L’essence de la démocratie

« Je reconnais un prédateur quand j’en vois un. » Les mots de Kamala Harris ne font aucun mystère de la personne vers laquelle ils sont dirigés. C’est l’homme que l’on voit hilare dans une vidéo aux côtés de Jeffrey Epstein, cet homme qui, il y a seulement quatre ans, se vantait de pouvoir faire ce qu’il voulait aux femmes, ce même homme qui a rôdé autour de son adversaire démocrate comme un rapace autour de sa proie au cours d’un débat présidentiel… cet homme qui occupe le bureau ovale depuis le 20 janvier 2017.

Mais le prédateur que la convention démocrate a mis en scène, dépeint et montré du doigt est plus qu’un individu sans empathie ni éthique comme le décrit Mary L. Trump dans l’ouvrage qu’elle consacre à son oncle Donald (Too Much and Never Enough : How My Family Created the World’s Most Dangerous Man). Le prédateur que fustigent les intervenants, à commencer par Barack Obama et Joe Biden, est celui qui s’attaque depuis quatre années aux fondements de la démocratie et de l’État de droit des États-Unis. Et ce type de prédateur est d’autant plus difficile à identifier que l’on présume souvent de la force d’inertie des institutions démocratiques et de leur capacité à résister aux abus de pouvoir. Or la résistance des premiers temps — à commencer par celle des fonctionnaires — a été érodée alors que plusieurs ont pris la porte (spontanément ou contraints, comme le montrele congédiement du lieutenant-colonel Alexander Vindman et de l’ambassadeur Gordon Sondland dans la foulée de la procédure de destitution). On voit comment, quatre ans plus tard, les contrepoids existant dans les arcanes de la Maison-Blanche (les adultes de la pièce) ont été progressivement évincés, au profit de béni-oui-oui, d’autant plus dangereux qu’ils dépendent du seul président — et non, par exemple, d’une confirmation sénatoriale. Mais ce qui a été grugé, usé, érodé plus encore est la confiance des Américains dans leurs propres institutions, dans les mécanismes démocratiques, dans les engrenages (grippés) de l’ascenseur social qu’est le rêve américain, la confianceen l’autre, quel qu’il soit — adversaire politique, voisin, immigrant…

L’apprentissage que la société américaine, mais aussi les démocraties à travers le monde, auront fait à travers ce mandat, est que les institutions n’ont que la force qu’on leur prête. Dès lors que s’érode la confiance dans le contrat social, dès lors que le venin du conspirationnisme s’infiltre sournoisement dans les interstices de la connaissance, dès lors que le doute est insufflé au plus haut de l’État, les fondations institutionnelles se fragilisent et s’abîment dans des sables mouvants. Alors, le risque que les électeurs demeurent chez eux est d’autant plus grand… et la démocratie s’étiole plus encore.

Aucun des camps ne s’y trompe. Le message de la convention démocrate a donc été articulé autour de l’urgence de colmater les brèches démocratiques, d’embrasser la diversité démographique et de réunifier le pays autour d’un socle de valeurs communes. Le vote de novembre a donc été présenté largement comme un référendum sur la présidence en cours. Par prudence, la convention démocrate a valorisé un discours centriste, en faisant appel à des républicains comme l’ancien gouverneur Kasich ou l’ancien secrétaire d’État Colin Powell, en ne soulignant pas la branche la plus à gauche du parti. Car il s’agit d’éviter toutes les chausse-trapes que la campagne républicaine ne manquera pas d’exploiter.

Mais dans les mots prononcés par le candidat démocrate, au-delà de l’incompétence du président en place et de l’unité nécessaire du pays, la notion de dignité est revenue plusieurs fois. Ce n’est pas un incident. C’est au contraire central. La dignité est souvent ce que les Américains affectés par la crise financière de 2008 ont perdu, c’est cette dignité que plusieurs électeurs de la base républicaine voulaient reconquérir, c’est cette dignité jusque dans la mort qui a parfois manqué aux 170 000 Américains disparus dans la pandémie, cette dignité que les Américains touchés par les conséquences économiques de la pandémie (parmi lesquels les minorités latino et afro-américaines sont surreprésentées) qui est mise à mal. En ce sens, l’ouvrage que le photographe Chris Arnade a consacré à cette quête des Américains qu’il a croisés sur sa route (le titre est Dignity) illustre particulièrement bien le discours de Biden. Car l’histoire de la classe moyenne et des plus pauvres est celle d’un lent déclin, alimenté ou accéléré par des secousses majeures — de la crise de 2008 à la pandémie — et avec elle la perte de confiance en l’avenir, dans les institutions, dans la représentation démocratique.

Or dans une semaine, la rhétorique républicaine portera le sceau de la défiance. Le président n’aura de cesse de souffler sur les braises de la division, brandissant le danger du socialisme, de l’antipatriotisme supposé des démocrates. Un feu que des agents de perturbation massive (comme la Russie ou la Chine) auront beau jeu d’attiser, tant il y a de matières inflammables aujourd’hui dans la société américaine. Une stratégie dont les stigmates marqueront, qu’importe l’issuede l’élection, l’essence de la démocratie américaine pour longtemps.

25 commentaires
  • Pierre Desautels - Abonné 22 août 2020 06 h 35

    Dignité perdue.


    Bonne analyse, Madame Vallet. De plus en plus de républicains se tournent vers les démocrates, malgré leurs désaccords, pour retrouver une certaine dignité et un sens de l'honneur dans ce pays. Les publicités anti-Trump de républicains telles The Lincoln Project nous montrent le ras le bol de partisans de la droite modérée et de centristes qui ne peuvent supporter l'idée de quatre ans de plus avec ce rapace incompétent.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 22 août 2020 15 h 53

      Je ne sais pas dans quelle analyse vous voyez ça, même CNN constate le contraire https://www.cnn.com/2020/08/16/politics/cnn-poll-biden-trump-august/index.html

      Et si CNN indique un portrait à ce point favorable à Trump (considérant d'où il partait), c'est que la situation est certainement meilleure.
      La plupart des analyses (sérieuses) indiquent que les gens qui votent pour Trump sont plus susceptibles de ne pas le dire aux firmes de sondage. Les appuis à Trump en 2016 étaient largement sous-évalués.

      Vous négligez, même s'il y a de «l'astroturf», qu'il y a aussi des mouvements comme «Walk Away».

      Du Brexit, à l'élection de Trump et Johson, il y a une presse extrêmement défavorable et, certes comme vous le constatez, un establishement hostile aux populistes.

      Vous dites «rapace incompétent», mais vous négligez la couverture complaisante des conflits d'Obama et de ses propres scandales. Ce qui semble évident c'est que Trump, à une politique étrangère qui semble indiquer qu'il serait prêt à entrer en guerre , une manière de ne pas avoir à la faire (Sun Tzu et Machiavel), mais qu'il bombe le torse justement pour éviter de plonger les États-Unis dans un conflit.

      Où en est la Russie en ce moment? On voit bien que l'on s'inquiétait pour rien et que le véritable adversaire est la Chine, ce que Trump dit depuis 2015. Pourtant, quiconque était vraiment critique de Clinton et la suivait de près avait peur qu'elle entraine les États-Unis dans un conflit direct ou indirect avec la Russie.

      Je suis persuadé que beaucoup de gens critiques des interventions armées américaines comme des guerres par proxy ont poussé un énorme soupir de soulagement en apprenant que Trump était élu. Un clown, un magnat de l'immobilier, un nécogiateur impitoyable, une vedette de la télé-réalité, qu'importe du moment qu'on en terminait avec une politique étrangère aussi belliqueuse.

      On a nos conflits commerciaux, certes, mais en quoi souffrez-vous, vous, de Trump?

    • Pierre Desautels - Abonné 22 août 2020 19 h 31


      @Charles-Étienne Gill

      Vous adorez Trump. Alors, grand bien vous fasse.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 22 août 2020 22 h 13

      Monsieur Desautels,

      Avez-vous un argument? J'ai certainement 40 commentaires sur Trump depuis 2016.
      Pouvez-vous en trouver un qui montre «que je l'adore». C'est exactement le traitement que dénonce Sharyl Attkinson. Elle critiquait Obama et au lieu de se dire, «hum, c'est intéressant ce qu'elle montre», le raisonnement qu'on propose c'est «ça doit être une vilaine conservatrice bigote». Pourquoi cette conclusion aussi simpliste?

      J'énonce qu'un double standard nous fait du tort. Pouvez-vous argumenter sur les faits? Plus bas, je cite Ellis, l'avez-vous lu?
      Je me permets ces commentaires, parce que contrairement à plusieurs journaliste, j'ai passé beaucoup de temps à comprendre ce qu'était «le Russiagate» et j'ai plusieurs fois partagé des infos tirées du site officiel du comité permanent dirigé par Adam Schiff.

      Dans votre entourage, puisque l'on parle de Kamala Harris et Biden, qui connaissait Tulsi Gabbard, pour ne nommer que l'une des critique de Harris? J'écrivais déjà à son sujet en décembre 2019, allez donc lire les commentaire de la chronique «Inévitable» de Madame Vallet, au lieu de m'attaquer sur inutilement, je livre des sources que vous auriez sans doute un grand plaisir à lire.

    • Christian Roy - Abonné 23 août 2020 17 h 49

      M. Gill,
      Pourriez-vous élaborer sur les derniers démêlés de Steve Bannon et Paul Manafort avec la justice ? Trumpy ne pourra pas dire qu'il ne connaît pas ces individus, lui-même déja identifié à "Individual One" dans une autre affaire.

      Et que dire de Mike Lindell (My Pillow Guy) et de sa position stratégique dans les prochaines élections.. ? Un autre des ti-amis de l'Empereur.

      Je souhaite que la convention républicaine qui s'ouvre demain puisse leur permettre de s'adresser à l'Amérique, l'un pour ramasser des fonds pour la constructon du "Fameux Mur payé par les Mexicains", le deuxième pour venir dévoiler LA vérité sur le Russia Gate, et l'autre pour mousser l'achat de l'Oleandrin, un remède (produit toxique) supposément miracle qui guéri du Covid-19.

      Les malversations et les duperies trumpistes crèvent les yeux... tellement qu'on en devient aveuglé. C'est dans cette étourdissante culture que Trumpy "évolue" (et évolution est un grand mot). Je comprends pourquoi Trumpy veut mettre le système de justice sous sa botte. Pour s'enrichir encore plus, les ti-amis avec.

      « Je reconnais un prédateur quand j’en vois un. » et ils travaillent en groupe et au grand jour. C'est inquiétant. Passer à côté de ça sous prétexte que les Dems ne sont pas mieux m'apparaît comme une aberration.

  • Cyril Dionne - Abonné 22 août 2020 09 h 18

    Misère non binaire ou colorée!

    Difficile de se restreindre de commenter sur cet article qui carbure aux idées que tout ce qui n’est pas de la nouvelle gauche aux accents de la culture du bannissement, est raciste et misogyne.

    Bon, doit-on rappeler que la sainte Kamala Harris a fait accuser un homme noir qu’elle savait innocent dans un état ou la peine mort est en vigueur pour satisfaire ses aspirations politiques de la loi et l’ordre? Maintenant, en 2014, cet innocent, avait été relâché grâce à l’intervention d’un juge de la Cour supérieure de Californie après y avoir passé plus de 14 ans derrière les barreaux. Et Mme Harris n’était pas à sa première condamnation erronée; il en pleut dans son cas. Alors, qui est le véritable prédateur dans ce cas?

    Que dire de Joe Biden et ses gestes non consentants envers les jeunes femmes. Il en pleut aussi partout. Notre politicien professionnel de plus de 45 ans d’expériences a beaucoup de squelettes dans le placard qui vont sortir au fur et à mesure qu’on s’approchera de la date butoir de novembre 2020. Ici, on n’a même pas parlé de corruption dont toute sa famille est empêtrée.

    Par prudence, la convention démocrate a valorisé un discours centriste avec des gens comme Colin Powell qui a articulé la vision de George W. Bush aux Nations unies basée sur des mensonges pour envahir l’Irak. Ces mensonges sont la raison d’être de plus d’un million de morts iraquiens en plus de nombreux millions de réfugiés. Cet acte immonde de guerre sans déclaration a fait naître le mouvement terroriste islamiste le plus meurtrier de l’histoire de cette région. Que dire du discours de l’ex président Bill Clinton, celui-même qui recevait des faveurs sexuelles d’une stagiaire de l’âge de sa fille dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche? Que dire aussi de ses 26 visites sur l’île de son ami, Jeffrey Epstein? Enfin, si le Québec avait la population américaine, on dénoterait non pas 170 000 morts, mais bien 225 000.

    Donald Trump est vraiment pire que ses adversaires.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 22 août 2020 15 h 36

      Aux États-Unis, on ne peut pas ignorer le mouvement des gens qui supportent Trump et des indépendants qui ne peuvent pas sentir ce qu'incarne Biden.

      Le citoyen moyen, à moins de vivre vraiment dans une bulle militante, ne peut pas ignorer les autres médias, les autres journaux. Un oncle par exemple vous parlera peut-être de la rumeur selon laquelle Trump pourrait pardonner Snowden ou encore, quand vous direz que Trump est raciste, il reprendra les infos d'un clip de FOX où Trump est avec un propriétaire noir d'un bar a vu son commerce détruit lors d'une « manifestation pacifique » de BLM, si vous êtes féru de littérature, vous entendrez parler de « White » de Bret Easton Ellis.

      Mais ici, depuis 2015, en dehors des commentaires, il n'y a rien pour équilibrer. Et quand on énonce des éléments purement factuels, on se fait traiter d'émule de Trump. Je veux juste faire comprendre que si l'on ne couvre pas Clinton comme on couvre Trump et qu'on ne fait que rapporter par exemple la sortie de son livre, en citant les pires extraits du livre de Woodward, on construira un portrait vraiment problématique. Un peu comme le ROC faisait le portrait de Lucien Bouchard lorsqu'il était très populaire au Québec.

      On n'avait clairement une autre perspective pour équilibre les choses. Si des Français ne s'étaient informés au sujet de Bouchard et du Québec qu'avec une traduction des articles du ROC, le portrait aurait été complètement caricatural et déformé. Souvent, en conférence de presse, on pose une question à Trump sur un fait étranger (à ce pour quoi il est face aux journalistes) et on le cite complètement hors contexte en cherchant le scandale. C'est ainsi que des tas de dépêches de l'AFP aboutissent ici alors que quand on suit l'intégrale, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

      Les Québécois ont donc un portrait qui ne correspond pas du tout à ce que les Américains vivent. On commence à découvrir le Antifa, mais ils étaient aussi à Charlottesville...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 août 2020 16 h 19

      M. Dionne a écrit:"qui carbure aux idées que tout ce qui n’est pas de la nouvelle gauche ".

      Bang! Je regrette, je ne joue plus dans ce genre polémiste.

      Sur le fond, je ne suis pas "de la nouvelle gauche"; cependant,comme avec la plupart de ces chroniques de Mme Valet, je m'y retrouve.Cette dame a une connaisance approfondie du pays de l'Oncle Sam.

      J'endosse sa conclusion, sans savoir si c'est très "gauchisse".....ou...très "drettisse". S'Il fallait que Trump passe; ce sera l'enfer.Au fait, récemment il en était à plus 20 000 mensonges ou non vérités, depuis son élection.Entre 2 maux, si j'étais citoyen américan, je voterais Biden.

      "Un feu que des agents de perturbation massive (comme la Russie ou la Chine) auront beau jeu d’attiser, tant il y a de matières inflammables aujourd’hui dans la société américaine. Une stratégie dont les stigmates marqueront, qu’importe l’issuede l’élection, l’essence de la démocratie américaine pour longtemps." Je crains qu'il y ait une certaine guerre civile si Trump devait perdre de justesse.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 22 août 2020 22 h 14

      Jusqu'ici, je préfère 20 000 mensonges de Trump à un seul de Powell.
      Vous pouvez demandez à 20 000 Irakiens ce qu'ils en pensent à leur tour.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 août 2020 23 h 30

      En passant M. Gill, ma dernière phrase aurait dû se lire comme suit : Donald Trump est-il vraiment pire que ses adversaires?

      La moitié des Américains supportent Trump. Est-ce que la moitié des Américains sont des indésirables et des déplorables? Bien sûr que non. Il y a toujours eu deux Amériques. Ayant passé plusieurs étés aux États-Unis, je peux affirmer que la plupart des Québécois et des Canadiens ont une impression tronquée et fausse des Américains, surtout ceux qui ont des affinités avec Donald Trump. Je peux même affirmer que plusieurs démocrates californiens enregistrés sont d’accord avec Trump. Oui, je connais « White » de Bret Easton Ellis, lui qui a été un des signataires de la fameuse lettre au magazine Harper’s sur la tyrannie de la nouvelle gauche aux accents de la culture du bannissement, Antifa oblige.

      Certainement, lorsqu’on essaie d’expliquer le phénomène Trump au Québec, on se fera traiter de tous les noms. Trump est un bulldozer qui trace un chemin que le travailleur américain qui a perdu son bon emploi à cause de la délocalisation et aussi sa demeure ne pouvait qu’espérer dans ce marais qu’est devenu Washington et la politique américaine. D’où les expressions, « Rust Belt » et « Drain the swamp ». Ce n’est pas beau à voir et ce dernier ne fait pas la dentelle, mais les résultats parlent d’eux-mêmes. Le tandem Biden-Harris n’est que la continuation de cette corruption étatique de l’establishment démocrate et ceux-ci sont souvent interchangeables avec les républicains. Ce sont les mêmes qui ont écarté Bernie Sanders, un politicien que j’aime beaucoup, de l’investiture démocrate à au moins deux reprises.

      La gauche tonitruante et l’establishment démocrate et républicaine n’ont jamais accepté le verdict démocratique des Américains de l’élection de 2016. Alors, ils feront tout pour diminuer son influence, lui qui n’a aucun maître sauf lui-même et le peuple américain. Trump sera réélu cet automne pour un 2e mandat.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 août 2020 00 h 05

      J’avais oublié de mentionner M. Gill que Joe Biden, encore une fois, s’est rendu coupable de plagiat. Les rédacteurs du discours de Biden ont repris un passage que Jack Layton avait formulé dans sa lettre d’adieu. Layton s’était inspiré, pour ne pas dire qu’il avait copié un ancien discours de Wilfrid Laurier lui aussi. Comment appelle-t-on un plagieur qui plagie un autre plagieur? Un plagieur au carré? lol

      Ce n’est pas une première pour Biden, lui qui avait fait une copie conforme du discours de l’ancien chef du Parti travailliste britannique Neil Kinnock en 1988. Misère.

      En passant M. Grandchamp, il faut avoir vécu aux États-Unis pour essayer de comprendre l'expérience américaine. Je doute fort que vous avez passé beaucoup de temps là-bas. Ils ont eu deux guerres civiles (la guerre de la Révolution américaine et celle de Sécession) et presque une 3e durant la guerre du Vietnam. Alors, rien de nouveau sous le soleil. Ils parlent même de mettre fin aux commissions scolaires là-bas aussi.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 23 août 2020 09 h 46

      M. Gill écrit:"Jusqu'ici, je préfère 20 000 mensonges de Trump à un seul de Powell.Vous pouvez demandez à 20 000 Irakiens ce qu'ils en pensent à leur tour.".

      Vraiment pas fort! Je ne veux pas disculper Powel; mais il n'était pas président.

      Vous avez le droit de cautionner un tel président instable, faisant fi des règles démocratiques, qui ment efffrontément régulièrement.Un président, comme un premier ministre, doit respecter la tradition démocratique demandant de gouverner dans la dignité et dans le respect des adversaires, sur la place publique. Vous applaidissez à la politique spectacle?

      Tous les présidents, depuis 1970, ont accepté de dévoiler leurs rapports d'impôts, sauf votre Trump. C'est votre droit le plus strict d'être d'accordt! Au fait y a-t-il des ex-présidents républicains qui appuient ouvertement Trump?

      En tout respect!

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 août 2020 13 h 38

      M.. Gill,
      "On a nos conflits commerciaux, certes, mais en quoi souffrez-vous, vous, de Trump?"

      Et vous, en quoi souffrez-vous de Maduro, de Kim Jung Il, ou de la mère qui a assassiné son enfant quelque part dans Gatineau?

      Façon de démontrer par l'absurde que ramener un sujet d'intérêt public à la seule personne est malhonnête, tout simplement. Nele prenez pas "personnel", au contraire!

      Je ne comprends pas du tout pourquoi vous écrivez que le "seul" adversaire est la Chine.
      Sans être le principal adversaire, la Russie compte, ne serait-ce que parce qu'elle alimente les réseaux sociaux de fausses nouvelles et de nouveaux complots régulièrement ici comme ailleurs.
      Au Moyen-Orient elle joue un rôle majeur face à Israël, qui n'est pas connu pour ses positions pacifistes et a un appui puéril et dangereux de la part du clown. Je crains le pire pour le Liban, entre autres.

      Dans les faits, même si Trump parle largement contre la Chine, ceux qui ont le plus à s'en plaindre sont ses alliés. Trump est sorti de l'OMS, laisse faire Erdogan qui risque de se séparer de L'OTAN, traite tour à tour tous les chefs des pays alliés de tous les noms.

      Ici, les opinions sont de plus en plus divisées selon le modèle américain par des extrémistes, et de plus en plus hargneux. Les libertaires qui ne croient qu'à la personne (comme ce que laisse entendre votre dernière phrase, quoi que vous disiez!) ainsi que les tenants du contrôle économique total, qui osent utiliser le mot "social" alors qu'ils ne sont que panmoralistes et bêtifiants coimme les curés de mon enfance.

      Votre première intervention est biaisée. On ne peut comparer les flous d'Obama aux grossiers mensonges de Trump.

      Uniquement par sa faute, les ghettos sont revenus dans plusieurs grandes villes.
      La réduction drastique de l'Obamacare a causé des dizaines de milliers de morts. Le désaveu du réchauffement global sera pire, en nombre!

    • Christian Roy - Abonné 23 août 2020 18 h 15

      "La gauche tonitruante et l’establishment démocrate et républicaine n’ont jamais accepté le verdict démocratique des Américains de l’élection de 2016. Alors, ils feront tout pour diminuer son influence, lui qui n’a aucun maître sauf lui-même et le peuple américain. Trump sera réélu cet automne pour un 2e mandat." C. Dionne

      ... et refondera la Constitution américaine pour mettre à la porte la gauche tonitruante, l’establishment démocrate et républicain: tous ces gens prendront le chemin du Canada par le Chemin Roxham, P.Q. Trumpy transformera le statut de président en celui d'Empereur à vie - pour niaiser son ami Vlad. Ivanka siègera à ses côtés comme première impératrice du pays, Jared, jouera le rôle du Prince Charles. Epstein réapparaitra sur la place publique car sa mort n'avait été qu'un mise en scène. Bill Clinton esquissera un sourire en dégustant un cigare cubain. La presse libre sera banni et Sean Hannity sera responsable de la Pravda, section américaine. Rudy Giuliani deviendra procureur général... Steve Bannon, responsable des finances. Et ceci n'est qu'un aperçu. La suite cette semaine...

      L'avenir est prometteur pour PERSON, MAN, WOMAN, CAMERA, TV !

      God blesse The United States Of America.

      Bonne convention M. Dionne !

  • Gilles Théberge - Abonné 22 août 2020 09 h 42

    Je pense madame Vallet, que les USA sont en pleine déroute, en déliquescence et que ce n'est pas en élisant Biden et Harris qui va sauver la mise.

    Parce que le monde a changé...

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 août 2020 13 h 47

      En pleine déroute? Vous exagérez grandement. Ils sont simplement en train de perdre le premier rôle, comme l'Angleterre au début du siècle dernier.
      La différence est qu'ils le perdent aux mains de gens d'une culture largement différente, très loin des préoccupations de droits de l'humain. Mais ce n'est pas de leur fait.

      Quant à la "décadence des moeurs", bof... Les Américains sont des garnements mal élevés et bourrés de préjugés depuis toujours. Ils passent d'un "ennemi mortel" à un autre depuis 200 ans, des Indiens aux Mexicains, puis les syndicats, les communissss, les Chinois, les extra-terrestres, les politiciens, ne manque que ma mère sur leur liste de dangers imminents et catastrophiques.
      Ils ne se tolèrent entre eux que s'ils trouvent un ennemi ailleurs.

  • Charles-Étienne Gill - Inscrit 22 août 2020 10 h 10

    « Je reconnais un prédateur quand j’en vois un. »

    J'étais certain que Madame Vallet allait faire référence aux primaires, alors que Kamala avait affirmé croire les victimes de Biden. Je pensais qu'elle faisait allusion à Bill Clinton, ami d'Epstein, puisqu'une photo de ce dernier circule avec Chauntae Davies, l'une des victimes , qui lui fait un massage de cou. Ceux qui ont vu le documentaire Filthy RIch, sur Netflix comprendront.

    Je ne m'attendais pas à ce défende Trump, mais sachant que Clinton a fait un message de quelques minutes à la convention, il me semble que si la vidéo dont elle parle est compromettante, alors l'hypocrisie de la posture qui consister à faire un message politique contre Trump en utilisant Epstein est grossière.

    Évidemment, si l'on nous en parle jamais, il ne faut pas s'étonner que nous ne comprenions pas les EU. Chez une frange des électeurs indépendants, il y a une aversion pour ce genre comportement, laquelle correspond aussi à la croissance d'un dédain à l'encontre les médias.

    Pour comprendre de quoi je parle je propos le lien Twitter suivant, il est de la journaliste Natasha Korecki qui travaille pour Politico, une source occasionnelle au Devoir, pas un clone de Fox. Voici un résumé : à la fin du discours de Biden, on a indiqué aux journalistes de se dépêcher pour sortir pour pouvoir assister aux feux d'artifice. Au lieu de faire leur travail, par exemple de constater si vraiment Biden est aussi mal en point qu'on le dit, essayer de poser une question, voilà qu'en bon soldat, ça se met à courir en obéissant docilement aux consignes.

    Voilà un exemple du double standard qui n'échappe pas aux Américains c'est assez consternant : https://twitter.com/natashakorecki/status/1296652610536079363

    C'est comme Fabien Deglise qui signe aujourd'hui un article contre Trump «le maitre de l'illusion», alors qu'on ne dit rien sur Powell, acteur de la mise en scène à l'ONU ayant mené, sur un mensonge, à l'invasion de l'Irak. Quelles sont les conséquences de ce mensonge?

    • Hélène Paulette - Abonnée 22 août 2020 17 h 21

      Monsieur Gill, vous remarquerez que les présidents américains qui n'obéissent pas aux consignes du tout-puissant Pentagone (et de son corollaire le complexe militaro-industriel, la force de frappe de l'économie) n'obtiennent qu'un seul mandat. Souvenez-vous de la façon dont fut repris Obama lorsqu'il a eu l'outrecuidance de rappeler à Israël que la colonisation en territoire occupé était illégale...

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 22 août 2020 22 h 16

      Merci Madame Paulette pour ce rappel.

  • Clermont Domingue - Abonné 22 août 2020 10 h 18

    Très beau texte réfléchi et émouvant.

    Avoir,avoir, avoir; immense trou noir où s'enterrent tant de rêves anéantis. Puissent les prochaines semaines apporter réflexion, lumière, espoir et générosité à notre grand voisin.