Descendre dans la rue

Le collectif « La planète s’invite au Parlement », qui a orchestré la venue de Greta Thunberg à Montréal, a raison de dire que les politiques du gouvernement Legault démentent ses prétentions vertes, qu’il s’agisse du « troisième lien » ou de son appui au projet de liquéfaction du gaz au Saguenay.

Il a pourtant tort de s’opposer à la participation du ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, à la grande marche pour le climat du 27 septembre. Cette tendance à l’exclusion qu’a développée une certaine gauche convaincue d’avoir le monopole de la vérité est toujours agaçante, mais elle peut aussi être contre-productive. Soit, M. Charrette ne donne pas l’impression d’un homme qui est démangé par le besoin d’agir, mais la solution à la crise climatique n’en passe pas moins par les gouvernements, qu’on leur veuille ou non, et celui de M. Legault a de bonnes chances d’être là pour un bon moment.

Bien entendu, il espère tirer un avantage politique de sa participation à la marche, mais elle constitue aussi une sorte d’engagement dont on pourra lui demander de rendre compte. La présence du premier ministre, que réclamaient les partis d’opposition, aurait évidemment lancé un message plus fort, mais elle aurait été plus compromettante. Si quelqu’un doit être accusé d’hypocrisie, il vaut mieux que ce soit un autre que lui.

À la veille de son départ pour New York, où il participera au Sommet Action Climat des Nations unies et à la Climate Week, M. Charrette a déclaré : « Le Québec peut être un acteur clé de la lutte mondiale contre les changements climatiques. » La majorité des Québécois sont généralement satisfaits du gouvernement caquiste un an après son élection, mais sa réelle volonté de lutter contre les changements n’en suscite pas moins un grand scepticisme.

C’est au début de 2020 que doit être rendu public le plan d’électrification de l’économie québécoise que le premier ministre Legault a promis lors du conseil général de la CAQ en mai dernier et qui doit en principe se traduire par une diminution de 40 % de la consommation de pétrole d’ici 2030.

Au lendemain de la dernière élection, le nouveau premier ministre disait avoir saisi le message de la population et il a ajouté la protection de l’environnement à sa liste de priorités. Il dit maintenant ressentir une « urgence pragmatique » face à la crise climatique, mais ceux qui descendront dans les rues de Montréal le 27 septembre ont un sentiment d’urgence tout court, dont M. Legault ne semble pas encore avoir mesuré toute l’ampleur.

Il ne donne surtout pas l’impression de la partager. Aux demandes répétées d’Andrew Scheer ou de Jason Kenney, qui le pressent de rouvrir la porte au projet de pipeline Énergie Est, il répond invariablement qu’il n’y a pas d’« acceptabilité sociale » pour un tel projet. Jamais on ne l’a entendu dire qu’il l’estimait lui-même incompatible avec la lutte contre les changements climatiques. À l’époque où il était dans l’opposition, il lui trouvait au contraire des avantages, pour peu que le Québec en tire des redevances.

Au rythme où l’angoisse climatique augmente, M. Legault semble s’imaginer que le projet de GNL-Québec, qui générerait annuellement plus de 7 millions de tonnes de GES, soit l’équivalent en une seule année de la réduction des émissions de GES depuis 1990, pourra bénéficier d’une plus grande acceptabilité. Il risque d’être déçu.

La CAQ avait réussi un bon coup en faisant cautionner son virage « vert » par le metteur en scène et père du « Pacte pour la transition » Dominic Champagne, qui avait même pris sa carte de membre de la CAQ. Il ne s’agissait cependant pas d’un chèque en blanc. Il fait maintenant partie d’un groupe de personnalités qui dénoncent le projet de GNL-Québec. Il n’accorde aucune foi aux prétentions du gouvernement et des promoteurs du projet, selon lesquels le gaz liquéfié au Saguenay permettrait une baisse marquée des émissions de GES ailleurs dans le monde.

Au printemps dernier, M. Champagne avait déclaré : « Je mets au défi le premier ministre Legault d’annoncer d’ici la fin des classes une mesure qui va rassurer les étudiants qui ont pris la rue depuis des mois en réclamant que les gouvernements posent des gestes concrets pour la suite du monde, pour faire face au dérèglement climatique. Une seule mesure d’ici la fin des classes. » L’automne est à nos portes et ceux qui s’apprêtent à redescendre dans la rue attendent toujours. On peut penser qu’ils y retourneront bientôt.

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18 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 21 septembre 2019 08 h 05

    Manifester pour manifester

    La gauche extrémiste a élevé l’écologie au rang de religion en faisant abstraction de la science qui en découle. On fait appelle aux sentiments, à l’émotion et non pas à la raison. C’est la recette gagnante pour une catastrophe sans précédent. Dire que le ministre de l’environnement n’est pas invité à leur marche de santé dans la rue, qui ne changera absolument rien, dépeint cette misogynie extrémiste envers ceux qui partagent un autre point de vue.

    Ceci dit, le plan d’électrification de l’économie québécoise pour avoir plus de voitures électriques sur les routes ne changera pas un iota de la génération des GES. La voiture électrique est aussi polluante que celle conventionnelle. Ailleurs, dans le merveilleux monde du ROC, les voitures électriques carburent à l’électricité aux énergies fossile et nucléaire. Idem pour les USA et presque partout dans le monde.

    Le projet de GNL-Québec, qui générerait annuellement plus de 7 millions de tonnes de GES, eh bien, la Chine en produit 5 fois plus en une journée. Si ce n’est pas au Québec, eh bien, l’Empire du Milieu se fera un plaisir de le faire.

    Des gestes concrets qui vont réellement faire une différence n’existe tout simplement pas au Québec. Pour la minorité d’extrémistes qui déferleront dans la rue avec leurs téléphones intelligents et tous les gadgets qui créent justement cette crise mondiale, ne fera aucune différence. S’ils seraient conséquents avec eux-mêmes, c’est devant des ambassades comme de la Chine qu’ils devraient manifester.

    Non. La solution à la crise climatique ne passe pas par les gouvernements, elle passe par nous. Il faudra être conscient un jour que notre vaisseau spatial qu’est la Terre a une limite avec le nombre de gens à bord. Notre environnement ressemble plutôt à canot de sauvetage en mer et au lieu de faire la bonne décision qui est l’émancipation et l’éducation des femmes partout dans le monde en faisant fi des contraintes culturelles et religieuses, on ajoute des gens.

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 septembre 2019 12 h 26

      @ Cyril Dionne

      Bullshit as usual:

      "Pour la minorité d’extrémistes qui déferleront dans la rue.." - Cyril Dionne

      "Au Québec, 94% des gens pensent que les changements climatiques constituent un problème urgent ou important." - Les coulisse du pouvoir, Radio-Canada, 15 septembre 2018

      " On fait appelle aux sentiments, à l’émotion et non pas à la raison.." - Cyril Dionne

      Même propos que Maxime Bernier à Midi info, 20 septembre 2018.

      Ça en dit long sur votre crédibilité.

    • Gilbert Troutet - Abonné 21 septembre 2019 14 h 04

      Non, les changements nécessaires ne peuvent pas venir que des simples citoyens. Les gouvernements ont aussi des mesures à prendre pour changer de cap et il est vrai que rien ne se passe de ce côté-là, ou si peu. Selon les dernières données, 70% des véhicules vendus en Amérique du Nord sont maintenant des pick-ups et des VUS, autrement dit de grosses cylindrées consommatrices de pétrole (certains sont hybrides pour faire semblant). D'une part, on a des gens qui suivent la mode des gros chars, d'autre part des gouvernements qui laissent libre cours à la pub et qui financent de nouveaux pipelines pour remplir les réservoirs. Pour enrayer la consommation de tabac, il a bien fallu que les gouvernements mettent le pied à terre : hausses de taxes, interdiction de la pub, etc.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 septembre 2019 16 h 27

      Tiens, le roi des amalgames est revenu. Cher M. Montmarquette de notre cœur, 94% des gens pensent que les changements climatiques constituent un problème urgent ou important et pourtant personne ne fera rien de significatif ou d'important à part de crier des slogans ou de faire du recyclage. Imaginez pour un instant sans croissance économique, l'état providentiel ne serait plus. Alors, tous les rêves de nos solidaires disparaitraient en fumée.

      Ils aiment cela nos solidaires, manifester pour manifester sans rien changer. Misère.

    • Patrick Boulanger - Abonné 21 septembre 2019 17 h 38

      Ailleurs, dans le merveilleux monde du ROC, les voitures électriques carburent à l’électricité aux énergies fossile et nucléaire. ?

      Voici un lien qui pourrait vous intéresser à propos de la Colombie-Britannique (province du Canada) : https://www.bchydro.com/index.html

      Je n’ai pas vérifié pour l’ensemble des provinces, mais j’estime que l’exercice vaut la peine!

    • Cyril Dionne - Abonné 21 septembre 2019 22 h 06

      Cher M. Boulanger,

      Deux provinces sur neuf hors Québec (Manitoba et la Colombie-Britannique) qui peuvent utiliser de l'hydroélectricité pour alimenter leurs voitures. Le reste, c'est de l'énergie fossile et le nucléaire en Ontario. Ailleurs dans le monde, c’est surtout le nucléaire et les énergies fossiles.

      Mais coudonc, Québec solidaire n'était pas contre l'hydroélectricité dans son programme sur les énergies puisqu’ils la considéraient au même niveau que les énergies fossiles. C’est « ben » pour dire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 septembre 2019 10 h 19

      @Cyril Dionne,

      "Québec solidaire n'était pas contre l'hydroélectricité dans son programme.." - Cyril Dionne

      Une manière particulièrement tordue d'interpréter la position de QS qui n'est pas "CONTRE" l'hydro-électricité. Mais cherche à en limiter le développement (notamment pour la protection des rivières et de l'environnement) à la faveur du développement des énergies solaire, géothermique et éolienne.

      1.2.4.1 Énergies renouvelables :

      Afin de rompre notre dépendance au pétrole, il est urgent de lancer un vaste chantier visant à développer
      la production d’énergies renouvelables et non polluante.

      C’est pourquoi un gouvernement solidaire :

      a) Priorisera l’utilisation et le développement des énergies solaire, géothermique et éolienne afin de
      limiter au maximum tout recours supplémentaire à l’hydroélectricité et aux énergies fossiles.

      b) Donnera au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) le mandat, avec plein pouvoir,
      d’études et recommandations avant tout nouveau projet de développement hydro-électrique.

      Référence :

      L'hydroélectricité est-elle verte? - La Presse

      "«On l'oublie facilement, mais l'hydroélectricité se fait au prix de nombreux impacts sur l'environnement, indique Anne-Marie Saint-Cerny, directrice de la Fondation Rivières. Que l'on pense à l'assèchement des rivières, à l'inondation des forêts, à la création de méthyle-mercure, etc.»

      Plus conciliant pendant des années, le discours environnemental s'est corsé récemment avec l'essor de nouvelles sources d'énergie qui, elles, sont considérées réellement vertes: éolien, solaire et géothermie.

      La Fondation Rivières, d'ailleurs, estime qu'un parc éolien en Minganie créerait 60% plus d'emplois que la Romaine, tout en coûtant 25% moins cher par kilowattheure."

    • Cyril Dionne - Abonné 22 septembre 2019 16 h 35

      @ Montmarquette

      L’énergie solaire produit 4 fois plus de GES que l’hydroélectricité. En plus, elle est disponible que 25% du temps si on est chanceux et coûte 3 à 4 fois plus chère. Ses panneaux sont faits de plastique.

      L’énergie éolienne produit le même nombre de GES que l’hydroélectricité mais coûte de 4 à 5 fois plus chère. En Ontario, il y a des contrats qui coûtent plus de 0,80$ (80 sous) du kWh. En plus, elle n’est disponible que 20 ou 25% du temps mais ils vous la vendent pour 100% du temps. Ce qui veut dire que vous la payer de 4 à 5 fois plus chère.

      La géothermie ne produit pas d’énergie présentement mais aide à maximiser l’utilisation de l’électricité pour chauffer les maisons au Québec. Mieux connu comme thermopompe, elle donne de la chaleur l’hiver et de la fraîcheur en été.

      Toute production d’énergie affecte l’environnement, mais l’hydroélectricité est de loin la plus verte, la moins coûteuse et la moins dommageable pour l’environnement et les changements climatiques parce qu’elle utilise la gravité naturelle de l’eau. Les autres provinces envient le Québec pour son or bleu. Pour la création de méthyle-mercure, vous errez. Arrêtez de lire la Presse. Le mercure est présent dans tout systeme électrique (transformateur, condenseur etc.) qui distribue l’électricité sans la produire. On rencontre ces mêmes systemes dans la distribution électrique des énergies éolienne et solaire.

      Pour le projet du parc éolien en Minganie, on créé des emplois subventionnés à 100% par les contribuables. Toute production d’énergie, une fois les installations terminées, ne requièrent que le minimum de travailleurs. Ce projet est tout simplement un gaspillage d’argent pour les contribuables et on demeure poli. Le plus comique là-dedans, c’est que cette communauté devra être connectée au réseau d’Hydro-Québec, sinon l’électricité sera seulement disponible que 20% du temps avec leurs éoliennes. Et les contribuables québécois paieront plus de 25 sous du kWh.

  • Serge Grenier - Abonné 21 septembre 2019 09 h 03

    D'ici 2030...

    Alors que les gens de la météo n'arrivent même plus à prédire ce qui va se passer après-demain, comment les politiciens peuvent-ils prédire ce qui va se passer dans 10 ans? Pour se rendre jusqu'en 2030, nous devrons traverser de nombreuses crises : la pire, c'est la crise financière qui va bientôt secouer toute la planète bien plus fort qu'en 2008; ensuite viennent les bouleversements climatiques qui vont affecter particulièrement les rendements agricoles à court et à moyen terme; aussi, les grands feux de forêts vont réduire de plus en plus la capacité de la planète à fournir de l'oxygène; l'acidification des océans et la destruction de la vie marine qui va aussi contribuer à diminuer l'oxygène disponible dans l'atmosphère; le destruction des habitats naturels va encore accélérer la 6e grande extinction et compromettre toujours davantage la capacité de la planète de soutenir la vie; les guerres économiques et politiques vont continuer de provoquer des exodes massifs et compromettre la paix sociales dans des régions de plus en plus vastes; la pollution de l'air, de l'eau, des sols, des ondes électromagnétiques, tout cela va contribuer à fragiliser notre situation; etc. etc. etc.

    Vraiment Monsieur Legault et tous les autres qui vivent dans le déni, le fait d'ignorer ces problèmes ne fait rien pour les résoudre. Ces problèmes innombrables ont les mêmes causes. Il faut qu'on arrête de s'éparpiller à traiter les symptômes et qu'on mette les causes hors d'état de nuire. Et on ne peut pas attendre jusqu'en 2030 pour le faire.

  • Maëlle Benoît - Abonnée 21 septembre 2019 16 h 18

    UN MINISTRE DANS LA RUE?

    Les manifestations de cette semaine font suite à l’appel international « Earth Strike » à manifester partout sur la Terre « pour le climat ». C’est un appel à toute la population à dire à leurs élu.e.s , à leurs gouvernements, qu’ils n’en font pas assez « pour le climat », qu’ils sont très loin de l’urgence d’agir par rapport aux crises climatiques qui nous affectent déjà et qui vont augmenter en nombre et en intensité.

    Cet appel répond aussi au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui demandait à la société civile d’exiger des comptes de ses élu.e.s parce que, disait-il, plus la situation climatique s’aggrave, plus les politicien.ne.s semblent reculer sur le terrain.

    Dans ce contexte, comment le ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Québec, M Charette, un élu, explique-t-il sa volonté de marcher avec les manifestant.e.s.? Réclame-t-il des comptes à lui-même et à son propre gouvernement ?...

    Si le ministre veut répondre présent à l’appel international,
    - qu’il déclare solennellement l’état d’urgence climatique ;
    - qu’il soumette le projet GAZODUQ / GNL, et tous les projets industriels, à une évaluation climatique rigoureuse reposant sur des bases scientifiques, incluant le calcul des GES en amont et en aval des projets, et l’impact de ces projets sur la crise climatique comme critère premier de décision ; et
    - que son gouvernement mette en place les mesures de transition urgente que l’état d’urgence nécessite, comme le prescrivent les Chantiers de la DUC, les C-DUC.

    Nous comprenons la réaction du collectif « La Planète s’invite au parlement »: on ne veut pas que le ministre prenne des bains de foule et marche, on veut que lui et son gouvernement se mettent en marche par rapport à l’urgence climatique.

    Jacques Benoit, Michel Jetté, Louise Sabourin, Normand Beaudet,
    Et toute l’équipe de GMob /Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique – DUC.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 22 septembre 2019 13 h 46

      "Dans ce contexte, comment le ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Québec, M Charette, un élu, explique-t-il sa volonté de marcher avec les manifestant.e.s.? Réclame-t-il des comptes à lui-même et à son propre gouvernement ?..." - Maëlle Benoiît

      En poursuivant votre raisonnement, pouvez-vous alors m'expliquer pourquoi Manon Massé, porte-parole de Québec Solidaire, a exigé que tous les membres de l'Assemblée nationale participent à la marche en question et a fait du chantage en jugeant d'avance que l'absence du premier ministre équivaudrait à un aveu d'indifférence face au problème?

      La gauche "écolo" n'en finit plus de se contredire en exigeant en même temps une chose et son contraire.

  • Christian Montmarquette - Abonné 22 septembre 2019 09 h 20

    L'hypocrisie politique de la CAQ

    " Cette tendance à l’exclusion qu’a développée une certaine gauche convaincue d’avoir le monopole de la vérité est toujours agaçante.. " ..écrit Michel David.

    Le soi-disant "monopole de la vérité" est pseudo-argument constamment repris par la cohorte péquiste que Michel David relance lui-même dans un article à la prétention "sérieuse" pour faire passer la gauche comme prétentieuse.

    Or, qui a pourtant passé toute la campagne électorale à avec la prétention d'être "plus sérieux" que les autres, sinon les péquistes eux-mêmes et leur slogan "Sérieusement" ?

    Ce n'est pas "détenir le monopole de vérité" que de dénoncer l'hypocrisie politique de la CAQ qui veut parader dans une manif sur le climat pour se donner un vernis écolo, pendant qu'elle veut du même souffle construire un troisième lien à Québec et soutient le projet de liquéfaction du gaz au Saguenay. C'est simplement être lucide et alerter la population de son double discours.

    Référence :

    "Québec ne tiendra pas compte des GES de l’exploitation gazière dans sa décision" - Le Devoir

    "À la demande de GNL Québec, ces émissions en amont totaliseront 7,1 millions de tonnes par année, soit quatre fois les émissions de la cimenterie McInnis, de Port-Daniel.

    Lorsqu’on regarde le plus récent bilan des émissions de GES du Québec, soit celui de 2016, on constate aussi que le chiffre de sept millions de tonnes équivaut à annuler en une seule année l’essentiel des réductions d’émissions du Québec depuis 1990.. " - Alexandre Shields, 4 juin 2019

    https://www.ledevoir.com/societe/environnement/555911/energie-saguenay-quebec-ne-tiendra-pas-compte-des-ges-de-l-exploitation-gaziere-dans-sa-decision

    • Jean-Charles Morin - Abonné 22 septembre 2019 13 h 57

      "Ce n'est pas "détenir le monopole de vérité" que de dénoncer l'hypocrisie politique de la CAQ qui veut parader dans une manif sur le climat pour se donner un vernis écolo." - CM

      C'est bizarre mais je croyais jusqu'ici que c'était Manon Massé, porte-parole de Québec Solidaire, qui avait exigé des membres de l'Assemblée nationale -et du premier ministre en particulier- leur participation à la manif sur le climat. Plus tard, GND avait abondé dans le même sens en accablant le manque d'empressement du gouvernement d'y donner suite.

      Le concert des ténors de QS est bien discordant tellement les violons sont désaccordés. On n'en finit plus de tirer à hue et à dia dans ce parti.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 septembre 2019 17 h 07

      @Jean-Charles Morin,

      "Le concert des ténors de QS est bien discordant" - Jean-Charles Morin

      Québec solidaire n'a pas reproché au ministre Benoit Charette de vouloir participer à la manif.

      C'est le collectif « La planète s’invite au Parlement », une coalition citoyenne bénévole, indépendante et non partisane.

      Ceci dit,

      On peut facilement comprendre leur indignation pour les raisons que j'ai données plus haut.

      Collectif « La planète s’invite au Parlement » :

      https://laplanetesinvite.org/le-collectif/

  • Claude Coulombe - Abonné 22 septembre 2019 11 h 54

    Personne n’est parfait, mais nous marcherons pour l'espoir et l'action!

    Bienvenue Madame Thunberg,

    La crise climatique est si réelle et urgente que « tirer sur le messager » est la seule tactique qui reste à ceux qui refusent encore de l’accepter.

    On attaque le messager non le fond du message. On parle de l'hypocrisie supposée des personnes qui militent contre le changement climatique. « Mais vous avez écrit ce livre d'écologie sur du papier. Vous tuez des arbres! » ou encore « Les jeunes, qui font la grève scolaire pour sauver la planète, utilisent des téléphones intelligents qui polluent et consomment de l'énergie! », « Des proches de Greta Thunberg prendront l'avion! ». C'est peut-être vrai, mais cela ne change rien au fond du débat.

    Il y a consensus parmi les scientifiques que les changements climatiques sont réels et causés par l'activité humaine. Cela est un fait prouvé scientifiquement, pas une question d'opinion ni de foi. Est-ce qu'on a besoin de l'opinion du quidam ou d'une religion pour constater que la Terre est ronde, que le mouvement perpétuel est impossible, que la rougeole peut tuer et que 1+1 fait 2? C'est la même science qui prédit le climat et fait fonctionner Internet, nos téléphones, nos frigos, soigne et guérit des malades.

    Nous sommes tous plus ou moins englués dans une civilisation du pétrole et nous devons en sortir le plus rapidement possible. Nous avons le devoir moral, sans attendre les autres, de poser des gestes concrets (6R: refuser, réduire, réutiliser, réparer, recycler, réinventer), et éveiller la conscience des personnes de bonne volonté.

    Soyons courageux, ingénieux, solidaires et relevons le défi climatique! Avec Madame Thunberg et tous les jeunes du Québec et du monde, j’y vois une belle convergence des générations. J'irai marcher vendredi puis j'irai planter un arbre!

    Scientifiquement vôtre

    Claude COULOMBE

    « Au début ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous attaquent et à la fin vous gagnez. » - Nicholas Klein 1918 (parfois faussement attribué

    • Pierre G. Blanchard - Abonné 22 septembre 2019 18 h 07

      Merci de votre apport M. Coulombe. Il n'y a pas unanimité des scientifiques quant à la responsabilité de l'activité humaine, d'autres facteurs, tel les volcanismes, incluant celui sous-marin qui réchauffe les océans, seraient en jeu. La Terre a connu de nombreuses glaciations et destructions d'écosystèmes dans les êres précédentes et plus récemment dans l'hémisphère nord. La fonte des glaciers et des calottes polaires seraient irrémédiables, et nul doute l'activité humaine l'accélère. En revanche, on ne réussit pas à expliquer pourquoi le Grand Nord canadien se réchauffe plus rapidement qu'ailleurs, la cause n'est sûrement pas la pollution en GES canadiens. L'autre grande grande question est la production future de phytoplancton qui font de nos océans les plus importants et efficaces poumons de la planète. La fonte des glaciers et le réchauffement marin vont-ils leur être bénéfiques ou courrons-nous vers une asphyxie lente de la planète faute d'une captation de CO2 et d'un production d'oxygène des océans même si leur superficie va grandissante ?