Le Québec cassé en deux

Une session parlementaire, seize nouvelles lois, deux bâillons et quelques excuses plus tard, quel bilan peut-on faire du gouvernement Legault ? Mis à part un manque d’appétit pour les débats d’idées et un certain désintérêt pour les travaux parlementaires, la surprise de ces derniers mois a été François Legault lui-même. Succédant aux Philippe Couillard, Jean-François Lisée et Pauline Marois, des chefs qui pouvaient donner l’impression d’être déconnectés des choses simples de la vie, M. Legault, sans artifice ni prétention jamais, a eu l’air, sinon d’un courant d’air frais, du moins reposant.

Le chef de la CAQ bénéficie d’un gros avantage : voici un homme qu’on a envie spontanément d’aimer. Le fait qu’il soit capable d’admettre ses torts n’est pas étranger à ce capital de sympathie. Excuses bien senties à l’endroit de l’agronome Louis Robert, mais aussi à l’endroit de Manon Massé — après avoir fait une blague sur des « poils » que son adversaire aurait laissés dans la soupe. Incontestablement « mononcle » sur les bords, ce côté rustre alimente, en fait, la popularité du PM auprès des couches « populaires » tout en amenuisant son côté plus machiavélique auprès des autres. Il s’agit d’une caractéristique qui, curieusement, a plutôt bien servi François Legault jusqu’à maintenant.

Mais il n’y a pas que la bonhomie du premier ministre qui distingue le début de règne caquiste. Derrière les tapes dans le dos et les références constantes à la « fierté retrouvée », il y a une autre réalité qui se dessine. Celle d’un Québec cassé en deux. Non pas entre riches et pauvres, comme le voulait la formule jadis, ni même entre gauche et droite — beaucoup de progressistes appuient, après tout, l’interdiction des signes religieux —, encore moins entre fédéralistes et souverainistes.

Découlant principalement des débats autour de la loi 21, cette nouvelle division sociale tient à des visions diamétralement opposées du Québec. Pour les partisans de la loi sur la laïcité, le Québec a non seulement le droit mais le devoir d’affirmer sa différence, dont la préséance des droits collectifs sur les droits individuels. Interdire les signes religieux aux employés de l’État serait ni plus ni moins que la continuation de la Révolution tranquille. Quoi de plus noble ?

Seulement, pour ceux et celles qui s’opposent à l’interdiction des signes religieux, il s’agirait, au contraire, d’un geste qui trahirait l’esprit de la Révolution tranquille. En tournant le dos à la notion d’une « nation québécoise inclusive », née jadis pour porter à flots le rêve indépendantiste, l’interdiction des signes religieux nous ramènerait en arrière plutôt qu’en avant.

Dans un texte magistral publié dans Le Devoir (« L’échec d’une nation québécoise »), Louis Balthazar explique comment la transition de simples Canadiens français à fiers Québécois s’est faite à la suite d’une nouvelle conception de « l’appartenance collective ». À partir des années 1960, la survie du Québec ne reposait plus sur le repli sur soi, mais bien sur l’ouverture sur le monde. « Il fallait donc apprendre à vivre avec les anglophones et les immigrants. […] Il fallait surtout apprendre à dialoguer avec des personnes qui paraissaient étrangères à notre société et les inclure dans notre conception du Québec moderne. » Être Québécois voulait dire être maîtres chez nous, avec toutes les responsabilités qu’un tel statut impose.

Selon le politicologue, le véritable exploit de la Révolution tranquille tient moins à la « laïcisation tranquille » de ces institutions qu’à cette nouvelle conception de nous-mêmes en tant que majorité capable de gérer nos rapports avec les minorités, de façon juste et responsable. Or, la loi interdisant le port de signes religieux ainsi que le désir de ce gouvernement de restreindre l’immigration, sans parler du sort réservé aux chauffeurs de taxi, renvoient à des temps décidément plus frileux, vers un nationalisme pure laine suspicieux de l’apport étranger. « Nous sommes redevenus des Canadiens français », de conclure Louis Balthazar.

Les contestations judiciaires qui ont été déposées sitôt la loi 21 adoptée sont justement symptomatiques de cette dégradation de la cohésion sociale au Québec. Menées par l’étudiante en éducation Ichrak Nourel Hak, une musulmane québécoise qui porte le hidjab, avec l’appui de l’Association canadienne des libertés civiles et du Conseil national des musulmans canadiens, elles renvoient au temps d’avant la loi 101 où anglophones, immigrants et francophones se lorgnaient comme chiens de faïence. Loin de pouvoir « passer à autre chose », nous voici donc revenus à nos vieilles solitudes et à nos incompréhensions respectives. Une perspective qui ne manquera pas de réjouir les plus retors parmi nous, voyant dans la reprise de vieilles chicanes un moyen de revamper la ferveur souverainiste.

C’est un bien mauvais calcul. L’idée voulant que l’avenir du Québec puisse se construire en favorisant le « tous pareils » plutôt que le « tous ensemble » est un leurre. Un leurre qui a d’ailleurs déjà coûté cher au Parti québécois et qui pourrait avoir la peau de la Coalition avenir Québec.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

142 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 19 juin 2019 00 h 25

    Rien compris

    Madame récidive pour tenter d'ancrer la division sociale entre eux et nous qu'elle veut absolument perpétuer - ce me semble son fond de commerce. Rien compris: ce n'est pas tous pareils contre tous ensembles. C'est tous dans la même direction.. Mais cela ne fait pas l'affaire dans son monde en blanc et noir (si on peut encore utiliser cette expression); ce n'est pas en marquant les différences qu'on va y réussir, mais en marquant les points communs et, notamment, la loi sur la laïcité est un point commun.

    • Claude Bariteau - Abonné 19 juin 2019 07 h 10

      Bien dit.

      J'ajoute que le concept de « nation canadienne-française » n’est pas politique. Il définit historiquement et sociologiquement les Canayens demeurés sur place après 1763.

      En 1774, la Grande-Bretagne, pour les encadrer, recourent à des élites locales (clergé, seigneurs et commis d’État) selon l’Indirect rule.

      Ce mode fut reproduit en intégrant d’autres membres de l’élite. Les constitutions de 1791, de 1840, de 1867 en témoignent. Elles révèlent aussi que les pouvoirs reconnus après l’arrivée de loyalistes et d’immigrants britanniques ont changé.

      Des élites du terroir ont voulu plus de marge politique. S’y sont opposées les élites conservatrices en s'opposant au mouvement patriote.

      Avec la révolution tranquille, l’État du Québec s’auto-construit en des termes différents de ceux de 1867 et les lois québécoises sont adoptées pour tous les Québécois et toutes les Québécoises.

      Après la Deuxième Guerre mondiale, le Canada se sert des points d’impôt prêtés par le Québec pour modeler cette province à sa façon. Les remboursements demandés par le Québec et les économies du gouvernement Duplessis ont alimenté la révolution tranquille dans le cadre des Trente Glorieuses.

      P-E Trudeau s,est engagé en politique pour mettre un terme aux revendications du Québec. En 1982, il ramena cette province dans le giron canadien.

      Le référendum de 1995, dont le moteur fut une nation imaginée plutôt qu'une citoyenneté à fonder, fut un échec. Après, le Canada hachura les changements au Québec pour y introduire ses vues avec pour cible Montréal.

      Dans cette perspective, le PL21 est un retour du politique et de l’esprit de la révolution tranquille avec pour moteur le « vivre ensemble », que Mme Pelletier nie en faisant de cette loi un « vivre en canadien-français ».

      Dit clairement, elle ethnicise le politique, qui est la façon canadienne d'être comme le furent les britanniques.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 juin 2019 07 h 30

      Bien d'accord avec vous M. Bonin.

      Ah ! les contestations judiciaires qui ont été déposées sitôt la loi 21 adoptée n’ont rien à voir avec le Québec. Le Conseil national des musulmans canadiens et l’Association canadienne des libertés civiles sont toutes des entités ontariennes dont le support vient du gouvernement fédéral. C’est une façon hypocrite pour Ottawa d’étendre son pouvoir pour remettre le Québec au pas.

      Enfin, le Conseil national des musulmans canadiens est tout simplement contre la laïcité puisqu’il deviendra très difficile pour eux d’établir la charia en terre québécoise. L’étudiante en éducation, Ichrak Nourel Hak, eh bien, c’est une étudiante qui n’a pas d’emploi. Si elle ne veut pas enlever son hidjab, c’est tout simplement parce son idéologie politico-religieuse est plus importante et outrepasse sa future vocation comme agente de l’État. Et rien ne l’empêche de postuler pour une école religieuse au privé. Disons poliment que ce n’est pas un plus sur son CV. Coudonc, est-ce que la loi de son dieu est plus importante que le bien de ses futurs élèves?

      La préséance des droits collectifs sur les droits individuels est vitale pour la cohésion sociale dans un vivre-ensemble. Les anglophones et les immigrants n’ont pas appris à vivre avec les francophones puisque la plupart se sont réfugiés dans un communautarisme malsain. La seule différence; la communauté anglophone est plus riche que les autres. Et cet article est difficile à suivre. D’un côté on nous dit que beaucoup de progressistes appuient, après tout, l’interdiction des signes religieux et de l’autre, une petite minorité extrémiste, n’en veut pas. Est-ce qu’elle affirme sans détour que ceux qui sont progressistes appuient la loi sur la laïcité contre les obscurantistes, les immobilistes et les réactionnaires d’idéologies rétrogrades?

      Moi, je préfère ne pas revenir en arrière parce qu’en cela, c’est une progression. Et quand on ne progresse pas comme société, on recule.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 juin 2019 09 h 08

      Madame Pelletier apporte une interprétation, un bilan du présent régime caquiste que très peu de ses collègues journalistes n’osent faire.

      Legault, ses élu.es et ses partisans nationalistes identitaires pensent-ils vraiment que les 2 lois, anti-immigrants et anti femmes voilées, adoptées sous baillons aura pour effet « d’unifier » et de colmater les fissures existantes? « TOUS dans la même direction », qui le dit?
      La CAQ pavoise voyant que le populisme et l’autoritarisme parlementaire font monter les sondages : 40% au lieu de 37%... Est-ce là, la « grande » majorité invoquée pour déroger à la Charte des droits et liberté et pour imposer des lois sous baillons? Ah, j’oubliais d’ajouter les 9% actuels que les sondages donnent au PQ, parti qui partage le nationalisme identitaire avec la CAQ.

      Dans quelques jours, dans la nuit du 23 au 24, à Québec, Montréal et les villes du Québec feront la « fête »! Comment célèbrerons-nous le 24, cette année? Comme une fête d’espoir pour un Québec indépendant, comme dans les années 70? Si c’est le ton de la fête, on voit mal comment les caco nationalistes identitaires et leurs député.es seront du party? Ne proclament-ils pas qu’un tel projet est dépassé! Que la passion du jour est de fustiger les « signes religieux » que portent les enseignantes des écoles publiques?

      Anyway, dans le Québec de Legault on ne pourra même pas fumer un joint autour du feu de la Saint-Jean! Par contre, il y aura en abondance de petits drapeaux fleur de lysée avec des croix blanches sur fond bleu ... question de garder présentes nos vieilles racines de colonisés!

    • Jean-Henry Noël - Abonné 19 juin 2019 09 h 45

      Des Italiens de Saint-léonard aux musulmans de Montréal ou d'ailleurs, les Québécois automatiquement adoptent la même position. Le rejet. Le Canadien français ou québécois ne change pas. Un mal qui frappe les « Madame Paillé » tout comme les populistes du Journal, les intellos du Devoir, les fédéralistes de La Presse. Et le Premier-ministre. Qu'attendez vous d'un homme politique qui se souvient de 1995 ? C'est la faute aux ethniques (Monsieur Parizeau».) Un pays ne se construit pas avec les ethniques qui peuvent fort bien refuser le québécisme non-acommodant. Voyez-vous, c'est un projet «collectif», donc non inclusif Un gouvernement qui peut se passer des ethniques grâce au plébiscite francophone (un résultat obrenu avc la mort de l'indépendanstisme, je vous prie de remarquer ) peut jubilatoirement rabaisser le caquet de ces citoyens qui ne sont pas de souche.

    • Nadia Alexan - Abonnée 19 juin 2019 10 h 36

      Je suis d'accord avec vous, monsieur Bonin. Madame Pelletier ne veut pas comprendre, encore, que l'ouverture aux minorités ne veut pas dire, une ouverture à l'obscurantisme et à la misogynie. Ce sont les intégristes qui sont identitaires parce qu'ils refusent de se plier au modernisme et à l'égalité homme/femme, en s'accrochant à leurs traditions culturelles régressives comme drapeau identitaire.
      Rappelons que presque 70 % des Québécois et des Canadiens de toutes les ethnies et de toutes les religions refusent les signes religieux des intégristes. Rappelons aussi que les pays démocratiques tels que la Norwège, la Belgique, la France et d'autres ont adopté des lois similaires interdisant le voile intégral en public.
      Vous faites du tort à la majorité musulmane en lui attribuant une culture intégriste qu'elle a refusée.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 19 juin 2019 11 h 40

      "Par contre, il y aura en abondance de petits drapeaux fleur de lysée (sic) avec des croix blanches sur fond bleu ... question de garder présentes nos vieilles racines de colonisés!" - Jean-Jacques Roy

      Et que dire du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, de la Norvège, de l'Islande, de la Finlande, de la Suisse, etc... qui ont le malheur d'avoir une croix proéminente sur leur drapeau.

      Tous des colonisés, sans doute. N'est-ce pas, Monsieur Roy? Quels pays d'arriérés!

      Si vous n’étiez pas aveuglé par votre sectarisme, vous verriez que notre joli petit drapeau vaut bien celui des autres.

      Le reste de votre diatribe n'est au final qu'un autre sermon mortifère et auto-destructeur, se lovant dans une supposée "charte des droits" transformée en dogme pour justifier votre capitulation sans conditions devant des mentalités venues d'ailleurs. Pourtant la plupart d'entre elles, au plan social, sont loin de constituer un progrès. On est déjà assez mal pris comme ça sans sentir le besoin de rajouter à nos misères.

      Tout au long de notre histoire, pour certaines gens d'ici qui se voient sans doute comme des beaux esprits, cracher sur sa culture et ses origines pour se donner des airs d'ouverture a toujours été un geste obligé, faussement libérateur parce qu'en fait aliénant, une manière obséquieuse se faire accepter par "l'autre" vu comme quelqu'un de supérieur et de sentir, par le reniement de notre affirmation propre, qu'on est soi-même passé à un nouveau stade "d'évolution".

      Avant notre époque, "l'autre", c'était le conquérant; le nouveau venu qui était parvenu à s'imposer de force. Maintenant "l'autre", c'est l'immigrant, le nouveau venu qui arrive en force. Dans les faits, celui devant lequel le colonisé a gardé le réflexe de s'abaisser est n'importe qui, du moment qu'il est quelqu'un qui ne lui ressemble pas.

      Il faut croire que, malgré les avancées de la "Révolution tranquille", il y a des réflexes de colonisé qui ne se perdent pas et qui ont la vie d

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 juin 2019 16 h 35

      « Malgré les avancées de la "Révolution tranquille", il y a des réflexes de colonisé qui ne se perdent pas » J.C. Morin

      Heureux de vous l’entendre dire. Monsieur Morin... C’est ce que ne cesse de souligner Madame Pelletier dans ses chroniques.

      Un conseil. Ajustez-vous bien le chapeau tout en brandissant le petit drapeau des anciens rois de France, si avec vos amis vous allez fêter la « Saint-Jean »!

    • Pierre Robineault - Abonné 19 juin 2019 17 h 57

      Rien compris, de ce qu'elle dit ou de ce qu'elle pense? Elle comprend très bien ce qu'elle fait et dit. Et dire que lon s'est débarrassé de madame Payette pour si peu !

    • Jean-Charles Morin - Abonné 19 juin 2019 18 h 35

      « Malgré les avancées de la "Révolution tranquille", il y a des réflexes de colonisé qui ne se perdent pas » J.C. Morin

      "Heureux de vous l’entendre dire. Monsieur Morin... C’est ce que ne cesse de souligner Madame Pelletier dans ses chroniques. " - Jean-Jacques Roy

      Monsieur Roy, il est clair que vous et moi ne voyons pas les colonisés au même endroit, ni de la même façon.

      Il est clair aussi que vous ne retenez de vos lectures que ce qui fait votre affaire.

    • Pierre Bernier - Abonné 20 juin 2019 08 h 36

      Hum !
      Dans un texte "magistral" de Louis Balthazar ?

      L'inflation verbale pour qualifier ce texte en dit long sur les références de la chroniqueuse.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 19 juin 2019 00 h 32

    Création de l'outrance

    Que d'exagération ! Mais que cherchez-vous à faire ? Repli sur soi, retour au passé, tous pareils, il n'y a rien de tout cela dans la loi sur la laïcité. Personne n'est interdit de parole ou de religion. Un nationalisme haineux, mais voyons donc, calmez-vous. Il n'y a pas plus pacifique peuple que le québécois. Mais dites-le donc franchement, ce que le francophone d'immigration ancienne représente n'est pour vous que xénophobie et préjugés, ce peuple de mononques sympathiques et incultes, de truies reproductrices comme le disait ce sympathique Mordecai Richler. Son salut est donc dans cette inclusion salvatrice par dilution de son épaisseur. Mais n'a-t-il donc rien d'intéressant ce petit peuple qui refuse d'autres curés, après en avoir eu sa dose jusque dans son sexe outragé. Ces diluants venus d'ailleurs pour nous sauver ont-ils donc fui stupidement un éden de paix et de démocratie ? Ne leur faisons-nous donc aucun bien ?

    • Hélène Gervais - Abonnée 19 juin 2019 06 h 33

      Mme Pelletier aime bien provoquer; elle prend la place de Mme Bombardier qui écrivait autrefois dans ce journal. Il fallait s'attendre à ce que les détracteurs de la loi sur la laïcité prennent le mors aux dents, car bien sûr ce sont deux factions complètement opposées. Quant à moi je trouve la loi trop permissive, car elle ne comprend pas les écoles privées entre autres.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 19 juin 2019 07 h 29

      @Gagnon
      D'accord avec vous. Quand Mme Pelletier cite Balthazar en ajoutant que son texte était «magistral», il est évident qu'elle n'a consulté personne pour décréter son opinion.

      Dans cet article, que je n'ai pas trouvé magistral bien au contraire, Balthazar nous rappelle que, lors de la révolution tranquille, on voulait «inclure les anglophones et les allophones dans notre conception d'un Québec moderne» et que maintenant non.

      Je suis complètement en désaccord avec ce «maintenant non». Dans la réaction des anglophones et des immigrants qui contestent la timide loi 21, je comprends que c'est eux qui refusent de s'inclure dans notre conception de notre Québec moderne.

      Leur conception est multiculturelle «à la canadian» ou celle qui existerait dans leur pays d'origine et qu'ils voudraient transplanter ici. Pour moi, tous ces gens s'excluent d'eux-mêmes. Alors, qu'ils en subissent les conséquences.

    • Claude Bernard - Abonné 19 juin 2019 11 h 33

      @ M Gagnon

      Ce n'est pas parce que Mme Pelletier diffère d'opinion avec vous que cela vous autorise à lui dire de «se calmer».
      Ces manières mal élevées de s'adresser à ceux qui nous contredisent ne sont pas de mise.
      Votre outrecuidance sans vergogne n'est pas autre chose que du «mansplaining» de bas étage.
      Si quelqu'un devrait se calmer ici, ce n'est pas Mme Pelletier.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 19 juin 2019 14 h 50

      "Ces manières mal élevées... outrecuidance sans vergogne... «mansplaining» de bas étage... Si quelqu'un devrait se calmer ici, ce n'est pas Mme Pelletier." - Claude Bernard

      À lire votre prose courroucée, ce serait plutôt à vous de vous calmer.

    • Jacques Gagnon - Inscrit 19 juin 2019 15 h 57

      Merci Claude Bernard, je ne savais pas le nom de ce dont vous m'accusez, à tort dirais-je. Par respect pour ma mère, ne dites pas que je suis mal élevé, mais oui peut-être malappris, malgré tous les moyens qu'elle a déployés. Francine Pelletier ne me contredit pas, elle exagère, elle perd le sens de la mesure, comme ces manifestants avec de très gros mots et même, des symboles malheureux. Mais elle a aussi le mépris bien senti avec ces allusions à la pureté «laineuse».

    • Jean-Henry Noël - Abonné 19 juin 2019 16 h 06

      De quoi vous plaignez-vous ? Vous avez rejeté l'indépendance. Vous gardez le nationalisme, Vous ne vous rendez pas compte. Vous êtes des nationalistes-fédéralistes. Nationalisme de pacotille.

    • Marcel Dufour - Inscrit 19 juin 2019 17 h 24

      A propos de Création de l’outrance ...

      A mon avis, ce texte de M. Jacques Gagnon suinte le racisme.
      Les immigrants, ces «  diluants venus d’ailleurs « , comme l’écrit Gagnon, ne sont pas coupables des grossièretés de Mordecai Richler
      ( s’il fut l’auteur de celle là ).
      Et puis qu’est ce que cette rancune à l’égard de nos curés , à qui notre petit peuple doit sa survie.
      Calmez-vous Gagnon.

  • Roger Gobeil - Inscrit 19 juin 2019 00 h 35

    Tous pareils ?

    Madame Pelletier, où avez-vous vu ça que le projet de Loi 21 voulait qu'on soit "tous pareils"? Encore une fois, vous en avez manqué des bouts. En passant, le texte de Balthazar était tout, sauf magistral. Relisez-le comme il faut.

    • Gilles Théberge - Abonné 19 juin 2019 08 h 36

      Moi aussi j’ai trouvé le texte de monsieur Balthasard très ordinaire. Un ramassis de lieux communs qui aboutit sur pas grand chose. Je le dis simplement parce que j’ai un certain respect pour monsieur Balthasard.

      En revanche, l’avis de monsieur Rocher me semble plus éclairé. Il situe cet épisode dans la droite ligne de l’intention des pères de la Révolution Tranquille. Comme un aboutissement naturel de ce grand mouvement qui tire son origine dans le rapport Parent. Ça c’est une perspective historique qui n’est pas qu’une construction de l’esprit.

  • Charles-Étienne Gill - Abonné 19 juin 2019 00 h 45

    Insignifiant

    Un commentaire d'un autre texte qui rabat toute la complexité des relations de pouvoir, après une introduction centrée sur la personnaité du PM, à une simple question culturelle, symbolique et identitaire.

    Si les Québécois pouvaient être responsables et « accueillir » l'autre, c'était évident avec l'intérêt d'éviter que cet autre ne vienne consolider l'autre nation, celle qui est politiquement en lutte pour la prépondérance au Québec et qui est évidemment hégémonique au Canada.

    Comme le statut croissant du français semblait être sur une superbe lancée, nous avons pu pour un temps nous imposer et dès lors montré que la réussite individuelle passait l'adhésion par nos normes collectives, c'est donc l'impression d'une victoire temporaire qui permettait de croire que «les vieilles solitudes et les incompréhensions» étaient une chose du passé.

    Mais si l'autre ne veut pas de « nous »ou devenir partie de notre peuple, mais partie du peuple, politiquement et économiquement en lutte avec le nôtre, il ne peut être autre chose qu'une menace, c'est pourquoi je dis que cette analyse est insignifiante, Pelletier fait comme si le Québec était déjà souverain et non une nation subordonnée. Elle n'accepte le Québec qu'à la condition qu'il ressemble au portrait idéalisée qu'elle se fait d'une société ouverte, mais avant de choisir «comment» vivre, collectivement il faut vivre.

    L'adhésion aux valeurs «canadiAn» est un assujettissement aux normes de la nation qui elle est hégémonique et cette nation diffuse ses valeurs dans des institutions puissantes, même au Québec, où Pelletier a son gagne pain et c'est précisément au «tous pareils» canadiAn que Pelletier nous demande d'adhérer au nom de son «tous ensemble».

    Pelletier appelle « vieille chicane » l'état de défaite de 82 qui correspond au ressac contre l'ouverture que nous manifestions précisément à cause de nos victoires. « Fausse surprise » de Concordia...

  • Michel Lebel - Abonné 19 juin 2019 01 h 08

    Un nationalisme ethnique

    Avec la CAQ, le Québec revient à un nationalisme ethnique, à celui de la loi de la majorité francophone. Duplessis renaît de ses cendres. Le Québec se divise aussi entre Montréal et les régions. Le Québec se referme sur soi. Je ne suis pas fier de ce que je vois et entrevois.

    M.L.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 19 juin 2019 08 h 06

      Je ne suis pas fier de vous Monsieur Lebel avec votre obstination à chercher à détruire tout ce que la CAQ essaie de corriger ce que des années de gouvernance libérale ont matraqué...Votre parti pris idéologique vous aveugle...Je pense que je vais vous faire parvenir une paire de lunettes mieux ajustés aux nouvelles réalités québécoises pour vous redonner une vue plus objective et pragmatique sur ce qui se passe réellement...

    • Pierre Desautels - Abonné 19 juin 2019 09 h 05


      Je suis un indépendantiste de la première heure, mais je juis d'accord avec vous. L'ironie, c'est que ce coup d'épée dans l'eau qu'est la loi 21 ne fera pas avancer la cause indépendantiste, bien au contraire. Comme le disent Francine Pelletier et Louis Balthazar, c'est le retour des Canadiens français, avec ce nationalisme poussiéreux et ethnique, plutôt que rassembleur. Les fédéralistes peuvent dormir tranquilles.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 juin 2019 09 h 36

      Bon M. Lebel. Sur ces paroles bien senties, Doug Ford vous attend les bras ouverts en Ontario. Il aime tellement les francophones. Eux, ils sont tellement ouverts que même si on regarde de tous les Angles, on voit que c'est toujours fermé. C'est le mystère de la quadrature du cercle ou bien de la Caramilk. Votre choix. Même Jésus n’a pas réussi à élucider l’énigme. Et là-bas, vous pourrez être fier.

      Une petite mise en garde, le ROC multiculturaliste et communautariste des Rocheuses ne parle pas français.

    • Sylvain Auclair - Abonné 19 juin 2019 10 h 10

      Mais si ce nationalisme était ethnique, ses règles ne devrait s'appliquer qu'aux Canadiens-Français. C'est justement l'inclusion des «minorités» dans cette nation laïque que ces minorités refusent; elles voudraient finalement que les lois varient selon les religions et les ethnies. Si c'est pas ethnique, ça, je sais pas ce que c'est!

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 juin 2019 10 h 13

      Malheureusement, vous voyez juste Monsieur Lebel, le gouvernement Legault a complété le virage commencé par le PQ sous le gouvernement Marois, en réduisant l’aspiration à l’indépendance du Québec en un vulgaire nationalisme ethnique.

      D’autres avant moi ont prédit que le PQ, en abandonnant son projet souverainiste, serait l’affaire d’une génération. Cette prédiction s’avère exacte en partie si on observe le déclin du PQ, quoiqu’on se demande où est passé cette vieille garde des années 70-80 ? La réponse est évidente... la majeure partie de celle-ci est maintenant derrière Legault, leur ancien collègue de parti.

      De sorte que le « brillant » de la CAQ va bientôt se ternir. Pourquoi? Tout simplement parce que ce parti n’offre rien aux jeunes générations des québécois et des québécoises de toutes « origines » sociales et ethniques! L’interdit des signes religieux et les « tests » de valeurs font plaisirs aux nationalistes aigris qui faute d’avoir gagné des référendums accusent fédéralistes et immigrants d’être la cause de tous leurs malheurs. Les jeunes générations, elles sont ailleurs... elles voient ailleurs les vrais problèmes et les défis à relever. Ce n’est pas tout de parler de l’avenir de la planète et des changements climatiques... À ce défi s’en ajoutent d’autres aussi imprévisibles dans leurs conséquences, pensons aux avancées fulgurantes de la biotechnologie et de l’intelligence artificielle et leurs répercutions dans les modes de vie et de l’emploi.

    • Constant Deniger - Abonné 19 juin 2019 10 h 14

      Monsieur Lebel,
      Depuis toutes ces années où vous écrivez dans les commentaires du Devoir, nous savons qui vous êtes. Vous vous êtes toujours rangé du côté qui s'oppose à l'affirmation du peuple québécois. Vous êtes donc cohérent, encore une fois. J'aurais aimé un peu plus d'ouverture de votre part, de la part de Mme Pelletier et de la part de tous ceux qui partagent votre position. Avec cette ouverture, vous auriez pu essayer de comprendre et d'expliquer pourquoi les Québécois, en majorité, appuient le PL21, malgré ses lacunes. Vous auriez pu, aussi, imaginer une manière de jeter des ponts entre les groupes plutôt que de diviser et d'attiser les sentiments négatifs. Vous dites n'être pas fier. Vous avez raison, il n'y a pas de quoi être fier quand la seule solution qu'on voit à une situation comme celle-là est de blâmer et condamner. D'autres solutions seraient bienvenues mais vous ne suggérez rien, sauf de s'aplatir et d'accepter passivement de disparaître.
      C.D.

    • Réal Boivin - Abonné 19 juin 2019 10 h 59

      Si l'air est irrespirable pour vous au Québec, allez donc respirer l'air bitumineuse de l'Alberta. Sur ce, bon vent.

    • Alain Bouchez - Inscrit 19 juin 2019 11 h 28

      Monsieur Lebel a une vision bien étrange de la laïcité. c'est exactement le contraire de l'ethnisme... La laïcité permet l'exercice de toutes les religions, dans le respect du bien commun (relire J-J Rousseau pour explications de ce que c'est). Personne n'est exclu, il y a simplement le respect de la neutralité de l'État, dans cette loi minimale.
      Par ailleurs, M. Lebel sombre dans le simplisme quand il exclut des gens favorables à la laïcité toutes les personnes d'origine arabe, Africaine ou autre qui sont d,accord avec cette loi: les femmes musulmanes qui ont témoigné en faveur de la loi, sachant de quoi elles parlent, lors des audiences de la Comission parlementaire en sont un exemple éclairant. Il est ridicule de voir dans les opposants à la loi des groupes ethniques!!
      Ce sont seulement quelques religieux, dont certains sont connus pour leur fanatisme, tel que le Conseil National des Musulmans Canadiens, dont on connait, à travers ses avatars, les accointances avec les Frères Musumans (les mêmes qui criaient à l'islamophobie quand le tribunal islamique (chari'a) avait été bloqué en Ontario en 2005) et des personnes convaincues des bienfaits du multiculturalisme qui s'opposent à cette loi. Y voir un repli ethnique relève du jugement bien faible...

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 19 juin 2019 11 h 36

      Me.Lebel ,

      Le Québec tente depuis Papineau de se libérer du joug britannique mias à

      cause des Durham,PET et bien d'autres et leurs suiveux continuent d'empecher

      ce peuple de s'épanouir et s'ouvrir au Monde comme le grand fleuve à l'

      embouchure immense à l' image de tous ceux qui habitent sur ses bords.

      devenats fiers et accueillants pour ceux qui désirent vraiment y suivre la musique .

    • Charles Lebrun - Abonné 19 juin 2019 11 h 37

      Le 3e commandement de Dieu, dans la religion catholique, dit bien: "Les dimanches tu garderas en servant Dieu dévotement" et le 1er commandement de l'Église: "Les fêtes tu sanctifieras qui te sont de commandement."

      Et pourtant, si un catholique pratiquant travaille à la SAQ, qu'il aime son travail et qu'il veut y faire carrière, il sera contraint, à moins que son "ancienneté syndicale" ne lui permette de ne pas travailler les dimanches et fêtes, de travailler de travailler. Il n'y aura pas d'Association des Catholiques canadiens pour prendre leur défense! Les autorités éclésiastiques "permettent" des accomodements raisonnables qui dispensent leurs fidèles de passer outre un Commandement de Dieu! Observe-t-on la même souplesse chez nos ami(e)s musulman(e)s et leur dirigeants? NON. Imaginez le bordel si on permettait aux catholiques de prendre congé les dimanches! Et encore plus de protestations, comme résultat du manque de personnel, si les SAQ étaient fermées les dimanches! Pourquoi en est-il autrement? Parce qu'il y a un concensus social qui fait que l'économique (le commerce et l'organisation du travail) l'emporte sur le religieux.

      Dans le cas qui nous occupe, ce n'est pas la religion islamique qui est le problème, c'est la laïcité, qui est, à mon sens, une valeur tellement plus importante que les quelques ventes d'alcool et de vins les dimanches car, rien n'empêche de se procurer ces produits les six autres jours de la semaine! Mais eux, les islamistes, exigent de pouvoir passer outre la laïcité et ses représentations (par les signes religieux) pour nous les imposer, partout, sans exception.

      Voilà un exemple qui illustre bien, la souplesse d'un côté et la rigidité de l'autre. C'est pourquoi il y aura un Québec cassé en deux. Si tous étaient d'accord avec la laïcité dans tous les postes de la fonction publique, il n'y aurait pas de Québec "cassé en deux"! Leur souplesse devrait étre équvalente à la notre!

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 juin 2019 14 h 13

      « Nation laïque«  S. Auclair.

      Hahaha! Quelle perle!

      Monsieur Jourdain-Auclair, vous venez d’inventer un nouveau concept!

      Les récents bâillons du gouvernement Legault ont donc donné naissance à cette « nouvelle nation laïque»?

      Si on se base sur les brillants commentaires des partisans des récentes lois adoptées, on peut penser que pour devenir « laïciste » reconnu par la « nouvelle » nation , il faudra remplir 2 conditions:

      1- Passer le « test » d’allégeance aux « valeurs » ethniques québécoises que veut faire passer Legault aux nouveaux arrivants.

      2- Faudra aussi adopter « l’apparence «  de « neutralité » face aux croyances religieuses. Par contre, ainsi « dépouillé de signes de croyances », le patriote laïciste devra être intransigeant devant quiconque affiche sa croyance, l’ennemie de la « nation laïque » étant la religion!

    • Réal Boivin - Abonné 19 juin 2019 14 h 30

      M. Lebel, justement la revue française Le Point va sortir en kiosque un dossier complet sur la situation de l'islam en France. Mettez de côté votre bible et renseignez-vous, pour une fois, sur se qui se passe ailleurs que dans votre clos.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 19 juin 2019 15 h 15

      "Ce coup d'épée dans l'eau qu'est la loi 21 ne fera pas avancer la cause indépendantiste, bien au contraire." - Pierre Desautels

      Monsieur Desautels, moi aussi je suis un indépendantiste d'aussi longtemps que je me souvienne et je crois, au contraire, que la loi 21 risque bien d'agir comme catalyseur auprès des Québécois.

      Votre réaction me fait penser aux déclarations ampoulées des "grands" stratèges velléitaires du Parti Québécois, qui n'osaient rien faire de peur de froisser. Ce n'est pas de cette manière qu'on fait avancer une cause.

      D'autre part, être rendu à applaudir Michel Lebel devrait vous inquiéter au plus haut point et montre que vous gobez maintenant sans grand problème les thèses fédéralistes libérales les plus viscéralement anti-nationalistes.

      Comme je vous imagine membre de Québec Solidaire, je suppose que vous avez quitté le Parti Québécois; mais selon toute évidence, à voir votre manière actuelle de penser, le Parti Québécois ne vous a pas encore quitté.

      Comme indépendantiste, est grand temps pour vous de vous ressaisir.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 20 juin 2019 13 h 12

      Relire Rousseau pour bien comprendre la distinction entre le bien de tous (ou d'une majorité d'individus) et le bien commun.

    • Alain Bouchez - Inscrit 20 juin 2019 16 h 12

      Bien commun selon JJ Rousseau:''C'est ce qu'il y a de commun dans les différents intérêts qui forme le lien social'' Ce bien commun est la fin (but) de l'Etat, dirigé par la volonté générale: celle-ci tend ''à l'égalité'' alors que la volonté particulière (dans notre cas, celle de chaque groupe religieux) ''tend par sa nature aux préférences'' Chap. 1er du Contrat social.
      La laïcité relève donc bien du bien commun, elle ne favorise ni ne défavorise personne. les croyants peuvent pratiquer leur religion, dans les limites du bien commun, et les athées de même.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 20 juin 2019 21 h 58

      Monsieur Bouchez, j'apprécie que vous posiez plus clairement encore les termes de la question. Cependant, vous n'avez pas montré en quoi cette « laïcité » relève véritablement d'une volonté générale et non de volontés particulières dont le nombre et la convergence donnerait à conclure que c'est bien de cela qu'il s'agit. Ce que vous et moi ou d'autres commentateurs en disons n'est pas sans intérêt, évidemment, mais ce n'est pas concluant.