Pas de froid immobilier

Pas de refroidissement en vue pour l’immobilier résidentiel dans le Grand Montréal. Le marché est appelé à demeurer favorable aux vendeurs, avec une hausse des prix attendue la plus forte parmi les grandes régions canadiennes analysées.

D’aucuns reconnaissent que les mesures prises par les gouvernements visant à endiguer la spéculation étrangère, à atténuer la demande et à restreindre l’accès à la propriété dans les grandes poches de surchauffe qu’abritaient Toronto et Vancouver ont eu un effet de débordement. La tension s’est déplacée sur le marché résidentiel montréalais, qui devrait connaître en 2020 une progression moyenne des prix au-dessus des 4 % pour une quatrième année consécutive. Selon les projections du courtier Royal LePage, le prix de l’agrégat des propriétés dans le Grand Montréal devrait augmenter de 5,5 % par rapport à 2019, pour atteindre 457 900 $, soit la plus forte appréciation de toutes les régions analysées. L’économie montréalaise est saine, le taux d’emploi y est élevé, les consommateurs demeurent confiants, les taux d’intérêt restent faibles et les biens immobiliers y sont « abordables » selon une comparaison canadienne.

« Le marché immobilier montréalais ne montre aucun signe de ralentissement », résume Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général de Royal LePage pour la région du Qué́bec. « La forte demande continue de favoriser les vendeurs, réduisant l’inventaire et poussant les prix à la hausse […] Le marché de vendeurs que nous voyons depuis trois ans est devenu la norme et ne disparaîtra pas de sitôt. »

Incitatifs à l’achat

Les millénariaux et les nouveaux arrivants sont les principales sources d’alimentation. S’y grefferaient les nouveaux incitatifs à l’achat d’une première propriété, qui pourraient contribuer à exacerber le déséquilibre entre l’offre et la demande, croit Royal LePage.

La firme se réfère, ici, au dernier budget fédéral, qui contient deux grandes mesures destinées aux premiers acheteurs. D’abord, le régime d’accession à la propriété (RAP). L’on pense à la hausse, de 25 000 $ à 35 000 $ (de 50 000 $ à 70 000 $ pour un couple) du plafond des retraits d’un régime enregistré d’épargne-retraite pouvant servir de mise de fonds pour l’achat d’une propriété. Ensuite, le programme de la Société canadienne d’hypothèques et de logement venant bonifier la mise de fonds des premiers acheteurs. Le montant de l’incitatif peut représenter 5 % ou 10 %, selon que la propriété soit neuve ou existante. Il s’agit d’un financement sans intérêt, qui doit être remboursé à la valeur de la propriété à la revente, ou au plus tard 25 ans après l’achat. Principales conditions : effectuer la mise de fonds minimale, le revenu annuel total admissible ne doit pas dépasser 120 000 $, l’emprunt total ne dépasse pas quatre fois le revenu admissible, et l’acheteur ou son partenaire est un accédant à la propriété. Objectif : réduire les mensualités des ménages qui se qualifient.

Si « RAPer » est populaire, pour le deuxième incitatif, « jusqu’à maintenant, le nombre de prêts autorisés dans ce cadre s’avère relativement limité au Québec. Les modalités du programme font qu’il convient à un nombre restreint d’acheteurs », précise Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins.

Surenchère

Il reste que « l’ascension des prix moyens des dernières années a considérablement réduit l’abordabilité, notamment à Montréal, ce qui rebute plusieurs acheteurs », précise l’économiste. La frénésie déborde la surchauffe montréalaise pour s’étendre à l’ensemble des grandes régions du Québec. Elle induit un phénomène de surenchère encore récent mais croissant, qui se répand à divers degrés en région, mais qui se veut en progression exponentielle à Montréal. « Les dernières données publiées, qui datent de mars 2019, confirmaient déjà une forte accélération des cas de surenchère en l’espace d’un an à Montréal […] Dans certains secteurs, environ 30 % des ventes de maisons unifamiliales ont été conclues au-dessus du prix demandé. » Au rythme des mises à jour de cette statistique, « il y a fort à parier que les cas de surenchère seront encore plus répandus à Montréal. Et qu’il se sera accentué » ailleurs, croit Hélène Bégin.


 
1 commentaire
  • Clermont Domingue - Abonné 21 décembre 2019 11 h 10

    Mensonge et injustice.

    Depuis des années, on nous répète que l'inflation est sous contrôle. C'est vrai quant aux salaires.

    Quand le prix d'une maison double en six ans ou que les indices boursiers augmentent de 20% en 2019, qu'est-ce que c'est?

    Les jeunes subissent triplement cette injustice: 1- Leur salaire stagne.
    2- Ils n'ont pas de placement en bourse.
    3- Les boomers empochent un profit excessif sur leur dos en vendant leur maison.