Cette insoutenable légèreté

Il était difficile de ne pas rager en lisant jeudi dans le Globe and Mail qu’un rapport de 550 pages daté de 2006, dans lequel on avait tiré les conclusions de l’expérience du SRAS, avait averti les autorités fédérales de l’état d’impréparation du pays en cas de pandémie et proposé des mesures qui auraient peut-être permis de sauver des milliers de vies qui seront fauchées par la COVID-19.

Le rapport tenait de la prémonition : « La prochaine pandémie prendra naissance ailleurs qu’au Canada. Il apparaîtra ici trois mois plus tard, mais cela pourra être beaucoup plus rapide en raison du volume du trafic aérien. » On évaluait le moment du « pic » et on prévoyait que la première vague de contagion serait suivie d’autres vagues. Sans parler de la pénurie de matériel médical et de l’égocentrisme des gouvernements soucieux de protéger leur propre population au détriment des autres.

Il est à souligner que la Dre Theresa Tam, aujourd’hui directrice de la Santé publique du Canada, faisait partie des auteurs de ce rapport. Elle est sans doute la mieux placée pour mesurer les conséquences de la légèreté avec laquelle on l’a expédié sur une tablette.

Certes, le Canada n’est sans doute pas le seul État fautif. Il y a sûrement eu des experts italiens, français ou espagnols qui, à un moment ou un autre, ont sonné l’alarme sans que personne ne réagisse. Partout sur la planète, les gouvernements souffrent de la même myopie dès qu’il s’agit de voir un peu plus loin que la prochaine échéance électorale. La négligence des autres ne doit cependant pas excuser la nôtre.

Le premier réflexe est d’accuser la classe politique, mais elle n’est pas la seule qui pourrait faire un examen de conscience. À la fin de janvier dernier, un mois après l’éclosion du virus à Wuhan, la Dre Tam elle-même avait déclaré que « le risque pour le Canada est beaucoup, beaucoup moins élevé que pour d’autres pays ».


 
 

Il était écrit dans le ciel que les résidences pour personnes âgées et les CHSLD, dont certains se retrouvent aujourd’hui dans une situation critique, seraient les plus touchés par la pandémie. Certes, l’âge et l’état de santé y sont pour beaucoup, mais la pénurie de main-d’œuvre et les mesures d’hygiène inadéquates sont des réalités qui ont été documentées abondamment au fil des ans, que ce soit par la vérificatrice générale, les syndicats ou encore les divers organismes de défense des personnes âgées.

Ces établissements ont toujours été les parents pauvres du réseau de la santé. Bien sûr, on s’est ému en apprenant que dans certains établissements, les résidents n’avaient pas même droit à un bain par semaine. Les caméras de télévision ont filmé Gaétan Barrette attablé dans la salle à manger d’un CHSLD, dont le menu allait être amélioré, mais c’est plus souvent l’encombrement des urgences, la longueur des délais d’attente ou encore la rémunération des médecins qui ont retenu l’attention.

On ne peut qu’applaudir la mobilisation générale à laquelle on a assisté cette semaine pour secourir les aînés, mais les choses changeront-elles réellement quand l’alarme sera passée et qu’il faudra couper partout pour rembourser tous ces milliards qu’il aura fallu emprunter pour faire face à la crise ? Ceux qui ont tabletté le rapport de 2006 ou ignoré les remontrances de la vérificatrice générale n’étaient pas mal intentionnés, ils avaient simplement d’autres priorités et il n’en manquera pas quand il s’agira de remettre le pays en marche.


 
 

Même si, à Québec comme à Ottawa, on ne ménage aucun effort pour enrayer la pandémie, il vaut toujours mieux prévenir que guérir. Bien entendu, Justin Trudeau plaiderait que c’est le gouvernement Harper qui, après l’épisode du SRAS, a négligé de préparer le pays en vue d’une nouvelle attaque virale. François Legault reprocherait à celui de Philippe Couillard d’avoir négligé les CHSLD, que sa ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, n’avait pas encore eu le temps de renflouer quand la crise de la COVID-19 a éclaté. Dans tous les régimes démocratiques, l’« ancien gouvernement » devient toujours la meilleure excuse de celui qui le suit.

Il est facile de dénoncer l’inconséquence des gouvernements, mais c’est quand même nous qui les élisons et qui, paraît-il, les méritons. Et comme ils souhaitent par-dessus tout être réélus, ils s’emploient autant que possible à faire ce que nous souhaitons, notamment payer moins d’impôt, ce qui affaiblit inévitablement la capacité d’intervention de l’État, que ce soit dans les CHSLD ou ailleurs. Au bout du compte, leur légèreté, c’est aussi la nôtre.


 
84 commentaires
  • Michel Dumont - Inscrit 11 avril 2020 01 h 19

    Si je vous ai bien compris!!

    Madame "lâche pas la patate" ne devrait plus apparaître sur la liste des salariés du Dominion!!
    Elle devait être la seule signataire de ce rapport qui doutait fortement de ses recommandations sinon, comment peut-elle en être la grande boss actuellement et tolérer ce manque de préparation?

    • Claude Bariteau - Abonné 11 avril 2020 09 h 09

      Ce rapport sur le SRAS, la prochaine pandémie et ses effets sur les personnes âgées traite du Canada. D'autres rapports, partout dans le monde, ont attiré l'attention. L'OMS en était certes informé. Le problème est la préparation devant une future pandémie, en particulier les recherches sur les vaccins pour faire face à de nouveaux virus.

      Les chercheurs le savaient, mais les États ont coupé les fonds de la recherche fondamentale. Ne revenait-il pas à l'OMS, un organisme des Nations Unies de financer ces recherches en plus d'aviser les États des résultats des analyses. il me semble qu'il y a là une réponse à la situation actuelle. Il ne suffit pas que l'OMS avise et suggère, cet organisme doit avoir des moyens à la hauteur de sa mission. C'est peut-être ce qui ressortira comme priorité d'ici peu.

    • François Beaulne - Abonné 11 avril 2020 10 h 04

      A M. Bariteau: Vous avez parfaitement raison. Les dirigeants de certains pays, comme d'ailleurs certains segments de la population, cherchent constamment des bouc-émissaires lorsqu'ils se sentent dépassés par les événements. Dans le contexte de la Covid-19 c'est l'OMS qui est mise en cause avec, comme chef d'orchestre Trump <le bully>. Celui-là même qui essaie depuis une semaine de faire porter à l'OMS le chapeau de son irresponsabilité et de son appétit pour l'argent plutôt que son souci de la santé de sa population. (Parait-il qu'il aurait perdu personnellement 1 milliard USD depuis le début de la crise aux Etats-Unis).

      Les agences spécialisées des Nations-Unies doivent avoir effectivement le moyens à la hauteur de leur mission pour accomplir leur mandat au dessus de toute partisanerie nationale.
      Malheureusement c'est l'inverse qui se produit présentement: la plupart d'entre elles doivent s'ajuster aux baisses de contributions à leurs budgets des Etats membres pour toutes sortes de raisons, notamment aux contributions des Etas-Unis qui utilisent cet outil pour influencer les décisions de ces agences sous peine de leur retirer leur contribution. C'est ce que Trump , <le bully> a fait avec l'UNESCO et ce qu'il menace de faire avec l'OMS.
      Si les Américains ont l'insouciance de réélire cette caricature de Youpi je doute que votre excellente suggestion de donner à l'OMS les moyens adéquats pour financer la recherche fondamentale en vue de prévenir d'autres pandémies se concrétise.

    • Loraine King - Abonnée 11 avril 2020 11 h 28

      Monsieur Bariteau, en 2006 on a plus que coupé les fonds, on a cloué le bec des scientifiques à l'emploi du Canada, et pendant plusieurs années. M. Harper censurait, voire congédiait les scientifiques et décourageait la cueillette de données de StatsCan. Le PLC de 2015 prétendait vouloir redonner aux scientifiques leurs lettres de noblesse et leur liberté de parler de leurs travaux. Le livre de T. Tam n'a pas empêché M. Trudeau de la nommer à son poste actuel et j'apprécie que nos dirigeants laissent les autorités de la santé publique faire leur travail sans les censurer (?).

      Avec tout ce que je lis en français à propos de Justin Trudeau je doute que les Québécois l'auraient prit plus au sérieux s'il s'était engagé à dépenser des sommes phénoménales pour combattre une ennemi invisible dont on ne sait rien ni même si et quand il frappera. Même si une scientifique à l'emploi du Canada a écrit un livre sur ledit ennemi invisible.

      Jour 29 de mon isolement volontaire, raison d'âge. Quand le premier ministre du Canada, peu importe qui il est, et dans les circonstances d'une pandémie, dit aux Canadiens 'Restez Chez Vous', c'est ce que le fais depuis le 13 mars.

    • Pierre Fortin - Abonné 11 avril 2020 13 h 00

      Messieurs,

      Il n'y a malheureusement pas que ce rapport pour avoir prévu ce que nous vivons aujourd'hui. C'est ce que révélait Éric Desrosiers le 3 avril dernier dans ces pages : https://www.ledevoir.com/economie/576356/analyse-ces-crises-inattendues-qui-n-en-sont-pas

      « Le rapport sur les risques mondiaux du Forum économique mondial (FEM) est devenu un rendez-vous habituel à la veille du fameux événement qui se tient chaque année à Davos. Établie maintenant depuis 15 ans, cette sorte de classement des principaux dangers qui menacent notre planète, en matière de dommages potentiels ou de probabilité, est basée sur l’opinion d’environ un millier d’experts et de décideurs d’un peu tous les domaines et de tous les pays [...]

      « Dans l’un de ces rapports, la pandémie d’un nouveau virus de la grippe mortel était présentée comme l’un des quatre plus grands risques dans un monde plus interconnecté que jamais. Un tel événement ne manquerait pas, disait-on, d’avoir un coût humain et économique important [...] Cet avertissement était dans le premier rapport du Forum de Davos, celui de 2006, et voyait les récents épisodes du SRAS et de la grippe aviaire comme des avertissements.

      « Au cours des années qui ont suivi, le risque de pandémie a continué d’apparaître dans les rapports du FEM [...] Dans le dernier rapport, dévoilé au début du mois de janvier, il pointait encore parmi les dix plus grands risques mondiaux en matière d’impact potentiel, et l’on déplorait, au passage, que, loin de s’améliorer, le niveau de préparation des pouvoirs publics et des entreprises à cette éventualité était en recul. »

      Nos élus qui accourent à Davos pour la grande foire mondiale n'ont aucune raison pour justifier leur impréparation et l'ignorance ne saurait être invoquée pour se dédouaner des devoirs auxquels ils ont lamentablement échoué.

      Il nous faut beaucoup mieux que de belles paroles et, comme le dit M. Leduc ci-bas, « Mettre l'économie au service de l'humain ».

      Et l'exiger

    • Jean Duchesneau - Inscrit 12 avril 2020 09 h 29

      @Pierre Fortin,

      " Cet avertissement était dans le premier rapport du Forum de Davos (...) et voyait les récents épisodes du SRAS et de la grippe aviaire comme des avertissements."

      Dans le cas du SRAS, seuls les pays asiatiques qui ont lutté contre ce virus, ont appris: 1. Que chaque citoyen doit porter un masque en public ; 2. Qu'il faut tester très largement la population afin d'isoler et soigner les porteurs du virus ; 3. Qu'il faut confiner et protéger les populations les plus vulnérables ; 4. Qu'il faut prévoir une réserve suffisante d'équipements et de fournitures médicales afin de faire face au pire.

      La recette était connue, mais les électeurs des pays qui ont été très peu été touchés par le SRAS n'ont pas eu la peur du virus comme enjeu politique. D'autant plus, que l'épisode du H1N1 lors duquel nos gouvernements ont investi vainement dans le Tamiflu a discrédité la santé publique aux yeux de la population.

      On s'est placé en mode "wait and see" avant qu'on se rende compte que cette fois-ci on ne criait pas au loup pour rien.

      La leçon que nous devons tirer de cette pandémie doit être mise en lien avec les éclosions précédentes (SRAS, H1N1, grippe espagnole, etc.). Un nouveau microorganismenous met face à l'inconnue. Souvent la menace est légère et facilement contrôlable. Quelquefois, le danger s'avère pire que ce que l'on avait envisagé. D'où la nécessité d'un protocole d'intervention afin de faire face à toutes éventualités.

      D'une façon plus large, je crois que la sécurité publique doit être repensée afin d'intervenir le plus rapidement possible auprès "du citoyen". Je crois qu'il faudrait former des brigades locales dans chaque quartier afin de pouvoir intervenir en cas de canicules, d'épidémies ou tout autre désastre. On voit bien que lors de désastre, les intervenants (policiers, pompiers, personnel médical, etc.) sont vite débordés et ne peuvent intervenir que chez les personnes en détresse,

  • Yann Leduc - Abonné 11 avril 2020 01 h 34

    Mettre l'économie au service de l'humain

    M. David a bien raison de critiquer l'électoralisme, les politiques à courtes vues de nos élus. Combien de fois avons-nous vu nos dirigeants (Harper, Charest, Couillard, Legault) réduire les impôts d'une part et sabrer en santé et en éducation d'autre part ? On nous donne d'un main ce que l'on reprend de l'autre.

    Comme le disait déjà Honoré de Balzac en 1865 : " Diminuer la lourdeur de l'impôt n'est pas en matière de finances diminuer l'impôt, c'est le mieux répartir ". En d'autres mots, que ceux qui ont plus paient plus et que ceux qui ont moins paient moins. On n'a qu'à penser aux paradis fiscaux, ces zones de non-droit pour privilégiés qui fleurissent impunément à travers le monde et qui privent les États de ressources précieuses.

    Mais quand on propose de taxer un peu plus les très riches et les grandes entreprises, on nous ressert toujours le même argument de menace et de chantage : les capitalistes vont fuir ! Or les capitalistes ne sont rien sans la masse de travailleurs qui produisent les biens et services, et surtout, sans une planète habitable.

    Les peuples doivent reprendre en main leur État, créer des économies plus sociales, plus respectueuses de l'environnement, plus axées sur la coopération et moins sur la compétition. Il ne s'agit pas de tout nationaliser et de recréer l'Union soviétique. On peut nationaliser les secteur névralgiques (pharmaceutique, transport, énergie) mais aussi créer des Coop et des PME plus utiles et responsables. Il faut mettre l'économie, les chiffres, au service de l'humanité et non l'inverse. En fait, comme l'explique le philosophe Alain Denault dans sa série d'essais qu'il vient de paraître sur l'économie, les notions de santé, de bien-être, d'environnement, d'économie ne devraient pas être si radicalement séparées : tous ces domaines sont intereliés.

    • Louise Collette - Abonnée 11 avril 2020 08 h 51

      Merveilleux commentaire Monsieur Leduc, rien à ajouter.

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 avril 2020 09 h 38

      Vous avez tellement raison, monsieur Yann Leduc. S'il y'a une leçon à tirer de cette pandémie, c'est le fait qu'il faut mettre l'économie, au service de l'humanité. La pandémie a démontré la faille cauchemardesque dans l'idéologie du marché libre, basée sur la cupidité et l'égoïsme, qui enrichit une poignée de personnes au détriment de la majorité.
      Comme vous le dites bien, il faudrait nationaliser les secteurs névralgiques de l'économie. On oublie souvent que nous payons au Québec la facture la moins salée en Amérique du Nord grâce à la nationalisation de notre électricité.
      Plus important encore, il faudrait aller chercher les milliards de fonds cachés du fisc dans les paradis fiscaux par les GAFAM de ce monde, avec impunité. En fin, nos gouvernements doivent travailler pour les citoyens au lieu de dorloter les sociétés qui veulent tout accaparer.

    • Caroline Vinet - Abonnée 11 avril 2020 09 h 39

      Très bien écrit! Merci d'avoir pris le temps d'écrire et partager ce texte.

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 avril 2020 09 h 47

      M.David a raison sur un certain nombre de points mais pas sur celui-ci."
      "il faudra couper partout pour rembourser tous ces milliards qu’il aura fallu emprunter pour faire face à la crise ?"
      Couper au nom du remboursement de la dette équivaut à transformer cette crise en dépression comme on en vu dans les années '30.
      Oui il faut surtout mieu répartir la charge fiscales. Revenir aux recettes qui ont fonctionnée après la guerre et surtout ne pas continuer après la crise commre nous le recommande le créneau du libéralisme économique qui avait provoquué la grande dépression une première fois et qui nous la ramène avec ce qu'on appelle généralement le néo-libéralisme.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 avril 2020 10 h 21

      Huh?!?! La santé accapare déjà plus de 50% du budget du gouvernement provincial. Huh?!?! La masse de travailleurs qui produisent les biens et services des riches capitalistes n’est pas au Québec. Excusez-nous, mais oui les riches vont partir ailleurs pour des cieux socio-économiques meilleurs si vous augmenter les impôts au Québec? Pardieu, le Québec, c'est l'endroit le plus taxé en Amérique du Nord. Et qui sont les très riches au Québec, qui, encore une fois, est l’état le plus socio-démocrate de l’Amérique du Nord? Misère, quand on dit taxer les riches au Québec, c’est la classe moyenne qui écope. Et même si le Québec et l’exemple à suivre avec les changements climatiques, soit poids plume dans l’équation à la hauteur de 76 Mt de gaz à effet de serre annuellement, ne change absolument rien puisqu’il ne représente que 0,175% de tous les GES mondiaux.

      Oui pour un nationalisme économique, mais la compétition demeurera toujours l'ancrage de tout système politique et humain. Pour une planète habitable écologiquement, c’est impossible avec plus de 7,8 milliards sur la Terre. Impossible. D’où la présente pandémie qui est une résultante de la surpopulation parce que s’il y avait moins de monde, surtout en Chine, on n’aurait pas de ces marchés humides à ciel ouvert où se côtoient animaux sauvages et humains dans des endroits très restreints pour engendrer des pandémies.

      C’est bien beau de dire qu’on peut nationaliser les secteurs névralgiques et créer des Coop et des PME qui existent déjà, mais on réalisera très vite qu’on est bien plus pauvre qu’on le pense. Qui dit richesses, dit aussi innovation. Pensez à l’ex Union Soviétique qui était littéralement paralysé économiquement dans son paradis euphémiste des travailleurs.

      Et le Québec est aussi l’endroit où on compte le plus de philosophes professionnels et en herbe de l’Amérique du Nord par cm2. Et la caractéristique des philosophes, c’est que leur monde n’existe pas dans la réalité.

    • Robert Beaulieu - Abonné 11 avril 2020 12 h 26

      Bien d'accord M.Leduc. J'irais plus loin par rapport au gouvernement. Il ne fait pas que baisser les impôts des nantis et du fait réduit sa propre capacité d'agir, il finance des mégas projets de destructions massives de l'environnement avec les conséquences que l'on connait. Je maintiens que le député doit être redevable à une assemblé local ou régionale de citoyens élus et non à un parti politique. Ça change tout. Les lobbys devraient alors convaincre ces assemblés citoyennes du bienfait de leurs projets pour la société et de l'inocuité de ceux-ci pour l'environnement. Présentement c'est le monde à l'envers où on veut nous faire croire qu'on ne peut pas se payer des caribous forestiers ou des bélugas mais qu'on peut enrichir des actionnaires extractivistes. La crise actuelle nous renvoie sans détour les pires choix d'ordre de priorité engendré par l'inexistance de la démocratie des idées. Nous pouvons faire tellement mieux.

    • Louis Roy - Inscrit 11 avril 2020 12 h 31

      J'ajouterais à la liste des secteurs névralgiques, l'agriculture!

    • Claude Gélinas - Abonné 11 avril 2020 13 h 28

      Je souscris à l'opinion de Monsieur Leduc et ajoute que l'après-pandémie ne devrait-il pas être l'occasion pour nos Gouvernements de livrer une bataille sans merci voire la guerre aux paradis fiscaux et aux GAFAM devenus de véritables États dans l'État.

      En outre, comme sortie de crise, ne faudrait-il pas hausser le salaire minimum sans délai pour atteindre 2 000 $/M pour permettre à ces travailleurs de sortir de la pauvreté et surtout, surtout, cesser de nous rabâcher les oreilles avec les conséquences qui en découleraient alors que pour les riches aucun maximum n'a jamais été envisagé.

      L'on pense à tort que par le ruisselement les riches investiront dans la recherche et le développement alors que la réalité démontre qu'Ils en profitent pour s'enrichir encore davantage.

    • Raynald Rouette - Abonné 12 avril 2020 09 h 19

      Le hic, est que les gouvernements occidentaux ne contrôlent plus grand chose...! Il suffit tout simplement, si nous le voulons bien d'ouvrir les yeux...

      Nous sommes en mesure de le constater chaque jour depuis les débuts de cette crise sanitaire à travers le monde. Depuis plus de 40 ans, nous avons laissé le néolibéralisme tisser sa toile avec les différents traités de libres-échanges aussi complexes que nébuleux...! Cette toile, controlée par une ploutocratie œuvrant dans l'ombre, sera très difficile à détricoter. Nous récoltons collectivement ce que nous avons laissé pourrir...

    • Françoise Labelle - Abonnée 12 avril 2020 15 h 04

      Les institutions financières mondiales ont été nationalisées en 2008, même si on n'utilisait pas le terme pour éviter la panique et les objections de la droite. On n'a trouvé des moyens financiers gargantuesques pour ce sauvetage. Et on va bientôt rejouer le scénario, dans deux mois.
      Alors pourquoi pas pour les services essentiels? L'économie n'est pas un marteau sans maître.

      L'austérité (néo-)libérale en période de stagnation post 2008 a été dénoncée par Fortin et al. Le Devoir «Tout ça pour ça» et à l'échelle mondiale dans «Sovereign Doubts», The Economist. Le cas de l'Espagne est frappant. Les décès dans les CHLDS illustrent bien le résultat des coupures (et la centralisation) Barrette dans la gestion des soins de santé.

      Le gouvernement actuel devrait détourner son tunnel sous la Manche vers les soins de santé. Il a au moins cette marge de manoeuvre.
      Les inégalités de revenu au Québec ne sont pas aussi criantes qu'en Ontario mais il est possible de faire un petit peu plus et rejoindre la Finlande ou le Danemark.

  • Sylvain Fortin - Abonné 11 avril 2020 01 h 50

    François Legault a déjà été ministre de la santé. Qu'avait-il fait en terme de prévoyance pour d'éventuelles crises sanitaires ? Rien. Et il répète la même chose comme premier ministre. Ce manque de prévoyance est grave parce que sur le terrain médico-hospitalier les professionnels se demande s'ils vont réanimer ou non des patients en l'absence de matériel approprié. Les gouvernements successifs n'ont rien prévu dans leur budget déposé au printemps de chaque année en matière de crises sanitaires éventuelles. Remémorez-vous les beaux sourires des ministres des finances qui ont exibé au fil des ans leurs beaux souliers tout neufs en jouant avec nos vies.

    • Hélène Paulette - Abonnée 11 avril 2020 20 h 07

      Legault, comme ministre de la Santé, incapable de tenir tête au lobby anglophone, n'a rien trouvé mieux que mettre le projet de Pauline Marois (le CHUM sur St.Denis) sur la glace, ce qui nous a coûté tous les dépassements, les débordements, les dédoublements du CUSUM et les retards du CHUM...

  • Yves Corbeil - Inscrit 11 avril 2020 01 h 52

    Il y a celui de 2003 aussi

    https://www.canada.ca/content/dam/phac-aspc/migration/phac-aspc/publicat/sars-sras/pdf/sars-e.pdf

    Faut croire que l'argent est le nerf de la guerre dans les décisions. Maintenant que nous sommes frappé très fort économiquement, il serait interressant de savoir combien ça aurait coûté d'être préparer et combien nous aurions sauvé. On ne le saura probablement jamais mais la facture à venir nous le saurons.

    Et la vie des gens, ça vaut combien quand vient le temps d'investir en prévention, préparation pour ce qui est inévitable dans le monde que nous vivons, pas assez faut croire.

    Mais il y a quelque chose qui coûte moins cher que les factures que nous ramasserons, la recherche qui permet de trouvé le remède avant que ça frappe peut-être. Ça faudrait y pensé dans l'avenir, parce qu'il y en aura d'autres et plus meurtrier.

    • Michel Héroux - Abonné 11 avril 2020 10 h 08

      Sylvain, François Lagault a été brièvement ministre de la santé. Ce n'est pas vraiment à l'occupant temporaire du siège de ministre de prévoir ce genre de pandémie. Comme l'écrit Michel David, les politiques ont, comme horizon, la prochaine élection générale. Mais la bureaucratie, elle, demeure indifférente aux changeme nts de ministre. Comment se fait-il que nos lourdes bureaucraties n'ont pas vu venir cette pandémie et alerté leur ministre du jour ? À mon humble avis, là est la question. Nos fonctionnaires sont payée entre autres pour être paranoïaques, pour voir venir des menaces pour la société qu'ils servent. Manifestement, cette fois-ci, ils n'ont pas vu venir grand chose, comme tout le monde, d'ailleurs.

  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 11 avril 2020 04 h 52

    L'insoutenable légèreté de M David

    La vacuité de la conclusion du texte de M David:"Au bout du compte, leur légèreté, c’est aussi la nôtre." est à la hauteur de celle de son texte, qui fait que réchauffer les idées passe partout comme :"La négligence des autres ne doit cependant pas excuser la nôtre." ou encore 'Il est facile de dénoncer l’inconséquence des gouvernements, mais c’est quand même nous qui les élisons et qui, paraît-il, les méritons. ". Devant un vide totale d'analyse de ce qui a conduit à une telle situation face à la Covid-19, on reste perplexe car on sait pas par quel bout on pourrait commencer la critique.
    Peut-être, peut on rappeler à M David que, s'il n'est pas du tout évident que nos gouvernements "s’emploient autant que possible à faire ce que nous souhaitons, notamment payer moins d’impôt, ",les grandes compagnies n'ont même pas ce souhait à formuler puisque nos gouvernements le leur offre. De plus quand on lit :"Même si, à Québec comme à Ottawa, on ne ménage aucun effort pour enrayer la pandémie, il vaut toujours mieux prévenir que guérir." peut on aussi rappeler à M David que le premier ministre du Canda a quand même mis plus d'une semaine pour réagir contre le fait que des étrangers, infectés par la Covid-19, entraient au Canada sans problème pour aller faire ...du tourisme ! Ça, c'est notre légéreté ?

    Pierre Leyraud

    • Sylvain Rivest - Inscrit 11 avril 2020 10 h 28

      Comment se déresponsabiliser entre les mains de l'état? Ce que vous êtes triste à lire. Ça ressemble beaucoup au discours communautarisme, QS, ou l'individu est irresponsable et la faute incombe aux autres.

      Les gouvernements sont à l'image de leur population. Faut pas avoir un grand sens de l'observation pour le remarquer.