Vos placements: À ne pas confondre: rendement du capital investi et coupon d'intérêt

En lisant le prospectus de iUnits, on remarque ce commentaire: «Le fonds iUnits obligations cinq ans Gouvernement du Canada (iG5) a obtenu un rendement annuel de 8,3 % en 2002.» Je suis surpris de constater que ce taux est d'environ le double d'une obligation canadienne que je peux acheter chez mon institution financière.

D'autre part, les états financiers de iUnits montrent la composition des actifs du fonds iG5 comme suit: titres émis, Gouvernement du Canada 7,25 %, le 1er juin 2007.

Comment expliquer tout ceci? Quel rendement puis-je raisonnablement espérer en 2003?

Merci,

Un lecteur.

Pour le bénéfice des lecteurs, voyons d'abord ce que sont les iUnits. Il s'agit d'unités de fonds communs d'investissement indiciels, mais qui s'échangent sur le parquet boursier. Ce sont en quelque sorte le pendant canadien des unités de exchange traded funds créées par Barclays Global Investors. Ces fonds communs sont à capital ouvert. Le détenteur peut donc exiger du fonds qu'il rachète ses unités à tout moment à leur valeur intrinsèque, parfois en encourant certaines pénalités, parfois non. Une autre avenue s'offre toutefois au détenteur qui désire vendre les iUnits: il peut les vendre directement sur le parquet du TSX par l'entremise d'un courtier en valeurs mobilières. C'est donc dire que les iUnits s'échangent à la Bourse tout comme les actions. L'investisseur peut ainsi appeler à tout moment de la journée la cote la plus récente des unités pour chaque type de fonds iUnits créé. Ce faisant, les fonds iUnits commandent des frais d'opération et de transactions passablement moindres que ceux des fonds communs d'investissement à capital ouvert traditionnels (normalement, les unités de fonds communs d'investissement à capital ouvert ne s'échangent pas à la Bourse).

Il existe divers types de fonds iUnits, allant de ceux dont la composition et le poids des titres de chacune des entreprises calquent ceux de l'indice S&P/TSX 60 (cet indice comprend les titres des 60 plus importantes compagnies canadiennes) à ceux ne se composant que d'une série d'obligations émises par le gouvernement canadien pour les termes de cinq ou dix ans. De la même façon, il existe des fonds iUnits qui calquent l'indice des entreprises de moyenne capitalisation, celui des titres aurifères, celui du secteur de l'énergie, etc. Pour plus d'information, je vous invite à visiter le site Web www.iunits.com (il est en anglais seulement).

Cela dit, dans votre lettre, vous faites référence au fonds iUnits G5, qui se compose uniquement des obligations du Canada portant un coupon d'intérêt de 7,25 % et venant à échéance en juin 2007. Vous vous demandez comment il se fait qu'un tel fonds peut afficher en 2002 un rendement de 8,3 % alors que les nouvelles obligations émises par le gouvernement pour cette échéance offrent à peine un coupon de 4,5 %. La raison: le rendement réel de l'obligation comprend deux choses: les intérêts versés et la plus-value de celle-ci. En effet, la valeur marchande de l'obligation fluctue inversement en fonction des mouvements des taux d'intérêt. Si les taux montent, leur valeur marchande recule (ce qui vient réduire le rendement global du placement). Si les taux descendent, leur valeur marchande augmente. Or, en 2002, la tendance des taux d'intérêt fut à la baisse. La valeur marchande des obligations 7,25 % échéant en juin 2007 a donc grimpé. Cette plus-value ajoutée aux intérêts versés donne pour 2002 un rendement de 8,3 % pour le fonds iUnits G5.

La même chose pourrait se produire si vous achetez aujourd'hui les nouvelles obligations d'un coupon d'intérêt annuel de 4,5 % du Canada échéant dans cinq ans et que les taux d'intérêt pour cette échéance fléchissent de nouveau en 2003. Dans un tel cas, la valeur marchande de l'obligation sera à la fin de l'année plus élevée que sa valeur actuelle. Le gain qui en résulte ajouté au coupon d'intérêt de 4,5 % donnera un rendement du capital investi de plus de 4,5 %, voire beaucoup plus, si les taux devaient fléchir sensiblement durant la période.

Retraits partiels du REER

J'ai lu quelque part qu'il vaut mieux retirer dans une année trois fois 4999 $ de son REER que d'effectuer un seul retrait de 15 000 $. Est-ce vrai?

C. T.

C'est vrai, à cause de la retenue d'impôt à la source exigée par nos gouvernements sur les retraits du REER. Le taux de retenue augmente avec le montant du retrait comme suit: il est de 21 % pour chaque retrait de 5000 $ ou moins; de 26 % pour chaque retrait de 5001 $ à 15 000 $ inclusivement et de 31 % pour chaque retrait de plus de 15 000 $. Il s'agit ici des taux de retenues combinés fédéral et provincial.

Par conséquent, si vous désirez contenir à son strict minimum la retenue d'impôt à la source sur vos retraits du REER, il vaut mieux limiter chacun de ceux-ci à 5000 $ ou moins. Notez qu'il ne s'agit pas ici d'une économie d'impôt mais d'un bref report d'impôt. En effet, dès l'année suivante, soit au moment de faire votre déclaration de revenus de l'année précédente, si l'impôt réel ayant dû être payé sur le retrait du REER est plus élevé que la retenue d'impôt à la source effectuée, vous devrez payer la différence. À l'inverse, si la retenue effectuée est plus élevée que l'impôt réel devant être payé, vous recevrez alors un retour d'impôt correspondant au trop perçu.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe virtuelle: www.proplacement.qc.ca

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