au moment où, sur la scène internationale, ce pays et ses multinationales, après avoir pris du gallon après la Deuxième Guerre mondiale, sont devenus les maîtres du monde après la chute du mur de Berlin.

      Depuis une quinzaine d’années, ces maîtres cherchent, comme le Royaume-Uni après les Deux Premières Guerres mondiales, à éviter leur naufrage et se comportent en recourant aux moyens à leur disposition, allant même jusqu’à annoncer une deuxième guerre civile.

      La première, la Guerre de Sécession, opposa des États indépendants à d'autres États indépendants promoteurs de l’industrialisation et del’abandon de l’esclavage pour faire d'une main-d’œuvre captive des travailleurs salariés. Celle qui s’annonce sera tout autre. Sa trame trame de fond, si on se base sur ce qui s’exprime et la lecture de M. Cotnoir, sera plus l’expression du pouvoir des citoyens et des citoyennes sur les décisions du Congrès et des États membres.

      Cela pourrait générer une modification du mode d’élection du président qui, entre les mains des Grands Électeurs, pourrait, selon des analystes, assurer sa réélection. Cela pourrait aussi conduire à modifier le pouvoir des membres du Sénat qui demeure, comme l’élection du président, une survivance quasi anachronique de 1787 dans un pays depuis profondément modifié par l’immigration.

      L’élection du 3 novembre peut annoncer un mouvement dans cette direction, car il est plus que probable que les forces de l’ordre ne répondront pas à des appels à la mise au pas des citoyens et des citoyennes de leur pays, ce que sont aussi les membres de ces forces.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 septembre 2020 06 h 53

      Comment les Américains peuvent-ils applaudir un tel président? Quel mauvais exemple pour la jeunesse?

      "Donald Trump n’est pas un président comme les autres. Il est vulgaire, grossier, narcissique, tricheur, inculte, menteur, raciste, misogyne, vantard, méprisant, manipulateur, colérique, fraudeur, prétentieux, déloyal, malhonnête, brouillon, revêche, tyrannique et népotique."https://www.journaldemontreal.com/2020/09/14/les-irremplacables-etats-unis

  • Francois Ricard - Abonné 14 septembre 2020 04 h 58

    USA: plutocratie aux mains d'oligarques

    À cause d'un financement débridé, le complexe militaro-industriel s'est emparé du pouvoir. À tel ,point que les USA ne sont plus une démocratie mais une oligarchie ploutocratique..Eisenhower les avait pourtant averti de cela en 1958. Mais aucun de ses successeurs n'y a donné suite.« Les US sont une oligarchie d’une corruption illimitée. » C’est ce qu’a déclaré l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter.Il y déclare que les États-Unis sont devenus une oligarchie d’une corruption illimitée, « qui a créé la subversion de tout notre système politique, qui favorise les “contributeurs”, des démocrates aux républicains » Par exemple, le seul parti démocrate de Clinton a dépensé plus de 4 milliards de dollars durat la campagne de 2016.Il y a quelques jours, Bloomberg, à lui seul, remettait 100 millions de ollars dans la cagnote de Biden.

  • Michel Sarao - Abonné 14 septembre 2020 06 h 06

    Un pays exceptionnel

    Le concept de pays exceptionnel, une vision des puritains exclus de la Grande-Bretagne qui ont immigré aux États-Unis, ainsi que la Déclaration d’indépendance aux États-Unis n’a plus lieu et est un échec.

  • Claude Dallaire - Abonné 14 septembre 2020 06 h 16

    La décadence a débuté depuis très longtemps

    Merci M. Brousseau pour cet article. Cela fait 15 ans que je dis que ce pays est en décadence. Le problème auquel on va faire face sera celui de trouver une façon de ne pas être trop éclaboussé par la guerre civile qui va éclater après les élections.

    • Gilles Théberge - Abonné 14 septembre 2020 09 h 26

      Je pense la même chose que vous. Ce pays est en décadence rapide. Et nous sommes ses voisins qui ne peuvent que subir les conséquences de la guerre civile qui est prévisible en effet.

      Mais si les USA sont en déclin, ils ne sont pas les seuls. Je pense que le monde entier est en déclin. Le flux migratoire en Europe va s'accentuer, et l'Amérique du Nord va aussi subir les contre-coups du flux migratoire des pays du sud, au fur et à mesure du réchauffement climatique et de la pauvreté.

      L'avenir n'est rose pour personne.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 14 septembre 2020 16 h 17

      Si l'on prend en compte le fait que les États-Unis sont en déclin, il faut aussi admettre que le monde occidental dans son ensemble est en déclin car il est depuis plus d'un siècle à la remorque des États-Unis.

      En sombrant, les États-Unis vont entraîner la moitié du monde à leur suite.