Le désastre durable

Grave moment de suspense : qui des conservateurs ou des libéraux obtiendra le pouvoir à Ottawa, selon cet excitant principe d’alternance qui conduit immanquablement, depuis 1867, ces deux partis à se l’échanger ? Ces élections sont vraiment ennuyeuses. Peut-être serait-il plus excitant de parler de chasse au chevreuil plutôt que de répéter que Maxime Bernier et d’autres bêtes politiques manquent de panache ?

Dans mon coin de pays, la chasse au cerf de Virginie a débuté le 21 septembre. Elle « ouvre », comme disent les amateurs, d’abord pour les chasseurs à l’arc ou à l’arbalète. Dans les années 1980, en haut de presque chaque arbre, on trouvait un archer juché, bien attaché à son petit mirador pour ne pas tomber. Une réglementation plus permissive de l’État a fini par voir l’arbalétrier supplanter l’archer. Dans le déroulé de la saison de chasse aux gros gibiers, les chasseurs à l’arme à feu arrivent plus tard. Je dis cela pour rappeler d’être prudents à ceux qui, durant ces semaines de campagne électorale, sont tentés d’aller se balader en forêt pour profiter de la canonnade des couleurs de l’automne.

En 1867, l’année où libéraux et conservateurs commencent à s’échanger le pouvoir au nom du jeu électoral, l’État va financer le travail de deux gardes-chasse, afin d’exercer un semblant de contrôle sur des milliers de kilomètres de forêts. Après des décennies de pillage, on s’inquiète pour la première fois de la disparition du gibier. La Zoological Society of Montreal lance des alertes.

Le contrôle de la chasse va longtemps relever surtout des clubs privés, lesquels s’arrogent, jusqu’aux années 1970, l’essentiel du domaine forestier. Au sujet de ce régime quasi féodal, il faut relire les chroniques de René Lévesque.

La vie dans les bois ne s’occupe pas souvent de politique, mais la politique s’occupe depuis longtemps d’exploiter les bois. Pour l’année 1871, nous possédons le recensement des animaux à fourrure abattus au Québec, du moins ceux déclarés aux autorités : 184 000 rats musqués tués, 36 000 castors, 19 000 visons, 11 000 martres. Plus de 5000 renards sont aussi écorchés, de même que 6000 orignaux. Année après année, ce massacre se poursuit, tandis qu’on rase les forêts. Tant et si bien que le gibier commence à se faire plus rare. Il faut le traquer de plus en plus loin. Quand vient le temps de trouver un responsable du désastre, on montre du doigt le loup pour mieux oublier de parler de cet animal féroce qu’est l’homme. Tout continue ainsi : notre Amérique compte désormais 29 % moins d’oiseaux qu’il y a cinquante ans.

Les agents de la faune ne sont toujours que des fantômes, attachés en pointillé au revers du permis de chasse. Au fil des journées et des saisons, je n’ai jamais croisé un seul garde-chasse de ma vie, sauf une fois où j’avais pris la peine de les contacter pour livrer au jour une opération de braconnage de nuit. Depuis longtemps, il est vrai, les malheurs dont souffre la nature ne tiennent plus du chasseur, qui est devenu d’ordinaire, paradoxalement, un défenseur de la nature. Mais cette image de prédateur, en certains cas, exprime encore très bien la destruction de la nature qui est à se jouer à l’encontre de l’humanité.

À l’ère du triomphe de l’image, George Eastman, le fondateur de Kodak, couvrait les murs de sa maison de trophées de chasse ramenés d’Afrique, la photographie ne lui servant qu’à documenter sa vie de pacha des bois. Le gibier est resté, pour un petit pan fortuné de la société, matière à s’offrir, sous forme de trophées, une émotion capable de tromper l’ennui de vies blasées.

Le gouvernement de Donald Trump vient de réautoriser l’importation aux États-Unis des trophées de chasse, en promettant de juger au cas par cas de leur légitimité. La tête d’un gros lion, digne de l’animal qui ouvre les films de la Metro-Goldwyn-Mayer, vient ainsi d’être rapportée d’Afrique, au bénéfice d’un riche homme d’affaires.

Le monde et les temps changent-ils tellement ? Nous entretenons volontiers l’illusion que la société peut être réenlignée par de modestes adaptations de nos modes de vie, autrement dit par la mise en conformité de nos habitudes avec une pensée écologique de surface qui ne remet jamais en cause les fondements du monde tel qu’il va.

À l’épicerie désormais, parmi la multitude de produits industriels, on trouve des Pop-Tarts en version biologique. Un grand progrès, certainement, en faveur d’une alimentation plus naturelle… Les chaînes de malbouffe, comme McDonald’s, offrent de leur côté depuis longtemps du café équitable, sans que la nature de l’alimentation dont ils font la promotion ait en rien changé.

Sur nos routes, il n’y aura vraisemblablement plus, d’ici quelques années, de voitures propulsées par des moteurs à essence. Les propriétaires de ces nouvelles voitures, toutes semblables aux anciennes, pourront bientôt se féliciter d’être encore coincés dans les mêmes vieux bouchons de circulation.

Les Pop-Tarts bio, le mirage du café équitable et celui de la voiture individuelle électrique témoignent, parmi tant d’autres choses, de notre formidable capacité à nous leurrer, en nous assurant de la sorte, contre notre intérêt collectif, que demain sera fait des mêmes délires qu’hier, mais désormais au nom des jolis coloris d’une autre campagne de vente qui a pour thème « sauvons la planète ». Le projet social actuel ne semble hélas se fonder que sur ce mirage d’une mise en conformité de nos habitudes avec une écologie de surface qui maintient une approche productiviste et marchande.

Des centaines de milliers de personnes marcheront cette semaine dans les rues en criant, en hurlant, en chantant, « sauvons la planète ». C’est une bonne nouvelle. Mais il faudrait rapidement chercher à amplifier la profondeur de ce cri. Autrement, on se bercera encore de l’illusion que notre destin peut être réaligné par de modestes adaptations, tandis que les dominants, au nom des conservateurs ou des libéraux, continuent d’administrer un désastre durable.

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29 commentaires
  • Benoit Léger - Abonné 23 septembre 2019 06 h 31

    Un désastre en vaut bien un autre

    Que veut dire exactement "il faudrait rapidement chercher à amplifier la profondeur de ce cri" ? C'est joli comme formule. C'est également tout aussi vide et creux que la marche de vendredi. Cette marche, comme toute la poudre aux yeux et les demi-mesures qu'on nous lance à la pelle, fait partie du problème et non de la solution. Elle est à la fois rassurante et inutile.

    Le choix est pourtant clair. D'un côté le désastre climatique si l'on ne fait rien de plus ou de l'autre, le désastre économique si l'on fait ce qui est nécessaire, c'est-à-dire rompre avec le capitalisme et la sacro-sainte croissance. En d'autres termes, on coupe nous-même la branche sur laquelle nous sommes confortablement assis, ou on attend qu'éventellement, ce soit l'arbre au complet qui tombe.

    Nous savons tous quelle option l'emportera.

    • Hélène Lecours - Abonnée 23 septembre 2019 17 h 32

      Je choisis le désastre économique sans aucune hésitation, car il se réparera BEAUCOUP, beaucoup plus rapidement que le désastre écologique auquel nous faisons face collectivement. Dès le lendemain du désastre économique en question, une nouvelle machine économique se remettra à germer aux quatres (c'est symbolique) coins de la planète. Les échanges seront spontanés, rapides, presque instantanés. Plus besoin de grand chose, à part la parole. En moins de cent ans. Malheureusement, ce sont les armes et les armées qui tiennent les rennes, en réalité.

    • Daniel Grant - Abonné 23 septembre 2019 19 h 10

      @M. Benoit Léger

      Faux dilemme

      …D'un côté le désastre climatique si l'on ne fait rien de plus ou de l'autre, le désastre économique si l'on fait ce qui est nécessaire…

      Permettez-moi d’être en désaccord, pcq vous alimentez un faux dilemme colporté par les lobby du pétrole et des marchands de doute qui gravitent autour.
      C'est aussi irrationnel que celui du transport: soit par oléoduc ou par train, autrement dit est-ce qu'on vous coupe un bras ou les deux?
      La réponse est ni un ni l'autre.

      Prendre le tournant écologique signifie de faire de la croissance mais dans la bonne direction,
      c’est un nouveau cap vers les énergies renouvelables remplies d’opportunités d’affaire et de création de richesse sans détruire nos conditions de vie sur terre.

      Alors que toute augmentation du fossile est rétrograde (nous le savons maintenant) et
      c’est ça la décroissance qui fait qu’on y perd dans les 2 cas.
      Votre conclusion est bien imagée mais je la modifierais;
      la branche qui nous supporte qu’on scie nous-même en continuant dans le fossile ou
      l’arbre qui tombera de toute façon avec le fossile.
      Alors soyons rationnel, la réponse est ni un ni l'autre.

      Comme nous faisons confiance aux scientifiques quand ils nous disent comment se rendre sur la lune, croyons les quand ils nous disent qu'il faut laisser le pétrole sous-terre.

    • Christian Roy - Abonné 23 septembre 2019 22 h 13

      " C'est également tout aussi vide et creux que la marche de vendredi. " - Benoit Léger.

      Une marche... qui fait partie d'un plan de mobilisation qui transformera les consciences. Que les Tricératops se le disent pour dit. Le lobe frontal nous permettra de passer à la prochaine étape. C'est possible.

      Ne lâchez pas les jeunes. Faites tremblez ceux qui s'accrochent à une période délétère et révolue.. "Car le monde et les temps changent" non seulement au-dessus de nos têtes mais aussi dans les esprits.

      Que cette Marche soit la semence de quelque chose de concret... et surtout qu'elle ne soit pas la dernière. Certains sont très durs d'oreilles.

  • Yvon Montoya - Inscrit 23 septembre 2019 06 h 37

    Il est somme toute plus facile d’imaginer la fin du monde que du capitalisme. Il y a en effet un horizon historique et social clôturé sur la marchandise et ses effets d'aliénation qu’il nous faut comprendre, afin de pouvoir mieux en déconstruire l'effectivité. Autrement dit un monde aliéné, qu’on manipule, dont on bouscule les capacités d’indignation des citoyens par les médias interposes me semble être sujet a questions aussi. En somme la planète est polluée certes mais les hommes...on le voit bien avec la montée d'idéologies deleteres conservatrices et national-populistes de par le monde. Le capitalisme ne sera pas, n’est pas la réponse; l’écologie comme idéologie encore moins surtout si elle est effectivement un rejeton superficiel de ce même capitalisme, i.e. une mode. Cet écologisme sera écologie réelle si elle se met au combat politique non en mettant des étiquettes plus grosses pour nous dire que tel produit ou tel autre produit est empoisonne. Sinon et comme d’habitude alors revitalisons le carnaval dans l’esprit du Moyen-age, un défoulement sans suite.

    • Nadia Alexan - Abonnée 23 septembre 2019 10 h 38

      Vous avez raison, monsieur Montoya, il faut contester la doctrine du capitalisme sauvage qui nous incite à la consommation effrénée et à la maximisation des profits au dépend de la nature. À date, peu d'économistes contestent cette idéologie qui va nous ramener directement à l'extinction.
      Et les nouvelles de ce matin ne sont pas plus réconfortantes. Selon un sondage Ipsos «La confiance des Canadiens envers la science s'érode. 32% des personnes interrogées se disent sceptiques quant au changement climatique».
      Pire encore, Alexandre Shields nous informe, dans ce même journal, que le retard est difficile à combler: «Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) estime qu’il faudrait réduire les émissions de CO₂ de 45 % d’ici 2030, par rapport au niveau de 2010, pour maintenir nos chances de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Les données de l’ONU prédisent plutôt une croissance de plus de 10 % d’ici 2030, à supposer que les États respectent entièrement les engagements volontaires qu’ils ont pris jusqu’à présent.»

    • Jean Richard - Abonné 23 septembre 2019 14 h 27

      « La confiance des Canadiens envers la science s'érode. » – C'est sans doute un rapide résumé des résultats d'un sondage, mais il n'y aurait rien d'étonnant que ce soit près de la réalité.

      On pourrait se demander comment un tel phénomène est-il possible, dans un monde où l'accès à l'information, scientifique ou autre, dépasse tout ce qu'on a connu jadis ?

      On a donc envie de pointer du doigt deux causes parmi tant d'autres :

      - le catastrophisme à outrance, surtout véhiculé par les médias et,

      - le niveau très bas de culture scientifique.

      Dans ce dernier cas, la lecture du numéro de septembre du magazine Québec Science pourrait nous éclairer. « Tous des cancres en science ? Délaissée au primaire, malmenée au secondaire, la science est le parent pauvre du système scolaire québécois. » Ces quelques mots vous mettent au parfum du contenu.

      Comment aborder ce qu'on connaît si peu ? Car ce qu'on ne dit pas ce matin, c'est qu'à côté des 32 % qui douteraient de la science, il pourrait y en avoir autant, ou même plus, qui croient en la science comme on croit en un Dieu. Dans ce cas, on va rapidement transformer en dogme ce qui n'était que des conclusions d'étapes – car la science n'a pas tout dit. La connaissance scientifique est en constante évolution, ce qui peut la rendre déroutante, mais le jour où il en sera autrement, il n'y aura plus de science.

      Le catastrophisme ne vient ni de la science, ni de l'antiscience, mais du commerce. Le catastrophisme est une marchandise. Ça se vend bien. Ça se vend encore mieux quand on y accole une image. Le gros M de McDo, le gros K de Kellogs, l'étoile à trois pattes de Mercedes, la photo du colonel Saunders, celle d'une adolescente aux longues tresses et au regard aussi vague qu'accusateur...

      Quant à l'analphabétisme scientifique, il est entretenu par les médias et involontairement (pour être poli) par ceux qui décident du contenu de la scolarisation des jeunes.

    • Jean Duchesneau - Abonné 23 septembre 2019 15 h 19

      @Mme Alexan,

      Abolir le système capitaliste n’est pas une solution concrète aux émissions de GES. Vous utilisez un problème concret à des fins idéologiques. Il faut des solutions concrètes pour tous les citoyens en regard de tous les aspects de leur qualité de vie ( confort de l’habitat, qualité d’alimentation, convivialité de la mobilité, etc.) tout en réduisant leur empreinte écologique. C’est en mettant à contribution tous les acteurs de la société qu’on arrivera à résoudre les problèmes et non, comme vous le faites, en les antagonisant. Le capitalisme est fondé sur le désir des individus à l’enrichissement personnel. C’est le moteur de la création de richesse et le moteur de l’innovation. Ce qui a tué le communisme, c’est la démotivation des individus qui a tué leur créativité. Un système équilibré encourage d’une part l’entreprenariat créateur de richesse et d’autre part, adopte une gouvernance de redistribution de cette richesse; c’est en somme la social démocratie moderne à la scandinave et disons-le à la québécoise. Si vous déséquilibrez le système comme le propose QS, çà sera au détriment de notre richesse collective, de notre capacité d’innovation, de la qualité de vie, qui par ailleurs est à mon avis la meilleure au monde ici au Québec.

  • Françoise Labelle - Abonnée 23 septembre 2019 07 h 53

    Le pari de Pascal

    Construire un modèle global du climat sur des super-ordinateurs est une tâche complexe. On divise la terre ferme en cellules de surface et les océans en cellules tri-dimensionnelles. Calculer ce qui se passe dans chaque cellule ne peut être qu'une approximation. Tester des hypothèses sur les modèles est une tâche tout aussi difficile.
    On pourrait reformuler le pari de Pascal: si on suit les prévisions du Climatologue, s'il a tort, on a perdu un peu en se privant du superflu et s'il a raison, on aura allégé les souffrances de ceux qui devront s'adapter (ce qui sera plus facile pour les plus riches).
    Si on rejette les prévisions du Climatologue, s'il a tort, on aura gagné un peu du superflu dont on aura profité et s'il a raison, on aura accru les souffrances de ceux qui devront s'adapter.
    Mais contrairement à un dieu qui ne se manifeste pas puisqu'il n'est pas de ce monde, les observations que vous rapportez vont toutes dans le même sens: la hausse des températures coïncide avec le début de l'ère industrielle et s'accélère depuis les années 80. Les USA subiront les effets de la fracturation forcenée comme certaines parties de la Californie qui s'enfoncent dans l'océan avec le pompage effréné de l'eau.
    La Chine, qui a mieux fait que les occidentaux à une phase de développement comparable, tente de passer du charbon au nucléaire mais ses émissions ne diminueront pas dans un avenir rapproché.
    On se prend à prier pour des catastrophes climatiques et économiques, comme la bulle des fonds indiciels passifs sur lesquelles Michael Bury, le héros de 2008, a récemment attiré l'attention.

  • Roger Bertrand - Abonné 23 septembre 2019 08 h 34

    66 sur 67, ça fait réfléchir !!!

    Le 10 septembre dernier au matin, sur le train de Québec à Montréal, en franchissant le Pont Victoria, je compte le nombre d'automobiles que le train dépasse: 67 au total. De celles-ci, une seule avec 1 passager, les 66 autres sans passager. Devant un tel défi de sensibilisation et d'éducation (pour adulte), il y a de quoi se décourager. Encore plus si l'on considère qu'à Québec, l'on tombe dans le piège coûteux et insensé d'un troisième lien plutôt que d'investir dans le transport en commun.

    Il nous reste bien des marches et des démarches à faire, bien sûr ! Mais que ceci ne nous dispense pas de la responsabilité que nous avons, individuellement, de faire notre petite part, et de marcher, au quotidien pour notre santé personnelle, et pour notre santé collectivement, le 27 septembre prochain.

    • Marc Pelletier - Abonné 23 septembre 2019 11 h 24

      Merci M. Bertrand,

      C'est l'image que frappe de nos jours et vous en faites un brillant usage !

      Plus que jamais la phrase suivante s'applique : " Si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on ?

      Je suis déçu de constater que beaucoup de lecteurs du Devoir déclarent forfait ( lancent la serviette ), face à la montagne à franchir !

    • Christian Roy - Abonné 23 septembre 2019 22 h 02

      Et TOUT LE MONDE a ses raisons d'être autosoliste.

      JAMAIS le gouvernement québécois n'osera toucher à cette vache sacrée.

      On ne peut que réélire un tel gouvernement.

      Nous sommes pris au piège d'un progrès débridé, myope et auquel tout le monde consent "librement". C'est imparable.

  • Pierre Rousseau - Abonné 23 septembre 2019 08 h 40

    Du loup et des hommes

    C'est intéressant que vous parliez du loup. Imaginez-vous qu'encore aujourd'hui, au XXIè siècle, il y a un gouvernement, néo-démocrate appuyé par les Verts par surcroît, qui encourage la destruction des loups pour sauver les caribous des bois de l'intérieur de la Colombie-Britannique. Il est vrai que cette population de caribous est menacée d'extinction et que le loup est leur prédateur principal. Toutefois, la vraie raison de la disparition du caribou des bois est la destruction de leur habitat (et de celui des loups) par l'industrie forestière et les mines. Mais pour les néo-démocrates de BC, c'est le développement qui est important, les jobs, pas les caribous ni les loups.

    Alors, en cette période électorale, force est de constater qu'on nous lance beaucoup de poudre aux yeux. Le NPD n'est pas mieux que les Libéraux quand on regarde ce que leurs pendants provinciaux font... Il ne faut pas non plus oublier le règne assez court des néo-démocrates albertains de Mme Notley qui a pété des plombs quand sa province voisine a voulu protéger son environnement et limiter le transport de pétrole dans l'oléoduc fédéral Trans Mountain... et a boycotté les vins de BC...

    N'est-on pas tannés de nous faire mentir en pleine face par les politiciens ? On sait que les Libéraux et Conservateurs vont continuer à nous mener au désastre. Or, on pense au NPD ? On oublie trop facilement que ce parti est inféodé aux syndicats et que pour eux ce sont les jobs qui comptent, pas la planète et encore moins les caribous. Les Verts ? On vient de voir qu'ils se sont acoquinés avec le NPD en BC pour laisser faire la tuerie des loups au lieu de s'attaquer au vrai problème de l'industrialisation de la forêt (en passant ils sont aussi complices de la destruction des forêts anciennes de l'île de Vancouver).

    Ceci étant dit, va falloir voter pour le moins pire... pas le meilleur car il n'y en a pas... encore !

    • Marc Pelletier - Abonné 23 septembre 2019 11 h 35

      Le seul dont il est encore possible d'espérer une conversion, c'est Justin Trudeau et encore ... Mais qui sait ce qui peut se produire sur le chemin potentiel de la victoire qu'il espère !

      Les petits partis n'ont aucune chance de pouvoir agir pour renverser la vapeur et, pour les conservateurs, c'est déjà entendu !

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 23 septembre 2019 17 h 11

      Trop vrai, trop pertinent ce que vous avez écrit dans votre commentaire. Ça va droit au but et c’est facile à comprendre. Cela ne fait pas le tour de toute la question environnementale, mais ce serait le meilleur des débuts, à commencer par au moins s’apercevoir des intérêts que chacun défend, pratiquement toujours pour lui-même, qu’il soit gouvernement, entreprise, groupe ou individu.